Agrafil du 28 novembre 2025

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Bioéconomie : Bruxelles lance une stratégie européenne pour débloquer le secteur

La Commission européenne a adopté, le 27 novembre, une stratégie sur la bioéconomie dont l’objectif est de débloquer le potentiel de ce secteur. « Le déploiement des innovations est trop lent, elles restent coincées dans les laboratoires », a souligné la commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall. Bruxelles a donc identifié un certain nombre de marchés innovants qui seront particulièrement soutenus du fait de leur fort potentiel de croissance économique et de leurs bénéfices environnementaux : plastiques, fibres, produits chimiques, engrais, produits phytosanitaires, matériaux de construction, bioraffineries... Les biocarburants ne figurent pas dans cette liste, mais Bruxelles assure qu’ils continueront de jouer un rôle dans la décarbonation du secteur des transports (aviation et transport maritime notamment). L'exécutif européen promet de stimuler la demande des produits biosourcés, notamment en fixant des objectifs dans la législation. La future légalisation sur l’économie circulaire, qui doit être présentée en 2026, inclura notamment « des mesures pour améliorer la collecte et l’utilisation des déchets de la biomasse pour être utilisés comme source d’énergie ou comme matière première ». De même, en 2027 ou 2028, la Commission espère parvenir à imposer des objectifs chiffrés pour le plastique biosourcé renouvelable, produit par exemple à partir d’amidon ou de cellulose, dans le cadre du règlement emballages. Un travail similaire va également être mené sur les matériaux de construction.

Cop30 : pas d'accord sur l'agriculture, discussions interrompues dès la première semaine

Les négociations consacrées à l’agriculture lors de la Cop30, qui s’est achevée le 22 novembre à Belém au Brésil, n’ont pas abouti à un accord, a indiqué Marie Cosquer, analyste plaidoyer « systèmes alimentaires et crise climatique » chez Action contre la faim (ACF), à Agra Presse le 26 novembre. Les discussions se sont interrompues dès la première semaine, sans qu’un texte de compromis ne puisse être finalisé. Conformément aux procédures de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les parties poursuivront leurs travaux à partir du cadre en vigueur, l’initiative commune de Charm el-Cheikh sur la mise en œuvre d’une action climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Adopté en novembre 2022, le dispositif devrait être examiné lors de la prochaine session des organes subsidiaires de mise en œuvre, prévue en juin 2026. Selon l’association humanitaire, le document de travail actuel comporte des décisions « problématiques », notamment une place « trop importante » accordée aux nouvelles technologies agricoles, peu accessibles aux pays en voie de développement. Parallèlement, ACF regrette que la déclaration finale de la Cop30 ne mentionne pas la transition des systèmes alimentaires, alors qu’ils représentent environ « un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre » et demeurent « un facteur majeur de déforestation ».

Simplification de la Pac : des irrégularités dans la procédure d’urgence (médiatrice)

À l’issue de trois enquêtes, la Médiatrice européenne Teresa Anjinho a conclu, le 27 novembre, que la Commission européenne a commis plusieurs irrégularités de procédure dans la préparation de ses propositions législatives de simplification de la Pac, jugées urgentes. Bien que reconnaissant la nécessité d’une réaction rapide, la Médiatrice a estimé que Bruxelles doit « veiller à ce que la responsabilité et la transparence demeurent des éléments essentiels de ses processus législatifs et que ses actions soient clairement expliquées aux citoyens. » En effet, la proposition de simplification de la Pac présentée en mars 2024 en réponse aux protestations d’agriculteurs n'était accompagnée d'aucune analyse d'impact, notamment environnementale. Le risque de débordements était réel, a justifié Bruxelles, ajoutant que cette décision a été confortée par l’adoption de sa proposition par les colégislateurs « en deux mois seulement, et ce, sans modification substantielle ». Mais la Médiatrice, saisie fin 2024 par les ONG ClientEarth et BirdLife, n'a pas été convaincue et déplore le manque de justification claire de l’urgence pour déroger aux règles de prise de décision. « À l’avenir, prévient-elle, il conviendra de trouver un meilleur équilibre entre la souplesse de l’administration et le respect des normes procédurales minimales. »

Élargissement de l'UE : Agridées craint l’impact institutionnel et agricole d’une UE à 35

