UE/Inde : conclusion des négociations commerciales, baisse des droits pour le vin
Comme prévu, l’UE et l’Inde ont annoncé, le 27 janvier, la conclusion des négociations concernant leur accord de libre-échange, « le plus important de ce type jamais conclu par l'une ou l'autre des parties », indique Bruxelles. Cette possibilité a été facilitée par l’exclusion des principaux produits agricoles sensibles, point d’achoppement des discussions jusqu’à présent. L’UE va donc maintenir ses droits de douane actuels sur le bœuf, le sucre, le riz, la volaille, le lait en poudre, le miel, les bananes, le blé tendre, l’ail et l'éthanol. Et elle devrait ouvrir des « contingents calibrés » pour les importations de viande ovine et caprine, de maïs doux, de raisins, de concombres, d'oignons séchés, de rhum à base de mélasse et d'amidons. En échange, Bruxelles obtient une réduction des tarifs douaniers sur plusieurs produits dont les boissons alcoolisées, un de ses intérêts offensifs majeurs dans les pourparlers. Dans le détail, les droits de douane indiens sur le vin, marché réputé fermé, vont passer de 150% à 75% à l’entrée en vigueur, puis à 20 % (segment haut de gamme, plus de 10 €) et 30 % (moyenne gamme, entre 2,50 € et 10 €) après 7 ans. Les droits de douane sur l'huile d'olive passeront de 45 % à 0 % sur cinq ans. En outre, les droits de douane indiens sur la viande ovine passeront de 33 % à 0 % alors que ceux pour les saucisses seront abaissés à 50 % (contre plus de 110 % actuellement). Enfin, comme pour l’accord avec le Mercosur, le texte prévoit la mise en place d’un mécanisme de sauvegarde bilatéral en cas perturbation du marché. Il va, à présent, suivre la procédure classique de conclusion des accords commerciaux de l’UE.
Inde-UE: accord «équilibré» pour le Copa Cogeca, «avancée» pour les vins français
L’accord commercial conclu entre l’Union européenne et l’Inde est «une avancée significative et équilibrée» pour le commerce agroalimentaire, a salué le 27 janvier le Copa-Cogeca. Ce traité «renforce l’accès à un marché clé, tout en reconnaissant clairement le besoin de protection des secteurs les plus sensibles de l’agriculture européenne et de son modèle de production», souligne le comité. En réduisant de manière substantielle ou en éliminant des droits de douane jusqu’ici prohibitifs sur certains produits – aliments transformés, huile d’olive, jus de fruits, vins et spiritueux – il crée des opportunités d’exportation significatives».« L’exclusion des produits les plus sensibles de cette libéralisation (tarifaire), dont le bœuf, le sucre, le riz, la volaille et le miel, reflète une approche pragmatique et responsable». À l’inverse les vins et spiritueux européens verront, sur sept ans, les droits indiens passer de 150% à 20% pour les vins de plus de 10 euros la bouteille (et 30% pour les moins chers), de 150% à 40% pour les spiritueux et la bière de 110% à 50%. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a salué «une avancée considérable», au moment où le secteur affronte des droits accrus aux États-Unis, son principal marché à l’export, et peine en Chine.
UE-Mercosur : les eurodéputés de la Cominta valident la sauvegarde agricole
Les eurodéputés de la commission du Commerce international ont largement approuvé (par 31 voix contre 9 et 3 abstentions), le 27 janvier, le compromis obtenu lors des négociations interinstitutionnelles concernant la clause de sauvegarde agricole bilatérale de l’accord UE-Mercosur. Le texte doit maintenant être soumis à la plénière du Parlement européen à l’occasion de la réunion du 10 février. Ces mesures s’appliqueront une fois que l’accord commercial entrera en vigueur. Initialement bouclé en décembre, ce texte, destiné à répondre aux préoccupations agricoles, a fait l’objet de changements de dernière minute pour faciliter la signature de l’accord commercial. Les seuils de déclenchement des enquêtes ont ainsi été abaissés, conformément à la position initiale du Parlement européen, à 5 % d’augmentation des importations sur une moyenne triennale et une baisse de 5 % du prix de vente par rapport à l’équivalent européen. Pour le rapporteur, l’Espagnol Gabriel Mato (PPE, droite), « ce ne sont pas simplement des mesures symboliques, il s’agit d’un instrument opérationnel, rapide et juridiquement solide qui garantit une vraie protection face aux distorsions qui pourraient découler de l’accord UE-Mercosur ».
