Porc : l’Espagne déclare deux cas de PPA près de Barcelone, sur des sangliers
Deux cas de peste porcine africaine (PPA) ont été confirmés sur des sangliers sauvages à Bellaterra, à une dizaine de kilomètres au nord de Barcelone, a annoncé le ministère de l’Agriculture hispanique dans un communiqué le 28 novembre. Les animaux ont été trouvés morts deux jours plus tôt « dans les environs du campus de l’université autonome de Barcelone », leurs cadavres étaient distants d’un kilomètre. Ce foyer se trouve à 94 km de la frontière française, précise la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA). Ni le génotype ni l’origine du virus ne sont connus à l’heure actuelle ; une enquête épidémiologique est en cours. Les autorités espagnoles ont mis en place des mesures dans la zone infectée : recherche et élimination de cadavres, interdiction de chasser, surveillance et biosécurité renforcée dans les élevages porcins, etc. Il s’agit des premiers cas en Espagne depuis 31 ans, le pays ayant lutté contre la PPA « entre 1960 et 1994 », selon la plateforme ESA. La PPA touche uniquement les suidés (cochons et sangliers), avec des taux de mortalité pouvant atteindre 100 %. L’Espagne est le premier producteur européen de viande porcine, très tourné vers l’export. Une restriction de ses exportations pourrait avoir un lourd impact sur le marché européen, comme lors des premiers cas de PPA en Allemagne en 2020.
PPA en Espagne: «un tiers» des marchés fermés, Madrid veut limiter «au maximum» l'impact
Après la découverte d’un foyer de peste porcine africaine en Catalogne, le ministre espagnol de l’Agriculture Luis Planas a affirmé le 29 novembre que le gouvernement souhaitait limiter «au maximum» l’impact économique, face à la fermeture immédiate d’«un tiers» des marchés, comme le Mexique. «Nous devons concentrer tous nos efforts pour tenter d’éradiquer, d’éliminer tous les cas possibles et d’empêcher la propagation du virus», a poursuivi Luis Planas. D’après la presse espagnole samedi, quatre autre cas ont été détectés dans la même zone, mais le ministre, interrogé sur le sujet, n’a pas souhaité confirmer l’information à ce stade, appelant la population au «calme» et les professionnels du secteur à «la prudence». Les autorités régionales de Catalogne ont, pour leur part, mis en place deux périmètres de plusieurs kilomètres autour de la zone touchée limitant notamment les activités en plein air. Dans un communiqué du 12 novembre, le ministère espagnol de l’Agriculture avait annoncé la conclusion avec la Chine d’un protocole d’accord de régionalisation au regard de la PPA (peste porcine africaine), qui permettra l’exportation de viandes de porc issues des zones libres de cette maladie si elle survenait. Première destination du porc espagnol, la Chine a importé en 2024 540 000 tonnes de viandes d’Espagne pour plus de 1,097 millions d’euros.
Fiscalité : le Sénat valide le crédit d'impot Cuma, pas celui sur la transmission
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026 en séance publique le 30 novembre, le Sénat a voté en faveur de plusieurs amendements identiques dont un émanant du gouvernement, instaurant un crédit d’impôt au titre des dépenses de «mécanisation collective» engagées par les agriculteurs regroupés en Cuma. Ce crédit d’impôt de 7,5 % s’appliquerait aux dépenses facturées par les Cuma à leurs coopérateurs au titre des charges de mécanisation collective, dans la limite de 3 000 € par an et par exploitation, et sous réserve d’un seuil minimal de 500 €. Par contre, les sénateurs ont rejeté les amendements instaurant un crédit d’impôt d’accompagnement à la transmission d’exploitation. A l'Assemblée, un amendement DR avait été adopté malgré les avis défavorables du gouvernement et de la commission, qui fixait son montant à 5 000 €, reconductible sur cinq ans. Pour y avoir droit, le cédant devait être inscrit au répertoire à l’installation et être accompagné par des structures agréées en conseil et accompagnement à la transmission. Par ailleurs, les sénateurs ont adopté l'élargissement de 12 jours du crédit d'impôt «remplacement» pour les exploitants agricoles en activité exerçant les fonctions de maire d'une commune de moins de 1000 habitants.
