Agrafil du 2 mars 2026

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UE-Mercosur : Bruxelles décide de « procéder de procéder à l'application provisoire » de l’accord

« La Commission va maintenant procéder à l'application provisoire » de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 27 février. Au lendemain de la ratification du traité par l’Uruguay et l’Argentine, elle n’a pas attendu longtemps pour prendre cette décision qui était attendue (ou crainte selon les points de vue). « Je l'ai déjà dit: quand ils seront prêts, nous le serons aussi », a-t-elle insisté. Cette application provisoire se fera donc sans l’aval du Parlement européen. Celui-ci se prononcera en effet uniquement sur l’application définitive de l’accord. Mais comme les eurodéputés ont décidé de saisir la Cour de justice de l’UE pour l’interroger sur la légalité du texte, l’examen parlementaire pourrait n’avoir lieu que d’ici deux ans. « Une application provisoire est, par définition, provisoire. Comme son nom l'indique. Conformément aux traités de l'UE, l'accord ne pourra être conclu définitivement qu'après approbation du Parlement européen », a confirmé Ursula von der Leyen. Elle assure que Bruxelles « continuera de travailler en étroite collaboration avec toutes les institutions de l'UE, les États membres et les parties prenantes afin de garantir un processus fluide et transparent ». En termes de calendrier, cette application provisoire entrera effectivement en vigueur deux mois après un échange de lettre avec les pays du Mercosur qui ont validé l'accord.

UE-Mercosur : vives critiques dans le secteur agricole et en France...

La décision de la Commission européenne d’appliquer de manière provisoire le traité de libre-échange UE-Mercosur, sans attendre l’examen du Parlement européen, est largement décriée dans le secteur agricole de l’UE et en France. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard estime que « ce n'est pas conforme au respect qui aurait dû prévaloir de la décision du Parlement européen », tandis qu’Emmanuel Macron évoque « une mauvaise surprise » pour les agriculteurs. « Une trahison inacceptable », pour Jeunes agriculteurs. « Un déni de démocratie » pour la FNSEA, qui a organisé une action au Salon et dont le président Arnaud Rousseau promet de poursuivre la mobilisation. Quant au Copa-Cogeca, il « se réunira dans les jours à venir pour décider quelle réponse apporter ». Le principal lobby agricole de l’UE ajoute dans sa réaction que « la politique commerciale ne doit pas se faire au détriment du modèle agricole européen ». Et de rappeler qu’un récent rapport d’audit a montré que le Brésil continuait d’utiliser des hormones de croissance dans la viande bovine expédiée vers l’UE. Dans cette « Europe passoire », l’application provisoire de l’accord est « un acte de provocation et de mépris pour les éleveurs », ajoute la Fédération nationale bovine (FNB).

... et satisfaction en Espagne, en Allemagne ou au Parlement européen

Au contraire, en Espagne et en Allemagne, fervents défenseurs de l’accord, les gouvernements ont salué l’annonce de Bruxelles. L’eurodéputé social-démocrate allemand Bernd Lange, président de la commission du Commerce international, considère aussi qu’il s’agit de la bonne décision : « Nombreux sont ceux, au Parlement européen, qui partagent cet avis [...] dans une situation exceptionnelle où le Parlement européen ne peut voter qu'après l'arrêt de la Cour de justice de l'UE », assure-t-il. Le groupe Renew (centriste) au Parlement européen, au sein duquel siègent les troupes d’Emmanuel Macron, a aussi salué la décision de Bruxelles. Sa présidente Valérie Hayer confirme qu’une majorité de ses membres soutient la mise en œuvre rapide de l’accord, tout en insistant sur la nécessité de « garanties solides pour le secteur agricole ».