À l’occasion d’une conférence dédiée à l’élargissement de l’UE organisée le 26 novembre, le think tank agricole français Agridées a publié, le même jour, une note technique analysant les implications institutionnelles et agricoles du passage d’une Union européenne de 27 à 35 membres. Les auteurs soulignent notamment qu’un tel élargissement doit être assorti d’une révision des organes de la gouvernance de l’UE, autant dans la composition des institutions que dans les modes de décision (généralisation du scrutin à la majorité qualifiée au détriment de l’unanimité). En parallèle, cette révision doit s’accompagner d’une augmentation du montant du cadre financier pluriannuel (CFP) au risque de voir les financements accordés aux États membres se réduire. Par ailleurs, le think tank met en avant les défis liés aux structures agricoles des pays candidats, notamment les « agro-holding » ukrainiennes héritées de l’ère post-soviétique, incompatibles avec les conditions de concurrence équitable au sein du marché unique. Les auteurs craignent, par conséquent, la création de « déséquilibres économiques territoriaux ». Dans ce contexte, ils poussent pour une « intégration différentielle » de l’Ukraine et un accès progressif aux politiques publiques.

UE-Mercosur : unanimité contre l'accord à l'Assemblée, manifestations d'agriculteurs

L’Assemblée nationale a validé, le 27 novembre à l’unanimité, une résolution invitant le gouvernement à s'opposer à l'accord de libre-échange UE-Mercosur. Porté par La France insoumise (LFI), le texte sans valeur contraignante demande à l'exécutif de constituer une minorité de blocage au Conseil de l'UE et l’exhorte à saisir la Cour de justice de l’UE afin de vérifier la conformité de l’accord. Alors que les États membres auront à se prononcer sur la signature du traité commercial avant le 20 décembre, le ministre de l’Europe Benjamin Haddad a assuré que « l'accord tel que conclu en 2024 n’est pas acceptable en l'état », tout en soulignant le renforcement des clauses de sauvegarde. « Cette avancée, qui est utile et nécessaire, n'est pas suffisante aujourd'hui. Le compte n'y est pas », a-t-il indiqué, rappelant deux autres exigences françaises : des « clauses miroir » pour garantir l’équité des normes et des contrôles sanitaires et phytosanitaires accrus. De leur côté, les agriculteurs continuent de manifester ces dernières semaines, comme à Rouen le 12 novembre, dans le Cher et dans le Loir-et-Cher le 24 novembre, ou près du pont de Tancarville (Eure) le 26 novembre.

Loup : mise en consultation du nouveau cadre des tirs, possibles sur déclaration

Le gouvernement a mis en consultation, jusqu’au 19 décembre, l’arrêté « fixant les conditions et limites » des destructions de loups, résultant de l’abaissement de son statut de protection. Comme attendu, les tirs de défense ne seront plus soumis à autorisation individuelle, mais deviendront accessibles sur déclaration pour les élevages ovins et caprins dans les zones prédatées (cercles 0, 1 et 2), pour un an maximum. Les mesures de protection ne seront plus obligatoires pour bénéficier des tirs ; les éleveurs ayant protégé leur troupeau disposeront d’un régime plus favorable (autorisation de trois ans, accès aux louvetiers, à la brigade loup et aux tirs de prélèvement, indemnisation au-delà de la deuxième attaque). Dans certains cas, des autorisations resteront nécessaires, et elles seront soumises à condition. C’est le cas des élevages de bovins et d’équins, qui devront – comme aujourd’hui – avoir mis en place « mesures de réduction de la vulnérabilité ». C’est aussi le cas des communes du front de colonisation (cercle 3), où les éleveurs devront au préalable réaliser des tirs d’effarouchement et produire « des éléments permettant d’apprécier la pression de prédation ». Dans tous les cas, après le tir, les éleveurs « informent immédiatement le préfet du département », déclenchant la vérification et la prise en charge du cadavre par l’OFB et permettant le suivi du plafond national, inchangé (19 % de la population lupine estimée).

