PPL Entraves: les députés adoptent largement la motion de rejet
Comme annoncé la veille, le rapporteur Les Républicains (LR) Julien Dive a déposé, le 26 mai, une motion de rejet préalable de la proposition de loi Entraves, qui a été largement adoptée en séance publique (274 voix pour, 121 contre), dans le but de contourner la masse d'amendements écologistes et insoumis. À 15 h, avant la séance, la conférence des présidents de l'Assemblée n'était pas parvenue à un accord pour que les débats se tiennent – Aurélie Trouvé (LFI) avait proposé un vote sur temps législatif programmé, notamment soutenu par M. Taupiac (Liot) et M. Fesneau (Modem), qui a été repoussé. Cosignée par les présidents des quatre principaux groupes du bloc central, Laurent Wauquiez (LR), Marc Fesneau (Modem), Gabriel Attal (Ensemble), et Paul Christophe (Horizons), la motion a reçu le soutien des députés Rassemblement national (RN), qui ont permis de dégager une majorité. Elle a été dénoncée par la gauche, y compris le Parti socialiste – durant le débat, les députés LFI ont brandi des pancartes mentionnant des maladies liées aux pesticides. Le texte est dès lors considéré comme rejeté par l’Assemblée nationale sans examen dans l’hémicycle. Il fera désormais l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP), qui pourrait se réunir la semaine du 10 juin, indique Julien Dive.
PPL Entraves : la FNSEA manifeste en tracteurs devant l'Assemblée nationale
La FNSEA a garé une dizaine de tracteurs devant l’Assemblée nationale le 26 mai afin de faire pression sur les députés qui doivent examiner la loi Entraves, « essentielle pour qu’enfin on retrouve notre capacité à produire en France », selon le secrétaire général du syndicat historique. « Cette proposition de loi pour lever les contraintes au métier d’agriculteur est très importante pour nous (...). Ce qu’on demande, c’est simplement d’exercer un métier dans un environnement européen : marché unique, règle unique. Ça fait 20 ans qu’on se bat là-dessus. Pour une fois qu’une proposition de loi va dans ce sens... Nous n’aurons plus la patience d’attendre », a déclaré Hervé Lapie à l’AFP. Une cinquantaine d’agriculteurs d’Île-de-France, du Grand Est et de la région Paca sont rassemblés dans le calme, avec cafés et croissants, devant les colonnes du palais Bourbon. Ils seront relayés mardi par certains de leurs collègues du Centre-Val de Loire et mercredi par ceux des Hauts-de-France, si la motion de rejet déposée par le rapporteur du texte pour contourner les milliers d’amendements déposés n’est pas adoptée.
PPL Entraves : deux permanences de députés NFP dégradées en Gironde
Deux députés insoumis et écologistes de Gironde ont dénoncé le 26 mai la « dégradation » de leur permanence parlementaire par des tags et messages signés de la Coordination rurale, la nuit précédant l’examen de la proposition de loi (PPL) Entraves. D’autres permanences de députés ont été dégradées ces dernières semaines en marge de l’examen de la PPL. La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a fustigé des « pressions » et « actes d’intimidation » contre les élus. « Cette nuit, des agriculteurs se réclamant de la CR 33 » (la Coordination rurale de Gironde, NDLR) et « n’ayant comme arguments que la violence, ont dégradé ma permanence parlementaire avec des tags et messages menaçants », déclare dans un communiqué le député insoumis de la troisième circonscription de Gironde, Loïc Prud’homme. Ils « se trompent de cible », a-t-il ajouté, en « essayant d’intimider les trop rares députés qui défendent une exception agri-culturelle française ». L’élu a l’intention de porter plainte, comme il l’avait fait à l’occasion de précédents « actes similaires menés par l’extrême droite ». Sa permanence avait été taguée avec des propos anti-migrants à deux reprises en 2023. Le député écologiste de la deuxième circonscription de Gironde Nicolas Thierry a, plus tard lundi, lui aussi dénoncé « une tentative d’intimidation » après avoir découvert les murs de sa permanence « recouverts d’affiches à caractères diffamatoires, d’œufs et de tags revendiqués et signés par la Coordination rurale 33 ».
