Cop15 Biodiversité : négociation «très difficile» sur les engrais et les pesticides
Sur les pesticides et les engrais, à la veille de la Cop15, «la négociation est très difficile», a regretté le ministère de la Transition écologique à l’occasion d’un échange avec la presse le 29 novembre. Le brouillon actuel de décision, base de la discussion entre les États, prévoit actuellement dans sa cible 7 une réduction de deux tiers des utilisations des pesticides, une réduction de moitié des risques liés à ces molécules, ainsi qu’une coupe de 50% des nutriments «perdus» ou «en excès dans l’environnement». «L’Union européenne et la France se battent pour que la stratégie de la ferme à la fourchette soit comprise, et que le cadre final retienne au minium l’ambition de 50 % de réduction des risques et utilisations des pesticides chimiques», précise l’entourage de Christophe Béchu. Et de manière générale, complète Sylvie Lemmet, ambassadrice pour l’environnement, « l’Union européenne et la France défendent un langage sur l’agroécologie qui n’est pas accepté par un certain nombre de pays exportateurs, qui n’ont pas envie de faire bouger l’agriculture». «Les discussions autour de la cible 7 seront clés» pour la réussite de la Cop15, a confirmé le même jour David Ainsworth, responsable de la communication de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, lors d’une conférence de presse.
Santé animale: vers une réforme du dispositif du suivi sanitaire permanent
Le dispositif du suivi sanitaire permanent «n’est plus satisfaisant», a affirmé le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, le 29 novembre, lors de son discours de clôture de la Journée nationale vétérinaire. Ce dispositif permet aux vétérinaires de prescrire, sous certaines conditions, des médicaments sans examen clinique. Le locataire de la Rue de Varenne estime qu’il «permet le développement de pratiques d’automédication», ce qui «détourne l’esprit initial». Des médicaments sont aujourd’hui prescrits par des vétérinaires ne s’étant jamais rendu sur l’exploitation en question, témoignent des professionnels présents à la conférence. «Le suivi sanitaire permanent sera désormais encadré par un contrat de soin signé entre un seul vétérinaire, appelé vétérinaire traitant, et un éleveur», développe Marc Fesneau. Le vétérinaire traitant s’engagera à assurer «la continuité des soins» et «la supervision de l’utilisation des médicaments» dans l’atelier. «Le vétérinaire traitant sera ainsi le seul à prescrire sans examen clinique systématique l’ensemble des médicaments vétérinaires à sa disposition», confirme le ministre. Le nouveau dispositif sera «ajusté» pour tenir compte des spécificités de certaines filières comme les élevages porcins ou avicoles. En revanche, il n’y aura pas d’exception en filière bovine.
Santé animale: Fesneau veut «avancer» sur la rémunération des vétérinaires sanitaires
«La rémunération des missions de service public est le sujet sur lequel nous devons avancer en 2023», a déclaré, le 29 novembre, en clôture de la Journée nationale vétérinaire, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau en réponse au courrier que lui ont adressé les organisations professionnelles agricoles et vétérinaires au mois d'octobre (voir Agrafil du 15 novembre). Le ministre distingue deux sujets: d’un côté, la contractualisation entre le vétérinaire traitant et l’éleveur «pour les actes relevant de l’exercice libéral» et, de l’autre, la relation entre le vétérinaire sanitaire et l’État pour rendre des missions de service public. «Je ne crois pas qu’il appartienne à l’État de déterminer la nature de la relation privée entre un vétérinaire traitant et un éleveur et entre un réseau vétérinaire et une filière d’élevage», a-t-il précisé, tout en assurant du soutien du ministère pour conduire une réflexion sur le sujet. Les actes obligatoires réalisés par les vétérinaires sanitaires sous mandat de l’État sont aujourd’hui payés par les éleveurs. Dans leur courrier d'octobre, agriculteurs et vétérinaires demandaient à l’État d’engager un travail pour «créer un modèle de rémunération du vétérinaire sanitaire décorrélé de l’acte, sous couvert d’un modèle financier partagé par les éleveurs, les vétérinaires et l’État».