Loup : mécontente du nouveau cadre, la FNSEA appelle à « légiférer »

« Texte creux » et « faible », « renoncement inacceptable », « demi-mesures », etc. Dans leur communiqué du 27 novembre, la FNSEA et les JA ont choisi des mots particulièrement durs à propos du nouveau cadre de gestion du loup mis en consultation par le gouvernement. Bien qu’il élargisse les possibilités de tirs – accordés sur déclaration –, cet arrêté « ne répond à aucune des attentes suscitées et laisse les éleveurs dans la même impasse qu’auparavant », selon les syndicats. En particulier, certains aspects du cadre réglementaire seront inchangés, comme le régime appliqué aux élevages bovins et le principe d’un plafond annuel de prélèvements (lire ci-dessus). La FNSEA déplore aussi la possibilité de « suspension des tirs » accordée au préfet coordonnateur du Plan loup. Afin de garantir le respect du plafond annuel et de mieux cibler les tirs, celui-ci pourra « suspendre temporairement ou jusqu’à la fin de l’année les déclarations et autorisations de tir, par arrêté, sur les territoires qu'il détermine ». Les syndicats majoritaires appellent les parlementaires à « assumer pleinement leurs responsabilités » et à proposer « une loi permettant une régulation véritablement opérationnelle du loup, débarrassée des lourdeurs administratives et centrée sur la protection effective des élevages ».

Porc : L214 porte plainte contre deux élevages du président de Cooperl et contre Carrefour

L214 a diffusé le 27 novembre un communiqué annonçant sa plainte contre deux élevages cogérés par le président de la Cooperl, Bernard Rouxel, et contre Carrefour, dont ils approvisionnent la Filière qualité. Donnant à voir une infestation de cafards et des animaux en mauvais état, l’association antispéciste appelle le distributeur à respecter son Plan Protein Pact qui vise à réduire drastiquement les ventes de produits de « l’élevage intensif ». Contacté par l’AFP, Carrefour a informé qu’il pourrait décider d’un déréférencement complet et porter plainte contre ces fournisseurs à l’issue d’un audit et de l’enquête des services vétérinaires. Réagissant le jour-même, l’interprofession porcine Inaporc a interprété cette communication comme un moyen de récolter des dons en cette fin d’année. Elle affiche sa solidarité envers les éleveurs de la première coopérative porcine française, chez qui « aucune non-conformité n’a été constatée par la DDPP » (préfecture), qui a, selon son communiqué, « déjà diligenté un contrôle dans l’un des deux élevages visés par l’association ».

Porc/bien-être animal : au Danemark, un documentaire révèle de mauvais traitements

La chaîne de télévision danoise TV2 a diffusé un documentaire dénonçant les conditions dans lesquelles sont élevés les porcs dans des élevages appartenant aux agriculteurs parmi les plus influents du Danemark. Le documentaire a été tourné en caméra cachée par des militants de l’ONG Animal Protection Danemark, en février et mars, dans l’une des 14 exploitations agricoles dirigées par Ulrik Bremholm (vice-président du Conseil danois de l’Agriculture et vice-président du leader national Danish Crown). On y voit au moins quatre cadavres de porcs jonchant le sol, des animaux aux pattes coincées dans les grilles, et des cochons déshydratés et mal nourris, selon la chaîne. Des images ont aussi été tournées dans l’élevage de Soren Sondergaard, président du Conseil danois de l’Agriculture, montrant plusieurs porcelets « avec de grandes plaies et blessures ouvertes ». Les experts en droit des animaux interrogés dans le documentaire ont confirmé que ces conditions enfreignaient les lois danoises.

Volailles : LDC a revalorisé ses prix d'achat aux éleveurs et prévoit 400 nouveaux bâtiments

Lors de la présentation des résultats semestriels de LDC le 26 novembre, le p.-d.g. Philippe Geslin a affirmé que son groupe pourrait aider à faire émerger 400 élevages de poulets dans les cinq ans en France et qu’il envisageait la construction d’un nouvel abattoir dans le Grand-Ouest. Au cours du semestre (de mars 2025 à août 2025), l’activité volailles du groupe (en France) a été portée par les revalorisations tarifaires, « notamment destinées à soutenir la modernisation de la filière dans un contexte de hausse de la consommation », souligne son communiqué. Hors amont (et hors œufs), les ventes semestrielles ont progressé de 0,8 % en volume et de 7,3 % en valeur, atteignant 2 Md€. Philippe Geslin a mis en avant un effort total en année pleine de 90 M€ d’accompagnement supplémentaire pour couvrir les charges de la filière amont, qui a engendré 297 M€ de chiffre d’affaires. Il a précisé que les producteurs avaient été prioritaires, mais que les reproducteurs, éleveurs de poulettes (pour la ponte) et usines d’aliment avaient aussi été aidés. Pour la suite, LDC annonce un plan d’accompagnement de 30 M€ jusqu’en 2030, comprenant à court terme la rénovation de tout le parc selon son cahier des charges Nature d’éleveurs.