Pac : le commissaire Hansen pousse les Vingt-sept à adopter au plus vite les simplifications
Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, pousse les institutions européennes à adopter au plus vite son nouveau paquet de simplification de la Pac avec l’objectif qu’il entre en vigueur dès début 2026. « Je compte sur le Conseil de l’UE pour examiner ce paquet le plus rapidement », a-t-il indiqué le 22 mai lors de la réunion du Conseil des ministres de l'Agriculture à Bruxelles. Il a aussi lancé « un appel » aux eurodéputés à ne pas « se perdre dans les méandres de la procédure ». Au Parlement européen, Christophe Hansen a pris contact avec les responsables des groupes politiques pour leur demander de faire adopter le texte selon la procédure d’urgence (c’est-à-dire sans qu’aucun amendement y soit apporté). Certains (le PPE en particulier) y seraient favorables, mais d’autres hésitent. Les ministres de l'Agriculture, eux, cherchent à garder la main sur le dossier, alors que, comme l’ensemble des règlements omnibus, le nouveau paquet est censé être examiné par le Conseil Affaires générales. Quelque seize ministres ont adressé une lettre à la présidence polonaise du Conseil en ce sens. Une demande réitérée par la quasi-intégralité du Conseil Agriculture lors de la réunion du 26 mai. Sur le fond, les Vingt-sept soutiennent les grandes lignes de la proposition de Bruxelles. Mais, a prévenu la ministre française Annie Genevard, il faudra « prendre le temps suffisant pour examiner cette proposition de manière approfondie ».
Déforestation importée : une quinzaine d'États membres demandent un nouveau report
Plus d’une quinzaine de ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 26 mai à Bruxelles, ont demandé à la Commission européenne de reporter d’une année supplémentaire (à fin 2026) l’entrée en vigueur du règlement sur la déforestation importée. Ces pays (dont ne font pas partie la France et l’Espagne qui, au contraire, veulent une entrée en application dès la fin d'année) ont apporté leur soutien à un document préparé par l’Autriche et le Luxembourg soulignant que « les exigences imposées aux agriculteurs et sylviculteurs […] sont disproportionnées par rapport à l’objectif du règlement, à savoir empêcher la déforestation là où elle se produit réellement ». Ils souhaitent que soit créée une quatrième catégorie de pays – outre ceux à risque «faible », « standard » et « élevé » – de pays ou régions ayant un « risque insignifiant de déforestation ». Ces pays, dont feraient partie les États membres de l’UE, seraient exemptés de la géolocalisation des surfaces agricoles ou des terrains forestiers utilisés, ainsi que de contrôles sur les produits issus de ces zones. Mais la Commission européenne a repoussé, pour l'instant, cette demande. Elle a publié, le 22 mai, sa liste classant les pays selon leur risque de déforestation et estime que tout est en place pour une mise en œuvre sans heurt du règlement.
Taxes américaines : la pause tarifaire finalement étendue jusqu’au 9 juillet
Après avoir agité, le 23 mai, la menace d'une mise en place de taxes de 50 % sur les importations européennes dès le 1er juin, le président américain, Donald Trump, s’est finalement ravisé le 25 mai. Après un échange au plus haut niveau, les dirigeants de l'UE et des États-Unis ont finalement annoncé une prolongation de la pause tarifaire – en place depuis mi-avril – jusqu’au 9 juillet afin de laisser le temps aux négociations et de convenir d’un compromis satisfaisant des deux côtés. Qualifiant son entretien téléphonique avec le locataire de la Maison Blanche de « bon appel », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a rappelé, dans un message posté sur le réseau social X, que « l’Europe est prête à faire avancer les négociations rapidement et résolument ». L’annonce faite par Donald Trump le 23 mai avait immédiatement provoqué des remous sur les marchés financiers tant aux États-Unis que sur les places boursières européennes. De leur côté, les gouvernements français et allemand sont sur la même ligne, évoquant « une situation intenable » pour les filières européennes et soulignant la nécessité de mener à bien des « négociations sérieuses ».