Bovins/DNC : l’accord d’export vers l’Italie étendu à la zone vaccinale préventive (ZV 1)

L’Italie a accepté de recevoir les bovins français vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en provenance de la zone vaccinale 1 (ZV 1, Sud-Ouest et Corse), a annoncé le ministère de l’Agriculture le 28 février. Jusque-là, le premier débouché des broutards français n’avait accepté que les importations en provenance de la zone vaccinale 2 (ZV 2), établie autour des foyers de DNC. Après l’annonce de l’accord début novembre dernier, les expéditions avaient repris progressivement à partir du 8 décembre. L’extension annoncée le 28 février permet l’envoi des animaux vaccinés préventivement dans la ZV 1 : cette zone, qui ne comprenait aucun foyer, a fait l’objet d’une campagne de « vaccination étendue » à partir du 15 décembre. Par ailleurs, le ministère annonce « une simplification des conditions d’exportation » des bovins vaccinés vers l’Italie (précisions ici), en « supprimant l’obligation de réaliser des tests virologiques avant le départ ». Les animaux exportés devront être vaccinés depuis au moins 28 jours en ZV 2, et 60 jours en ZV 1. Dans les deux cas, ils doivent provenir d’une zone sous immunité collective (vaccination dans un rayon de 50 km depuis au moins 60 jours. S’y ajoute, pour la ZV 1, une obligation de désinsectisation des moyens de transport.

Bovins viande : accord entre Sicarev, McDonald’s et Lidl pour « accélérer la décarbonation »

McDonald’s et Lidl ont conclu un partenariat avec la coopérative Sicarev visant à « cofinancer l'accompagnement des éleveurs dans la décarbonation de leurs exploitations », d’après un communiqué commun. Ce projet pilote porte sur la fourniture de viande bovine hachée, l’industriel Pilgrim’s Europe Orléans (ex-Moy Park Beef) étant partie prenante de la démarche. Concrètement, McDonald’s et Lidl « s’engagent à verser une prime filière aux éleveurs pour soutenir leurs investissements » de réduction des émissions de GES. Une partie sera versée à l’« entrée dans la démarche », et le reste à la fin d’une période de cinq ans, « en fonction de la mise en place des plans d’actions ». Trente exploitations de Bourgogne-Franche-Comté (BFC), représentatives de la « diversité de la filière bovine », seront sélectionnées pour « tester diverses hypothèses ». La démarche « débutera par la réalisation de diagnostics Cap2ER » (niveau 2), qui déboucheront sur des plans d'actions personnalisés. La région BFC participe aussi au projet, en finançant « près de 80 % des frais de diagnostics et d’accompagnement technique ». Cette phase pilote permettra de « définir un modèle de cofinancement multi-partenaires juste » : le but est d’« ajuster, à terme, les contributions financières selon la part de viande issue de chaque exploitation et les investissements réalisés en faveur de la décarbonation ».

Lait : le Cniel rejoint le CNPA pour promouvoir ses exportations

Le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA) a annoncé le 26 février l’adhésion du Cniel (interprofession laitière). Cette adhésion va permettre d’alerter sur « le déclin des capacités exportatrices françaises » et de « promouvoir une stratégie coordonnée de reconquête des marchés internationaux ». Le CNPA, présidé par Yannick Fialip (par ailleurs président de la commission économique de la FNSEA), permet aux plus importantes organisations professionnelles de parler d’une seule voix auprès des pouvoirs publics. Il regroupe notamment la FNSEA, la Coopération agricole, Chambres d’agriculture France, l’Ania (industrie agroalimentaire), Anivin de France, ainsi que plusieurs interprofessions (pommes de terre, porc, viande bovine, céréales, fruits et légumes). La France est aujourd’hui le quatrième exportateur mondial de lait et de produits laitiers. Quatre litres de lait sur dix sont exportés, dont près de 43 % vers des pays tiers. Or, cette forte exposition rend la filière sensible aux politiques de restriction des importations menées par plusieurs pays, tels que les États-Unis, la Chine ou l’Algérie. Les crises sanitaires freinent aussi les exportations de certains produits laitiers vers des pays tiers.

