Guerre en Ukraine: suspension des droits de douane pour les produits agricoles ukrainiens
En vue de stimuler l’économie ukrainienne, au ralenti depuis l’invasion russe, la Commission européenne vient de proposer le 27 avril de suspendre pour une durée d’un an tous les droits de douane, sur les importations de fruits et légumes soumis au système de prix d'entrée, ainsi que les produits agricoles et les produits agricoles transformés soumis à des contingents tarifaires. Une mesure prise dans le cadre de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine (entré en vigueur en janvier 2016). «L’UE n’a jamais pris (pour un pays en guerre, NDLR) de telles mesures de libéralisation des échanges (accès au marché de l’UE sans droits de douane ni quotas), qui sont d’une ampleur sans précédent», a déclaré le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis. Avant d’ajouter que «ces mesures aideront directement les producteurs et les exportateurs ukrainiens». En fonction du niveau des importations en provenance d'Ukraine en 2021, l'UE devrait enregistrer une perte de recettes douanières de moins de 31 M€ par an, estime l’exécutif européen. «Il s’agit d’un impact limité sur les ressources propres de l'UE» précise-t-il. Avant d’entrer en vigueur, le règlement devra faire l’objet d’une approbation conjointe du Parlement européen et du Conseil de l’UE.
Élevage: lancement d'une initiative citoyenne appelant à couper les subventions de l'UE
La Commission européenne a enregistré une nouvelle initiative citoyenne européenne intitulée «End the slaughter age» («Sortir de l'ère de l'abattage») qui demande que l'élevage soit exclu des activités pouvant bénéficier des subventions agricoles. Ses organisateurs (des associations italiennes principalement) souhaitent au contraire que des alternatives «telles que l'agriculture cellulaire et les protéines végétales» puissent, elles, en profiter. Ils appellent également à l'instauration d'incitations à la production et à la commercialisation de ces produits alternatifs à la viande. À ce stade, la Commission européenne ne fait que reconnaître la recevabilité sur le plan juridique de l’initiative. À la suite de cet enregistrement, les organisateurs disposent désormais d'un délai de six mois pour lancer le processus de collecte de signatures, puis ils devront en recueillir, en l'espace d'un an, au moins un million à travers sept pays de l'UE. Si ce processus est un succès, la Commission européenne sera alors tenue de répondre (positivement ou non) dans un délai de trois mois à ces demandes.
RHD: une revalorisation des prix «inévitable» en restauration collective, clame le SNRC
Dans un communiqué du 26 avril, le syndicat national de la restauration collective (SNRC) appelle à une revalorisation «inévitable» des prix des prestations de repas pour répercuter l’inflation des matières premières agricoles. «Les sociétés de restauration collective demandent à l’ensemble des élus et des décideurs publics ainsi qu’aux membres de la société civile d’accepter au plus vite de négocier avec eux la mise en place des aménagements indispensables afin de permettre de relever collectivement les défis actuellement rencontrés par le secteur», indique son président Philippe Pont-Nourat. Le SNRC souligne les «difficultés» qui fragilisent aujourd’hui les entreprises de la restauration collective, signalant les hausses importantes de leurs coûts alimentaires: +25% sur le steak haché et la volaille, +20% sur les œufs, +30% sur les pâtes, la semoule et le riz, +15% sur les produits laitiers, et +100% sur l’huile de tournesol. Les ruptures d’approvisionnement «se multiplient», précise le communiqué, en raison d’obstacles logistiques et d’arrêts de production. Cette situation contraint les entreprises à «modifier [leurs] menus pour garantir la continuité de service». En mars, le gouvernement avait publié deux circulaires donnant des «outils» pour la répercussion des hausses en restauration collective.
