Déforestation : le Parlement se prononce à son tour pour un report d’un an
Comme les États membres avant lui, le Parlement européen a adopté, le 25 novembre, sa position sur la simplification du règlement pour lutter contre la déforestation demandant un nouveau report d’un an de ce texte censé entrer en application le 30 décembre. Cette adoption (par 402 voix contre 250) a été portée par les voix de la droite et de l’extrême droite ainsi que d’une partie du centre alors que les groupes politiques de gauche s’y sont opposés. La Commission européenne avait seulement proposé des simplifications exemptant une grande partie des petits opérateurs afin d’éviter ce report total. Les eurodéputés ont repris une autre exigence des États membres : une clause de revoyure en avril 2026, avant même son entrée en vigueur, pour se pencher à nouveau sur cette législation sur la base d’un rapport que va devoir préparer Bruxelles. Les positions des deux colégislateurs état très proches, les négociations interinstitutionnelles sur ce dossier devraient aller vite et ce second report (après celui de 2024) pourra donc être validé avant la fin de l’année.
Pollinisateurs : la Commission européenne publie sa méthodologie de surveillance
La Commission européenne a publié, le 26 novembre, son règlement délégué établissant une méthode pour surveiller la diversité et l’évolution des populations de pollinisateurs en Europe. Prévu dans le cadre du règlement sur la restauration de la nature, ce texte doit aider les États membres à inverser le déclin des pollinisateurs d’ici 2030. Bruxelles estime que ce cadre commun garantira que les données annuelles collectées sur l’ensemble des territoires nationaux sont comparables et fiables. Il minimisera la charge administrative pour les Etats membres. Dans le détail, le texte définit diverses approches pour surveiller les espèces communes et rares de pollinisateurs. Les espèces communes devront être surveillées dans des sites sélectionnés par échantillonnage aléatoire stratifié tandis que les espèces rares seront surveillées au moyen de visites ciblées sur le terrain. Ce règlement délégué fixe, en outre, un nombre minimal de sites de surveillance dans lesquels les données doivent être collectées de fixer pour chaque État membre (120 pour la France). Le texte entrera en vigueur dans un délai de 20 jours et les États membres disposeront d’un an pour mettre en œuvre ce système de suivi.
Semences : des organisations agricoles s'inquiètent d'un recul des possibilités d'échanges
Alors que les États membres pourraient mettre la dernière main, le 28 novembre, à leur position sur la proposition de règlement concernant le matériel de reproduction des végétaux, une coalition de plus de 200 organisations (Via Campesina, IFOAM…) dénonce « un grave recul par rapport à certains droits essentiels déjà reconnus dans plusieurs pays européens » concernant les possibilités d’échanges de semences paysannes. Dans une lettre adressée, le 25 novembre aux ministres européens de l’Agriculture de l’UE, les signataires les exhortent à corriger leur position qui, en l’état, « ne fournit pas l’espace juridique nécessaire pour permettre aux agriculteurs, aux sélectionneurs et aux initiatives semencières de conserver et développer la diversité des cultures européennes ». « Considérer les échanges à des fins de conservation ou de sélection comme du marketing commercial menace des milliers d’initiatives semencières locales », préviennent-elles. La présidence danoise espère obtenir lors de la réunion des attachés agricoles le 28 novembre le feu vert à son projet de compromis, avant une éventuelle validation des ambassadeurs de l’UE à la mi-décembre. Les États membres seraient alors en mesure d’entrer en négociation avec le Parlement européen qui a, de son côté, adopté sa position depuis avril 2024.
Budget de l’UE 2026 : Strasbourg entérine le texte avec plus de fonds pour la promotion
Après le Conseil de l’UE le 24 novembre, les eurodéputés ont également validé (par 419 voix contre 185 et 53 abstentions), le 26 novembre en séance plénière, le budget de l’UE pour l'année 2026. Le texte a ensuite été promulgué par la Présidente du Parlement européen, la Maltaise Roberta Metsola (PPE, droite) et il entrera en vigueur au 1er janvier 2026. Comme convenu, le prochain budget comprend un renforcement de la politique de promotion agricole de l’UE avec un montant supplémentaire de 105 millions d’euros (M€), alors que se prépare la campagne « Buy European food » promise par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il s’agit d’un revirement après les coupes dans les programmes multiples en 2025 destinées à financer l’aide à l’Ukraine qui avaient suscité une vive polémique. D’une manière générale, le budget total de l’UE pour 2026 s'élève à 192,8 Md€ en engagements et à 190,1 Md€ en paiements, laissant une marge sous plafonds de 715,7 M€ pour les événements imprévus.
