Agrafil du 3 juillet 2024

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Foie gras/ovosexage : une cotisation depuis le 1er juillet pour aboutir à 100% de canetons mâles

Depuis le 1er juillet 2024, une cotisation est prélevée auprès des éleveurs de canards à foie gras et une compensation versée aux accouveurs afin qu’en 2030, au plus tard, ces derniers ne fassent plus éclore que des canetons mâles. C’est l’effet d’un arrêté d’extension daté du 20 juin 2024 de l’avenant à l’accord interprofessionnel du comité interprofessionnel Cifog conclu le 5 avril 2024. Cette cotisation de 25 centimes par caneton mis en place se répercutera en cascade au gaveur puis à l’abatteur et fabricant de foie gras, explique-t-on au Cifog. Les accouveurs de leur côté reçoivent 55 centimes par caneton vendu afin de mettre au point les équipements et pratiques de sexage. «Les prototypes sont suffisamment fiables pour que nous puissions déployer les processus à grande échelle», explique Marie-Pierre Pé, d.g. du Cifog. «Nous sommes fiers du consensus auquel nous avons abouti en neuf mois, sur la base des estimations de coûts de mise en œuvre d’un expert de l’Itavi. L’intérêt collectif prévaut», se félicite-t-elle. L’interprofession du foie gras a souhaité cet accord dès lors que les débouchés pour les femelles sont apparus compromis. En effet, comme l’explique Marie-Pierre Pé, les derniers épisodes d’influenza aviaire ont anéanti les débouchés à l’export – principalement vers l’Egypte, l’Italie, l’Allemagne et en Asie du Sud-Est. Les tentatives d’engraissement en France des femelles n’ont pas été concluante.

Alimentation animale : Sanders lance la marque Nuoo en reprenant la nutrition animale de Soufflet

Sanders annonce avoir finalisé la reprise des activités de nutrition animale de Soufflet Agriculture (groupe InVivo), d’où une production de mash en Vendée et le lancement d’une nouvelle marque pour éleveurs de ruminants : Nuoo. L’industriel de la nutrition animale (Groupe Avril) a ainsi repris le site de production Soufflet de Talmont-Saint-Hilaire en Vendée, qui fabrique de l’aliment pour ruminants sous forme de mash (assemblage de matières premières et de produits semi-finis non broyés). C’est un site, certifié Oqualim, qui a une capacité de production de 70 000 tonnes, selon le communiqué de Sanders. Cette marque «d’aliments sur-mesure» a été développée en coordination avec les équipes ayant rejoint Sanders et elle sera exclusivement distribuée auprès des éleveurs de l’activité reprise. «En intégrant cette activité, Sanders consolide sa présence sur la zone ouest, notamment sur le segment bovin viande. Nous créons ainsi de la valeur et nous nous rapprochons encore davantage de nos clients éleveurs, notamment en Vendée», a déclaré Philippe Manry, d.g. de Sanders, cité dans le communiqué. (Sanders : 3,4 millions de tonnes d’aliments produites sous sa technique, 1 150 salariés) SC

Coopératives : en Saône-et-Loire, trois coopératives et un fabricant d'aliments reprennent Avéal

Trois groupes coopératifs (Bourgogne du Sud, Coopaca et Eurea) et l’entreprise familiale de fabrication d’aliments pour animaux d’élevage, Philicot, se sont associés, le 28 juin, afin de reprendre les actifs de la coopérative Avéal, à la barre du tribunal de commerce de Mâcon. Seule exception, la reprise ne concerne pas Bourbince Distribution (distribution de fuel et de GNR) dont l’activité est jugée trop éloignée de celles des repreneurs. Avéal et ses filières avaient été placées en redressement judiciaire en décembre 2023. Dans un communiqué, les quatre repreneurs expliquent ne pas avoir voulu qu’Avéal se retrouve «dans une situation de morcellement du territoire» et empêcher «une déstructuration du paysage agricole de la région». Sur la centaine de salariés que comptait la coopérative, une soixantaine seront repris. En revanche, le montant de cette reprise n'a pas été communiqué. La coopérative Avéal était née en 2021 du regroupement entre Téol et les établissements Agri Sud Est de Saône-et-Loire. «Pour son second exercice, la jeune coopérative Avéal a été chahutée de plein fouet par le yoyo du marché mondial des engrais», rapportaient en décembre dernier nos confrères d'Agri71.