Antibiotiques: amende requise contre des éleveurs pour des achats frauduleux en Espagne
Une peine de 5.000 euros d'amende avec sursis a été requise, le 29 novembre, contre quatre agriculteurs du Pays basque poursuivis pour s'être procuré illégalement des antibiotiques auprès d'un vétérinaire en Espagne et les avoir administrés eux-mêmes à leurs bêtes. Jugés par le tribunal de Bayonne, les éleveurs de brebis et de vaches avaient pris pour habitude de se fournir en médicaments dans le pays voisin, grâce à des ordonnances délivrées à la demande par le praticien. Des substances vendues «4 à 10 fois moins cher» en Espagne mais qui, pour certaines, sont soumises à un décret français qui réglemente leur usage depuis 2016. Les produits antibiotiques classés comme «critiques» en France, mais pas en Espagne, ne peuvent être achetés qu'après examen d'un vétérinaire et doivent être administrés par le professionnel pour éviter toute «automédication». Des règles qui ignorent «les réalités du terrain», pour les éleveurs, qui décrivent des «pratiques courantes». L'enquête, déclenchée en Espagne sur des suspicions quant aux «ordonnances à l'aveugle» délivrées par un vétérinaire espagnol, avait été confiée aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la section de recherches de Pau. Le tribunal rendra son jugement le 24 janvier.
Influenza: la chambre du Lot-et-Garonne adopte une motion contre le confinement
La chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne s'est prononcée à l'unanimité contre les mesures préconisées par l'État pour endiguer l'épizootie de grippe aviaire, désormais placée en risque "élevé" en France, a appris l'AFP le 29 novembre. Les élus des syndicats agricoles Coordination rurale, majoritaire dans ce département, FDSEA et Confédération paysanne ont voté une motion qui refuse le confinement des élevages de canards et de volailles ainsi que les abattages préventifs, contrairement aux mesures mises en place par l'État. «Les protocoles mis en oeuvre ne font pas leurs preuves puisque depuis plusieurs années, la circulation du virus n'a pas cessé de prendre de l'ampleur», indique la motion évoquée par le quotidien régional Sud Ouest. Selon le président de la Chambre d'agriculture Serge Bousquet-Cassagne, les éleveurs du département abattront les canards contaminés par le virus mais «libéreront devant la préfecture, dans les campagnes, un peu partout» les animaux sains qui resteraient dans les élevages concernés, "avant que l'administration ne les fasse brûler". Ainsi, quand les services de l'Etat arriveront dans un élevage, «il n'y aura déjà plus rien». «On attendra que 20% d'un poulailler soit mort avant d'abattre les autres volailles, comme le fait la Pologne», a ajouté le responsable agricole, qui espère que la fronde gagnera d'autres départements, pour «dire stop» et «sauver la filière».
Elevage: des Maec pour l’autonomie protéique dans sept régions au moins (chambres)
Au moins sept régions activeront le volet «Autonomie protéique» de la nouvelle Maec «transition» pour la prochaine programmation de la Pac en 2023, a indiqué Olivier Dupire, coordinateur du réseau Inosys à Chambres d’agriculture France, le 28 novembre. Il s’agit des régions Paca, Occitanie, Normandie, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire. Selon M. Dupire, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine ne l’activeront pas, tandis que les discussions restent en cours dans les Pays de la Loire et les Hauts-de-France. Dans les régions où la Maec est ouverte, les éleveurs de ruminants et de porcs pourront percevoir 18 000 € sur cinq ans afin d’améliorer l’autonomie protéique de leur cheptel. Quatre «blocs» sont prévus pour cette Maec: culture de légumineuses fourragères, pratiques d’élevage, production fermière de concentrés, origine des protéines achetées à l’extérieur. Pour être éligibles, «les éleveurs doivent travailler deux blocs sur quatre», a précisé Olivier Dupire lors d’une visioconférence du programme de recherche Cap protéines. Nouveau dispositif pour la Pac 2023-2027, la Maec transition est dotée d’une enveloppe globale de 22 M€ répartie en trois volets: carbone, phytos et autonomie protéique.