UE/Mercosur : les auteurs de la demande d’avis juridique rejetée demandent des comptes
Après le rejet de leur projet de résolution sollicitant l’avis de la Cour de justice de l’UE au sujet de la compatibilité avec les traités européens de l’accord commercial UE/Mercosur, les 145 eurodéputés signataires du texte demandent des comptes à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. Dans une lettre en date du 25 novembre, dix d’entre eux issus de cinq groupes politiques de l'hémicycle (PPE, S&D, Renew, Verts, La Gauche) sollicitent, à présent, un avis juridique écrit du service juridique du Parlement européen. L’objectif : obtenir une clarification quant à la possibilité pour le Parlement européen d'obtenir l'avis de la CJUE sur la compatibilité d'un accord international envisagé avec les traités. Cette requête intervient alors que la conférence des présidents, organe politique du Parlement européen, avait justifié le refus de la proposition de résolution parce que le Conseil de l’UE n’avait pas encore sollicité formellement l’approbation de Strasbourg sur le sujet, au grand dam des signataires qui estiment qu'« aucun fondement juridique n'a été avancé pour justifier une telle décision ».
Haies : projet de décret en consultation sur les règles de destruction, avis négatif du CNPN
Le gouvernement a mis en consultation publique, jusqu’au 16 décembre, un projet de décret relatif à la gestion des haies, qui découle de la loi d’orientation agricole (LOA, et a recu un avis négatif du Conseil national de protection de la nature (CNPN). Il vise à simplifier et unifier les procédures applicables aux projets de destruction de haies, afin d’endiguer l’érosion du linéaire, engendré notamment par une succession de petits destructions et dégradations. Pour ce faire, il prévoit la création d’une déclaration unique préalable, ou le cas échéant, d’une autorisation unique, assortie d’une compensation systématique et au moins équivalente. La France a perdu annuellement environ 11 500 kilomètres de haies entre 2006 et 2014 et 23 500 entre 2017 et 2022, et ce malgré la réglementation existante. Selon la note de présentation du projet, cette érosion s’explique notamment par la complexité normative liées à la multifonctionnalité des haies : leur destruction relève de treize législations inscrites dans quatre codes. Dans son avis sur le projet de décret, le CNPN estime que le décalage dans le temps pour obtenir un même degré de fonctionnalité entre la haie détruite et la nouvelle haie, entrainera «le déclin irréversible des espèces dépendant des haies détruites, dont nombres d’entre elles, inféodées au milieu agricole sont en état de conservation défavorables».
OFB : besoin de « rééquilibrage » de la tutelle vers le ministère de l'Agriculture (rapport)
Dans un rapport conjoint sur le prochain contrats d'objectifs et de performance de l'Office française de la biodiversité (OFB), paru le 26 novembre, l'IGEDD (ministère de la Transition écologique, MTE) et le CGAAER (Agriculture) appellent à un « rééquilibrage entre les tutelles » vers le ministère de l'Agriculture, qui doit s'engager davantage et « clarifier » ses attentes. Les auteurs rappellent que la prépondérance de la tutelle du MTE s'explique par les missions de l'OFB et son financement (la subvention pour charges de service public de l’établissement est uniquement portée par le MTE), mais qu'elle ne se justifie pas au vu de « la transversalité de ses activités (contrôles...) ». Dans le cadre des manifestations de l'hiver dernier, le ministère de l'Agriculture a certes « réinvesti son rôle de tutelle », notamment pour produire des fiches pédagogiques sur les « sujets irritants ». Mais les demandes restent à « clarifier » sur « les questions de sensibilisation, de pédagogie et du conseil auprès des agriculteurs (...) et sur les sujets environnementaux en dehors du champ strict des contrôles ». Les auteurs rapportent par exemple que le ministère de l'Agriculture n'aurait « pas exprimé d'attentes » concernant la stratégie de l'OFB en matière d'agroécologie, « considérant que le sujet serait déjà investi par une multitude d’acteurs institutionnels, de recherche et développement et associatifs ».