Etiquetage de l'origine : les Etats membres divisés sur l'ampleur d'une extension
La France avec le soutien de plusieurs autres Etats membres (Autriche, Bulgarie, Espagne, Finlande, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) a insisté le 26 janvier, lors de la réunion du Conseil de ministres de l’Agriculture à Bruxelles, auprès de la Commission européenne pour que celle-ci présente «dans les meilleurs délais» une proposition visant à étendre l’étiquetage de l’origine «à un maximum de denrées alimentaires» et «en précisant les pays d’origine lorsque cela n’entraine pas de complication trop importante». Dans un document préparé pour l’occasion ces pays rappellent que dans sa Vision sur l’agriculture et l’alimentation, la Commission s’est engagée à «proposer d’étendre l’étiquetage du pays d’origine conformément aux particularités sectorielles et aux règles du marché unique». Pourtant, déplore la ministre Annie Genevard, Bruxelles n’a «malheureusement proposé aucun calendrier de mise en œuvre». Si une majorité d’Etats membres semblent favorables à cette extension de l’étiquetage d’origine, beaucoup (Pologne, Lituanie, Luxembourg, Belgique…) estiment aussi que celui-ci devrait être limité à une mention « UE/hors UE ». Le commissaire européen à la sureté alimentaire en charge du dossier, Oliver Varhelyi, reste prudent. Il promet de «travailler pour élargir l’étiquetage à plus de produits et arriver à un compromis acceptable» tout en prévenant que «le système devra rester simple».
Pesticides : les ministres de l'Agriculture de l'UE divisés sur le paquet omnibus
Le commissaire européen à la sûreté alimentaire, Oliver Varhelyi, espère que sa proposition de paquet omnibus de simplification de la législation sur les pesticides pourra être adoptée rapidement, dans l’idéal avant l’été. Mais comme l’ont montré les remarques des ministres de l’Agriculture, lors d’un débat sur le sujet le 26 janvier à Bruxelles, ce vaste chantier est loin de faire l’unanimité. Concernant les limites maximales de résidus (LMR), la ministre française, Annie Genevard, a demandé l’abaissement automatique de celles-ci lorsqu’une molécule est interdite dans l’UE pour des risques sur la santé ou l’environnement. La Commission européenne propose pour l’instant de traiter les dossiers au cas par cas. L’Espagne, notamment, soutient la France sur ce point. Et le ministre Luis Planas va plus loin, estimant que la révision des règles sur la commercialisation des produits phytosanitaires devrait être séparée de ces discussions car elle «va au-delà de la simplification». Le Danemark, pour sa part, ne voit pas quel avantage il y aurait à accorder des autorisations illimitées à des pesticides. Il demande une analyse d’impact de la proposition. Plusieurs pays (Finlande, Pologne, Estonie, Lituanie) critiquent, pour leur part, l’inclusion des semences traitées dans le nouveau dispositif d’autorisation de mise sur le marché, considérant qu’il ne s’agit pas d’une simplification, au contraire.
OFB : le gouvernement ouvre une enquête sur la nomination d’Anne Le Strat
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé le 27 janvier que le gouvernement a ouvert une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat en tant que directrice déléguée à l’Office français de la biodiversité (OFB), selon l'AFP. « Comme toutes les autres nominations, elle a relevé d’une procédure administrative. Compte tenu de l’émotion suscitée par cette décision, je tiens à ce que nous soyons attentifs à ce que ce processus se soit déroulé dans la plus grande neutralité », a déclaré la ministre en séance de questions au gouvernement à l’Assemblée. « C’est pourquoi le Premier ministre a, dès [lundi] soir, saisi l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (l’IGEDD) pour enquêter sur les modalités de son recrutement » a-t-elle ajouté, en réponse à la députée Christelle Minard (LR, Eure-et-Loir), qui critiquait le choix d’un profil « clivant ». La veille, la CR avait dénoncé « un nouvel affront » au monde agricole en la nomination d’Anne Le Strat. Cette dernière a été nommée directrice déléguée « mobilisation de la société » de l’OFB le 1er janvier. Dans un communiqué le 27 janvier, la FNSEA a salué le lancement de l'enquête administrative.