Lait : la FNPL dévoile son plaidoyer en vue des élections municipales

En vue des élections municipales des 15 et 22 mars, la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) a dévoilé le plaidoyer qu’il présente aux candidats. Nommé « Pour des campagnes vivantes et durables », l’argumentaire vise à sensibiliser les candidats sur quatre thèmes principaux. En économie, la FNPL demande de mettre à disposition des locaux pour loger agriculteurs et salariés, de faciliter l’accès au foncier communal aux éleveurs et de ne pas augmenter la taxe foncière sur le non-bâti. Sur l’environnement, les agriculteurs doivent être consultés sur les projets de voirie, et être soutenus sur la gestion de l’eau, la production d’énergies renouvelables (y compris financièrement), ou encore sur la reconnaissance des services rendus à la nature. Pour ce qui concerne la restauration collective (écoles, établissements de santé, seniors), les éleveurs veulent que l’approvisionnement local soit privilégié, que les produits laitiers soient promus auprès des enfants et qu’ils soient sensibilisés au gaspillage alimentaire. Enfin, les éleveurs souhaitent être davantage intégrés dans la vie locale en proposant un « représentant élevage » au sein des conseils municipaux, une médiation communale en cas de litige avec le voisinage, et la concertation sur les projets tels que les plans locaux d’urbanisme (PLU).

Lait infantile : première identification de la toxine céréulide chez un bébé hospitalisé

Le ministère de la Santé a reçu un « premier résultat d'analyse de selles positif à la toxine céréulide », rapporte la Direction générale de la santé (DGS, ministère) le 27 février, confirmant une information de la cellule investigation de Radio France. La DGS précise que cela ne permet pas de conclure à un lien de cause à effet. Il s’agit donc de la première identification de la toxine céréulide chez un bébé français ayant été hospitalisé après consommation d'un produit impliqué. « Ce résultat confirme que l’enfant concerné a été exposé à cette toxine », dont la présence « est susceptible d’expliquer les symptômes observés », reconnaît le ministère, se refusant toutefois à trancher pour une imputabilité. Cela « appartient aux experts compétents, notamment aux soignants ayant pris en charge l'enfant ainsi qu’aux spécialistes en toxicologie mobilisés dans le cadre des investigations », assure-t-il. L'affaire des laits infantiles a débuté en décembre, avec d'abord le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né. Depuis, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels.

Loup : dans le Cantal, des ONG portent plainte après une destruction illégale

Plusieurs associations environnementales – dont Ferus, Animal Cross ou encore l’Aspas – ont déposé une « plainte commune » contre un chasseur ayant tué un loup (involontairement selon lui), annoncent-elles dans un communiqué le 26 février. Selon la presse locale, après la découverte d’un cadavre de loup mâle à Laveissenet (Cantal) le 4 février, ce chasseur s’est « rendu à la gendarmerie » et a plaidé une « erreur », expliquant avoir confondu le canidé avec un renard. « Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable », s’agacent les ONG, qui font partie du collectif Cap Loup. « Selon la procureure de la République en charge du dossier, il n’y aurait pas eu d’intentionnalité ici ce qui écarterait la thèse du braconnage », affirment-elles. Et d’avancer : « Une enquête est toujours en cours mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi ». Dénonçant une « indulgence judiciaire extrêmement dangereuse pour le loup », les associations ont donc porté plainte pour « destruction illégale ». Pour rappel, malgré l’abaissement de son statut de protection, qui s’est traduit par un nouveau cadre de gestion, la destruction des loups est toujours interdite, sauf en cas de tirs de défense ou de prélèvement dûment autorisé.

Alimentation animale/volailles : instituts et professionnels créent un consortium de recherche

Le 26 février, au Salon de l’agriculture, les représentants d’instituts techniques, d’interprofessions et des fabricants d’alimentation animale* ont annoncé leur projet de créer un consortium pour favoriser la recherche appliquée sur la nutrition des volailles. Le but : offrir des perspectives à long terme de R&D sur les matières premières (grains et co-produits) et de mutualiser des moyens. Il s’agit de construire des programmes de recherche appliquée sur l’évaluation nutritionnelle, sanitaire et environnementale des matières premières. Isabelle Bouvarel, d.g. de l’Itavi, a expliqué à la presse que ces programmes devront répondre aux enjeux de performance technico-économique, de compétitivité, ainsi que de réduction de l’empreinte carbone et d’adaptation au climat. Quant à Laurent Rosso, directeur de Terres Univia et d.g. de Terres Inovia, il a souhaité que le consortium permette d’anticiper les besoins nutritionnels des volailles et de se concerter rapidement sur l’orientation pratique des recherches.
* Instituts Arvalis (céréales), Itavi (aviculture) et Terres Inovia (oléoprotéagineux) ; interprofessions Intercéréales et Terres Univia (oléoprotéagineux) ; Snia et la Coopération agricole.