Volailles : LDC souhaite s'étendre dans l'Ouest, au Royaume-Uni et en Allemagne

Lors de la présentation des résultats semestriels de LDC le 26 novembre, le p.-d.g. Philippe Geslin a affirmé que son groupe pourrait aider à faire émerger 400 élevages de poulets dans les cinq ans en France et qu’il envisageait la construction d’un nouvel abattoir dans le Grand-Ouest. Il a aussi révélé que son groupe était prêt à de nouvelles acquisition à l’étranger, particulièrement des sociétés de taille moyenne au Royaume-Uni et en Allemagne, en soulignant bien que l’objectif de ces croissances externes en Europe visent la consommation du pays d’implantation et des pays limitrophes. Au cours du semestre (mars 2025-août 2025), « l’activité du groupe a été portée par les acquisitions et les revalorisations tarifaires dans un contexte de bonne tenue de la consommation », fait-il valoir dans son communiqué de presse. Les acquisitions du traiteur Pierre Martinet en mai 2025 et de quatre entreprises étrangères en 2024 (deux en Pologne, une en Allemagne, une en Roumanie) ont fait bondir le chiffre d’affaires global du semestre, qui progresse de 15,6 %, à 3,45 Md€. À l’international, l’évolution du chiffre d’affaires (hors impact de change) est de 66 % pour une augmentation du volume vendu de 47,1 %.

Assurance des prairies : vers une baisse de couverture pour les non assurés (syndicat)

Dans un communiqué du 27 novembre, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) affirme que le gouvernement envisage de « réduire le taux de couverture [de l’assurance des prairies] pour les producteurs non-assurés ». Alors que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 est en cours d’examen au Parlement, le syndicat dénonce « de faux arguments budgétaires » à l’origine de cette décision. Une perspective d’autant plus inquiétante, aux yeux de la FNB, que « rien n’est réellement fait pour lancer une véritable amélioration de ce dispositif défaillant ». L’association spécialisée de la FNSEA estime que l’indice satellitaire utilisé dans le cadre de l’assurance des prairies n’a pas suffisamment pris en compte la sécheresse de l’été 2025. En revanche, l’indice aurait « surestimé » les pousses d’automne, très abondantes, mais « peu voire pas valorisables », selon la FNB. En conséquence, le système aurait dû « reconnaitre des pertes plus importantes et déclencher des indemnisations », ce qui « n’est majoritairement pas le cas ». Et le syndicat de conclure : « Il est essentiel que les recours soient activés dans les départements », alors que la loi Entraves, promulguée cet été, prévoit des procédures de recours pour les éleveurs.

Fromage : les AOP savoyardes et jurassiennes étudient l’impact du lait thermisé

Les fromages sous AOP et IGP du Jura et de Savoie ont lancé une étude pour mesurer l’impact de différents scénarios tels que le maintien du lait cru, le recours au lait thermisé ou la mise en place d’une filière mixte lait cru et lait thermisé. « L’étude a été confiée au cabinet lyonnais Ceresco, sélectionné après un appel d’offres lancé cet été », explique Joël Alpy, président de l’ODG morbier. Il est prévu que le rapport soit remis en juin 2026. Les fromages du Jura (mont d'or ou vacherin du Haut-Doubs, comté, morbier et bleu de Gex) et de Savoie (abondance, beaufort, chevrotin, emmental de Savoie, raclette de Savoie, reblochon, tome des Bauges et tomme de Savoie), tous au lait cru, s’interrogent sur les conséquences d’un éventuel traitement thermique du lait. Cette option est rejetée par la filière des fromages sous AOP en raison de la perte potentielle de typicité des produits. Le Cnaol est récemment monté au créneau sur le sujet. En revanche, les industriels sont favorables à l’ouverture de ce dossier. L’idée selon laquelle les fromages au lait chauffé seraient plus sûrs d’un point de vue sanitaire a été relancée par plusieurs retraits-rappels, comme au début 2025 sur le morbier de la fromagerie Jean Perrin.