Bovins/DNC : l’Espagne et le Kosovo acceptent l’importation de bovins vaccinés
L’Espagne et le Kosovo ont donné leur accord pour recevoir des bovins français vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 27 janvier. À l’instar de l’accord passé avec l’Italie, ces nouveaux accords s’appliquent aux animaux issus des « zones vaccinales II » (zones vaccinales succédant à une zone réglementée), situées en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et dans 500 communes du Sud-Ouest. Comme le précise le ministère, « les négociations se poursuivent pour étendre cette ouverture à la zone vaccinale I dans le Sud-Ouest » (zone de vaccination préventive, sans foyer). Les conditions d’export vers l’Espagne – deuxième débouché français pour les broutards et premier pour les veaux laitiers – sont légèrement moins contraignantes que pressenti : contrairement à l’Italie, aucun test PCR n’est requis, selon le site internet du ministère. Toutefois, les conditions d’immunité, y compris collective, sont nécessaires (pas de foyer depuis trois mois, vaccination depuis 28 jours, et depuis 60 jours dans un rayon de 50 km). Ces accords sont en vigueur depuis le 27 janvier pour l’Espagne et le 22 janvier pour le Kosovo ; ce pays tiers « est un débouché particulièrement important pour les éleveurs du Jura », selon la Rue de Varenne.
Bovins/Conférences souveraineté: avant son congrès, la FNB rappelle ses attentes
Lors d’une conférence de presse le 27 janvier quelques jours avant son congrès, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a rappelé ses attentes pour les Conférences de la souveraineté, lancées en décembre par Annie Genevard. « Il faut faire en sorte qu’on ne perde plus aucune vache », a martelé son président Patrick Bénézit, en écho aux demandes de l’interprofession Interbev. Le plan que la FNB porte « avec la filière » comprend trois points : arrêter la décapitalisation, « garantir des marges pour l’engraissement grâce à la contractualisation » et « garantir l’installation ». L’association spécialisée de la FNSEA a rappelé les domaines dans lesquels elle attend des avancées : réglementation européenne sur le bien-être animal, Assises du sanitaire, prédation ou encore aides Pac. M. Bénézit est aussi revenu sur l’assurance des prairies, estimant que, à l’été et à l’automne 2025, « le satellite a prouvé une nouvelle fois son dysfonctionnement ». « La coupe est pleine, il faut revenir à un système d’expertises terrain », a-t-il résumé. La FNB tiendra son congrès, électif, les 4 et 5 février à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), au même endroit que le Sommet de l’élevage.
Lait infantile : l'Association pour la santé des enfants attaque l'Etat
L'Association pour la santé des enfants a annoncé le 26 janvier qu’elle avait déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour dénoncer « la carence grave de l'Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés ». Dans sa requête en référé-liberté, une procédure d'urgence, l'association demande notamment à l'Etat d'ordonner sous 24 heures le rappel de l'ensemble des laits infantiles contenant l'huile riche en acide arachidonique (ARA) produite par l'industriel chinois Cabio Biotech, mis en cause par plusieurs producteurs de laits infantiles. L'Association pour la santé des enfants, ex-Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS) créée en 2017 après le scandale du lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles, est présidée par Quentin Guillemain. Nestlé, Danone, Lactalis, Sodiaal et Vitagermine ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d'une soixantaine de pays au total, dont la France, depuis décembre en raison d'un risque de contamination à la céréulide, une toxine produite par des bactéries et qui viendrait selon les autorités de Cabio Biotech. Le 21 janvier, l’association Foodwatch a annoncé de son côté un dépôt de plainte contre X dans cette affaire de laits infantiles.
Porc/PPA: ultimes mesures de prévention en Catalogne avant le printemps
Dans un bilan de situation sur la peste porcine africaine (PPA) en Catalogne diffusé le 22 janvier sur le site spécialisé 333, la direction générale de l’alimentation du ministère espagnol de l’agriculture expose les dernières mesures de prévention visant à réduire encore davantage la population de sangliers dans les zones réglementées avant la saison de reproduction de mars-avril. L’administration informe que des chasseurs seront habilités par les services vétérinaires à prélever les sujets dans la zone à bas risque (entre 6 km et 20 km des foyers) afin de créer une zone blanche dépeuplée de sanglier ou à densité extrêmement réduite. L’objectif est double : limiter la diffusion du virus par le biais d’un sanglier éventuellement échappé de la zone à haut risque (6 km autour des foyers) malgré les obstacles établis, et éviter un rebond de la population. L’administration informe que des pièges supplémentaires sont installés dans différentes zones. A date, les tests PCR sur 499 sangliers trouvés morts ou abattus (directement ou après capture) dans la zone à bas risque ont été positifs dans 64 cas ; les PCR sur 205 sangliers (dont 96 ayant percuté un train) ont tous été négatifs.