Santé au travail : la MSA dévoile son plan stratégique pour 2026-2030

La Mutualité sociale agricole a présenté, le 25 février au Salon de l’agriculture, son Plan santé-sécurité au travail (PSST) 2026-2030, destiné à prévenir les risques professionnels des salariés et non-salariés agricoles, ainsi que de l’ensemble des partenaires et des filières professionnelles. « À travers ce plan, qui concerne directement la santé des adhérents, un capital à préserver quotidiennement, la prévention s’impose comme la première source d’économies », a précisé Jean-François Fruttero, président de la CCMSA (Caisse centrale de la MSA). Pour ce faire, le PSST se déploie selon quatre orientations : l’approche « Une seule santé » vise à optimiser la santé humaine, animale et environnementale ; la prévention primaire se concentre sur l’élimination ou la réduction à la source des situations d’exposition au danger ; la relation de service personnalisée en santé au travail ; et enfin la stratégie d’influence destinée à mieux valoriser les interventions des préventeurs. Deux axes structurent la mise en œuvre du plan. Le premier vise à améliorer les conditions de travail au-delà de la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) et des troubles psycho-sociaux (TPS), en intégrant notamment la prévention du mal-être professionnel, de la désinsertion professionnelle et des addictions en milieu de travail. Le second axe entend soutenir les transformations et les transitions de l’agriculture dans une approche de bien-être au travail.

Salon de l’agriculture : 437 000 visiteurs pour une édition « pas comme les autres »

L'édition 2026 du Salon international de l'agriculture (Sia) a enregistré une chute de 27,9 % de sa fréquentation cette année, et restera un « salon pas comme les autres », marqué par l'absence des bovins, a reconnu son président dimanche 1er mars, assurant qu'il reviendra « plus fort » l'an prochain. Cette année, l'évènement a rassemblé 437 402 visiteurs, contre 607 000 lors de l'édition précédente, loin du record de 2014 (703 000), a annoncé l'organisation dimanche soir à l'issue de l'évènement. « Quand il manque quelqu'un dans la famille, ce n'est pas comme d'habitude (...). Et ça s'est vraiment ressenti dans une baisse de la fréquentation », avait expliqué un peu plus tôt à l'AFP le patron du salon, Jérôme Despey. Sur les quatre premiers jours du Salon, le nombre de visiteurs affichait déjà un recul de l'ordre de 25 %. « Le contexte était un peu particulier », avec l'absence des bovins, en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une première depuis 62 ans, qui « a beaucoup marqué », et aussi « beaucoup d'inquiétudes du monde agricole », a souligné le président de l’évènement.

Foncier : la SNFM sceptique sur le tempo de la loi d’urgence agricole

Réagissant aux propos de Sébastien Lecornu sur un « chapitre foncier » dans la LUA, la SNFM (fermiers, FNSEA) est apparue sceptique le 27 février. « L’instabilité politique est telle, je ne suis pas sûr qu’on puisse obtenir grand-chose », a déclaré le président Sébastien Delafosse. Le 26 février, le Premier ministre a indiqué vouloir poursuivre les concertations autour du projet de loi d'urgence agricole (LUA) et, ce faisant, élargir le périmètre de discussion. « Le problème d’une loi d’urgence, c’est la précipitation », a estimé le secrétaire général Denis Labri. Avant d’y inclure un volet foncier, « il y a beaucoup de réflexion, beaucoup de gens à rencontrer. Ça ne se fait pas en un mois. » Lors de son congrès, les 17 et 18 mars, la SNFM retracera l’historique du statut du fermage, né il y a 80 ans. Le fonctionnement actuel des sections départementales et régionales des fermiers et métayers sera aussi à l’ordre du jour. Objectif : relancer le dynamisme du réseau. Ces sections restent « indispensables », souligne-t-elle. Et d’expliquer que,  « localement, le statut du fermage est adaptable dans le cadre des commissions consultatives paritaires départementales des baux ruraux ». Elles déterminent notamment les minima et maxima du fermage.