Bovins : Euralis compte passer de 2 000 à 5 000 places d’engraissement de JB

L'organisation de producteurs (OP) bovins d’Euralis a présenté, le 25 novembre, son nouveau contrat de production de jeunes bovins, d'une durée de trois ans et développé, pour la première fois dans le Sud-Ouest, avec les partenaires de l’aval. « Le prix payé à l’engraisseur tient compte des coûts de production et de l’évolution du marché », explique Cédric Maysonnave, responsable du groupement bovins chez Euralis. « Ce prix, encadré avec une borne basse, sécurise la marge des éleveurs. » L’enjeu pour la coopérative : aider à l’installation de nouveaux agriculteurs dans cette activité d’engraissement local, dans un contexte de marché porteur où la demande des marchés en jeunes bovins est historiquement élevée et les besoins des abattoirs importants. Sur les 10 derniers mois, les prix de vente des broutards engraissés ont augmenté de 37 %. L’OP bovins ambitionne ainsi de passer à 5 000 places d’engraissements d’ici 2030, contre 2 000 actuellement, en mobilisant une vingtaine d’engraisseurs supplémentaires. Pour les agriculteurs, c’est aussi une façon de sécuriser la valorisation de leur production de maïs, utilisée pour nourrir leurs animaux, tout en générant de la valeur ajoutée sur leur exploitation. (Anne Gilet)

Élevage : en Indonésie, la consommation de viande de chien interdite dans la capitale

Depuis le 24 novembre, la vente et la consommation de viande de chien, de chat et de tout animal vecteur de la rage est désormais prohibée à Jakarta. L'Indonésie fait partie des rares pays autorisant encore la vente de viande de chien et de chat, mais une campagne dénonçant cette pratique a gagné du terrain. Le texte signé le 24 novembre par le gouverneur Pramono Anung prévoit cependant une période transitoire de six mois avant l’application de cette interdiction qui fait débat. Car, si l’Indonésie n’interdit pas encore la vente à l’échelle nationale, certaines villes, dont Semarang (Java central), ont imposé peu à peu des interdictions locales. Certaines communautés sont persuadées que la consommation de viande canine augmente le nombre de plaquettes sanguines, ce qui en ferait un remède contre la dengue, maladie tropicale transmise par les moustiques. Pour d’autres, la prohibition n’éliminera pas le commerce de cette viande rouge, pourtant plus chère que le bœuf. Quelque 9 500 chiens errants ont été transportés chaque mois à Jakarta pour y être abattus en 2022, selon les estimations les plus récentes. Mais aucun chiffre sur la consommation nationale de viande de chien n’est disponible.

Céréales : VNF désire travailler avec Intercéréales pour développer le transport fluvial

Lors de la matinée logistique organisée par Intercéréales le 27 novembre à Paris, Cécile Avezard, directrice générale de Voies Navigables de France (VNF), a déclaré être « très ouverte à la signature d’une convention avec Intercéréales », à l’image de celle signée avec la SNCF lors du Salon de l’agriculture (Sia) en 2025. Pour rappel, cette dernière a pour but de développer le transport ferroviaire de céréales dans l’Hexagone. Des réunions hebdomadaires sont organisées entre la SNCF et l’interprofession céréalière, afin de mieux cibler les besoins de chacun. Des résultats préliminaires seront présentés lors du Sia 2026. La finalité d’une potentielle convention entre VNF et Intercéréales serait donc semblable : travailler avec la filière céréalière afin de développer le transport fluvial dans l’Hexagone, constituant un levier de réduction des coûts logistiques et de décarbonation. « Une telle convention permettrait de mieux connaître les besoins des céréaliers, et de nous adapter, d’optimiser nos services et de mieux cibler nos investissements », a précisé Cécile Avezard, en marge de l’évènement. Jean-François Lépy, membre du bureau d’Intercéréales, ne s’est pas montré fermé à l’idée, indiquant en public que cela donnera du « travail » à ses équipes, qui étudieront les possibilités d’un tel projet.

