Agrafil du 29 juillet 2025

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Accord UE/Etats-Unis : les détails techniques restent encore flous, notamment sur l’alcool

Si l’accord politique conclu le 27 juillet entre Ursula von der Leyen et Donald Trump prévoit des droits de douane américains à 15%, les contours juridiques de sa mise en œuvre restent encore flous. Une déclaration conjointe non contraignante doit être publiée par Washington avant le 1er août mais la base juridique nécessaire pour appliquer les engagements au niveau européen est encore à définir, indique un haut fonctionnaire européen le 28 juillet. Il en va de même concernant la liste des secteurs qui pourraient être exemptés. C’est notamment le cas pour les boissons alcoolisées (vins, spiritueux, bières) dont le traitement fait encore l’objet de pourparlers techniques même si, à ce stade, les travaux semblent plus avancés pour les spiritueux. De son côté, l’UE s’est engagée à abaisser les droits de douane pour les importations de certains produits agricoles américains. Mais, l’assure Bruxelles, les produits les plus sensibles (viande bovine, sucre, éthanol, riz) et les normes de production ne sont pas inclus. Ces mesures concerneraient donc des produits non sensibles dont l’UE a besoin comme le soja, les amandes ou encore les pistaches. Par ailleurs, pour réduire la dépendance à la Russie, certains engrais devraient être présents dans la liste des produits concernés.

UE/Etats-Unis: Bruxelles défend son accord en dépit des critiques et des inquiétudes

« Je suis 100 % sûr que cet accord est meilleur qu’une guerre commerciale avec les Etats-Unis », a affirmé le commissaire européen Maros Sefcovic, le 28 juillet à l’occasion d’une conférence de presse. Alors que Bruxelles tente de défendre son accord, l’annonce conjointe d’Ursula Von der Leyen et de Donald Trump a provoqué un tollé unanime en France. François Bayrou, le Premier ministre, a ainsi évoqué « un jour sombre » et accuse la présidente de la Commission européenne de « soumission » tandis que Benjamin Haddad, le ministre de l’Europe, parle d’un accord commercial « déséquilibré ». Plus pragmatique, le chancelier allemand Friedrich Merz salue un compromis qui permet d’éviter « une escalade inutile » même s’il n’est pas satisfait du résultat final. De son côté, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, est soulagée d’avoir évité une guerre commerciale mais souhaite analyser le compromis dans ses détails. Au niveau des professionnels, Dirk Jacobs, directeur général de FoodDrink Europe (industrie agroalimentaire de l’UE), évoque « un soulagement temporaire » mais s’interroge sur la suite. Même son de cloche pour les entreprises vins de l’UE (CEEV) dont le secteur dépend des exportations vers les Etats-Unis et qui espèrent encore être exemptées de droits de douane. 

Faim dans le monde : une amélioration inégale de la situation, selon les Nations Unies

Dans leur rapport annuel conjoint sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde publié le 28 juillet, cinq institutions spécialisées des Nations Unies (FAO, FIDA, OMS, PAM, UNICEF) estiment que près de 673 millions de personnes ont connu la faim en 2024 (8,2 % de la population mondiale). Cela représente une baisse de 15 millions de personnes par rapport au niveau de 2023 et de 22 millions de personnes par rapport à 2022. « Il est certes encourageant de voir la faim reculer à l’échelle mondiale, mais nous devons garder à l’esprit que les progrès sont inégaux », rappelle le directeur de la FAO, Qu Dongyu. Ces montants restent, néanmoins, supérieurs aux niveaux enregistrés avant la pandémie de Covid-19 et la forte inflation des prix des aliments participent à la lenteur de la reprise. Par ailleurs, au niveau géographique, si les organisations onusiennes constatent des améliorations en Asie du Sud et en Amérique latine, la situation est totalement différente en Afrique ou en Asie de l’Ouest où la faim est en hausse constante.

Foncier : l’indice des fermages quasi stable, après plusieurs années de hausse (JO)

Utilisé pour le calcul du loyer des terres nues et bâtiments d’exploitation, l'indice national des fermages s'établit  à 123,06, pour 2025, soit une très légère hausse de 0,42% par rapport à l'an passé, indique le ministère de l'Agriculture dans un arrêté du 23 juillet. Cette quasi-stabilité marque une rupture après plusieurs années de hausse : l’indice avait déjà progressé de 5,63 % en 2023 et de 3,55 % en 2022. L'indice tient compte de l’indice du revenu brut d’entreprise agricole national à l’hectare en 2025 - qui a baissé à 121,13 - et de l’indice du prix du produit intérieur brut de 2024, qui a progressé, à 125,95. Le marché du foncier agricole a connu une année 2024 « très contrastée », avait indiqué le 22 mai la FNSafer, montrant une poursuite des tendances de prix.  En hausse « mesurée », les terres et prés libres s’affichent à 6 400 €/ha, soit +3,2 %, la troisième augmentation de suite. De leur côté, les vignes AOP décrochent à 176 400 €/ha (-1,1 %), avec des différences marquées selon les vignobles. Depuis 1997, « le prix des fonds loués a augmenté de 36,7 % quand celui des fonds libres a augmenté de 39,5 % en valeur constante », rappelait la Safer dans son rapport annuel en 2024.

