Taxes américaines: Trump promet 25% de droits de douane pour l’UE «très bientôt»
Dans une diatribe dont il est coutumier, le président américain Donald Trump a annoncé, le 26 février, son intention d’imposer très prochainement des droits de douane à hauteur de 25 % sur les importations en provenance de l’UE. « Nous avons pris une décision et nous l’annoncerons très bientôt. Ce sera 25 % », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion de son cabinet. Si les automobiles semblent clairement visées, ces mesures devraient s’appliquer « de manière générale » aux produits européens. « L’UE profite vraiment de nous », a-t-il indiqué. Et d’ajouter « ils n’acceptent pas nos voitures, ils n’acceptent pas nos produits agricoles. Ils avancent toutes sortes d’arguments pour ne pas accepter nos produits et nous acceptons tout d’eux ». Le Vieux Continent devrait donc être traité de la même manière que le Canada et le Mexique, autres alliés historiques des États-Unis, dont les mesures douanières devraient entrer en vigueur en avril. « L’UE a été conçue pour emmerder les États-Unis », a-t-il affirmé en évoquant un déficit commercial de « 300 milliards de dollars », montant contesté par la Commission européenne.
RSA : les exploitants agricoles exemptés des 15 heures d’activité hebdomadaires
Signée le 26 février sur le Salon de l’agriculture, la convention entre la MSA et France Travail prévoit que les exploitants agricoles bénéficiant du RSA seront finalement exemptés de l'obligation de réaliser 15 heures d’activité d’insertion hebdomadaires, comme cela est prévu dans le cas général par la loi Plein emploi. La convention prévoit aussi de renforcer l’accompagnement des ressortissants du régime agricole bénéficiaires du RSA, qu’ils soient salariés ou non-salariés agricoles (exploitants, conjoints collaborateurs), en leur proposant des services adaptés à leurs besoins spécifiques. «Dans la plupart des cas, les exploitants agricoles travaillent à plein temps pour faire fonctionner leur entreprise et la développer, avec l’objectif de se dégager un revenu leur permettant de ne plus avoir besoin du RSA, a expliqué Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail. Ce partenariat permettra de rassurer les exploitants agricoles en tenant compte des particularités de leur métier. Il donnera également la possibilité d’accompagner au mieux ceux qui auraient des difficultés dans le lancement de leur activité.» Cette disposition a été saluée par Jean-François Fruttero, président de la CCMSA : la convention «répond à l’une de nos grandes revendications. C’est un grand soulagement pour tous mes collègues agriculteurs et agricultrices.»
Distribution : cinq enseignes lancent trois mesures pour soutenir les agriculteurs
Cinq distributeurs (Carrefour, Coopérative U, Intermarché, Auchan et Casino), à l’exception de E. Leclerc, réunis autour de l’animatrice Karine Le Marchand ont dévoilé le 26 février trois mesures pour soutenir les agriculteurs français (déployées à partir du 1er semestre 2025). La principale mesure, nommée L’amour est tout près ; sous onze conditions (taille, difficultés, transformation à la ferme, animations...), des agriculteurs qui n’ont jamais travaillé avec des GMS pourront commercialiser leurs produits dans des magasins à moins de 100 km de chez eux (avec une signalétique spécifique), au prix qu’ils auront fixé et en étant payés sous trente jours. Autre mesure : les enseignes lanceront des « alertes surproduction » en cas d’afflux important de fruits et légumes entraînant une baisse des prix. Elles comptent sur les médias grand public pour informer et expliquer à l’occasion de ces alertes. Enfin, les distributeurs veulent créer un « observatoire des filières d’avenir » pour « engager une réflexion sur les filières agricoles à accompagner en vue de se projeter sur des contrats d’achat longue durée (de 3 à 5 ans) ».
CSRD/engrais: Bruxelles dévoile son plan de simplification environnementale
La Commission européenne a présenté le 26 février un, très attendu, paquet de simplifications (dit règlement omnibus) qui se propose d’amender pour les alléger (et pour certaines les reporter) trois législations environnementales touchant les entreprises : la directive sur la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD), la directive sur la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises (CSDDD) et le mécanisme d'ajustement carbone (CBAM) –ou taxe carbone. Un dispositif qui doit permettre de relancer la compétitivité de l’UE en décrochage face aux Etats-Unis et à la Chine. Pour la CSRD, son champ d’application va être nettement réduit puisque seules les entreprises de plus de 1.000 salariés et qui ont soit un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros, soit un bilan supérieur à 25 M€ y seront soumises (contre 250 salariés et 50 M€ de chiffre d'affaires ou 25 M€ de bilan initialement prévus). 80% des entreprises (dont des coopératives et PME agroalimentaires) concernées devraient donc y échapper. Le champ d’application de la taxe carbone européenne qui s'applique (pour l'instant de manière transitoire) aux engrais mais aussi à l'électricité ou l'acier, va lui être réduit avec l’introduction d’un seuil de 50 tonnes par importateur, ce qui exclurait 90% des importateurs, principalement des PME, «tout en couvrant plus de 99% des émissions concernées», assure Bruxelles.