Versement des aides: prime de gestion de crise à la rentrée pour certains fonctionnaires

Alors que la colère gronde dans les services instructeurs des aides Pac des préfectures, et que les aides bio et des Maec accusent plusieurs mois de retard de versement, la secrétaire générale du ministère de l'Agriculture, le directeur général de la DGPE, et le directeur de cabinet adjoint de Marc Fesneau ont sollicité et reçu les syndicats de fonctionnaires, le 27 juin, pour leur annoncer notamment qu'une prime de gestion de crise serait allouée à la rentrée à certains personnels des services d'économie agricole (SEA), indiquent les syndicats. Il s'agirait de reconnaître la surcharge de travail importante subie ces derniers mois. Des mesures relatives à la communication entre opérateurs ainsi qu'à la gestion des problèmes informatiques avec le prestataire Cap Gemini ont été annoncées. Des demandes de moyens humains auraient également été transmises à Bercy. Le 18 juin, une réunion de la formation spécialisée (FS) du conseil social d'administration (CSA) du ministère de l'Agriculture avait été «écourtée» par les syndicats. Le 13 mai, le SEA de la DDT d'Isère s'était mis en grève. Un mois plus tôt, une lettre signée de «cadres» des SEA avait été adressée au ministre de l'Agriculture pour l'alerter sur «des conditions professionnelles extrêmement dégradées».

Matériel agricole : les concessionnaires s'attendent à des baisses de commandes

Le Sedima (concessionnaires de matériel agricole) a présenté, lors d’une conférence de presse le 2 juillet, son habituel point de conjoncture issu d'une enquête auprès de ses adhérents. Au premier semestre 2024, par rapport au premier semestre 2023, 56% des sondés ont annoncé un recul d’au moins 3% de leurs prises de commandes de matériels neufs (pour 33%, cette baisse est supérieure à 15%). Sur le marché de l’occasion, ce sont 45% des distributeurs qui ont connu une baisse de prises de commandes d’au moins 3% (pour 25%, cette baisse est supérieure à 15%). Néanmoins en valeur, ces prises de commandes sont restées stables (entre -1 et +1% pour le neuf, entre 0 et +2% pour l’occasion). En parallèle, sur la même période, le chiffre d’affaires a progressé de 7 à 8% pour les ventes de pièces en magasins et de 8 à 10% pour les prestations en atelier, signe que les clients ont privilégié l'entretien de leur matériel à un rachat. Pour le second semestre 2024, les distributeurs ne sont pas optimistes. Ils envisagent une nouvelle baisse de 9 à 10% de leurs commandes en neuf, de 5 à 6% en occasion. Et ce alors que chez plus de 60% des concessionnaires, (neuf et occasion), les stocks ont gonflé de 10% et plus en un an. Des stocks dont les coûts de gestion ont contribué à grever la trésorerie. 71% des distributeurs expliquent que cette dernière s'est dégradée.  

Législatives: Anne-Laure Babault et Carole Ballu acceptent de se désister

Après avoir d'abord annoncé son maintien, la députée Modem sortante Anne-Laure Babault annonce, dans un communiqué relayé par la presse locale ce 2 juillet, qu'elle va se désister au second tour des élections législatives en Charente-Maritime. Elle était arrivée troisième au premier tour, derrière un candidat RN (premier) et le candidat du NFP (deuxième), l'ex-eurodéputé écologiste Benoît Biteau. Elle avait appelé ce dernier à se désister, estimant bénéficier de meilleures réserves de voix, mais l'éleveur avait refusé. «Dans ce contexte tant incertain, arrivée en troisième position, je ne souhaite pas ajouter de la confusion à la confusion. Aujourd’hui, c’est le cœur lourd que je retire ma candidature après une analyse fine des reports de voix», annonce-t-elle, selon France Bleu. Le scrutin était particulièrement serré dans ce département. Benoît Biteau s'est positionné de justesse en deuxième position, avec 26,94% des voix, derrière un candidat du Rassemblement national et devant Anne-Laure Babault (25,33%). Avec Alexis Izard, qui s'est aussi désisté, Anne-Laure Babault avait travaillé à un rapport de préfiguration d'une loi Egalim 4. Quant à l'ex-porte-parole de la Confédération paysanne en Charente, Carole Ballu, aussi arrivée troisième, elle s'est désistée, selon la presse locale.