Prairies: la saison 2022 s'achève sur une production en recul de 24% (Agreste)
«Au 20 novembre, la production cumulée des prairies permanentes depuis le début de l’année est inférieure de 24% à celle de la période de référence 1989-2018», constate Agreste dans sa dernière note de conjoncture de l’année, faisant le bilan de la saison 2022. Alors que la production nationale était estimée en baisse de 29% au 20 octobre et de 33% au 20 septembre, la production des prairies a continué à bénéficier de bonnes conditions en novembre. «Les températures élevées et le retour des pluies depuis le début de l’automne ont permis de rattraper une partie du retard de pousse accumulé durant l’été», rappelle Agreste. Ce «rattrapage automnal» a été «plus important qu’ailleurs» dans le Grand Est, alors qu’il a été «quasi-inexistant» dans les anciennes régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Au niveau national toutefois, cette «bonne fin de campagne» ne «compense (…) pas le déficit estival». Les déficits les plus sévères – de «plus d’un tiers» par rapport à la référence – sont observés en Paca, Occitanie et Hauts-de-France. Quant aux régions Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté, elles présentent les déficits les moins marqués (-12%), confirme le service de statistique du ministère de l’Agriculture. Sur les 228 régions fourragères analysées, 85% «présentent en cumul un déficit de pousse d’herbe».
« Bassines » de Sainte-Soline : prison avec sursis pour cinq militants opposés au projet
Le tribunal correctionnel de Niort a prononcé, le 28 novembre, des peines d'emprisonnement avec sursis pour les cinq militants interpellés lors de la manifestation contre le projet de réserves de substitution d’eau pour l’irrigation agricole à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), ayant donné lieu à de violents affrontements fin octobre. Les peines – allant de deux mois d’emprisonnement avec sursis pour trois des prévenus à trois mois avec sursis pour les deux autres –, sont également assorties d’une interdiction de séjour de trois ans dans les Deux-Sèvres. Âgés de 26 à 66 ans, les militants étaient poursuivis pour «participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences». L'avocat de deux des mis en cause, Me Alexis Baudelin, a annoncé faire appel de la décision. D'autres militants, interpellés lors de précédentes manifestations contre des projets de retenues d'eau en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres en septembre et novembre 2021, comparaîtront les 5 et 6 janvier à La Rochelle et à Niort.
Prévention des inondations: le Grand Paris veut apporter «plus d’1M€» aux territoires agricoles
Dans un rapport rendu public le 18 novembre, réalisé conjointement avec la chambre régionale des comptes d’Île-de-France, la Cour des comptes considère la prévention du risque d’inondation en Ile-de-France «insuffisante», précisant notamment que la «gravité» de ce risque n’est pas assez prise en compte par les collectivités locales. Afin de mener des actions visant à ralentir la dynamique des crues et les dommages en aval, elle souligne «la nécessaire concertation avec les agriculteurs». En effet, les projets relatifs à l'inondation volontaire des terres agricoles dépendant des conditions d’indemnisation des préjudices agricoles et fonciers qui y sont mises en œuvre. En réponse au rapport, Patrick Ollier, président de la métropole du Grand Paris, annonce vouloir apporter «plus d’un million d’euros» aux territoires agricoles «afin de développer et sécuriser les zones d’expansions des crues ou les opérations de sur-inondation». En tant que président de l’établissement public territorial du bassin Seine Grands Lacs, il dit souhaiter «construire une véritable synergie d’action avec la métropole du Grand Paris, en mobilisant ses ressources financières pour atténuer les éventuelles contraintes économiques qu’engendrerait la restauration de ces ZEC pour le monde agricole».