Simplification: les régions dénoncent la «multiplication» des appels à projets
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février, la présidente de Régions de France, Carole Delga, a dénoncé «la multiplication des appels à projets», visant notamment les agences et établissements publics divers, pas seulement dans le secteur agricole. «Assez des doublons avec les agences, des appels à projets dont les ministères ne connaissent même pas l'existence», a lancé la présidente de la région Occitanie, questionnée par Agra Presse sur le récent rapport de la Cour des comptes, qui pointe du doigt un «foisonnement» des dispositifs d'aide à l'investissement. «Il faut stopper la prolifération des agences, il nous faut revenir à un État central, et des politiques décentralisées.» Et de citer notamment l'Ademe ou FranceAgriMer. «Nous avons parfois vu des appels à projets lancés alors même qu'il n'y avait pas de gouvernement», s'insurge le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard. Lors de son allocution préliminaire, l'élu breton a indiqué qu'il y avait «des progrès à faire» dans l'articulation de FranceAgriMer avec les conseils régionaux. Depuis le démarrage de l'actuelle programmation de la Pac, les régions ne gèrent plus que les aides non-surfaciques du second pilier de la Pac (Feader), alors qu'elles avaient eu la main sur l'ensemble du second pilier sur la précédente.
Pac post-2027: les régions craignent une recentralisation au motif de «simplification»
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février, le président de la commission Agriculture de Régions de France, Loïg Chesnais-Girard a indiqué que l'association présentera, d'ici le mois de juin, un «socle commun» aux conseils régionaux dans le cadre de la négociation de la Pac post-2027. Il est déjà acquis que deux points figureront dans cette proposition; sans surprise, il s'agit d'abord du maintien de la décentralisation des aides Pac: «La simplification, n'est pas la renationalisation», plaide Loïg Chesnais-Girard, qui «entend une petite musique» en ce sens à Bruxelles, qui souhaiterait diminuer le nombre d'interlocuteurs. Deuxième demande: la défense de la «souveraineté alimentaire» et des capacités de production en élevage. Pour le président de la région Bretagne, «il faut maintenir une volonté de produire pour nourrir», par opposition notamment à la production d'énergie. Pour le reste, avertit l'élu socialiste, «il y aura des divergences, sur les notions d'aide à l'hectare ou à l'emploi, le plafonnement des aides ou les soutiens contracycliques». Toutefois, selon Loïg Chesnais-Girard, il existe historiquement un consensus transpartisan parmi les région sur une trajectoire d'augmentation de la surprime des 50 premiers hectares, qu'avait interrompue en 2018 Stéphane Travert, alors ministre de l'Agriculture, qui avait argué des problèmes de financement de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN).
Second pilier/bio : les régions s'intéressent aux enveloppes bio non consommées
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février, le président de la commission Agriculture de Régions de France, Loïg Chesnais-Girard, a indiqué que les régions étaient «ouvertes à faire évoluer» les maquettes de financement du Feader à mi-parcours de la programmation Pac, notamment pour y intégrer les budgets des enveloppes non consommées d'aides à la conversion à l'agriculture biologique. «Les crédits à notre main (aides à l'investissement et à l'installation, NDLR) sont très bien utilisés», a indiqué le président de la région Bretagne. Les régions ont jusqu'à la mi-mai pour mettre à jour leurs maquettes pour la fin de programmation. «Il faut que nous voyons la ministre de l'Agriculture de manière urgente», a plaidé Lydie Bernard, vice-présidente à l'agriculture des Pays de la Loire. Au préalable, les régions doivent elles-mêmes se réunir en commission agricole dans les prochains jours, pour arrêter leur position précise dans ce dossier. «Les régions auront des demandes pour la mesure investissement», assure d'ores et déjà Lydie Bernard. En raison de la crise de marché subie par la bio ces dernières années, les enveloppes dédiées à la conversion ne sont plus entièrement consommées. Dépossédées de la gestion des aides bio sur l'actuelle programmation, certaines régions avaient maintenu, durant la période de transition, des aides au maintien, que l'État ne finance plus depuis 2017.