Cotisations sociales : un décret d'application de la réforme de l'assiette de CSG au JO

En application du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2024, le gouvernement a fait paraître, le 25 juillet, un décret de mise en oeuvre de la réforme des cotisations sociales des indépendants, qui doit aboutir à une assiette simplifiée à compter de 2026, y compris pour les agriculteurs. Elle consiste à calculer l’ensemble des cotisations et contributions sociales sur une assiette unique et simplifiée. Cette assiette doit être constituée à partir d’un revenu correspondant au chiffre d’affaires après déduction des charges professionnelles hors cotisations et contributions sociales, abattu d’un taux fixe représentatif d’une partie des cotisations et contributions. Les barèmes de cotisations doivent aussi être revus, et ceux de la retraite de base et de la maladie renforcés.

Bovins/DNC: l'abattage total en référé au Conseil d'Etat, avis dans la semaine

Lors d'une audience le 28 juillet au Conseil d'Etat, la juge des référés a promis de se prononcer dans la semaine sur l'opportunité de suspendre ou de laisse reprendre l'abattage de six génisses du Gaec Duchene, qui avaient échappé, en raison de l'obstruction de la Coordination rurale (CR), à l'abattage total d'un lot de vaches contaminé - le restant du troupeau n'étant pas concerné car à l'estive. Lors de l'audience, le ministère de l'Agriculture a rappelé que l'abattage total était une obligation européenne, actuellement appliquée par l'Italie, également touchée. Durant la discussion avec le juge, l'avocat du Gaec et de la CR - à l'origine du recours - a mis en avant la possibilité réglementaire d'un report de l'abattage, assorti d'une vaccination dite d'urgence. Le ministère a répondu que cette possibilité était réservée au cas d'encombrement des services d'équarrissage. L'avocat de la CR a aussi mis en avant les abattages partiels mis en oeuvre en Macédoine et au Kosovo, et ainsi qu'en Israël (tous deux hors de l'Union européenne). Dans le premier cas, le ministère a répondu qu'il s'agissait d'une politique mise en oeuvre faute de moyens budgétaires pour réaliser l'abattage total, jugé plus efficace ; dans le second, le ministère a répondu qu'Israël mettait en place une vaccination préventive en raison de la proximité immédiate de plusieurs pays contaminés par la dermatose.

Bovins: 47 foyers de DNC, sans extension géographique, regain de FCO dans l'Ouest

Selon les dernières données du ministère de l'Agriculture, quatorze foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés ces huit derniers jours, portant le total à 47 foyers, sans nouvelle extension géographique de la maladie. Pour rappel, 33 foyers étaient confirmés au 20 juillet, et un foyer avait conduit, le 24 juillet, à une deuxième extension de la zone réglementée de quelques dizaines de kilomètres vers l'Est. La vaccination a débuté autour du 18-19 juillet. Auditionnés au Conseil d'Etat, les services du ministère ont indiqué que le taux recherché de 80% d'animaux vaccinés dans la zone serait «difficile à atteindre en moins d'un mois», en raison notamment des difficultés logistiques (ex. animaux en estives) . De son côté, la fièvre catarrhale ovine (FCO) retrouve une dynamique à la faveur des chaleurs. Entre le 1er juin et le 24 juillet 2025, 487 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés (10 813 foyers depuis un an), en particulier en Ille-et-Vilaine. Sur la même période, 682 foyers de FCO de sérotype 8 ont été recensés (17 038 foyers depuis un an).

Heineken : le brasseur annonce une baisse des ventes au premier semestre 2025

Le brasseur néerlandais Heineken a enregistré une baisse de 4 % de son chiffre d'affaires au premier semestre, mais une hausse « organique » de 2 % hors effets de change, a annoncé le 28 juillet le 2e brasseur mondial. Ses bonnes performances en Asie ne compensent pas la chute des ventes en Europe. Le chiffre d'affaires net du deuxième brasseur mondial derrière AB InBev s'est établi à 14,2 milliards d'euros au premier semestre, contre 14,8 milliards d'euros à la même période en 2024, relativement conforme avec les attentes des analystes. Le brasseur a cependant indiqué que cela représentait une « croissance organique », excluant l'impact des fluctuations monétaires de 2,1 %. Le bénéfice d'exploitation hors éléments exceptionnels et amortissements, s'est élevé à 2,0 milliards d'euros, légèrement au-dessus des attentes. Heineken a également maintenu ses prévisions pour l'ensemble de l'année, soit une augmentation de 4 à 8 % de son bénéfice d'exploitation. « La croissance notable au Vietnam, en Inde (...) et au Mexique a été plus que compensée par des baisses au Brésil, aux États-Unis et dans certaines parties de l'Europe », a précisé l'entreprise dans un communiqué.