Gestion des aléas : les sénateurs élargissent la DEP aux aléas économiques
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026 en séance publique le 30 novembre, les sénateurs ont élargi le champ d’application de la DEP (déduction pour épargne de précaution), mais en faisant des arbitrages différents de l'Assemblée. A l'inverse de l'Assemblée, ils ont rejeté des amendements relevant son plafond de 150 000 € à 250 000 €, suivant ainsi l'avis du gouvernement. Et contrairement à l'Assemblée, ils ont adopté des amendements ouvrant le mécanisme au cas de survenance d’un aléa économique. Cette fois, ils sont allés contre l'avis du gouvernement. En séance à l'Assemblée, le ministre délégué David Amiel (Comptes publics) avait justifié son avis défavorable par le risque de « comportements d’optimisation ». Les sénateurs n'ont pas non plus adopté les amendements, adoptés par l'Assemblée, visant à modifier les taux de réintégration partielle de la DEP dans le résultat fiscal. Avec l’avis favorable, cette fois-ci du gouvernement, les sénateurs ont voté, comme les députés, un élargissement aux indemnisations versées par d’autres organismes que le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE). Ils ont enfin adopté une majoration d’un an, pour la porter à deux ans, du délai laissé aux exploitants agricoles pour reconstituer leur cheptel, après avoir perçu l’indemnisation prévue par le projet de loi initial, en cas d’abattage d’animaux à la suite d’un évènement sanitaire.
Biocarburants : les sénateurs rejettent aussi la hausse de fiscalité du B100 et du E85
Les sénateurs ont rejeté le 29 novembre une disposition du projet de budget de l’Etat qui vise à supprimer les avantages fiscaux accordés à deux biocarburants, le B100 et le E85. Un vote identique à celui des députés. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit la suppression du tarif particulier pour le carburant B100 (biogazole à base de colza), surtout utilisé par les transporteurs. Mais aussi, la réduction progressive de l’avantage fiscal pour le carburant E85 (éthanol), produit notamment à partir de betteraves en France. Les deux mesures ont provoqué une levée de boucliers au sein de la filière, des producteurs de betteraves ou colza aux industriels. La FNSEA, puissant syndicat agricole, en a fait un cheval de bataille. Lors des débats à l’Assemblée nationale, la mesure avait également été supprimée. Le vote du Sénat, bien qu’identique, ne préjuge pas de l’issue des débats sur cette mesure, car le projet de loi de finances sera examiné jusqu’à mi-décembre au plus tôt au Parlement, entre députés et sénateurs.
Environnement: le Sénat aligné avec l'Assemblée pour les crédit d'impôt bio, HVE et haies
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026 en séance publique le 30 novembre, le Sénat a voté, comme l'Assemblée, pour renforcer le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, le faisant passer de 4.500 à 6.000 euros, dans le cadre de l’examen du projet de budget de l’Etat pour 2026. Les sénateurs ont adopté ce dispositif malgré l’opposition du gouvernement, à l’initiative de la gauche et des centristes, qui portaient tous le même amendement. Les sénateurs ont par ailleurs approuvé la prolongation de trois ans de ce crédit d’impôt bénéficiant aux exploitations en agriculture biologique, proposée par le gouvernement. Le Sénat a aussi voté pour créer un crédit d’impôt en faveur de la préservation des haies bocagères, d’un montant de 60% des dépenses engagées pour les frais de «certification» et de "gestion durable" des haies, avec un plafond de 4.500 euros. Le gouvernement y était défavorable. Les sénateurs ont aussi voulu prolonger d’un an le crédit d’impôt pour les exploitations certifiées de haute valeur environnementale (HVE), une prorogation également votée lors des débats à l’Assemblée nationale contre l’avis du gouvernement. Le 29 juillet, le ministère de l’Agriculture avait noté « une diminution observée pour la première fois entre le 1er juillet 2024 et le 1er janvier 2025 (-2 825 exploitations) » concernant la HVE.