Solaire: France Agrivoltaïsme s’élargit à la FNSEA et aux chambres d’agriculture
La FNSEA et Chambres d’agriculture France rejoignent France Agrivoltaïsme, a annoncé le 29 novembre l’association qui comprend désormais trois collèges (agriculture, énergie et technologies agrivoltaïques). Ces adhésions visent à garantir en son sein «une meilleure prise en compte des besoins agronomiques, économiques et sociaux des agriculteurs», «mieux faire connaître aux exploitants l’intérêt des solutions qui donnent la primauté à l’activité agricole», selon un communiqué. Elles surviennent un an après celle de La Coopération agricole. France Agrivoltaïsme fait en parallèle évoluer sa gouvernance, avec la désignation «dans les prochaines semaines» d’un co-président issu du collège Agriculture. Alors qu’une définition de l’agrivoltaïsme figure dans le projet de loi AER (accélération des énergies renouvelables), examiné le 5 décembre à l’Assemblée nationale, l’association décide de modifier ses statuts pour «inscrire les principes de développement de l’agrivoltaïsme (maintien voire développement de l’activité agricole, fourniture d’un service, primauté de l’activité agricole, réversibilité, prise en compte des sujets de spéculation foncière et de transmission des exploitations, etc.)».
Agroforesterie : lancement d’un projet pour développer la noix de pécan
L’association française d’agroforesterie a lancé en novembre, avec l’aide de la région Nouvelle-Aquitaine, un projet nommé French Pecan visant à «acquérir des connaissances et des références techniques sur la culture du pacanier dans l’hexagone» pour produire des noix de pécan. Comme le rappelle Fabien Balaguer, directeur de l’association, «le pacanier est un arbre d’origine américaine offrant plus de 200 variétés dont certaines peuvent s’adapter aux conditions françaises». Principal intérêt de cet arbre d’une vingtaine de mètres de hauteur: «Il est particulièrement résistant aux écarts de température», souligne Fabien Balaguer. L’association mènera une première étude en 2023 sur la base d’une ferme pilote en Lot-et-Garonne, pour acquérir des références techniques et améliorer les équipements. Ces résultats devraient permettre ensuite de lancer, d’ici le début de 2024, un programme plus large de recherche et développement. «Alors que la totalité des noix de pécan consommées en France sont importées, le pacanier pourrait être une diversification intéressante en agroforesterie», entrevoit Fabien Balaguer. Un autre projet de plantation, confie-t-il, devrait prochainement voir le jour en Essonne, avec près de 500 pacaniers dans la ferme d’un céréalier.
Lait: Bel s'associe à Britannia pour vendre de la Vache qui rit sur le marché indien
Le groupe français Bel, maison mère de La Vache qui rit, a annoncé le 29 novembre s'être associé avec l'indien Britannia pour convertir ce marché de 1,4 milliard d'habitants au fromage. Britannia détient 51% et Bel 49% de la coentreprise, nommée Britannia Bel Foods Private Limited. Elle commercialisera tous ses fromages sous la marque La Vache qui rit, indiquent les sociétés dans un communiqué commun. Bel «apporte la marque, le savoir-faire du fromage. Britannia apporte sa compréhension du consommateur local et sa puissance commerciale avec un réseau de distribution inégalé sur l'Inde», a expliqué Cécile Béliot, directrice générale de Bel, qui détient aussi les fromages Babybel et Boursin. Avec plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel, Britannia est le plus grand fabricant indien de biscuits. La société produit aussi des pains de mie, biscottes et produits laitiers, notamment des tranches de fromage pour sandwiches. Cette activité fromagère rejoint la coentreprise qui va aussi fabriquer à partir de 2024 de La Vache qui rit dans une nouvelle usine, au sein du site industriel de Britannia, situé dans l'Etat du Maharashtra (ouest). Bel dépense «plusieurs dizaines de millions d'euros» dans l'opération dans l'optique de «créer un business d'à peu près 200 millions de chiffre d'affaires», a indiqué sa directrice générale.