Sécurité sociale: le Sénat étend le capital décès aux ayant droits des agriculteurs inactifs
Dans le cadre de la lecture publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 24 novembre, les sénateurs ont adopté un amendement du gouvernement étendant le capital décès aux ayants droit des exploitants inactifs. Déjà ouvert pour les accidents privés, le projet de loi initial du gouvernement ouvre le capital décès en agriculture aux accident du travail ou maladies professionnelles- mais en le réservant aux actifs. L'amendement pose plusieurs conditions à l'ouverture aux inactifs : qu'ils soient titulaires d’une pension d’invalidité ou d’une rente d’accident du travail ou maladie professionnelle versée par le régime des exploitants agricoles au-delà d’un certain seuil, à l’instar de ce qui est applicable aux salariés et travailleurs indépendants. Le capital décès existe depuis 2022 pour les familles d’agriculteurs actifs décédés à la suite d’une maladie, d’un suicide ou d’un accident de la vie privée. L'ouverture aux accidents ou maladies du travail avait reçu l’avis favorable de la Commission des Affaires sociales du Sénat, et elle avait été applaudie par la MSA lorsque la disposition avait été adoptée par l’Assemblée nationale. Selon le gouvernement, le coût de cette mesure s’élèverait à 100 000 € par an.
Retraites/vin : le Sénat sécurise les pensions en cas d'arrachage et de métayage
Dans le cadre de la première lecture de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le Sénat a adopté, le 24 novembre, un amendement du gouvernement qui sécurise les pensions de retraite des agriculteurs en procédure d'arrachage et des bailleurs en métayage. La première disposition clarifie le cadre durant les processus d’arrachage définitif des cultures (vignes notamment), lesquelles ne sont alors plus censées produire de récolte. L'amendement met également en place une dérogation au bénéfice des bailleurs à métayage en prévoyant de lever l’interdiction qui leur est faite de cumuler leur pension de retraite avec la poursuite de leur activité de bailleur. Quatre jours plus tôt, le Sénat avait déjà sécurisé le bail à métayage en dispensant les bailleurs d’une affiliation au régime des non-salariés agricoles quand « le contrat de bail à métayage prévoit (…) l’absence de partage des dépenses d’exploitation entre le preneur et le bailleur ». Par ailleurs, l’amendement assouplit l’obligation de cessation d’activité agricole dans le cadre du cumul emploi-retraite en instaurant un délai de tolérance pour cesser l’activité de non-salarié agricole après la liquidation de la pension de retraite, «pour donner une base légale au délai de tolérance de deux mois jusqu’ici prévu par circulaire ministérielle et donc de sécuriser le départ en retraite des non-salariés agricoles concernés.»
Installation/transmission : la start-up Eloi se recentre sur la diffusion d’annonces
Eloi, spécialiste de la transmission d’exploitations agricoles, a annoncé le 26 novembre son recentrage sur la diffusion d’annonces. Il s’agit de « faire évoluer notre modèle pour clarifier notre rôle : nous ne sommes plus un intermédiaire mais une plateforme de diffusion experte au service des cédants, des porteurs de projets et des OPA », déclare le co-fondateur Maxime Pawlak, cité dans un communiqué. Depuis sa création en 2019, Eloi fonctionnait par mandat de vente exclusif. Un positionnement qui pouvait être perçu comme « chevauchant les prérogatives de certains acteurs historiques ». La nouvelle offre repose sur la mise en relation directe. Elle laisse le choix aux cédants de gérer eux-mêmes leur transmission. Ou de de se faire accompagner par leur chambre d’agriculture, Safer, centre de gestion, à qui Eloi transfère les porteurs de projet intéressés par la ferme. Le repreneur peut lui être mis en relation avec des partenaires comme le réseau Initiative France, les banques, experts techniques et autres structures d’accompagnement. Eloi promet un service « accessible », avec un forfait de 8 000 € en moyenne contre jusque-là une prestation de 18 à 30 k€.