Céréales : rendements 2025 attendus comme acceptables dans l'UE
Dans son rapport mensuel du 26 mai, l’observatoire des cultures de la Commission européenne, Mars, s’attend à des rendements « acceptables » en grandes cultures pour 2025 dans l'UE, malgré des inquiétudes liées à la sécheresse dans certains secteurs. Les régions concernées sont essentiellement le nord de la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suède et une petite partie de la Pologne. Les rendements des blés (moyenne établie sur le blé tendre et le blé dur) sont attendus par la Commission à 5,83 t/ha en moyenne dans l’UE, contre 5,82 t/ha en avril, et 5,55 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. En orge, ils sont attendus à 5,14 t/ha, contre 5,08 t/ha le mois antérieur, et 4,76 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. En France, le rendement moyen en blé tendre est projeté par l'organisme à 7,05 t/ha, contre 6,09 t/ha en 2024, et 6,94 t/ha en moyenne sur 2020-2024. En orge d’hiver, il est pour l’instant espéré dans l'Hexagone à 6,45 t/ha, contre 5,56 t/ha l’an passé, et 6,34 t/ha sur 2020-2024. Notons une révision à la baisse de la prévision de rendement 2025 de colza dans l’UE entre avril et mai, passant de 3,2 t/ha à 3,17 t/ha (3,16 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années).
Pesticides/betterave : dérogation pour un produit de lutte contre la cercosporiose
Dans un communiqué du 26 mai, le groupe italien Sipcam, spécialisé dans la production et la distribution de pesticides, annonce l'obtention d'une dérogation de 120 jours d'autorisation de mise sur le marché pour l’un de ses produits de lutte contre les maladies foliaires de la betterave, notamment la cercosporiose. L’autorisation est applicable à partir du 1er juin. Il s'agit du fongicide Airone RC, contenant deux formes de cuivre : l'hydroxyde et l'oxychlorure de cuivre. Sipcam précise que son produit est également applicable en agriculture biologique. Il s'utilise en tant que traitement préventif, permettant « un gain de rendement pouvant aller jusqu’à 20 tonnes de betteraves par hectare en condition de forte pression cercosposriose, comme en 2023 et 2024 », se targue le groupe italien. Pour rappel, Sipcam avait annoncé en mars le lancement d'un nouvel herbicide de lutte contre les graminées indésirables de type vulpin et ray-grass affectant les parcelles de céréales. Néanmoins, Arvalis jugeait l'efficacité du produit discutable, étant composé de substances actives originellement destinées à agir contre les dicotylédones. L'association avec d’autres matières actives de type anti-graminée était nécessaire afin d'obtenir des résultats probants.
Engrais : les Amis de la Terre soutiennent les médecins contre la contamination au cadmium
La fédération des Amis de la terre soutient l’union des médecins libéraux dans leur mobilisation contre le cadmium, métal jugé comme l’un des plus toxiques existants pour la santé humaine, dans un communiqué du 26 mai. L’union des médecins libéraux alerte, à la veille de la Journée mondiale de l’environnement le 5 juin prochain, sur le doublement de l’imprégnation moyenne au cadmium mesurée entre les périodes 2006-2007 et 2014-2016 chez les adultes français. La raison de cette hausse de la contamination est l‘importation d’engrais phosphatés « riches en cadmium » en provenance du Maroc, qui imprègnent les sols et par ricochet l’alimentation de la population, dénoncent les Amis de la Terre. L'ONG se prononce contre la réduction de la teneur en cadmium des engrais, arguant que « les technologies de décadmiation sont difficilement transposables à échelle industrielle ». Elle réclame ainsi aux autorités d’inclure dans le Plan engrais, annoncé le 31 mars lors du Conseil de planification écologique, des mesures prônant une réduction de l’usage d’engrais chimique, « comme le préconise l’Anses ».