Négociations commerciales: la Coopération agricole répond à la mise en cause de Leclerc
Interrogé par Agra Presse, le président de la Coopération agricole (LCA) Dominique Chargé juge «peu responsables» les propos tenus par Michel-Édouard Leclerc sur BFMTV le 27 avril et conteste les accusations du distributeur à l’encontre de coopératives céréalières. Lors d’une précédente interview, M.Leclerc avait reproché à des acteurs du marché du blé de profiter de la situation créée par la guerre en Ukraine pour «spéculer» et attendre que les cours montent pour vendre leurs stocks. Le 27 avril, il a mis directement en cause «des coopératives». Le patron de Leclerc reproche à «des boîtes» de faire «des enchères à l’envers» en promettant aux distributeurs des stocks en échange d’importantes hausses de tarifs. «C’est une logique de marché noir», a-t-il acquiescé, reprenant les mots employés par la journaliste Apolline de Malherbe. «M.Leclerc a toujours besoin d’un bouc émissaire pour expliquer au consommateur que ce n’est pas lui, c’est les autres, déplore Dominique Chargé. Il serait le grand défenseur du pouvoir d’achat et les autres des tricheurs». Le président de LCA explique que la rareté du blé est créée par le blocage des ports en mer Noire, ce qui fait «mécaniquement» flamber les prix. «Oui nous avons du blé dans nos silos, mais tout est déjà vendu», veut clarifier celui qui est aussi administrateur de Terrena.
Prix de l’alimentation: en France, 9 produits sur 10 sont inflationnistes (étude)
Selon une étude du panéliste NielsenIQ, citée par Les Marchés (groupe Réussir-Agra), l’inflation atteint 2,67% au mois d’avril par rapport à avril 2021 sur l’ensemble des produits alimentaires. Après être passée de +0,52% en février à +1,26% en mars, la hausse des prix en rayon se poursuit. Elle concerne désormais neuf catégories de produits alimentaires (PGC-FLS) sur dix, soit 93%, contre 81% en mars et 68% en février. Les plus fortes hausses mensuelles observées portent sur la viande, les volailles et la charcuterie (+5,23%). Les huiles (+2,96%), les sucres (+2,32%) et le beurre (+2,31%) figurent en bonne place parmi les catégories alimentaires très inflationnistes. Les prix grimpent plus fortement sur les marques nationales que sur les marques distributeurs (à l’exception de la viande), du fait de la répercussion des hausses de tarifs conclues à l’issue des négociations commerciales 2022. L’inflation généralisée sur les produits de consommation courante détourne les consommateurs des gammes les plus onéreuses, comme le bio. D'après une publication de la société IRI, les ventes de produits bio en grandes surfaces généralistes ont reculé de 6,6% en chiffre d’affaires au premier trimestre 2022 par rapport au premier trimestre 2021 (contre -1,6% pour les produits non bio).
Carbone: un cadre détaillé pour la compensation des vols intérieurs (JO)
Avec deux textes parus au Journal officiel ce 27 avril, le ministère de la Transition écologique fixe un cadre pour la compensation carbone des vols intérieurs, prévue par la loi Climat et résilience. Un décret précise que les crédits issus du label bas carbone seront bien éligibles à cette compensation, ainsi que toutes les réductions éligibles au système Corsia, dont les crédits Goldstandard ou VCS. Comme le ministère l’avait déjà évoqué auprès d’Agra Presse, les projets apportant «des améliorations significatives en matière de préservation -et de restauration des écosystèmes» pourront bénéficier d’une «majoration du montant des crédits», dans la limite de 15% par an. Le second texte, un arrêté, dessine par ailleurs une trajectoire pour les compagnies: le pourcentage minimum de compensation en Europe est fixé à 20% pour les émissions de 2022, 35% pour les émissions de 2023, et 50% pour les émissions de 2024. Les textes introduisent enfin un prix plafond pour les crédits de 40 €/t, «au-delà duquel les exploitants sont dispensés de l’application du taux». En janvier, Air France avait indiqué dans nos colonnes souhaiter un plafond à 25 €/t, tandis que de nombreux acteurs agricoles espèrent une hausse des cours du carbone. Le seuil finalement retenu correspond au prix de vente actuel des crédits par l’association France Carbon Agri. Avec des émissions estimées à 3 Mt environ pour 2020, ce dispositif entrainera une demande d'environ 600 000 t de crédit européens dès 2022.