Engrais: une cargaison d'engrais russes a quitté Rotterdam pour le Malawi (douane)
La douane néerlandaise a indiqué qu'une cargaison d'engrais russes avait quitté mardi le port de Rotterdam pour le Malawi, l'ONU ayant réussi à surmonter les obstacles liés aux sanctions qui frappent la Russie. Ces exportations d'engrais russes, cruciales pour combattre la crise alimentaire, sont longtemps restées paralysées. La cargaison avait le 12 novembre été la première à être autorisée à quitter l'UE depuis les sanctions. Les produits agricoles et les engrais ne tombent pas sous le coup des sanctions à l'égard de la Russie, mais en raison des risques liés au conflit encourus en Mer Noire, les armateurs ne voulaient plus engager leur bateaux faute d'assureurs. Le Malawi est l'un des pays qui est dans le rouge en ce qui concerne les engrais, avait précisé mi-novembre la responsable de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) Rebeca Grynspan. Selon les Affaires étrangères néerlandaises, la cargaison avait été gelée parce qu'un individu sanctionné est impliqué dans la société russe qui en est propriétaire. La décision de libérer le chargement a été prise après que l'ONU a garanti veiller à ce qu'il soit livré à l'endroit convenu (Malawi) et à ce que la société russe et l'individu sanctionné ne gagnent rien sur la transaction, avaient-elles précisé le 12 novembre.
Maïs: le Mexique menace de stopper l'importation de maïs OGM des Etats-Unis
Le Mexique a réitéré le 29 novembre son refus d'importer à partir de 2024 le maïs transgénique américain pour la consommation humaine, au risque d'un nouveau bras de fer commercial avec les Etats-Unis. «Nous n'acceptons pas le maïs transgénique pour la consommation humaine», a déclaré le président de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, au lendemain d'une rencontre avec le secrétaire américain à l'Agriculture, Tom Vilsack. «Entre la santé et le mercantilisme, nous choisissons la santé». La majeure partie des quelque 128 millions de Mexicains consomment au quotidien des "tortillas" (petite crêpe) à base de farine de maïs, garnies de viande, d'oignons et de sauce piquante pour faire des "tacos". Le représentant américain a mentionné un risque de conflit dans le cadre du traité de libre-échange d'Amérique du Nord (T-MEC) entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Faute d'accord, «le gouvernement des Etats-Unis se verrait obligé de considérer toutes les options, y compris des mesures formelles, pour faire respecter nos droits légaux en vertu du T-MEC», a-t-il déclaré sur Twitter. Il a ajouté que la décision du gouvernement mexicain pourrait «augmenter significativement les coûts» pour les consommateurs. Le président mexicain a souligné que l'interdiction ne portait pas sur le maïs jaune destiné aux animaux d'élevage.
Bio: un appel à la distribution pour «préserver» les filières (Fnab/Synabio)
Dans une lettre ouverte envoyée le 29 novembre, la Fnab (producteurs), le Synabio (transformateurs) et le Forébio (coopératives) demandent aux principaux distributeurs français de «préserver les acquis de la bio et continuer à la promouvoir». Citant les chiffres de l’Iri, les signataires déplorent une baisse de l’offre en bio dans les rayons de 7,3% entre janvier et septembre 2022. Ce «recul violent des assortiments» serait, selon les acteurs du bio, «plus rapide que la baisse effective de la consommation de produits bio, mesurée à -5% sur la même période». Les auteurs du courrier rappellent par ailleurs que «la bio a connu des progressions annuelles à deux chiffres» entre 2016 et 2020. Une croissance dont la grande distribution a largement profité, grâce à une part de marché actuellement évaluée aux alentours de 50% (Agence bio). Et tout au long de cette période faste, «les filières se sont structurées pour répondre à la forte progression de la demande», notamment par des investissements. Or, la réduction actuelle de l'offre bio, craignent les professionnels, «risque de provoquer de la casse dans les fermes et les entreprises». Estimant que les produits bio répondent tant à l’urgence environnementale qu’aux exigences des consommateurs sur l’origine locale, les signataires se disent prêts à «échanger sur les coopérations à mettre en place» avec les distributeurs.