Distribution : les supermarchés Auchan passent sous enseignes Intermarché et Netto
Auchan a annoncé le 25 novembre vouloir exploiter l'ensemble de ses quelque 300 supermarchés français (hors Corse) en franchise sous bannière Intermarché et Netto. Le projet, « soumis à l'autorisation préalable des autorités de la concurrence compétentes », pourrait « prendre effet fin 2026 », a précisé dans un communiqué Auchan. Concrètement, Auchan Retail, la branche distribution du groupe, envisage de créer une « entité juridique dédiée » pour continuer à exploiter les magasins qui changeraient d'enseigne, via un contrat de franchise conclu avec Intermarché, est-il ajouté. « Les fonds de commerce, l'immobilier restent propriétés d'Auchan, les salariés restent des salariés d'Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin et qui approvisionnera les magasins », a expliqué Guillaume Darrasse, directeur général d'Auchan Retail. En deux ans, Intermarché a réalisé deux opérations massives de reprise : près de 300 magasins Casino en 2023/24, et 81 magasins Colruyt mi-juin. De son côté, Auchan vient de céder 19 magasins à Lidl. Il a annoncé fin 2024 un plan social prévoyant près de 2400 suppressions d'emplois.
Relations commerciales : la centrale d’achat Aura exclut plusieurs dizaines de fournisseurs
« Une part significative d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) » va échapper aux négociations commerciales via la centrale d’achat Aura créée en 2024 par Auchan, Intermarché (ITM) et Casino. C’est l’Autorité de la concurrence qui l’annonce le 26 novembre, par voie de communiqué. « Ces fournisseurs, des ETI, ont été exclus par Aura du périmètre de son accord. Cette limitation du périmètre de l’accord Aura impliquera ainsi, pour ces ETI, un retour à des négociations séparées. Elle n’aura pas d’impact sur la relation d’affiliation entre ITM et AMC (Casino) », peut-on lire. Pour comprendre cette décision, il faut rappeler que « les accords de l’alliance Aura (…) ont été communiqués à l’Autorité », conformément à l’article L462-10 du code de commerce instauré par la loi Macron du 6 août 2015. L’Autorité a alors ouvert une enquête concernant la coopération aux achats et à la vente de services internationaux entre les trois distributeurs. Cette enquête a « identifié de potentiels risques à l’amont vis-à-vis de plusieurs fournisseurs inclus dans le périmètre de l’accord Aura. » A la demande des services d’instruction, ces fournisseurs ont été exclus du périmètre de l’accord.
Restauration collective : l'objectif Egalim se rapproche un peu en 2025, chiffres peu fiables
À l'issue d'une réunion du Conseil national de la restauration collective (CNRC) le 26 novembre, la ministre de l'Agriculture a dévoilé les résultats de la campagne 2025 de télédéclaration des achats des restaurants collectifs, qui semblent indiquer une stagnation dans l'atteinte des objectifs d'approvisionnement de la loi Egalim. Les données d’achats 2024 montrent une légère baisse de la part des produits bio (11,8 %, contre 14 % l'an passé) et une progression des «produits durables et de qualité » (29,5 %, contre 25,3 % l'an passé). Le ministère note une progression du nombre de participants (40 % des sites de restauration collective, contre 20 % en 2024), ce qui ne lève toutefois pas les doutes sur la fiabilité de ces chiffres, la télédéclaration étant volontaire, et donc possiblement sujette à d'importants biais de sélection de l'échantillon. Le ministère note par exemple que les cantines télédéclarant depuis trois ans sont en avance sur les autres, leurs parts atteignant plus de 15 % en bio et plus de 32 % en « produits durables et de qualité ». Le ministère précise enfin que le bilan statistique complet, en cours de transmission au Parlement, sera prochainement publié dans la rubrique Documentation de la plateforme numérique « ma cantine ».