Haies : Réseau Haies France appelle à corriger un projet de décret sur les règles de destruction
Le projet de décret relatif à la gestion des haies pourrait conduire à « une augmentation importante des destructions, s’il n’est pas corrigé », alerte le Réseau Haies France dans un communiqué du 28 novembre. Le texte, qui découle de la loi d’orientation agricole (LOA), est en consultation publique jusqu’au 16 décembre et a reçu un avis défavorable du Conseil national de protection de la nature (CNPN). Réseau Haies France s’oppose notamment à la définition administrative de la haie, qui exclut les « trouées » de plus de 5 mètres. Selon l’association, leur retrait du linéaire réduirait artificiellement la longueur reconnue des haies, affaiblirait la protection réglementaire, et diminuerait la compensation en cas de destruction. Elle s’oppose également à ce que l’instruction des demandes repose sur une cartographie semi-automatique élaborée à partir de photos aériennes, qu’elle estime « erronée ». L’association plaide en outre pour l’intégration d’un volet « éviter » et « réduire » dans les dossier des demandeurs, ainsi que pour un renforcement des exigences relatives aux compensations. Elle demande également que le décret reprenne la disposition de la LOA prévoyant l’agrément d’un technicien, et la transmission de leur liste à tout porteur de projet. Enfin, elle appelle à une application rigoureuse de la réglementation sur les espèces protégées.
Microplastiques : la pollution des sols agricoles français est élevée
En France, la pollution moyenne de microplastiques dans les sols agricoles est estimée à 244 kg par hectare dans la couche superficielle (20 cm), selon la première étude nationale du genre parue en 2024. Les microplastiques (taille de 1 μm à 5 mm) constituent un problème majeur pour la qualité des sols, sans solution curative. Ils perturbent le cycle des nutriments, la microbiologie du sol, et remontent dans les plantes jusque dans les fruits, les légumes et les animaux d’élevage (voir notre enquête dans Agra Hebdo). En Chine, une méta-analyse de 2019 conclut que les rendements en maïs, pomme de terre et coton « diminuent significativement » quand la quantité de résidus de films plastique (dont microplastiques) est supérieure à 240kg/ha. Dans ce pays, où les paillages plastique sont arrivés en 1978, certains sols sont saturés. « En Chine, certains sols aujourd’hui ne sont plus cultivables car des quantités énormes de plastiques agricoles ont été utilisées sur les champs, et ont laissé d’importantes quantités de fragments de plastiques dans les sols », affirme Marie-France Dignac, chercheuse en biologie des sols à l’Inrae.
Microplastiques : la pollution des sols entraînerait une baisse des rendements mondiaux
Selon une méta-analyse chinoise publiée en 2025 dans PNAS, la contamination de microplastiques (taille de 1 μm à 5 mm) dans les sols agricoles réduit de 6 à 17 % la photosynthèse des plantes terrestres (voir notre enquête dans Agra Hebdo). Transposant ce résultat à l’agriculture mondiale, après travaux de modélisation, les chercheurs estiment que cela représente une perte de rendement annuelle de 4 à 13,5 % pour le riz, le blé et le maïs (soit -110 à -361Mt sur un an). Pour la chercheuse en biologie des sols à l’Inrae, Marie-France Dignac, le fait qu’on puisse réaliser une méta-analyse montre qu’il y a déjà beaucoup d’études qui prouvent un lien entre la présence de microplastiques dans les sols et la baisse de la teneur en chlorophylle. « Tirer des conclusions sur les baisses de rendements au niveau mondial est à prendre avec précaution. Mais cette étude à l’avantage de faire un tour d’horizon de tout ce qui a été publié sur les impacts des microplastiques sur les plantes, qui pourraient impacter la photosynthèse », analyse-t-elle.