Pomme de terre de consommation: surfaces françaises en hausse de 7% cette année

Les surfaces agricoles destinées à la production de pommes de terre sont en hausse de plus de 7% en France en 2024, une dynamique portée par la demande industrielle nationale et européenne, a annoncé le 2 juillet l'interprofession. Les champs de pommes de terre de conservation devraient s'étendre sur 170.244 hectares cette année, une surface en hausse de 7,3% par rapport à 2023, selon une étude de terrain réalisée par les producteurs pour le compte du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). Les pommes de terre de conservation, consommées fraîches ou destinées à la transformation industrielle pour donner purée, chips ou frites, constituent la quasi-totalité de la production (6,8 millions de tonnes en 2023), les "primeurs" ou pommes de terre nouvelles (à la peau fine, récoltées avant la complète maturité) représentant en moyenne 50.000 tonnes par an. La hausse des surfaces s'explique notamment par "une demande industrielle française et européenne qui poursuit sa forte croissance (pour la 3ème année consécutive)", selon le CNIPT, qui relève «l'arrivée de nouveaux producteurs dans les bassins de productions historiques» comme le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie.

Betteraves : pour 2024, Saint Louis promet une base de 36,47€/t à 16° betteraves entières

Dans un communiqué paru le 2 juillet, le sucrier Saint Louis Sucre (groupe Südzucker) a indiqué sa base de prix pour la campagne en cours (semis 2024), avec un prix minimum garanti de 36,47 €/ t16° en betteraves entières, soit une nouvelle hausse par rapport à l'an passé (32 €/t). Au titre de la campagne précédente, le complément a été versé le 28 juin, à hauteur de 13,33 €/t16°. Ainsi, pour la compagne 2023, Saint Louis Sucre a payé ses betteraves au prix record de 54,08 euros la tonne à 16° forfait collet (soit 50,30 €/t16°en betteraves entières), soit «la meilleure rémunération betteravière en France». Début juin, Cristal Union avait annoncé une rémunération «à un plus haut historique, à 51,42 € la tonne de betteraves en moyenne pour la campagne 2023 contre 43,40€ pour la campagne 2022». Quant à Tereos, elle est parvenue à payer ses fournisseurs «48,16 €/tonne à 16°». La campagne 2023 avait été marquée par des conditions de récoltes «éprouvantes et difficiles, compte tenu de fortes précipitations à partir d'octobre 2023», rappelait Cristal Union dans son rapport d'activité

Betteraves : la stratégie RSE de Saint Louis Sucre, 30% d'«agriculture régénératrice» à 2030

À l'occasion de la présentation de ses prix d'achat pour 2024, le sucrier Saint Louis Sucre (groupe Südzucker) a dévoilé, dans un communiqué paru le 2 juillet, sa stratégie RSE (télécharger ici). Du côté des revenus agricoles, le groupe promet de «garantir un prix plancher» via sa Commission de répartition de la valeur - comme c'est déjà le cas à l'année, en début de campagne. En matière de transition agricole, le principal objectif est d'intégrer «30% des agriculteurs partenaires dans une démarche d’agriculture régénératrice auditée d’ici 2030» - selon un cahier des charges maison. Pour ce faire, Saint Louis va «accompagner techniquement et financièrement 60 essais de transition vers l’agroécologie par an chez nos agriculteurs partenaires», «former 100 % des équipes betteravières à l’agriculture régénératrice chaque année», «semer 400 hectares de bandes fleuries chez nos partenaires agriculteurs d’ici 2025», et «planter 100 km de haies chez les agriculteurs d’ici 2030.» Enfin en matière de climat, le sucrier promet de «réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre sur la production de betteraves d’ici 2030 sur la partie agricole du scope 3 (base : 2018).» A l'échelle du groupe, la trajectoire de décarbonation «vise la réduction de 50 % des émissions de GES à horizon 2050 comparé à 2018.»