Céréales : la logistique de la filière en perte de compétitivité (consultant)

Lors de la matinée logistique organisée par Intercéréales le 27 novembre, Romain Joya, consultant au sein du cabinet Ceresco, a présenté les premiers résultats d'une étude à paraître début 2026 sur l’évaluation des coûts de la chaîne logistique céréalière, coréalisée avec FranceAgriMer et actualisant un précédent rapport de 2019. Il en ressort un déclin de la compétitivité céréalière française sur le plan logistique. Les raisons de cet effritement de la compétitivité hexagonale sont multiples : vieillissement des silos, multiplication des cahiers des charges obligeant à alloter davantage, précocité et brièveté des collectes, etc. À titre illustratif, il ressort de l’étude que les coûts de stockage et de travail du grain s’élèvent, en moyenne pondérée, à 18,8 €/t collectée en 2023, contre 10,3 €/t en 2019. Néanmoins, ce chiffre est à prendre avec prudence, vu l’hétérogénéité des situations. L'étude porte sur un périmètre large : transport du grain depuis la ferme vers le premier silo d’un organisme stockeur (coopérative ou négoce), stockage, travail du grain, etc.

Engrais phosphatés : en Tunisie, vastes manifestations contre l'usine GCT de Gabès

Fin octobre, des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées à Gabès, en Tunisie, pour exiger la fermeture d’un complexe chimique, rendu responsable de centaines de cas d’intoxication depuis début septembre. Des vidéos d’élèves pris en charge par des ambulances ou évacués dans les bras de proches après des malaises et suffocations avaient déjà poussé le 21 octobre des dizaines de milliers d’habitants dans les rues de Gabès (sud-est), une mobilisation inédite selon des militants. Fumées grisâtres ou noires, yeux et nez qui piquent et odeurs âcres, le complexe du GCT, inauguré en 1972 en bord de mer, est critiqué depuis des années par les riverains et par Stop Pollution. Le groupe étatique, qui fabrique des fertilisants à base de phosphates, rejette ses résidus solides (des phosphogypses contenant des métaux lourds) en pleine mer et sur la plage. Dans une série d’enquêtes parue le 20 octobre, le média Vakita indiquait que l'entreprise Phosphea (groupe Roullier) avait « des intérêts économiques » au sein du complexe industriel de Gabès. Elle achète de l’acide phosphorique au GCT et l’utilise pour fabriquer sur place des compléments alimentaires pour animaux.

Laitue : en Pays de la Loire, possible essor de la culture sous abri à horizon 2050

Dans le cadre du projet européen Eco-Ready, la chambre d’agriculture des Pays de la Loire a organisé trois ateliers de travail sur des scénarios complémentaires d’adaptation de la production de laitue d’été face au changement climatique. L’un d’eux prévoit un recours plus important à la technologie de culture sous abri pour protéger les laitues du rayonnement en été et limiter les excès d’eau empêchant le travail du sol en sortie d’hiver. « C’est un scénario dans lequel il est possible d’aller jusqu’à l’hydroponie. Ce procédé n’est pas pratiqué aujourd’hui en France, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un tout autre produit commercialisé », précise Maëlle Depriester, conseillère maraîchage à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Les deux autres scénarios s'appuient sur une utilisation efficiente de la ressource en eau et sur la mise en œuvre des principes de l’agroécologie, notamment via l’amélioration de la rétention en eau du sol. « Quel que soit le scénario, les coûts de production vont augmenter. Ce ne sera viable que s’il y a un consentement à payer de la part du consommateur. C’est le prix pour garder une production de laitue d'été en Pays de la Loire dans 25 ans », constate la conseillère de la chambre d’agriculture. (Tanguy Dhelin)

Truffe : plusieurs initiatives pour protéger et valoriser l'origine France (presse)

Les trufficulteurs sont inquiets des importations en provenance d’Espagne alors que commence la saison, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes le 22 novembre. « L’arrivée de truffes espagnoles casse les prix, souvent aux alentours de Noël », note Martine Voilque, présidente de la Fédération ardéchoise des trufficulteurs, avançant que des cas de francisation ont été observés sur les étals et les marchés de gros. En France, la production annuelle est d’environ 50 t, alors que la consommation atteint les 200 t ; trois truffes vendues sur quatre sont donc étrangères. « La concurrence représente une vraie menace, surtout en début d’année, parce qu’après les fêtes, en général les cours s’effondrent », précise Didier Roche, président de la Fédération Auvergne-Rhône-Alpes de la filière, à France 3. Face à cette situation, la fédération travaille depuis un an et demi avec la DGCCRF pour développer un outil permettant de déterminer l’origine d’une truffe par prélèvement. « Dans un an, on sera capable de définir l’origine d’une truffe sur un étal », promet Didier Roche, espérant la rigueur dans les contrôles officiels. Par ailleurs, en Ardèche, les trufficulteurs ont déposé une marque avec cahier des charges en 2024, suivie plus récemment par un lancement similaire en Drôme, visant à garantir l’origine « made in France ».