Tomate/Sahara occidental: l’objection au nouvel étiquetage rejetée de justesse par Strasbourg
A une voix près, le Parlement européen a échoué, le 26 novembre lors d’un vote en séance plénière, à valider son objection à l’acte délégué relatif à l’étiquetage de l’origine des fruits et légumes originaires du Sahara occidental. Alors que 360 voix étaient nécessaires pour que la résolution soit adoptée, seuls 359 eurodéputés (contre 188 et 76 abstentions) ont voté pour l’objection portée par l’Espagnole Carmen Crespo Diaz et l’Italien Herbert Dorfmann au nom du groupe PPE (droite). Malgré cet échec, « le message politique est on ne peut plus clair : une large majorité de députés européens a rejeté la manœuvre de la Commission visant à adapter les règles de l’UE au profit du Maroc et a défendu le droit européen, les droits des consommateurs et les agriculteurs européens », veut croire Sara Eyckmans de l’association Western Sahara Resource Watch. En amont du vote, trois organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca, EUCOFEL et AREFLH) alertaient sur les conséquences négatives pour la filière européenne des fruits et légumes du nouvel étiquetage tel que proposé dans l’acte délégué de la Commission européenne.
Tomates/accord UE-Maroc: action coup de poing de la Conf' à Perpignan
Alors que le Parlement européen se prononçait le même jour sur l’acte délégué relatif à l’étiquetage de l’origine des fruits et légumes originaires du Sahara occidental, des agriculteurs de la Confédération paysanne ont mené le 26 novembre une action coup de poing près d’un entrepôt puis dans un supermarché de Perpignan, pour s'opposer à la version soumise par la Commission. Une vingtaine d’agriculteurs ont ainsi rempli des caddies de tomates provenant du Maroc, mais produites selon eux au Sahara occidental, avant de les sortir à l’extérieur du magasin Carrefour, où s’étaient rassemblés une cinquantaine de manifestants, ont constaté des journalistes de l’AFP. Peu avant, ils avaient tenté de pénétrer dans une entrepôt du groupe franco-marocain Azura, pour mettre en évidence aussi la présence de tomates du Sahara occidental, mais ils ont été refoulés par des salariés. La Conf' demande des «prix minimum d’entrée (PMDE) qui permettent d’assurer des revenus décents aux producteurs et productrices».
Tomate d’industrie : trois fabricants italiens accusés de dumping par l'Australie
La commission antidumping australien a statué que trois grandes entreprises italiennes de transformation de tomates vendaient des produits en Australie à des prix artificiellement bas et avaient considérablement entravé les entreprises locales, rapporte le site Tomato News le 26 novembre. Elle a enquêté sur quatre producteurs italiens – De Clemente, IMCA, Mutti et La Doria – et a constaté que trois d’entre eux auraient pratiqué une politique de dumping au cours des 12 mois précédant fin septembre 2024. L'examen préliminaire, qui a exonéré La Doria, indiquait que les importations italiennes se sont ainsi retrouvées à des prix inférieurs de 13% à 24% à ceux des produits australiens. Les conclusions de la Commission serviront de base à la recommandation au gouvernement australien, qui décidera des actions à prendre d'ici la fin janvier. L'Union européenne a averti que les allégations de fautes pourraient créer des « tensions politiques importantes », et que les enquêtes sur les exportations alimentaires « en particulier sur la base de preuves douteuses, seraient très mal perçues ». En 2024, l'Australie a importé 155 503 tonnes de tomates transformées, dont 64 068 tonnes de tomates en conserve, dont 61 570 tonnes provenaient d'Italie, et 63 370 tonnes supplémentaires de purée de tomate.
Courgettes : la production a reculé cette année, malgré des surfaces en augmentation
Selon les dernières prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) arrêtées au 1er novembre, la production française de courgettes est estimée à 133 200 tonnes pour la campagne 2025, en baisse de 10 700 tonnes (- 7 %) par rapport à 2024. Cette baisse s’expliquerait par des rendements faibles dans les zones de production, à cause d’un printemps frais et déficitaire en luminosité, puis par les épisodes caniculaires estivaux. La production de la région Languedoc-Roussillon serait particulièrement touchée (- 17 % sur un an). Les surfaces nationales implantées (4 319 hectares) seraient en augmentation de 3 % sur un an et par rapport à la moyenne 2020-2024, avec en particulier le Sud-Est qui progresse de 7% (2189 hectares) sur la période. Après un marché compliqué en début de campagne avec une météo qui ne dynamisait pas la demande, les prix ont été orientés à la hausse sur la période estivale. Ainsi, en août, les prix sont rémunérateurs et ont été nettement supérieurs à ceux de 2024 (+ 50 %) et à la moyenne quinquennale (+ 19 %). En revanche, à l’automne, la tendance s’inverse. « En octobre, les prix se sont repliés assez nettement (- 52 % sur un an et - 29 % en comparaison de la moyenne 2020-2024) », souligne Agreste .