Mirabelles: Vegafruits et la start-up Alerion travaillent sur un robot de cueillette

La start-up nancéenne Alerion a annoncé le 1er juillet 2024 qu’elle développait un prototype de robot nommé Syracus, en partenariat avec la coopérative Vegafruits, spécialiste de la mirabelle de Lorraine. Ce projet de R&D se fixe pour but de mettre au point un robot constitué d’un bras robotisé capable de cueillir les fruits à l’intérieur, en périphérie et au sommet des arbres. «La difficulté réside dans la forme des arbres, qui ne sont pas palissés mais en gobelets, et dans l’exigence de manipuler les fruits de petite taille avec beaucoup de précaution, étant donné qu’ils sont destinés à être consommés comme fruits de bouche», explique Anne-Sophie Didelot, présidente et cofondatrice d’Alerion. Les premiers essais débuteront au cours de la prochaine récolte en août. Le projet Syracus, actuellement en phase 1, a été financé à hauteur de 1,5 million d’euros par une subvention du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) via la Région Grand Est et de 500 000 euros par Vegafruits. Le projet doit encore durer 4 ans et devra financer une phase 2 pour arriver à son terme. Les responsables du projet espèrent aboutir à une version opérationnelle du robot à l’horizon 2028.

Kiwi: la base de données Origine France de l'interprofession bientôt prête

A l’occasion de son assemblée générale le 27 juin, le Bureau interprofessionnel du kiwi (Bik) a demandé à un responsable d’Eurofins de présenter les travaux en cours sur la création d’une base de données Origine France en vue de lutter contre la francisation via des analyses physico-chimiques, à l'instar de ce qui existe déjà en pomme ou en vigne. Au bout de trois années de construction de cette base de données et l’introduction cette saison d’échantillons étrangers, «les résultats sont très positifs : les limites de l’origine France sont consolidées, et l’usage des données est jugé fiable pour les échantillons français (bien classés à 99 %) et étrangers (bien classés à 72 %)», résume l'interprofession dans un communiqué. L’année 2024 sera une année de consolidation de la base de données, entre autres en accroissant le nombre d’échantillons étrangers. Objectif : améliorer les contrôles. Par ailleurs, «notre action, qui n'est pas terminée, a porté ses fruits, avec une baisse singulière des cas suspects et des condamnations au judiciaire de plus en plus fortes, ce qui renforce la jurisprudence», explique Marie-José Sanz, co-présidente du Bik à Agra Presse.

Olive : la filière alerte les producteurs face à la présence de la mouche de l’olivier

France Olive lance une alerte concernant la présence de la mouche de l’olivier, le 2 juillet. «Les mouches sont très actives, les populations sont importantes et ont fortement augmenté en quelques jours, notamment dans les secteurs les plus précoces», souligne l’interprofession. Des oléiculteurs ont signalé de fortes augmentations d’activité depuis deux jours, notamment avec des dégâts déjà observés (piqures et dalmaticose). Les conditions climatiques des dernières semaines expliquent la soudaine prolifération. Les calibres des olives, avec des fruits dépassant les 8 mm de longueur, sont assez gros pour un début de saison dans la grande majorité des secteurs de production. Elles constituent un terrain attractif pour la ponte de la mouche de l’olivier. «La pression mouche assez faible connue les années précédentes ne veut pas nécessairement dire qu’elle ne sera pas plus forte cette année. Cela peut évoluer très rapidement», précise France Olive. L’interprofession appelle à la vigilance et indique qu’il est urgent pour les producteurs d’installer les pièges chromatiques (plaques engluées jaunes plus phéromones) et les protections par des applications de barrières minérales. 

Melon : Force Sud veut regagner du terrain en bio et premium

En segmentant en trois gammes ses melons – standard, premium et AB – il y a plus de dix ans, pour vendre toute sa production, le groupement de producteurs Force Sud tirait son épingle du jeu, contrairement aux deux grands leaders de la filière. Face à l'inflation et à la crise des produits haut de gamme, le challenge est désormais de conserver l’ensemble de ses gammes dans la grande distribution, qui mise sur une baisse des références en magasin. Un comble pour le président de Force Sud, Jérôme Jausseran, qui avance le contraire: «Alors que les ventes de melons bio étaient en baisse de 2020 à 2022, les ventes ont repris et nous en avons, au global, plus vendu que nos produits en entrée de gamme. Et, sur le premium, elles se sont maintenues, même si nous avons perdu quelques lignes dans la grande distribution.» Force Sud s’est donné pour objectif, cette année, de regagner des parts de marché sur le bio et le premium avec deux enseignes (Intermarché et Auchan), de mettre en avant toutes ses gammes via l'entreprise Promofel et de développer le merchandising dans les rayons des enseignes. En parallèle, Force Sud a développé, depuis l’an dernier, la vente par e-commerce et drive. Pour compenser l’absence de la pratique du toucher et de l’odorat, courante dans l’acquisition d’un melon, le groupement a orienté ses ventes sur ses ‘Label Rouge’ et une marque très connue, le ‘Cavaillon’. (Florence Guilhem)