Tomate, concombre, courgette: production 2022 en recul dû à la chaleur estivale, mais prix élevés
La sécheresse estivale, la canicule et parfois les orages ont provoqué une baisse des rendements de tomates, concombres et courgettes, indique Agreste dans une série de notes de conjonctures Info rapides mises en ligne le 28 novembre. En tomate, les volumes produits pour le marché du frais reculent de 3% sur un an ( à 523 500 t), malgré une hausse de 7% des surfaces cultivés (à 2 760 ha). En concombre, la production baisse de 5% (à 178 700 t), quand les surfaces sont en repli de 10% sur un an (à 1100 ha) notamment en cultures de plein air. En courgettes, les volumes diminuent de 11% (à 166 000t), alors que les surfaces sont «stables au global» (à 4100 ha) malgré une diminution des surfaces cultivées sous serre (-9%). Côté valorisation, ces trois légumes ont connu des prix à la production particulièrement élevés par rapport à 2021, particulièrement en octobre (+64% pour la tomate, +133% pour la courgette, +19% pour le concombre).
Melon: récolte 2022 «abondante» et prix soutenus grâce à la canicule
Malgré un recul des surfaces de 1% sur un an (13 025 ha), la production de melons a augmenté de 27% en 2022 pour atteindre 293 500 t, selon une note Infos rapides d’Agreste publiée le 28 novembre. En début de campagne, au mois de juin, la météo chaude et ensoleillée a stimulé la production jusqu’à mi-juillet. L’offre nationale «importante» et l’arrivée «tardive» des melons espagnols sur le marché a fait baisser les prix, ce qui a abouti à une crise conjoncturelle au Réseau des nouvelles des marchés de FranceAgriMer. En deuxième partie de campagne, en août, les aléas climatiques ont pesé sur la production. Les nouvelles vagues de chaleur ont compliqué la gestion de l’eau «dans tous les bassins». Dans le Languedoc-Roussillon, les pluies ont inondé les parcelles freinant, voire mettant un terme aux récoltes. Ces aléas ont eu un effet favorable sur la valorisation: en septembre, les prix à la production ont augmenté de 44% en un an, et de 58% par rapport à la moyenne quinquennale.
Vin: une plateforme en ligne pour faciliter la vente de tonneaux de seconde main
La Tonnellerie Baron, installée près de Saintes (Charente-Maritime), a lancé le 29 novembre, Reoked, premier site de vente en ligne de fûts d'occasion, pour rapprocher vignerons et distillateurs dans un marché professionnel en demande croissante mais très opaque. «On observe tous les jours les difficultés de nos clients à se débarrasser des fûts usagés ou à ne pas savoir où les acheter», a expliqué Lionel Kreff, un des co-fondateurs du site, lors d'une conférence de presse au salon Vinitech à Bordeaux. Avec quatre à cinq millions de fûts neufs produits chaque année dans le monde, dont 500.000 en France, le marché d'occasion manque de «lisibilité et de transparence». Il n'existe en effet pas de cote de la barrique de seconde main, dont le prix peut osciller entre 50 et 400 euros - voire beaucoup plus pour les pièces d'exception - en fonction de son âge, de son volume et de son utilisation antérieure, contre 800 euros pour un fût neuf. Et il n'existait aucune plateforme dédiée jusqu'à Reoked. Interlocuteur unique, la tonnellerie familiale propose un service garantissant l'anonymat des acheteurs et vendeurs qui, souvent, ne veulent pas faire la publicité de leur vente ou achat de tonneaux de seconde main. Le site en ligne visant l'international propose une recherche géolocalisée.