Canards/influenza : la vaccination simplifiée tarde, 3e dose prise en charge par les abatteurs
Les éleveurs de canards doivent renoncer à l’idée de pouvoir simplifier la vaccination des canards à compter de janvier 2026, l’Anses ayant informé cette semaine qu’elle ne donnerait pas les résultats de son expérimentation du « protocole mixte » avant janvier. Ce protocole consiste en une première injection au couvoir avec le vaccin le plus adapté à ce stade et un rappel en élevage avec l’autre vaccin. Ils attendent de cette simplification une meilleure protection et d’être dispensés de pratiquer une troisième injection sur des canards âgés, une opération fastidieuse pratiquée en général par des prestataires spécialisés. En revanche, indique le président du Cicar (canard de chair) Bruno Mousset, les abatteurs ont décidé le 21 novembre de prendre en charge dans leur prix d’achat le coût de la troisième vaccination, le jour où le ministère l’a imposée en Vendée et dans trois départements voisins. Cette troisième dose, fortement recommandée dans les départements où des élevages de canards ont été contaminés, concerne plus particulièrement les élevages de canards à foie gras, mais aussi certains élevages de canard de chair. Le soutien des abatteurs, prévu dans un premier temps jusqu’à la fin de l’année, vise surtout à protéger les volailles pour la saison festive.
Volaille : Anvol veut des garde-fous contre les filets et préparations des pays tiers
Voyant continuer de grimper les importations françaises de filets de poulet et de préparations (respectivement de 7% et 13% sur les 8 premiers mois de 2025), l’interprofession Anvol de la volaille de chair a réclamé, en conférence de presse le 25 novembre, des mesures miroirs envers les pays tiers et l’étiquetage de l’origine en restauration et sur les produits transformés, principaux débouchés de ces produits. Anvol a notamment signalé que les importations européennes de volaille de Chine avaient progressé de 30% à 60 000 tonnes au cours des douze derniers mois. Composées majoritairement de filets de poulet ainsi que de canard, elles entrent partiellement en France via le Royaume-Uni, a indiqué Gilles Huttepain, vice-président (sans préciser de tonnage). Pour les industriels chinois, le filet est un co-produit qui supporte des droits de douane élevés à l’entrée dans l’UE, a fait comprendre Gilles Huttepain. « Leur prix ne couvre pas leur prix de revient mais c’est une volonté de la Chine d’inonder le marché européen », a-t-il accusé. Anvol a aussi pointé l’imminence d’importations supplémentaires de Thaïlande et du Mercosur, dans le cadre des accords commerciaux.
Loup : la FNO conteste l’intégration de loups « non retrouvés » au plafond de prélèvement
Dans un communiqué du 26 novembre, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) conteste le fait que des loups ciblés lors de tirs mais dont le cadavre n’a pas été retrouvé soient considérés comme prélevés, et donc déduits du plafond annuel. Selon le syndicat, ce cas de figure s’est produit pour « deux loups, l’un dans la Drôme, l’autre dans le Var » : ceux-ci « ont été déduits du quota annuel alors même qu’aucune dépouille n’a été retrouvée par les services de l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’issue de tirs de défense ». Selon le bilan officiel au 21 novembre, 185 loups ont été tués en France (dont 19 illégalement), un nombre que la FNO souhaite voir abaissé à 183. Le plafond annuel pour 2025 est de 192 loups (19 % de la population estimée). Cette règle a « des conséquences directes pour les éleveurs et la gestion de la prédation », affirme la FNO, qui étaye son propos en rappelant un précédent cas en Saône-et-Loire : « Un loup blessé puis considéré comme prélevé avait été retiré du plafond. Or, l’animal est réapparu plusieurs semaines plus tard et a provoqué de nombreux dégâts sur les troupeaux environnants. » L’association spécialisée de la FNSEA exige « une règle simple, lisible et cohérente : sans cadavre de loup, aucun décompte ne doit être retenu ».