Nutrition-Climat: la Snanc de nouveau bloquée in extremis par Matignon
La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), attendue depuis plus de deux ans, a de nouveau été suspendue le 28 novembre par Matignon alors qu’elle avait été présentée à la presse et suscitait déjà des critiques d’associations. La publication officielle de ce document était attendue pour 14h, après des mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la question de la consommation de viande mais aussi sur les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des mineurs. Au terme d’un après-midi de flou, les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, chargés de son élaboration et sollicités par de nombreux journalistes qui attendaient la publication, ont renvoyé la presse vers Matignon. Le Premier ministre n’a «pas été informé» et n’a pas pu de ce fait «valider» la stratégie, a indiqué l’entourage de Sébastien Lecornu. «Il est donc décidé de ne pas publier à ce stade». Lors de la présentation aux journalistes, le ministère de l’Agriculture, interrogé sur la participation du cabinet du Premier ministre, avait répondu que ce document interministériel était «bien évidemment validé par le Premier ministre».
Nutrition-Climat: le projet de Snanc visait un limitation de la consommation de viande
Selon le texte qui devait être publié le 28 novembre, consulté par l’AFP, parmi les «actions phares» prévues, «mises en œuvre dès» cette année, la Stratégie nutrition climat (Snanc) veut «encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, Ehpad, établissements pénitentiaires». Le texte évoquait également des mesures pour la restauration collective ou pour lutter contre le gaspillage. Les modalités de mise en action de ces mesures n’étaient toutefois pas claires dans l’immédiat et il n’y a «pas de budget alloué à la Snanc», l’idée étant de «faire avec l’existant», a expliqué vendredi matin à l’AFP le ministère de la Transition écologique (MTE). Les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande. Le texte consulté parle de «limitation», un terme souvent employé au ministère de l’Agriculture, et non plus de «réduction», terme qui figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la Transition écologique. Ce remplacement avait déjà entraîné un premier blocage en septembre de la publication de la stratégie par Matignon, qui souhaitait remplacer l’idée de réduction par «une consommation de viande équilibrée». François Bayrou était alors Premier ministre, sur le départ.
Nutrition-Climat: rétropédalage sur l'alimentation ultra-transformée
Selon un article de Radio France publié le 28 novembre, une recommandation du Programme national nutrition santé (PNNS) encourageant «à limiter les produits ultratransformés» a disparu du projet de Snanc, au profit d’une recommandation pour «privilégier les produits peu ou pas transformés» selon le texte consulté par l’AFP, à la demande du ministère de l’Agriculture et contre l’avis des deux autres ministères. Dans un rapport paru début 2025, l'Anses concluait que les classifications actuelles des alimentations selon leur degré de transformation ne peuvent, pour l'instant, «pas être traduites en risques sanitaires», ou être employées «comme outil d’éducation nutritionnelle.» Plus récemment, dans une série de trois études publiées le 19 novembre dans The Lancet, des chercheurs, dont l’épidémiologiste Carlos Monteiro, créateur de la classification Nova, estiment que les preuves de nocivité sont désormais suffisamment solides. Par ailleurs, selon le projet de Snanc consulté par l'AFP, le gouvernement veut aussi «réduire efficacement l’exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés», par incitation, quand des associations demandaient leur interdiction. «En cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée», indique la Stratégie, quand le projet soumis à consultation au printemps ne comportait l’évocation d’aucune mesure contraignante.
Négociations commerciales: la charte «d'engagements» signée à la veille du top départ
A la veille du lancement de leurs négociations commerciales annuelles, fournisseurs (Ania, Coopération Agricole, Feef, IIec et Pact’Alim) et distributeurs (FCD) ont signé, comme en 2022, une «charte d’engagements mutuels» visant à améliorer le cadre et le déroulement des négociations commerciales, annoncent-ils dans un communiqué le 30 novembre. Mesure phare de ce texte non contraignant : un traitement différencié pour les PME, qui prévoit notamment une finalisation des négociations entre distributeurs et fournisseurs PME au plus tard le 15 janvier, la recommandation d’un maximum de cinq rendez-vous de négociation et l’encouragement à la médiation en cas de différend. Autre axe du texte mis en avant : «la valorisation des produits frais et la poursuite des démarches visant à favoriser l’information du consommateur, notamment en matière d’origine des produits». Charte ou pas, les négociations s’annoncent ardues, d’autant qu’elles pourraient être parasitées par le lancement prochain, par le Sénat, d’une commission d’enquête sur les marges de la grande distribution, à l’initiative des Ecologistes.