Difficultés de trésorerie : l’Occitanie annonce une aide de 15 M€ «au printemps»
Le conseil régional d’Occitanie a annoncé le 26 février la mise en place, à partir du printemps, d’une «nouvelle aide à la trésorerie» dotée de 15 millions d’euros (M€). Elle s’adresse aux «exploitations touchées par les catastrophes climatiques et les épizooties», explique la présidente Carole Delga, présente au Salon de l’agriculture ce jour. Le dispositif – déjà validé par Bruxelles, selon l’exécutif régional – consiste en une aide forfaitaire pour les exploitations «affectées en 2024 par une baisse d’au moins 30% de leur production», selon un dossier de presse. Par ailleurs, la Région «va engager 800 000 € par an sur trois ans pour renforcer et élargir le Fonds Avance Cheptel public-privé», afin de «favoriser la recapitalisation» des élevages (bovins viande, bovins lait et ovins). Le conseil régional d’Occitanie annonce aussi un appel à projets de 5 M€ destiné aux Cuma dans le cadre de son «Dispositif unique» pour les investissements. Enfin, concernant la gestion de l’eau, le budget 2025 de la Région prévoit plus de 14 M€ (dont 10 M€ de fonds européens) pour «sécuriser l’approvisionnement en eau des agriculteurs» (création ou agrandissement de retenues et réseaux d’irrigation, amélioration d’infrastructures), ainsi que 3 M€ pour les «projets d’économie d’eau» et la «protection des ressources locales».
Salariés agricoles : promesse non tenue de mieux les intégrer aux débats agricoles
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février au Salon de l'agriculture, le secrétaire général de FGTA-FO, Laurent Rescanières, a regretté que le cabinet d'Emmanuel Macron n'ait pas tenu sa promesse, faite le 2 avril 2024 à l'ensemble des représentants des syndicats de salariés agricoles, de les intégrer davantage aux débats de la profession agricole. Huit mois plus tard, rien n'a changé, déplore l'élu: «Les pouvoirs publics ne discutent qu'avec les syndicats agricoles et patronaux, à part sur les conventions collectives de branche ou dans les instances paritaires où une place est réservée aux salariés». Un statu quo confirmé par Pierre Jardon, en charge du dialogue sociale à la CFTC: «Nous n'avons quasiment pas de relation avec le ministère de l'Agriculture sauf quand c'est obligatoire», résume-t-il. «Or, nous avons besoin d'échanges. Quand une annonce est faite sur le TO-DE, alors que le ministère du Travail dénonce les trappes à bas salaire, on cherche la cohérence. Pour la liste des métiers en tension, cela s'est fait sans nous, alors que nous aurions à dire sur l'attractivité.» Dernière participation significative en date des syndicats de salariés aux débats agricoles: les États généraux de l'alimentation en 2017-2018, qui ont abouti aux lois Egalim.
Agrivoltaïsme : les réserves du syndicalisme majoritaire sur la PPL « partage de la valeur »
Présent lors d’une table ronde organisée par l'énergéticien TSE sur l’agrivoltaïsme, le syndicalisme majoritaire a exprimé le 26 février des réserves sur la proposition de loi du député Pascal Lecamp relative au partage territorial de la valeur. Maxime Buizard, membre du bureau des JA, souhaite « ne pas inventer un autre système » que la compensation collective agricole, mise en place depuis la loi d’avenir de 2014. « Il faut quelque chose de fixe, pas projet par projet, sinon on va opposer les collectivités territoriales d’un côté, le monde agricole de l’autre », selon lui. Concernant les 5 MWc maximum par exploitation, Maxime Buizard invite à « ne pas imposer de plafond pour tous les systèmes » ; si la mesure doit « être discutée en pâturages », elle lui apparaît « contreproductive en cultures pérennes ». Olivier Dauger, responsable des énergies renouvelables à la FNSEA, se dit quant à lui « choqué » par une disposition de la PPL visant à créer un droit de préemption pour les EPCI : l’agrivoltaïsme, « c’est un projet agricole. Que viennent faire les collectivités ? » Autre point qui le heurte: « l’argent du partage (de la valeur) est de plus en plus ciblé vers les collectivités ».