Aviculture : la région Aura a soutenu 174 dossiers en deux ans
Le plan de filière avicole de la région Auvergne-Rhône-Alpes a soutenu 72 dossiers d’investissement en 2024 par 778 000 euros d’aides, et 102 dossiers en 2025 par 1,1 million d’aides, fait valoir l’interprofession régionale Afivol auprès d’Agra Presse. Ce plan spécifique vient compléter le Plan bâtiment d’élevage de la région (55,70 Meur en 2025, provenant notamment du Feader), concernant toutes les espèces, avec une prédominance en productions bovines. « Le plan spécifique avicole permet de soutenir des dossiers de construction ou de rénovation qui ne passent pas dans le Plan bâtiment, du fait des taux et plafonds d’aide », explique à Agra Presse la présidente d’Afivol, Hélène Bombart. Dans un communiqué du 26 janvier, Afivol fait connaître sa détermination à stimuler la production d’œufs, rappelant qu’AuRA est la 3e région en nombre d'éleveurs de poules (750 éleveurs sur son territoire) et la 4e en production. Hélène Bombart souligne que le budget annuel du plan de filière (1,3 millions d’euros) comprend quelque 300 000 euros de dépenses de fonctionnement et de communication. En 2026, cette enveloppe servira notamment à sensibiliser les maires aux enjeux avicoles.
Maïs doux : Géant Vert vise 100% d'«agriculture régénératrice» d'ici 2027
Dans un communiqué du 27 janvier, le groupe coopératif Euralis et le groupe d’origine états-unienne spécialisé dans l’agroalimentaire General Mills ont annoncé la signature d’un partenariat visant à « accompagner 100 % des surfaces de maïs doux Géant Vert […] vers des pratiques d’agriculture régénératrice d’ici fin 2027 ». Ce partenariat s’inscrit « dans la démarche environnementale » lancée par Euralis Opti’Ag, précise le communiqué. Le projet concerne ainsi les 250 adhérents de la coopérative Euralis cultivant du maïs doux, tous situés à moins de 200 km du site produisant les boîtes de conserve de la marque emblématique. Plus en détail, General Mills se charge de stimuler financièrement l’adoption des pratiques, en cofinançant « l’installation de couverts végétaux après une culture de maïs doux, ce qui favorise la protection des sols ». De son côté, Euralis se charge d’accompagner sur le plan technique les agriculteurs. Pour ce faire, la coopérative formera « les techniciens agronomes du site de production Géant Vert », via un parcours pédagogique d’une durée « de 18 mois, en partenariat avec Icosystème ». Le partenariat s’inscrit dans la stratégie plus globale de General Mills, « qui vise à promouvoir l’agriculture régénératrice sur 400 000 hectares à l’échelle mondiale d’ici 2030 ».
Céréales : les exportations du port de La Rochelle rebondissent de 15 % en 2025
Dans sa dernière lettre d’information mensuelle publiée le 27 janvier, le port Atlantique de la Rochelle signale un rebond de 15 % de ses exportations de céréales et d’oléagineux entre les années civiles 2024 et 2025. Elles atteignent ainsi, sur l’ensemble de 2025, 3,4 Mt. Si le blé affiche un retour à la normale, avec 1,79 Mt exportées, la performance en orge est saluée, avec un peu plus de 1 Mt expédiées, contre moins de 700 000 t l’an passé. « L’orge fourragère a bénéficié de beaux volumes, principalement exportés vers la Chine et le Moyen-Orient, aidée en cela par des cours favorables », peut-on lire dans la lettre. En maïs, les volumes ont également bien progressé, passant d’un peu plus de 251 000 t à 539 000 t d’un an sur l’autre. La lettre insiste sur le dynamisme du début de l’année 2025 concernant la graine jaune, rendu possible « grâce aux capacités de séchage portuaire permettant de maîtriser le taux d’humidité sur les grains ». De son côté, Vincent Poudevigne, directeur général du groupe Sica Atlantique, l’opérateur portuaire local majeur spécialisé dans les grains, se réjouit d’une année 2025 « bien meilleure que prévu. Après un premier semestre plutôt calme, le second a été plus actif, avec une montée en puissance sur le dernier trimestre, en particulier sur les céréales ».