Frelon asiatique : députés et apiculteurs réclament la mise en œuvre du plan de lutte
Plus de huit mois après le vote de la loi instaurant un plan de lutte national contre le frelon asiatique, les apiculteurs de l’Unaf, soutenus par de nombreux députés, ont demandé le 26 novembre la « mise en œuvre immédiate d’un plan national d’urgence ». Adoptée par le Parlement le 6 mars, la loi n°2025-237 prévoit un plan de lutte national contre ce prédateur des abeilles, décliné par département, ainsi qu’une indemnisation des pertes des « exploitants apicoles » par le FNGRA. Ce texte nécessite un décret d’application, mais « aucune mesure concrète n’a encore été mise en œuvre par le gouvernement », déplore l’Unaf dans son communiqué, doublé d’une pétition. Or, en raison de la douceur de cet automne, « la situation s’aggrave de manière dramatique », alerte le syndicat, faisant état de « dizaines de milliers de ruches détruites en quelques semaines ». L’Unaf demande cinq mesures d’urgence : un « programme national de piégeage au printemps » ; un système de détection des nids ; la ré-autorisation du SO₂ pour détruire les nids ; un certificat Certibiocide « simplifié et adapté aux apiculteurs » ; et enfin une indemnisation. Des demandes appuyées par une dizaine de questions écrites de députés de tous bords, demandant à l’exécutif de faire paraître le décret d’application.
Produits laitiers : le gwell breton ralenti dans sa route vers l’AOP
L’Association des paysans producteurs de gwell (APPG), un lait fermenté breton, n’a pas obtenu le lancement de l’instruction de la demande de reconnaissance en AOP le 18 novembre par l’Inao. Le comité national en charge des AOP laitières, agroalimentaires et forestières de l’Inao a souhaité « missionner quelques membres de l’instance afin de rencontrer les demandeurs et expertiser quelques sujets essentiels tels que le choix du signe, l’analyse du lien à l’origine et la durabilité économique de la démarche », selon un porte-parole de l’Inao interrogé par Agra Presse. Selon lui, des questions se posent sur « la pérennité du financement du groupement demandeur au regard des faibles volumes concernés et du faible nombre d’opérateurs impliqués à ce stade », soit onze producteurs. Autre interrogation : « le lien entre le produit et son origine géographique eu égard à la taille de l’aire géographique proposée », la région Bretagne et le nord de la Loire-Atlantique, et les « pratiques de fabrication définies dans le cahier des charges », dont l’obligation de réaliser plusieurs produits avec le même ferment. Un rapport doit être rendu avant la fin du premier semestre 2026 afin de se prononcer sur le lancement de l’instruction de la demande de reconnaissance en AOP.
Colza : en congrès, la Fop insiste contre le coût de la fraude aux huiles usagées
Lors des rencontres Oléopro du 26 novembre à Paris, Benjamin Lammert, président de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA), a déclaré que la fraude aux huiles usagées coûterait encore 40 €/t aux producteurs français de colza. L'agriculteur fait référence aux importations européenne d'huiles usagées en provenance de Chine, huiles qui seraient en réalité de l'huile de palme, susceptible d'être déforestante, et ne correspondant donc pas aux exigences réglementaires européennes. La Fop estime que la fraude coûtait 150 €/t aux agriculteurs français, dans un contexte d'inaction des autorités européennes. Cette inaction a incité le syndicat à porter plainte auprès de la CJUE (cour européenne de justice). L'action a porté ses fruits, et des mesures de protection du marché communautaire ont été instaurées, permettant de freiner les importations et les pertes pour les producteurs européens et hexagonaux. Néanmoins, « les fraudes persistent. Les autorités européennes ont ciblé leur action sur l'Allemagne, principal consommateur d’huile usagée. Mais les produits frauduleux peuvent encore rentrer par la Belgique, les Pays-Bas... », alerte Benjamin Lammert. Raison pour laquelle les 40 €/t sont évoqués. La Fop a assuré rester attentive aux flux, et n'hésitera pas à porter une nouvelle fois plainte en cas d'inertie des autorités européennes.