Nutrition/santé: le gouvernement veut signer un accord de filière par an
Dans un communiqué commun paru le 26 février, les ministères de l'Agriculture et de la Santé annoncent qu'ils souhaitent désormais signer un accord collectif de filière par an dans l'agroalimentaire afin d'améliorer la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments. Les ministères ne précisent pas quelles filières sont concernées, mais soulignent que les professionnels de la filière boulangerie-viennoiserie-pâtisserie «ont déjà indiqué entamer des travaux de réduction des teneurs en sucre». L'exécutif annonce que les travaux débuteront «dès ce début d’année», et viseront notamment à réduire «le sel, le sucre et le gras», mais aussi à fixer des seuils de fibres, et des «engagements relatifs à la durabilité et la qualité des produits.» Le gouvernement met en avant les progrès réalisés par la filière boulangerie (-25% de sel dans le pain courant depuis 2015). En 2023, il avait choisi la méthode des objectifs sur base volontaire pour la filière charcuterie, lui fixant des seuils à atteindre par produit en matière de nitrites, et renonçant à légiférer comme proposé par le député Ramos. Des jambons cuits sans nitrites sont pourtant commercialisés en France depuis plusieurs années, par Cooperl par exemple (voir ici).
Blé: en difficultés, Bioceres arrête de produire lui-même son blé OGM
D'après les informations du quotidien argentin La Nación, le 12 février, la société de biotech Bioceres, en difficulté financière, a renoncé à produire elle-même son blé OGM en Argentine et à en commercialiser les semences. Elle aurait noué des accords avec d'autres opérateurs sous forme de licence. Censées être plus résistantes à la sécheresse grâce à l'ajout d'un trait génétique de tournesol baptisé HB4, ces variétés étaient les premières et, à notre connaissance, les seules variétés de blé OGM commercialisées dans le monde. Le blé HB4 est cultivé et consommé en Argentine depuis deux ans sur une surface plus 50 000 hectares. Du côté de la demande, aucune société étrangère n'aurait accepté d'acheter ces récoltes, malgré les autorisations d’importation obtenues au Brésil et en Australie. D’autre part, le risque de détection de grains de blé OGM dans des lots exportés vers des pays l’interdisant pèse lourd sur toute la filière argentine du blé. Le cours de l’action de Bioceres à la Bourse de New-York a perdu la moitié de sa valeur l’an dernier, et plus encore en janvier et février. Cette société qui fait figure de «licorne» de la biotech sud-américaine, porte d’autres projets de recherche appliquée, comme la production de chimozyne bovine (présure) utile à l’industrie fromagère produite dans des chardons OGM. (Marc-Henry André)
Biogaz/betterave : TotalEnergies met en service son unité XXL alimentée par Cristal Union
TotalEnergies a annoncé le 26 février la mise en service d'une nouvelle grosse usine de biométhane en France, la deuxième par la taille, située en Seine-Maritime et alimentée par des résidus issus de la transformation de betteraves fournis par le groupe sucrier Cristal Union. Située à Fontaine-le-Dun, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, l'usine BioNorrois est le huitième site de production de biométhane exploité par TotalEnergies en France. Sa taille est comparable à celle de BioBéarn (Pyrénées-Atlantiques), le plus grand site de production de biométhane du groupe dans le pays. « Grâce à cette nouvelle usine qui porte notre capacité de production de biogaz dans le pays à plus de 800 GWh (gigawattheures), TotalEnergies confirme sa position d'acteur majeur du marché », déclare Karine Boissy-Rousseau, vice-présidente chargée des gaz verts au sein de TotalEnergies, citée dans un communiqué. Selon le groupe, la production de biométhane du site s'élèvera à 153 gigawattheures (GWh) par an. L'injection de ce gaz non fossile dans le réseau gazier français devrait permettre de couvrir la consommation annuelle moyenne d'environ 30 000 habitants, en évitant l'émission de 30 000 tonnes de CO2 chaque année. Le groupe sucrier français Cristal Union, partenaire du projet et actionnaire à hauteur de 10% de BioNorrois, fournira pendant 15 ans les résidus de betteraves de son usine sucrière située à proximité immédiate.