Riz : feu vert des eurodéputés à la révision du Système de préférences généralisées
La commission du Commerce international du Parlement européen a approuvé (par 28 voix contre 13 et une abstention), à l'occasion de sa réunion du 27 janvier, le compromis issu des négociations interinstitutionnelles concernant la révision du Système de préférences généralisées (SPG). Ce système permet aux pays en développement vulnérables d’exporter des marchandises vers l’UE avec des droits de douane faibles ou nuls. La question des importations de riz a été le sujet majeur des préoccupations agricoles durant la négociation. Le compromis prévoit donc la mise un mécanisme de sauvegarde automatique spécifique pour le riz. Concrètement, en cas d’augmentation significative de 45 % de ces importations vers l’UE par rapport aux niveaux historiques sur une période de 10 ans (environ 387 000 tonnes), ces importations seront soumises à des droits de douane NPF (nation la plus favorisée) pendant une période déterminée afin d’éviter de graves perturbations sur le marché du riz de l’UE. Le texte doit à présent être validé par la plénière du Parlement européen. Une fois définitivement adoptée, la législation révisée s’appliquera à compter du 1er janvier 2027.
Climat : les supermarchés français mauvais élèves européens, révèle une étude
Les supermarchés français figurent parmi les moins bons élèves d’Europe en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de rééquilibrage des ventes de protéines vers le végétal, révèle une étude publiée le 27 janvier par le cercle de réflexion néerlandais Questionmark, en partenariat avec le Réseau Action Climat (RAC) pour la France. L’étude compare 27 enseignes de grande distribution dans huit pays (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède, Suisse), selon deux critères : l’alignement de leurs plans climatiques avec l’Accord de Paris et la manière dont ils orientent leurs ventes de protéines vers davantage d’aliments d’origine végétale. Résultat, les enseignes françaises sont absentes du top 10. Si Carrefour se classe à la 12ème place, Intermarché (20ème) figure parmi les moins bien notés, tout comme E. Leclerc, dernier au classement. Le Rac appelle notamment les supermarchés français à mettre en œuvre des plans d’action climatique alignés sur l’Accord de Paris, à déployer des mesures de rééquilibrage des ventes de protéines, à soutenir leurs fournisseurs dans la transition vers des productions durables. Enfin, le RAC exhorte le gouvernement à renforcer l’encadrement du secteur de la grande distribution et à enfin publier enfin la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc), prévue pour juillet 2023.
Consommation : les achats des seniors résistent à l’inflation, montre FranceAgriMer
Selon une étude de FranceAgriMer mise en ligne le 20 janvier, les dépenses alimentaires à domicile des seniors (à partir de 65 ans) ont été les seules à augmenter en 2021, année post-covid de reflux de la consommation, et elles ont davantage augmenté que celles des autres tranches d’âge les années d’inflation suivantes, « grâce notamment à un pouvoir d’achat important en moyenne ». Ces achats « résilients », selon le terme du compte-rendu, comportent davantage de viandes que la moyenne (55 kg/an vs 44 kg/an), de fruits et légumes bios (6,2 kg/an vs 3,9 kg/an), de produits frais en général ainsi que de plats préparés (11 kg/an vs 10 kg/an), et relativement peu d’alternatives aux produits animaux. La dépense moyenne des seniors se composait en 2024 à 20% de viandes et à 17% de produits laitiers. L’office justifie son étude par la progression de la part âgée de la population, les naissances déclinant, et par l’importance des dépenses alimentaires des seniors. Ainsi en 2024, les ménages de 65 ans et plus ont dépensé 40 milliards d'euros pour leur consommation alimentaire à domicile. C’est 30% de la consommation à domicile totale. FranceAgriMer a exploité pour cette étude les données Worldpanel by Numerator.