Carbone: huit start-up fondent l'association Climate agriculture alliance
Farmleap, Gaïago, Terraterre, Soil Capital, Carbone Farmers, Rize ag, MyEasyFarm et Genesis: dans un communiqué du 27 avril, huit start-up du secteur du carbone annoncent la création de l’association Climate Agriculture Alliance. Objectif: «Proposer rapidement des solutions aux problématiques émergentes de l’industrie [du carbone agricole NDLR], à l’instar de la multiplication des programmes disponibles aux agriculteurs, et renforcer la confiance», explique Anaël Bibard, président de l’association. La structure a une vocation de rassemblement et de pédagogie, mais elle permettra également de développer l’influence des acteurs sur la finance carbone. Parmi les enjeux: proposer des solutions concernant «l’encadrement des relations entre acteurs pour éviter la double comptabilisation des réductions d’émission». L’association est «ouverte à tous les acteurs», précisent les fondateurs, indiquant avoir été rejoints récemment par une autre start-up du carbone: Sysfarm.
Gestion des aides: des primes pour le transfert des agents vers les Régions (JO)
Dans le cadre de la future Pac, le transfert des agents des services déconcentrés du ministère de l’Agriculture vers les Régions ouvrira droit à des primes pour les salariés concernés, d’après un arrêté paru au Journal officiel le 27 avril. Les «fonctionnaires et agents contractuels» en CDI pourront bénéficier de la «prime de restructuration de service» et de l’«allocation d’aide à la mobilité du conjoint», de l’«indemnité de départ volontaire», de l’«indemnité d’accompagnement à la mobilité fonctionnelle», ainsi que du «complément indemnitaire d’accompagnement». Ils peuvent aussi solliciter un «accompagnement pour un projet de mobilité» et obtenir dans ce cadre un «accès prioritaire» à des formations. Autant de mesures ouvertes «jusqu’à la fin du droit d’option dont disposent les agents», «jusqu’à trois ans» après la publication de l’arrêté. À partir de 2023, les Régions hériteront de la gestion complète des aides non-surfaciques du 2d pilier de la Pac (aides à l’installation, à l'investissement), ce qui occasionnera le transfert de 385 ETP (Équivalents temps plein) en provenance des services déconcentrés de l’État. Mais, selon une note de la CFDT-Spagri (agents du ministère), la réorganisation touchera «bien plus d’ETP», car «peu d’agents exercent des missions d’instruction des aides non surfaciques à temps plein».
Huile de palme: l’Indonésie ne va interdire que les exportations d’huile de cuisson
L’Indonésie, qui avait annoncé quelques jours auparavant vouloir interdire les exportations d'huile de palme et autres huiles végétales à partir du 28 avril pour faire face à une pénurie sur son marché intérieur, a précisé le 27 avril que cette interdiction ne concernerait que l'huile de palme raffinée, blanchie et désodorisée. Cette huile de palme raffinée alimentaire compte pour moins de la moitié des 34,2 millions de tonnes d'huile de palme exportées l'an dernier, selon l'Association indonésienne des producteurs d'huile de palme. Les exportations d'huile de palme non raffinée ne seront donc pas affectées pour l'instant. Et Jakarta prévoit de reprendre ses exportations quand le prix de gros de l'huile de cuisson sera redescendu à 14 000 roupies, après s'être envolé de 70% ces dernières semaines pour atteindre 26 000 roupies actuellement.
Santé des salariés agricoles: l’expérimentation reposant sur les infirmiers précisée (JO)
L’arrêté visant à évaluer l’expérimentation du suivi de santé au travail des salariés agricoles par des infirmiers qualifiés, en relais des médecins du travail, est paru au Journal officiel le 27 avril. Le texte établit des «indicateurs» de suivi quantitatifs (nombre de visites et d’actes réalisés respectivement par les infirmiers et médecins, nombre de réorientations de cas vers le médecin, nombre de jours passés par ce dernier sur les «dossiers complexes»…) et qualitatifs (meilleure tenue des délais, amélioration de la prévention de la désinsertion professionnelle et du maintien en emploi). Ces indicateurs permettront de mesurer l’efficacité de l’expérimentation – qui doit durer trois ans – dans les caisses locales de MSA de Haute-Normandie, Mayenne Orne Sarthe, Sud Aquitaine et Midi-Pyrénées nord, conformément à l’article 66 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 et à son décret d'application (n°2021-1547). Ils seront aussi utilisés dans un «groupe témoin» faisant office de point de comparaison. Ce groupe témoin, indique l’article 2 de l’arrêté, est composé des caisses MSA Alpes Vaucluse, Beauce Cœur de Loire, Côtes normandes et Midi-Pyrénées sud. La CCMSA devra présenter des bilans annuels, ainsi qu’un bilan final de ces données. Pour rappel, l'expérimentation concerne les examens de «suivi individuel renforcé», de reprise après congé maternité et la visite médicale à 50 ans.