Génétique bovine : Eliance espère que son OS multiracial sera opérationnel en 2026
Dans le cadre du projet d’indexation européen (EBE) dont elle est actionnaire, la fédération Eliance a déposé une demande d’agrément auprès du ministère de l’Agriculture pour l’organisme de sélection (OS) qu’elle a créé. « Nous espérons obtenir un agrément en 2026 afin que notre organisme de sélection puisse être opérationnel », indique Cyril Cabrol-Deguilhen, directeur général d’Eliance. Cet organisme de sélection a vocation à être multiracial, mais pour débuter, il se concentrera uniquement sur la race prim’holstein. « Si des entreprises de sélection veulent rejoindre le nouvel OS, nous sommes ouverts pour les accueillir, mais nous ne ferons pas de prosélytisme », assure le DG. La création de cet OS ne suscite pas l’adhésion de tous les opérateurs. Ainsi Prim’Holstein France (PHF) a fait le choix de ne pas adhérer au projet lors de son conseil d’administration de juin 2025. Il justifie son choix : « défendre l’équilibre entre les parties prenantes du dispositif génétique, garantir une gouvernance équitable, et assurer une gestion durable de la race prim’holstein dans l’intérêt des éleveurs. » De leur côté, Synetics et Elitest ont décidé de quitter l’OS prim’holstein pour rejoindre l’OS multiracial d’Eliance.
Lait : le Cniel avec Macron en Chine, face à un «risque réel de perte d’accès au marché»
Le Cniel (interprofession) fera partie de délégation accompagnant Emmanuel Macron lors de la visite d’Etat du 3 au 5 décembre en Chine. Elle comprendra notamment François-Xavier Huard, vice-président du Cniel et PDG de la Fnil (industriels). La filière est bien décidée à défendre ses intérêts et « compte sur l’engagement du président de la République pour parvenir dans les prochains jours à une issue favorable », selon un communiqué diffusé le 28 novembre. La filière est « confrontée à un risque réel de perte d’accès au marché chinois », ce qui se traduirait pour la France par un creusement de « l’écart de compétitivité avec des pays bénéficiant d’un accès à droit nul. » Les derniers chiffres attestent d’une dynamique négative, selon le Cniel : « sur les neuf premiers mois de l’année 2025, les exportations vers la Chine ont reculé de près de 11 %, et la part de marché française dans les importations chinoises est descendue sous les 5 %. La crème, principal débouché en volume et en valeur de la filière laitière française (44 000 tonnes sur 2021-2024 et 144 millions d’euros par an en moyenne sur la même période) enregistre, tout comme le beurre, une baisse marquée (-26% en volume). »
Fromage : l’AOP selles-sur-Cher demande de pouvoir thermiser le lait temporairement
Les producteurs de fromage AOP selles-sur-Cher, obligatoirement au lait cru, demandent une dérogation pour thermiser certains lots de lait. « Nous demandons une dérogation temporaire, pour 2026 et 2027, pour thermiser le lait des éleveurs placés sous surveillance après une contamination par la bactérie escherichia coli STEC », explique Jérémie Chipault, président de l’ODG. « Cela rendrait possible la fabrication de formage AOP selles-sur-Cher à partir de ce lait thermisé, ce qui serait bien entendu indiqué sur l’étiquette », poursuit-il. Cette thermisation, qui permet d’éliminer la bactérie incriminée, ne concernerait que les lots de lait destinés à l’industrie, qui sont actuellement pasteurisés et orientés vers d’autres fabrications que le selles-sur-Cher. Cela permettrait de mieux valoriser le lait et de pérenniser l’AOP dans les circuits commerciaux. « Nous subissons une pression sanitaire très élevée qui se manifeste par une perte en moyenne de 30% de nos volumes par an », souligne Jérémie Chipault. L’Inao a déjà refusé fin 2024 une demande de dérogation aux obligations du cahier des charges, ainsi qu’une demande de dispositif d'évaluation des innovations (DEI). Des discussions entre le Cnaol, l’Inao et le ministère sont en cours sur ce dossier qui concerne d’autres AOP fromagères.