Fruits et légumes : léger recul des ventes en volumes en 2024
Un recul de 2,7% des achats en volume a été observé en 2024, souligne l'interprofession Interfel dans son bilan de la consommation présenté le 25 février au Salon de l’agriculture. Le mouvement est net sur le début et la fin des campagnes de produits d’été. Une conjugaison d’effet d’offre et de demande a été à l’œuvre : démarrages retardés pour certains produits (conditions climatiques), fin précoces (pêche nectarine par exemple), impacts sur le niveau d’offre (en cerise notamment). Certains fruits (hors exotiques) ont particulièrement pâti de la situation: -24,1% pour l’abricot, -30% pour la pastèque- 9,1% en raisin. En revanche, le kiwi (+9,6%) les petits fruits rouges (+10%) et le duo clémentine-mandarine (+3,2%) ont progressé sur la période. En légumes, les reculs sont moins marqués : -9,2% pour la mâche, -8,2% pour l’endive, -6,4% pour le radis. Les progressions sont plus nombreuses : chou-fleur (+29,9%), patate douce (+14,7%), citrouille-potiron (+8,4%), concombre (+3 ,1%), tomate (+1,8%). Au global de l’année, la hausse des prix, plus marquée en fruit qu’en légume, a été de 1% et résulte des conditions climatiques adverses pour certains fruits comme l’abricot.
Élevage/sanitaire: GDS France plaide pour un resserrement du Cnopsav
Dans le cadre des Assises du sanitaire, qui ont été lancées le 30 janvier, «nous militons pour un Cnopsav réduit», indique Christophe Moulin, le président de GDS France (groupements de défense sanitaire), dans un entretien accordé le 25 février à Réussir Bovins viande et Agra Presse. Souvent qualifié de «parlement du sanitaire», le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale est une instance consultative placée auprès du ministère de l’Agriculture. «Trois ou quatre acteurs légitimes suffisent», selon Christophe Moulin, qui cite notamment les «acteurs de terrain» (dont le réseau des GDS), «l’appui technique et scientifique», ou encore les opérateurs économiques (directement concernés par le transport d’animaux). Selon le décret du 30 juin 2012 qui a institué le Cnopsav, la branche animale de l’instance comprend 13 membres de droit, dont les présidents de Chambres d'agriculture France, des syndicats et de nombreuses fédérations nationales (organisations vétérinaires, coopératives, alimentation animale, insémination, etc.). Plus largement, le réseau des GDS appelle l’exécutif – après s’être appuyé sur l’avis du Cnopsav – à «avoir le courage d’annoncer les politiques choisies face à chaque maladie».
FCO: GDS France propose une vaccination préventive contre le sérotype 1
Alors que la reprise de l’activité des moucherons Culicoïdes, vecteurs de la fièvre catarrhale ovine (FCO), intervient généralement au printemps, les groupements de défense sanitaire (GDS France) alertent sur un manque d’anticipation, notamment en termes de vaccins. Par exemple, sur le sérotype 1 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-1), variant exotique récemment apparu en Espagne, «on ne voit rien se préparer», s’inquiète la directrice Kristel Gache. Le risque est donc de voir se répéter le scénario de l’été 2024, qui avait vu le sérotype 3 arriver en France avant de se propager rapidement. «On pourrait imaginer de vacciner contre la FCO-1 dans une zone tampon le long des Pyrénées», suggère le président Christophe Moulin. Une décision qui viserait à gagner du temps pour «fabriquer des vaccins pour l’ensemble du territoire, évaluer l’impact clinique de la maladie et faire passer aux éleveurs des messages de prévention et de surveillance». Concernant les sérotypes déjà présents en France (3, 4 et 8), de nombreux éleveurs ont vacciné cet hiver, rapporte Emmanuel Garin, vétérinaire conseil à GDS France. Il conseille aux professionnels souhaitant vacciner de «faire des précommandes auprès de leur vétérinaire», en raison de «temps de livraison longs et de «ruptures ponctuelles».
Canard de chair: la filière s'attend à une réouverture prochaine de la Grande-Bretagne
La section Canard à rôtir de l’interprofession de la volaille de chair (Cicar) espère une reprise des exportations de filet de canard de barbarie au second semestre du fait de la récupération d’affaires en Allemagne et d’une probable réouverture du marché britannique. «Les clignotants sont au vert», a formulé le président de cette section, au cocktail d’Anvol au Sia le 25 février. Du côté allemand, selon ses explication, le filet de canard de barbarie retrouve sa place sur les cartes de restaurants après sa disparition pendant la crise de l’influenza. Le marché a été ravi par du canard pékin (le plus courant dans le monde) provenant de Hongrie ou de Bulgarie. Mais la Hongrie a souffert en 2024 de l’influenza. Du côté britannique, les Français attendent la validation par l’autorité vétérinaire du dispositif veillant à l’absence du virus de l’influenza. Les Britanniques ont obtenu que le contrôle s’effectue bâtiment par bâtiment et non seulement par élevage. L’arrêt des importations de la Grande-Bretagne pour cause de vaccination représente une perte de 15% du marché et coûte 650 000 euros par mois, rappelle Guy-Marie Brochard. « Nous avons écrit aux opérateurs qu’ils devraient bientôt pouvoir reprendre les importations », a-t-il signalé.