Alcool : une agence de l'OMS établit un lien avec le risque accru de cancer du pancréas
Il existe « une association modeste mais significative » entre la consommation d'alcool et le risque d'avoir un cancer du pancréas, indépendamment du tabagisme et de son sexe, souligne le 26 mai le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Chaque augmentation de 10 g/jour de la consommation d'alcool, soit un verre standard d'alcool pur, est associée à une augmentation de 3 % du risque de cancer du pancréas, conclut ce travail porté par l'agence de l'OMS. L’étude, publiée dans la revue scientifique américaine « Plos Medicine » le 20 mai, fournit « de nouvelles preuves que le cancer du pancréas pourrait être un autre type de cancer associé à la consommation d'alcool, un lien sous-estimé jusqu'à présent », a commenté le Dr Pietro Ferrari, auteur principal. Un lien direct entre consommation d'alcool et cancer a été établi pour sept cancers (côlon-rectum, œsophage, foie, cavité buccale, pharynx, larynx, sein). Mais les preuves la liant spécifiquement au cancer du pancréas étaient jusqu'à présent jugées limitées ou non concluantes. Pour cette nouvelle étude, les scientifiques ont regroupé et harmonisé les données de 30 cohortes de population sur quatre continents, soit quelque 2,5 millions de personnes, à l'âge médian de 57 ans entre 1980 et 2013, dont 10 067 ont développé un cancer du pancréas.
Santé : un « plan obésité » attendu en France en septembre
Le gouvernement veut « sortir en septembre » un « plan obésité » pour prendre en charge cette maladie au niveau « éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux », a déclaré Yannick Neuder, ministre de la Santé, le 26 mai, en visite à Chartres (Eure-et-Loir) au site de production du champion de l'insuline Novo Nordisk. Il a fait état de « discussions en cours avec [l’Anses] pour faire face au fléau des maladies métaboliques, du diabète et de l'obésité », qui touchent « près de 20 % de nos enfants et adolescents ». Interrogé sur la possibilité d'élargir la prescription des nouveaux traitements anti-obésité aux généralistes, M. Neuder a répondu vouloir « avancer sur ce sujet si possible avant l'été », soulignant que « l'obésité est un grand pourvoyeur de maladies cardiovasculaires ». Pour l'heure, la prescription initiale de ces médicaments (scrutés par des industries agroalimentaires aux États-Unis pour leurs possibles effets sur la consommation), dont le Wegowy (Novo Nordisk) et le Mounjaro (Eli Lilly), doit être faite par un spécialiste en endocrinologie-diabétologie-nutrition ; le renouvellement par tout médecin. Wegovy et Mounjaro ne sont pas remboursés en France, comme dans de nombreux pays européens, hormis en Suisse et Angleterre. Les prix sont en négociation pour un éventuel remboursement.
Influenza aviaire : au Brésil, un tiers des volumes d’exportation sous embargo total (Itavi)
Alors que le ministère de l’Agriculture du Brésil a annoncé le 22 mai la désinfection d’un unique foyer d’influenza aviaire, les embargos de différents pays importateurs sur l’ensemble du pays pèsent sur un tiers des exportations du premier fournisseur mondial en viandes de volaille, selon une note de l'Itavi (institut technique) publiée sur LinkedIn le 22 mai. Ces embargos totaux, dont ceux des deux premiers clients que sont la Chine et l’UE, équivalent à une perte mensuelle estimée à 265 millions d'euros (M€) et 150 000 t de produits (sur la base des quatre premiers mois de 2025). L’embargo de l’UE correspond à 65 M€ et 22 000 t. À ces embargos totaux s’ajoutent les embargos partiels du fait d’accords de régionalisation avec le Japon, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, etc., qui représentent 29 % des exportations brésiliennes de poulet de 2025. Le ministère a mis en marche le compte à rebours des 28 jours au bout desquels, sans nouveau foyer, le Brésil pourra se déclarer à nouveau indemne d’influenza aviaire en vertu des protocoles internationaux. Il précise que, dans un rayon de 10 km autour du foyer de Montenegro (Rio grande do Sul), un total de 540 établissements ruraux ont été inspectés, dont deux élevages avicoles professionnels.