Négoce: Comparateuragricole.com devient Cereapro.com
La plateforme de négoce en ligne Comparateuragricole.com, détenue majoritairement par le groupe coopératif Scael, devient Cereapro.com, a-t-elle annoncé le 27 avril. Ce nouveau nom «évoque notre activité de négoce de céréales qui représente 420 000 t de céréales vendues en 2021», déclare Vincent Guilhem, co-dirigeant et fondateur, cité dans un communiqué. Il fait aussi référence à «notre activité plus récente qui croît très rapidement: l’approvisionnement de fournitures agricoles», ajoute Pierre-Antoine Foreau, l’autre co-dirigeant et fondateur de l’entreprise créée en 2016. À sa création, la start-up a débuté en comparant et en mettant en ligne les cotations des coopératives et négociants agricoles, afin d’aider les agriculteurs à vendre leurs céréales au meilleur prix. Elle s’est lancée, un an plus tard, dans l’approvisionnement, en engrais tout d’abord, puis en semences et produits phytosanitaires. «Aujourd’hui, l’approvisionnement est en très forte croissance et représente 20% de l’activité», souligne le communiqué.
Vin: une vitrine valorisant le cognac à la mairie de Cognac
La mairie de Cognac (Charente) installera prochainement une vitrine valorisant le cognac dans son hall d’entrée, a annoncé le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) le 27 avril. «À la demande partagée des élus cognaçais et du BNIC, cette vitrine propose une grande diversité de cognacs avec plus d’une quarantaine de marques», indique-t-il. L’inauguration de cette vitrine aura lieu en juin. L’image du cognac est surtout diffusée dans les pays étrangers, notamment les pays anglo-saxons (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie) et l’Extrême-Orient (Japon, Singapour, Chine, Corée), l’exportation assurant plus de 95% des débouchés du produit. Pour cultiver cette image en France, les élus locaux ont tenu à ce que l’Hôtel de ville de Cognac redevienne «en quelque sorte le symbole de ce qu’il est véritablement: l’emblème, l’union des Cognaçais et du monde du cognac», a commenté Morgan Berger, maire de Cognac.
Fruits et légumes: Jean-Pierre La Noë nouveau président de l’AOPn Tomates de France
Lors de l’assemblée générale de l’AOPn Tomates et concombres de France le 26 avril, Jean-Pierre La Noë a été élu à la présidence de l’association nationale d’organisations de producteurs, annonce-t-elle dans un communiqué. Président de la SAS Sopa et producteur de concombres près d’Orléans (Loiret), M. La Noë était déjà membre du bureau de l’AOPn. Il succède à Laurent Bergé, «qui a souhaité passer le relais après 11 années de présidence», précise le communiqué. Ont également été élus dans le nouveau bureau de l’AOPn: Bruno Vila, d’Agrisud (marque Rougeline), et Pierre-Yves Jestin, de la coopérative maraîchère de l’Ouest (marque Savéol), comme vice-présidents; Christophe Rousse (Solarenn) au poste de secrétaire; et Antoine Cheminant (Océane) en tant que trésorier.
La Coopération agricole présente son nouveau directeur général adjoint
Dans un communiqué du 27 avril, la Coopération agricole (LCA) a annoncé l’arrivée le 19 avril d’un nouveau directeur général adjoint en la personne de Matthieu Pasquio, aux côtés de la directrice générale de l’organisation, Florence Pradier. Il remplace Vincent Magdelaine après son départ en retraite. Matthieu Pasquio occupait dernièrement le poste de délégué général de Boissons rafraîchissantes de France; il rejoint LCA pour «en assurer les développements et renforcer l’expertise sur les problématiques agroalimentaires». Le communiqué souligne l’attachement du nouveau d.g. adjoint à la complémentarité entre le développement économique et celui du réseau de l’organisation. «Ses missions sont ainsi axées sur la consolidation des relations avec les coopératives adhérentes en renforçant la logique servicielle et la coordination des expertises sur l’agroalimentaire», est-il précisé.