Installation/transmission : une coalition attentive à la nouvelle gouvernance des politiques

Dans un communiqué le 26 février, la coalition « Installons des paysans » presse le ministère de l’Agriculture de mettre en place « une nouvelle gouvernance » de la politique d’installation et transmission. « Le pluralisme et la gouvernance partagée sont inscrits dans la LOA » (loi d’orientation agricole), rappelle le document signé par les réseaux Civam, Fadear, Reneta, les mouvements Miramap, Terre de liens, la Fnab, Sol, ou encore le pôle InPact. Et la coalition d’appeler le ministère à « organiser au plus vite un temps de travail dédié spécifiquement à l'organisation de cette nouvelle gouvernance permettant la participation d’une diversité d’acteurs ». L’objectif est d’« assurer un pilotage efficace de France Service agriculture ». Ce guichet unique, prévu au 1er janvier 2027 dans la LOA, vise à accompagner de manière individualisée chaque personne qui souhaite s’installer en agriculture ou céder une exploitation. « Ce n’est qu’avec une gouvernance transparente et démocratique des instances de pilotage et de suivi des politiques en faveur du renouvellement des générations en agriculture que nous obtiendrons (…) les résultats les plus efficaces », juge la coprésidente de la Fadear, Isabelle Bouvier, citée dans le communiqué.

Restauration collective : le SNRC s’allie aux interprofessions et soutient le « fait maison »

Le 26 février au Salon de l’agriculture, le SNRC (restauration collective) s’est déclaré l’allié de quatre interprofessions en faveur de l’origine français et de la qualité des produits représentés (fruits et légumes, œufs, volailles, viande bovine), ainsi que des bonnes façons de préparer ceux-ci. Une démarche qu’a saluée le ministre du Commerce Serge Papin en rendant visite aux élus sur le stand d’Interfel (fruits et légumes). Le promoteur du « fait maison » a encouragé la restauration concédée à s’emparer de ce label d’élaboration à partir de produits bruts. Mais, au cours de leurs interventions, la présidente du SNRC Isabelle Aprile et les présidents des interprofessions, ont pointé les freins à l’amélioration des approvisionnements, en premier lieu la faiblesse des budgets. Un intervenant a souligné que les cuisines devraient s’équiper pour préparer des fruits et légumes entiers. Isabelle Aprile a rappelé aux pouvoirs publics leur devoir d’investir dans « la santé publique et la transition alimentaire » à travers la restauration collective. D’après le communiqué diffusé le jour-même, les sociétés de restauration collective achètent 71 % de viandes françaises – et pas de poulet ukrainien – , 95 % d’œufs français et 99 % de lait français.

Fongicides : en 2026, Amoéba va entamer son expansion commerciale

À l’occasion de la publication de ses résultats pour l'exercice 2025, Amoéba, spécialiste du développement de solutions microbiologiques naturelles basées sur l’exploitation brevetée d’amibes, annonce des avancées réglementaires importantes (lire l’article complet dans Agra Innovation). « L’Anses a initié la phase conclusive de l’évaluation de la demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit de biocontrôle Axpera (contre les maladies fongiques, NDLR), déposée en mars 2025 », annonce la société dans son communiqué publié le 23 février. Entrée en février dans une dernière étape de commentaires, cette procédure « se clôturera le 6 mars 2026 », indique encore Amoéba. Elle sera « suivie de l’ultime phase de signature et publication officielle de l’autorisation de mise sur le marché en France ». L’entreprise souligne que cette phase administrative peut s’étendre sur plusieurs semaines. Pour 2025, la société – qui n’a pas encore réalisé de chiffre d’affaires – indique que « les besoins de trésorerie liés à l’exploitation et aux investissements ont été largement compensés par les financements émis au cours de l’exercice ». ET Nice & Green, son actionnaire principal, a renouvelé son soutien et s’est engagé à couvrir ses besoins au moins jusqu’au 31 décembre 2026. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Céréales/fongicides : l’offre Prediview de Bayer intègrera bientôt l’orge et le biocontrôle