Protéagineux : le soutien public au projet Pea4Ever sécurisé «dans quelques jours»
Lors d’une intervention vidéo diffusée durant les Rencontres Oléopro 2025 à Paris le 26 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a indiqué que les fonds publics promis à la filière protéagineuse pour le projet Pea4Ever, porté par le GIE PeaBoost, seront versés prochainement. « Les 5 M€ identifiés sous le Casdar dans le cadre du projet Pea4Ever sont sanctuarisés, fléchés, vers la recherche variétale. Les discussions juridiques, qui ont retardé le conventionnement, touchent à leur fin, et nous pouvons désormais aboutir. La convention sera signée dans quelques jours », a-t-elle déclaré. Le projet Pea4Ever a été lancé en 2024 pour une durée de 5 ans. Il est doté d’un budget de 50 M€, dont la moitié est prise en charge par le secteur privé (les semenciers et la filière) et l’autre par l’État. Néanmoins, le versement de la participation publique au projet a pris du retard. Les 5 M€ sont en réalité une première tranche de l’aide. Restera ensuite à verser les 20 M€ restants, qui devraient se diviser en deux tranches : l’une de 15 M€ et l’autre de 5 M€. En marge de l’évènement, Benjamin Lammert a indiqué qu’il s’agissait « plutôt d’une bonne nouvelle a priori ». Tout en se montrant prudent : « j’attends vraiment que ce soit signé. Il peut toujours rester des obstacles de dernière minute ».
Fertilisants : Genevard promet de faire avancer le plan engrais, annoncé depuis 2022
Lors d'une intervention vidéo diffusée durant les Rencontres Oléopro le 26 novembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé travailler sur l’élaboration « d’un plan engrais à destination aussi bien des industriels que des agriculteurs, afin de pouvoir les accompagner » vers l’adoption d’engrais décarbonés. Pour rappel, un plan «souveraineté azote» avait été annoncé dès 2022 par le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, à l'occasion de la présentation du plan de résilience lié à la guerre en Ukraine. Un plan similaire avait été repris à son compte au printemps dernier par Agnès Pannier-Runacher alors ministre de la Transition écologique, visant à renforcer la souveraineté nationale alimentaire et agricole. Mais jusqu'alors, les fabricants n'avaient pas été sollicités. Face au secteur oléoprotéagineux, la ministre de l'Agriculture a tenté de calmer les inquiétudes de la filière au sujet de la future instauration du dispositif européen MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), qui menace la rentabilité et l’approvisionnement en intrants des exploitations agricoles. « Nous demanderons très prochainement à la commission européenne la suppression du marqueur, ce malus appliqué sur toute importation », a-t-elle rappelé. Avant d’ajouter que « nous demanderons aussi la réduction de certains droits de douane sur des marchés d’importation ».
Ministère de l’Agriculture : Serge Lhermitte nommé directeur de la DGPE
Serge Lhermitte a été nommé directeur de la DGPE (performance économique et environnementale des entreprises) au ministère de l’Agriculture, apprend-on dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 26 novembre. Depuis le 1er septembre, il en occupait la direction par intérim, après le départ de Philippe Duclaud à la mi-juillet. Avant son arrivée au ministère de l’Agriculture en 2014, ce diplômé de Polytechnique, des Mines et de l’université de Stanford était en poste en Aquitaine (commissaire au redressement productif, conseiller du préfet et chef de pôle à la Direccte), d’après sa page LinkedIn.
Vin : Anthony Jezegou nommé d.g. de l’interprofession du vin de Bordeaux
Le CIVB, interprofession du vin de Bordeaux, a annoncé le 26 novembre la nomination d’Anthony Jezegou comme directeur général. « A compter du 17 février 2026, Anthony Jezegou rejoindra le CIVB en vue de prendre ses fonctions au 1er mars, selon un communiqué. Il succède à Fabien Bova, en poste depuis juillet 2013, qui fait valoir ses droits à la retraite. » Agé de 46 ans, Anthony Jezegou est depuis janvier 2013 directeur du service Viticulture au Crédit Agricole d’Aquitaine. Ce Breton d’origine a précédemment été courtier en grains chez Intercourtage Bayonne.