PPL Entraves: la pétition franchit la barre des deux millions de signatures

La pétition contre la proposition de loi Entraves a dépassé le 28 juillet la barre des deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale. La pétition avait déjà atteint les 500.000 signatures le 19 juillet, une première sur le portail de l’Assemblée, ce qui ouvre la voie à l’organisation d’un nouveau débat dans l’hémicycle. Sa portée sera toutefois limitée: si les différents groupes politiques pourront exprimer leurs positions, il ne permettra pas, seul, de revenir sur les dispositions déjà adoptées. La pression s’accentue en tout cas un peu plus sur le gouvernement, sommé par la gauche, les ONG et désormais une partie non négligeable de l’opinion publique d’abroger le texte. Un sondage de Cluster17 pour le parti Génération Écologie, dans La Tribune Dimanche, confirme ce sentiment de défiance: 61% des personnes interrogées se disent défavorables à cette loi, dont 46% «très défavorables». Elles sont 64% à souhaiter qu’Emmanuel Macron ne promulgue pas le texte et qu’il le soumette à une nouvelle délibération au Parlement. «Historique», ont commenté les Écologistes sur X, demandant de ne pas laisser les Français «sans réponse» et le réexamen du texte par l’Assemblée.

Pesticides/export : BASF persiste concernant le Farsac, et affirme être dans les clous d’Egalim

Dans une note envoyée à Agra Presse le 28 juillet, BASF réaffirme que son activité de production et stockage d’insecticide Farsac (substance active : alpha-cyperméthrine) destiné à l’export est conforme à la loi Egalim, contrairement à ce qu’a annoncé la préfecture du Rhône le 2 juillet. Le fabricant de produits chimiques souligne que l’interdiction de production et de stockage contenue dans la loi Egalim « ne concerne que les produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non approuvées au niveau européen pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou animale ou de l’environnement. » Or, poursuit BASF, le règlement 2021/795 qui a retiré l’approbation de la substance active alpha-cyperméthrine « ne contient aucun motif lié à l’environnement ou à la santé ». Dans ce règlement du 17 mai 2021, la Commission dit ne pas avoir renouvelé l’approbation de l’alpha-cyperméthrine - par ailleurs candidate à la substitution depuis 2019 -  car « le demandeur » n’a pas apporté « des informations confirmatives concernant le profil toxicologique de certains métabolites » et sur « trois autres points ».

OCP Nutricrops: vers une production d'engrais phosphaté à 7 Mt d’ici fin 2025

Dans un communiqué du 28 juillet, OCP Nutricrops, filiale du groupe OCP (Office chérifien des phosphates), un des leaders mondiaux de la production d’engrais phosphaté, a annoncé espérer porter sa capacité annuelle de production de triple super phosphate (TSP, contenant 90 % de phosphore immédiatement disponible pour les plantes) à 7 Mt d’ici fin 2025. L’optimisme de l’entité se base sur les résultats de son programme TSP Hub, qui « s’appuie sur un procédé permettant la production d’engrais customisés à haute valeur agronomique ». Ce programme lui aurait permis d’atteindre une « production équivalente de TSP qui dépasse aujourd’hui les 5 Mt ». Par ailleurs, un projet d’adaptation « des unités de production d’engrais azotés est en cours ». Pour rappel, OCP Nutricrops avait annoncé un objectif d’augmentation de sa production d’engrais phosphaté de 9 Mt d’ici 2028. Un « mémorandum d’entente » avait par ailleurs été signé entre OCP Nutricrops, l’Université Mohamed VI, Intercéréales et Arvalis le 28 octobre 2024 à Rabat lors d’une visite d’État. La France est importatrice d’engrais phosphaté, en provenance notamment du Maroc.

Roullier : le groupe annonce des changements dans sa gouvernance

Le groupe Roullier, spécialiste en nutrition animale et végétale, a annoncé dans un communiqué du 28 juillet des changements dans sa gouvernance. Arnaud Metterie succède à Mira Mihaylova au poste de président du conseil de surveillance. Il avait rejoint le groupe en 2018 en tant que conseiller juridique et fiscal. Il est ensuite devenu vice-président du conseil de surveillance en janvier 2022. Roxane Roullier prend la place d’Arnaud Metterie à la vice-présidence. Elle occupait précédemment le poste de directrice des investissements stratégiques en 2021. Enfin, Romain Saillard, qui avait intégré le groupe en 2018 en tant que « directeur général adjoint au sein du directoire », puis directeur des investissements financiers en décembre 2021 », est nommé vice-président finance dudit conseil. 

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.