Lait : la confiance envers les coopératives s'est améliorée entre 2019 et 2022
Lors d'une conférence de presse de la Coopération laitière le 26 février, son président Pascal Le Brun a présenté les données chiffrées issues du Baromètre économique des coopératives laitières 2024 (exercice 2023) obtenues auprès de 35 structures ayant répondu, soit 95% du volume des coopératives laitières. Ainsi, la collecte des coopératives a reculé de 2% entre 2022 et 2023 (contre -2,9% pour la collecte nationale). Les adhérents manifestent une hausse nette de la confiance qu’ils ont dans leur laiterie, avec 59% qui estiment que leur laiterie leur propose des perspectives d’avenir pour les 5 prochaines années (+18 points entre 2019 et 2022). « La conjoncture améliorée explique cette hausse de la confiance des adhérents », explique Pascal Le Brun. Quant aux nouveaux producteurs, ils sont 745 à s’être installés en 2023, un chiffre en hausse de 16% par rapport à 2022, manifestant l’attrait pour l’élevage laitier. Enfin, les investissements dans les outils sont soutenus avec 290 M€ en 2023 et 350 M€ prévus en 2024, hausse expliquée par les reports d’investissements et l’inflation.
Dons agricoles : Solaal expérimente la culture de parcelles dédiées à cette filière
Au Sia ce 26 février, l’association Solaal, organisatrice du don agricole, a présenté le dispositif expérimental des Parcelles solidaires, consistant à faire cultiver sous convention des parcelles inutilisées, dont les produits (au sens large) sont destinés à des associations d’aide alimentaire. La récolte peut être donnée directement, ou bien le bénéfice tiré de sa vente peut servir à acheter d'autres denrées pour les associations. La présidente de Solaal, Angélique Delahaye, a considéré que ce développement allait représenter un long travail du fait des très nombreux aspects que peut revêtir l’exploitation de «parcelles solidaires», et des contraintes matérielles ou sanitaires. Trois témoins présents ont donné un éventail d’expériences : production céréalière sur une vingtaine d’hectares près de Lille par des JA ; récolte de 1,5 ha de pommes de terre sur une parcelle de la Safer des Hauts de France et récupération par les associations locales ; une culture de maïs associant la MSA ; du blé noir cultivé sur 4 ha à Concarneau sous l’égide de la FDSEA du Finistère, en lien avec la Chambre d’Agriculture, une Maison familiale, la coop Terres de l’Ouest (pour le don de semence et la vente du blé noir). Solaal développe ainsi un quatrième service après l’organisation de dons et d’opérations de glanage et l’achat-vente solidaire né en 2024.
Métropoles: un démonstrateur d'alimentation territoriale à 20M€ à Montpellier
Ce 25 février au Salon de l'agriculture, la fédération régionale des Civam d’Occitanie et la Banque des Territoires ont conclu un convention de financement pour cinq ans et à hauteur de 10 millions d’euros d’une expérience de gouvernance agricole et alimentaire à l’échelle de la métropole de Montpellier. Ce projet nommé TerrAsol (Territoires Alimentaires solidaires), lauréat de l’appel à manifestation d'intérêt «démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires» (France 2030), vise à faire jouer les «interdépendances» entre citoyens, agriculteurs et acteurs de l’alimentation en faveur d’un système alimentaire vertueux. La FR Civam porte l’action de « structurer une offre paysanne et une demande groupée autour de la caisse alimentaire commune ». Le financement public représente la moitié de son budget prévisionnel de 20,5 millions d’euros. L’autre moitié est la somme des cofinancements des actions prévues dans les domaines alimentaires, logistiques et agricoles. Les acteurs sont huit associations (FR Civam, Regroupement Circuit court Volailles 34, Abattoir à la ferme de l’Hérault…), quatre instituts de recherche (Institut agro, Inrae…), trois acteurs économiques (Min Somimon, Terracoopa) et les deux collectivités.