Pomme et poires/Natura 2000 : dans les Hautes-Alpes, des vergers dans l’impasse
Dans une question écrite au gouvernement, le sénateur Jean-Michel Arnaud (centriste, Hautes-Alpes) a dénoncé « la multiplication des réglementations environnementales propres aux zones Natura 2000 » et « l'absence de [MAEC] applicables » pour y répondre, rendant selon lui des vergers « inexploitables ». Ces contraintes « obligent une conversion » vers la bio, plaçant les producteurs de pommes et de poires dans des impasses techniques, estime l’élu. Pourtant, dans sa réponse six mois plus tard, le 8 mai, le ministère de l’Agriculture a fait valoir qu’une MAEC arboriculture existe et « permet de rémunérer le recours à des méthodes de lutte biologique et de limitation des utilisations d'herbicide ». Contactée par Agra Presse, la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes confirme qu’une MAEC arboriculture existe « depuis 2023 », mais que, « compte tenu des contraintes, aucun arboriculteur ne l'a prise » dans le département. Sur décision régionale, « les arboriculteurs n'ont accès qu'à deux mesures, qui demandent en premier lieu la réduction de l'usage de l'eau », pointe-t-elle. Consterné par la réponse ministérielle, Laurent Gabet, vice-président de la chambre, partage à Agra Presse les deux engagements qu’il veut obtenir des autorités : « pas de restrictions [phytosanitaires] supplémentaires » et « une modification du zonage Natura 2000 pour en exclure les vergers ».
Restauration de la nature : la concertation publique pour un plan national est lancée
La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a lancé, le 23 mai, la concertation publique « Agir pour restaurer la nature ». Cette concertation vise à préparer le plan national de restauration de la nature à horizon 2050, selon un communiqué. C'est ce plan que la France transmettra à la Commission européenne en septembre 2026, conformément au règlement pour la restauration de la nature de juin 2024. Cette concertation peut intéresser les agriculteurs car, parmi les habitats naturels dégradés à restaurer figurent « les milieux pastoraux : prairies et pelouses », « les rivières et lacs » et « les milieux humides ». Figurent également les milieux forestiers ; les landes, fourrés et steppes ; les milieux rocheux et dunaires. La concertation en ligne ou par des évènements en présentiel se déroule jusqu’au 23 août.
Plastiques : les sols agricoles davantage pollués que les océans (étude)
La pollution plastique des sols agricoles est « un sujet majeur de préoccupation », indiquent l’Inrae et le CNRS dans une expertise collective publiée le 23 mai. Une trentaine de scientifiques français et européens ont épluché plus de 4 500 publications sur les plastiques utilisés en agriculture et pour l’alimentation en France, en Europe et dans le monde. Ils concluent que la contamination mondiale de la surface des sols agricoles est « supérieure à celle des océans », avec un taux d’environ 1 000 particules de microplastiques (1 µm à 5 mm) par kilo de sol, dans le premier mètre de profondeur. Les plastiques les plus abondants sont le polyéthylène et le polypropylène, deux polymères parmi « les plus utilisés dans les chaînes de valeur alimentaire ». Leur présence dans les sols vient de différentes sources, identifiées mais « difficiles » à hiérarchiser faute de données. Ils proviennent de l’usage d’intrants agrochimiques, d’infrastructures en plastique, de déchets organiques (dont compost, digestat, boues, fumier) et de l’irrigation. S’ajoutent l’usage de déchets organiques et d’eaux d’irrigation contaminés « en amont de l’activité agricole, par le biais d’autres activités humaine », ainsi que le « dépôt atmosphérique » de microplastiques.
Gaza : moins de 5 % des terres agricoles sont disponibles pour la culture, selon la FAO
Dans leurs dernières données publiées le 26 mai, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le centre satellitaire de l’ONU, Unosat, avancent que, en avril, seulement 4,6 % des terres agricoles à Gaza sont disponibles pour la culture, soit 688 ha. À cela s’ajoute le fait que plus de 80 % des terres agricoles totales de la bande de Gaza ont été endommagées, soit 12 537 ha sur 15 053, et que 77,8 % de celles-ci ne sont pas accessibles aux agriculteurs. La situation est particulièrement sensible à Rafah, où plus aucune terre agricole n’est accessible, et dans les gouvernorats du nord, qui en prennent le chemin (93,1 % de terres non accessibles). Par ailleurs, 82,8 % des puits agricoles dans toute la bande de Gaza sont endommagés (contre environ 67,7 % en décembre 2024). La situation des serres est également inquiétante, l’évaluation révélant que 71,2 % d’entre elles ont été endommagées. « Ce niveau de destruction ne représente pas seulement une perte d’infrastructures, c’est un effondrement du système agroalimentaire de Gaza et de ses moyens de subsistance », souligne Beth Bechdol, directrice générale adjointe de la FAO.