Vin : l'édulcoration autorisée en AOP, le bordeaux claret sur les rangs pour en bénéficier
Réuni le 27 novembre, le comité national des AOP vins et spiritueux de l'Inao a autorisé et encadré le recours à l'édulcoration (ajout de sucre après fermentation) dans les vins d'appellation, «dans l’objectif premier de maintenir le lien à l’origine de l’appellation», indique l'institut. La première appellation à demander à en bénéficier devrait être le tout nouveau bordeaux claret, appellation dont la création a été validée en juin, rapporte Bernard Farges, président du CIVB (vins de Bordeaux) à Agra Presse. À ne pas confondre avec le bordeaux clairet (rosé), le claret est un rouge léger en alcool et fort en sucrosité (7 g/l). Selon nos confrères de Vitisphère, les côtes-du-Rhône planchent également sur une déclinaison de leur vin rouge en claret. Contrairement à la chaptalisation (ajout de sucre avant fermentation, qui augmente le degré d'alcool), l'édulcoration consiste à ajouter du sucre après fermentation. Dans un contexte d'augmentation des températures (et donc des degrés d'alcool) et de recherche de vins plus légers par les consommateurs, son usage pourrait faire florès dans les années à venir. Il est déjà autorisé en IGP, vin sans IG, et dans d'autres pays d'Europe en AOP, indique Bernard Farges.
PPAM : volumes de lavande et lavandin en baisse, belle récolte d'arnica en 2025
La production de PPAM en 2025 a été très hétérogène selon la dernière note de conjoncture de FranceAgriMer le 21 novembre. La production de lavande et de lavandin est annoncée en recul par rapport à 2024 : la baisse serait comprise entre 10 et 20%, touchant surtout le lavandin. Elle est d’abords dû à une baisse du rendement à l’hectare à cause des fortes chaleurs de juin, et d’importants dégâts par la cécidomyie et la noctuelle. Mais elle s’explique aussi par le recul des surfaces suite à de nombreux arrachages réalisés à l’automne 2024. Le marché des huiles essentielles s’est repris par rapport à 2024 mais reste difficile avec des stocks encore très important. La lavande semble moins touchée par les difficultés d’écoulement avec des prix maintenus. En revanche, la note de conjoncture de FranceAgriMer confirme la bonne année 2025 de la filière arnica, même si en raison des températures élevées de juin et des faibles précipitations, la floraison très précoce a précipité et écourté la récolte. «Le marché de plantes sèches de 2025 ne semble pas suivre une tendance unique et (s'avère) très variable selon les opérateurs, les plantes et les usages», souligne FranceAgriMer
Horticulture : Astredhor Méditerranée inaugure une nouvelle serre d’expérimentation
A l’occasion de ses journées portes ouvertes, la station d’expérimentation de la filière horticole Astredhor Méditerranée a inauguré une nouvelle serre de 600 m2, selon un article du Lien Horticole le 25 novembre. Elle sera dédiée aux cultures en pleine terre en climat méditerranéen : écrans d'ombrage pour gérer les étés très chauds, ventilation, éclairage photosynthétique... Elle clôture un projet de rénovation lancé en 2020, et s’ajoute à une salle de tenue en vase, des ombrières, dans le cadre d’un programme d’investissements financés par la Région Sud, avec la participation de la métropole TPM, du Département du Var et de la mairie de Hyères. Au cours de ces mêmes journées, la station a présenté ses travaux sur la fatigue des sols en pivoine et lisianthus, en particulier un procédé inspiré de la biofumigation et de la solarisation. Il s’agit d’incorporer de la matière organique dans le sol, puis à le recouvrir d’une bâche étanche pendant 4 à 5 semaines : l’activité microbienne fait chuter l’oxygène puis libère des composés toxiques pour les pathogènes et les adventices. Des essais sur anémones et renoncules en hors -sol ont aussi été présentés. Cela permettrait de réduire la main-d'œuvre de 30 à 40 % « Ce qui est considérable en fleur coupée où la main-d’œuvre représente 50 et 60 % du prix », précise Laurent Ronco, le directeur de la station, au Lien horticole.