Dans un communiqué du 27 février, Bayer indique que son offre Prediview, qui repose sur la garantie d’hectares de céréales saines, « s’étendra à l’orge » cette année. Après avoir couvert 10 300 ha de blé en 2025, elle « concernera plus de 20 000 ha en 2026 », prévoit le groupe agro-pharmaceutique allemand, comme indiqué lors du lancement de son offre. Par ailleurs, « dès 2027, l’offre Prediview ajoutera le biocontrôle » avec des produits à base de soufre. « Cette substance minérale d’origine naturelle contribue à la réduction de l’IFT et à la gestion des résistances de la septoriose », précise l’industriel. Via son offre Prediview Seed, Bayer « s’appuiera sur des variétés avec des niveaux intrinsèques élevés de résistance aux maladies majeures » des céréales (septoriose, rouilles brune et jaune). Le but : « réduire l’usage des fongicides », avec « un seul passage garanti ». Et de précise que, « si un second s’impose, Bayer en assume le coût ». Pour rappel, l’offre Prediview consiste en une « protection fongicide [qui] repose sur le risque réel de maladies ». L’industriel « garantit 85 % de feuilles saines, sur la base d’un programme défini à l’avance avec le distributeur agricole et à prix fixe ».

Endives : une production en hausse par rapport à l’an passé (Agreste)

Selon les dernières prévisions d'Agreste (ministère de l’Agriculture) arrêtées au 1er février, la production française d’endives atteindrait 135 200 t pour la campagne 2025-2026, en hausse de 6 100 t par rapport à 2024-2025. Elle serait néanmoins inférieure de 2 % à la moyenne quinquennale. « La récolte 2025 des racines s’est achevée à la mi-décembre dans de bonnes conditions. Malgré la baisse des surfaces, la production de racines pour cette campagne est estimée en légère hausse sur un an (+1 %) », note Agreste. De fait, les surfaces nationales d’endives pour la campagne 2025 sont estimées en baisse de 4 % par rapport à la campagne précédente à 8 472 ha. Cependant, « depuis janvier 2026, la production de chicons d’endives est totalement assurée par les racines récoltées en 2025, d’une belle qualité et présentant un bon potentiel productif », est-il indiqué. En janvier, les prix à la production ont été inférieurs de 11 % à ceux de la campagne précédente. Après deux campagnes caractérisées par une offre limitée, les volumes disponibles correspondent mieux à la demande et les prix reviennent à des niveaux moyens ; ils sont globalement stables depuis le début de la campagne.

Fleurs/plantes : modeste progression des exportations hollandaises en 2025

D'après les dernières données publiées par l'Association néerlandaise des grossistes en produits floricoles (VGB), les exportations de fleurs et de plantes devraient augmenter de près de 2 % en 2025, passant de 7 Md€ en 2024 à 7,2 Md€. Cette croissance est principalement due à la hausse des prix, mais le secteur horticole a également réussi à augmenter ses volumes. Le secteur des plantes est celui qui a connu la meilleure trajectoire. Il progresse aussi bien en volume (+2 %) qu’en valeur (+4 %), après trois années orientées à la baisse. Le VGB y voit là un retour de l’intérêt des jardineries et des GSB (grandes surfaces de bricolage) pour l’origine néerlandaise. En revanche, les exportations de fleurs coupées fraîches ont ralenti en 2025, avec des volumes en basse de 3 % par rapport à 2024, mais une stagnation en valeur (+0,3 %, à 4,4 Md€). Côté destinations, l'Allemagne reste le premier client, absorbant 23,7 % des exportations pour une valeur de 1,7 Md€. Le Royaume-Uni arrive en deuxième position, avec 14,9 % des exportations néerlandaises de fleurs et de plantes, soit 1 Md€. la France a modestement augmenté ses importations de 0,2 %, représentant 10,3 % des exportations pour une valeur de 740 M€.