Intelligence artificielle : le CGAAER veut une « stratégie » pour l'agriculture
Dans un rapport publié le 26 janvier, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) plaide pour que le gouvernement mette en place une « stratégie de l'intelligence artificielle » (IA) pour l'agriculture et l'agroalimentaire, « orientée vers les filières et les territoires ». Les hauts fonctionnaires proposent quelques pistes, mettant la priorité sur la mise à disposition des données publiques agricoles par les services du ministère de l'Agriculture, ses opérateurs et ses délégataires. Ensuite, les auteurs préconisent d’élargir les activités de certains des neuf clusters IA nationaux pour y intégrer des établissements d’enseignement supérieur agricole et vétérinaire. Autre idée du CGAAER : lancer un « Grand défi national » spécifiquement consacré à l’IA agricole, et décliné par « campagnes thématiques autour de problématiques concrètes identifiées avec les usagers ». Pour rappel, les Grands défis sont des thèmes « d'innovation de rupture » définis chaque année par le Conseil de l'innovation, depuis sa création en 2018, et pour lesquels une enveloppe annuelle de 150 M€ devait être réservée dans le Fonds pour l’innovation et l’industrie. Enfin, les auteurs proposent de s'appuyer sur les établissements agricoles de proximité (lycées, CFA...) et des initiatives comme les Digifermes ou les Mobilabs, pour déployer l'IA dans le secteur. Pour ce faire, ils plaident aussi pour intégrer l'IA aux cursus de formation agricole.
Manifestations : échauffourées avec les policiers à Toulouse, six interpellations
De brèves échauffourées entre agriculteurs et policiers ont fait cinq blessés, selon les pompiers, mardi 27 janvier matin dans le centre de Toulouse, où une centaine de manifestants protestaient contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a constaté un journaliste de l'AFP. Réunis à l'appel de l'intersyndicale agricole Coordination rurale-Confédération paysanne et FDSEA, des manifestants ont brièvement jeté des chaises sur les forces de l'ordre, qui ont de leur côté tiré des gaz lacrymogènes, après que le cortège a tenté d'emprunter un itinéraire non autorisé par la préfecture. « C'est de la provocation, on a été bousculés », a déclaré Eloi Nespoulous, coprésident de la Coordination rurale (CR) de l'Aveyron, annonçant à l'AFP que la CR serait reçue en préfecture dans l'après-midi. Les incidents, qui ont duré quelques minutes, ont laissé la place à un face-à-face tendu entre les policiers et les manifestants sur une place du centre-ville, encadrée par une dizaine de fourgons de police. « Interdire aux paysans de venir en tracteurs (...), c'est un manque de considération », a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, Luc Mesbah, selon lequel cinq agriculteurs ont été placés en garde à vue en périphérie de Toulouse. En tout, la préfecture a confirmé six interpellations.
Manifestations : dans les Landes, la directrice de la police démise de ses fonctions
La préfecture des Landes a confirmé le 26 janvier avoir démis de ses fonctions la directrice départementale de la police nationale pour des « manquements répétés », une mise à l’écart dénoncée comme « arbitraire » par le principal syndicat de commissaires, qui en appelle au ministère de l’Intérieur. « Après une série de manquements, ayant entraîné deux rappels à l’ordre par le préfet au début et à la fin de l’été 2025 » et la constatation de « nouveaux problèmes depuis le début du mouvement des agriculteurs au mois de décembre, le préfet a été conduit à demander au ministère de l’Intérieur (...) la fin des fonctions de Mme Mazin-Bottier », écrit le cabinet du préfet des Landes, Gilles Clavreul, dans un communiqué. La gestion d’une manifestation agricole « non déclarée » du 11 janvier, lors de laquelle des « individus ont soudé des chaînes en haut et en bas des grilles de la préfecture », a fini par sceller son départ. « Le préfet a demandé à la commissaire de faire cesser [ces agissements] en dispersant les individus en train de s’y livrer. Cette instruction n’a pas été suivie d’effet, sans qu’à aucun moment il soit fait état d’un risque ou d’une impossibilité d’agir », souligne le communiqué.
Agroécologie : Marion Enzer, nommée directrice générale de Fermes d’avenir
L’association Fermes d’avenir (groupe SOS) annonce la nomination de Marion Enzer au poste de directrice générale, dans un communiqué le 27 janvier. Elle prend la suite de Claudio Muskus. Jusqu’à cette nomination, effective le 26 janvier, Marion Enzer était directrice du développement et de la communication de l’association depuis 2022, association qu’elle a rejoint en 2017. Auparavant, elle est passée par Emmaüs France et l’organisation Makesense (entrepreneurariat durable), selon sa page LinkedIn.