Fruits et légumes : un taux de gaspillage relativement stable sur dix ans (étude)
Menée par FranceAgriMer et Interfel réalisée par le cabinet Ceresco, une étude sur le gaspillage dans la filière fruits et légumes, publiée le 21 novembre, montre des taux de pertes relativement stables par rapport à 2015 (date de la dernière étude). Le taux total d’écarts est estimé à 30 %, dont 12 % correspondent à des pertes et gaspillages non valorisés. L’étude montre que c’est l’amont de la filière qui en subit l’essentiel. Les pertes et gaspillages au stade de la consommation s’élèvent à 3,1 %. La destination des produits écartés diffère selon les maillons. Globalement, en amont, la transformation est la première destination des écarts, suivi par les fruits et légumes qui restent ou reviennent au champ. Plus en aval, le don et la méthanisation prennent plus d’importance. Les causes varient selon les acteurs : ravageurs et pathogènes pour les producteurs, invendus (déséquilibre offre-demande) pour les premiers metteurs en marché, non-conformité pour le gros, et mauvaise qualité initiale pour les magasins. « Les entretiens ont mis en lumière plusieurs leviers d’action susceptibles d’améliorer les processus existants, tout en révélant un constat partagé : pris isolément, ces leviers apparaissent insuffisants pour répondre aux enjeux actuels » souligne l’étude.
Concombre : davantage de volumes et de surfaces cette année, prix faibles en fin de saison
Selon les prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) arrêtées au 1er novembre, la production française de concombres est estimée à 187 800 tonnes pour la campagne 2025, en hausse de 17 000 tonnes par rapport à 2024. La hausse serait plus marquée dans le bassin Centre-Ouest en raison d’une augmentation significative des surfaces (+9% sur un an) et de bons rendements dans la région des Pays de la Loire (65 000 tonnes, +19%) Les surfaces nationales, estimées à 1 081 hectares, seraient supérieures de 4 % à celles de l’année 2024 ainsi qu’aux surfaces moyennes de la période 2020- 2024. « Conformément à sa dynamique saisonnière, la production décline en septembre, puis en octobre, mais demeure à un niveau supérieur à 2024 » précise Agreste. Du côté consommation, la météo morose de septembre a entrainé une baisse des achats. L’offre est devenue légèrement excédentaire par rapport à la demande et les prix se sont ajustés à la baisse. Ils ont ainsi été inférieurs de 28 % à ceux plutôt élevés de la campagne 2024 et de 16 % à la moyenne 2020-2024 sur le même mois. Le niveau bas de prix s’est prolongé en octobre (-13 % sur un an et -8 % par rapport à la moyenne quinquennale) dans un contexte de fin de saison.
Canicules/salariés: en Italie, la piste de l'aménagement des horaires de travail (étude)
Dans la revue Bio-Based and Applied Economics en septembre, des chercheurs de l’université de Bologne (Italie) ont publié une étude exploratoire sur la modification des horaires lors des canicules, soulignant le « double avantage » des stratégies d'adaptation à la fois pour le bien-être des travailleurs et l'efficacité opérationnelle des exploitations. L’enquête a été conduite auprès des dirigeants de neuf grandes exploitations d’Émilie-Romagne, employant de nombreux salariés durant la période estivale et déjà sensibilisés au bien-être des travailleurs. La perte de productivité des salariés peu spécialisés (récolte de fruits par exemple), plus exposés, est évaluée à environ 30 % durant les canicules. « La modification des horaires de travail permet non seulement de réduire l'exposition aux pics de chaleur, mais aussi d'améliorer la qualité des récoltes, notamment dans des secteurs comme l'arboriculture fruitière » expliquent les chercheurs. L’étude préconise aussi une collaboration institutionnelle pour le développement de systèmes d'alerte précoce et d'outils d'alerte canicule pour déterminer le moment et la zone géographique d'application des mesures d'adaptation à la chaleur, obligatoires ou recommandées : « Ces mesures ne nécessitent généralement ni changements organisationnels complexes ni ressources financières importantes ».