Crise viticole : la CR déplore l’« absence » de mesure structurelle dans le plan d’aides

Après l’annonce par l’État d’un plan d’aides pour la filière viticole, la Coordination rurale a déploré le 27 novembre qu’« aucune mesure structurelle » n’y figure. « Aucune mesure structurelle n’a été présentée, alors même que la filière a besoin d’investissements concrets. L’accès à l’eau doit devenir une priorité nationale : l’État doit s’engager dans de grands projets hydrauliques pour sécuriser l’approvisionnement et la gestion de la ressource », affirme-t-elle dans un communiqué. Et de s’inquiéter par ailleurs du financement des 130 M€ pour l’arrachage définitif. Annie Genevard a parlé le 25 novembre d’« une première évaluation à 70 M€ » en 2026, ajoutant qu’« il n’y avait absolument aucun doute sur la somme des 130 M€ ». Son plan de « sortie de crise » inclut la prorogation en 2026 des prêts structurels garantis à 70 % par BPI France, et l’allègement des charges sociales à hauteur de 10 M€ l’an prochain. « Entièrement conditionnés au vote du budget national, ces crédits semblent davantage destinés à apaiser les tensions » qu’à répondre aux besoins réels, estime la CR. Déçue par le plan d’aides, le syndicat propose une alternative : « privilégier un arrachage temporaire, assorti d’une préservation des droits de plantation dans les bassins de production, afin de ne pas fragiliser durablement le potentiel local ».

Formation : JA signe avec l'Ifocap pour la montée en compétence de son réseau

Le syndicat Jeunes Agriculteurs a signé le 26 novembre une convention de partenariat avec l’Ifocap (Institut de formation des cadres paysans) pour « renforcer la montée en compétences de son réseau », indiquent-ils dans un communiqué commun. « Ce partenariat va permettre de répondre toujours mieux aux besoins de formation de notre réseau et d’accompagner nos élus dans leur montée en compétences. Pour répondre aux futurs défis de l’agriculture, l’engagement et la formation sont indissociables », considère le président de JA Pierrick Horel. Le syndicat souligne l’importance qu’il donne au sujet, lui permettant d’être reconnu comme l’école de formation des futurs responsables professionnels agricoles. Au programme de la convention avec l’Ifocap : « développer les compétences en leadership, en gestion, communication et engagement citoyen des jeunes agriculteurs d’aujourd’hui et de demain », détaille Stéphane Aurousseau, président de l’institut.

Eau : au Mexique, des agriculteurs bloquent un pont frontalier avec les États-Unis

Des centaines d’agriculteurs et de routiers ont bloqué, le 24 novembre, une partie du pont international Zaragoza, reliant Ciudad Juarez (Mexique) à El Paso (États-Unis), où transitent d’importantes quantités de marchandises vers le territoire américain, a constaté l’AFP. Selon les chiffres officiels, près de 70 % des échanges commerciaux entre les deux pays transitent par ce type de voies terrestres. Les agriculteurs mobilisés ont également fait irruption dans les bureaux de la douane à Ciudad Juarez. Cette manifestation s’inscrit dans un mouvement de protestation national des agriculteurs contre des réformes de la loi sur l’eau, proposée par la présidente Claudia Sheinbaum, qui visent à interdire la vente et la transmission entre particuliers de concessions d’utilisation de l’eau. « Nous ne voulons pas qu’ils accaparent l’eau et fassent ce qu’ils veulent avec les permis », a lancé Gerardo Fierro, agriculteur, pointant du doigt le gouvernement mexicain. Les agriculteurs redoutent de ne plus pouvoir vendre leurs permis de prélèvement d’eau en même temps que leurs terres. Depuis Mexico, la secrétaire à la Gouvernance, Rosa Icela Rodriguez, a estimé en conférence de presse qu’il n’y avait « pas de raison à ces mobilisations (...) sauf si elles répondent à des motivations politiques ». De tels blocages routiers ont été observés dans au moins 16 des 31 États du pays.

États-Unis : l’économiste en chef du département de l’Agriculture va quitter ses fonctions

L’économiste en chef du département américain de l’Agriculture (USDA), Seth Meyer, va quitter ses fonctions après quatre ans en poste. Il va rejoindre, à compter du 1er janvier 2026, l’université du Missouri afin de diriger l’Institut de recherche sur les politiques alimentaires et agricoles (FAPRI), annonce l’université dans un communiqué du 25 novembre. Ce départ intervient après une année 2025 marquée des coupes importantes dans les effectifs de l'USDA, après le retour de Donald Trump au pouvoir. Docteur en économie agricole de l'université du Missouri, Seth Meyer a occupé divers postes à la fois au sein du bureau de l'économiste en chef de l’USDA, mais également au sein du FAPRI, notamment celui de directeur du Conseil des perspectives agricoles mondiales, de rédacteur du rapport WASDE (estimations mondiales de l'offre et de la demande agricoles), et de directeur adjoint, avant de réintégrer l'USDA en 2021, en tant qu'économiste en chef. « Je me réjouis de pouvoir mener des analyses et des recherches plus approfondies », a d’ores et déjà déclaré Meyer. Et d’ajouter : « Le FAPRI offre une vision d’ensemble ; ses travaux sont réfléchis et objectifs. Les deux camps politiques font appel à lui pour prendre des décisions éclairées ».

Agenda de la semaine agricole du 1er décembre 2025

Lundi 1er décembre
Discussion au Sénat du projet de loi de finances 2026 (toute la semaine)
Conférence de presse de Lorca (céréales) sur son bilan de campagne 2024-2025
Atelier sur la R&D en bio par l'Itab et la Maison de la bio, au salon Natexpo
Signature de contrats labellisés bio et équitable en fruits et légumes, au salon Natexpo

Mardi 2 décembre
Discussion à l'Assemblée du rapport de la CMP sur le PLFSS 2026
Les députés de la Coméco auditionnent Serge Papin, ministre du Commerce
Les députés auditionnent Nicolas Forissier, ministre du Commerce extérieur
14e conférence internationale sur les maladies des plantes à Angers, jusqu’au 4
Conférence de presse du Contrat de solutions (usagers des pesticides)
Conférence de l'IPBES (biodiversité) sur son rapport Business et biodiversité
Séminaire de l'Itab sur les couverts végétaux en agriculture biologique
Journée technique « insecte stérile » du CTIFL, à Baladran (Gard)
Conférence de presse annuelle de la FNEDT (entreprises de travaux agricoles)
Visioconférence sur la concertation dans les zones de captage
Salon Paysalia (horticulture) à Lyon, jusqu’au 4
Conférence de presse de Pollinis sur les NGT dans l’UE

Mercredi 3 décembre
Visite d'État d'Emmanuel Macron en Chine, jusqu'au 5 décembre
Trilogue (potentiellement le dernier) sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT)
Assises de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) à Saint-Malo, jusqu'au 4 décembre
Conférence de presse de l'Anses sur les PFAS dans l'eau potable
Conférence de presse annuelle de la CGB (betteraviers, FNSEA)
Conférence de presse de Chavin sur le marché des vins sans alcool
Interbev (viande) présente son « plan de souveraineté alimentaire »

Jeudi 4 décembre
Congrès de Légumes de France (FNSEA), à Arras (jusqu’au 5)
Lancement du projet Re'colte (agriculture « régénératrice ») en Hauts-de-France
Séminaire Onvar « Dégenrons l'installation »
Évènement autour des 20 ans d'Intercéréales
Conférence de presse de Notre affaire à tous
Journée sur la santé des sols en Pays de la Loire, à Angers (jusqu'au 6)
Rencontres nationales de la logistique des circuits courts, en Normandie, jusqu'au 5
Débat à l'Assemblée entre Jean-Marc Jancovici et des agriculteurs

Vendredi 5 décembre
Assemblée générale de l'UGPVB (groupements d'éleveurs bretons)
Assemblée générale de Maïsadour
Assemblée générale de Nord Céréales
Assemblée générale de NatUp
Assemblée générale du groupe COC