Saisonniers: aux Etats-Unis, nouvelle réglementation pour les fortes chaleurs

L'administration Biden a annoncé proposer une nouvelle réglementation visant à protéger certains travailleurs exposés à de fortes températures, alors que les vagues de chaleur se multiplient en raison du changement climatique, selon l’AFP le 2 juillet. Elle concernerait plusieurs catégories de travailleurs dont ceux assurant les récoltes (arboriculture, maraichage et vignes). En pratique, tous les employeurs dont la main-d'œuvre exerce une activité physique et est exposée à une température ressentie de plus de 26°C seraient concernés: formation, développement de «plans d’action», nomination d’une personne en charge de leur coordination. Si la température atteint les 26°C, les travailleurs devront avoir accès à de l'eau et des zones fraîches (à l'ombre, climatisées...). A 32°C, des pauses de 15 minutes toutes les deux heures seront obligatoires et les symptômes des employés surveillés. Des mesures sont prévues pour les nouveaux travailleurs avec davantage de pause et une charge de travail réduite. Cette réglementation, qui pourrait concerner 35 millions de travailleurs selon le gouvernement, serait la première sur le sujet au niveau fédéral, mais reste tributaire de l’issue des prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis.

Marchés mondiaux: vers un plus grand rôle des pays émergents en 2033

L’OCDE et la FAO ont publié, le 2 juillet, leurs perspectives agricoles à moyen terme pour la période 2024-2033. D’une manière générale, les auteurs considèrent qu’au cours de cette période, les économies émergentes (Inde, Asie du Sud-Est et Afrique subsaharienne) devraient jouer un rôle plus important dans l’évolution des marchés agricoles. A contrario, la part de la Chine devrait décroître en raison d’un déclin démographique, d’une croissance des revenus plus lente et d’une stabilisation des habitudes alimentaires. Le rapport souligne aussi que l’intensité des émissions de carbone de la production agricole devrait poursuivre leur chute en raison d’une production plus axée sur les gains de productivité que sur l’extension des surfaces cultivées. Toutefois, les émissions directes devraient augmenter de 5%. En dépit des améliorations de productivité, d’importants écarts devraient persister, ce qui compromettra les revenus agricoles et la sécurité alimentaire et accroîtra les besoins des pays en importations alimentaires. Par ailleurs, les perspectives soulignent que diviser par deux les pertes et gaspillages alimentaires d’ici 2030 permettrait de réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre de 4% à l’échelle mondiale, et le nombre de personnes sous-alimentées de 153 millions d’individus.

Coopératives: Julien Delheur remplace Jean-Michel Javelle à la présidence d'Eurea

Ce 1er juillet 2024, le conseil d’administration de la coopérative Eurea a élu Julien Delheur, céréalier et arboriculteur (pommes et poires) à sa tête, alors que son prédécesseur Jean-Michel Javelle accède à la présidence de Sodiaal. Eurea, présente sur neuf départements d’Auvergne-Rhône-Alpes, est notamment active dans l’agriculture, la nutrition animale, «l’alimentation durable» et la distribution grand-public. Julien Delheur est installé depuis 2008 dans la Loire à Saint-Georges-Haute-Ville, sur la ferme familiale dont il représente la 5e génération. Il est entré au conseil d’administration d’Eurea en 2010 en tant qu’administrateur. 

Lait/coopérative: Jean-Michel Gac est le nouveau président d’Even

Producteur de lait dans les Côtes d’Armor, Jean-Michel Gac a été élu, le 1er juillet, à la présidence de la coopérative Even, annonce un communiqué. Il succède à Guy Le Bars qui «passe le témoin» après 17 ans à la tête de la coopérative bretonne. Jean-Michel Gac est administrateur d’Even depuis 2006 et vice-président depuis 2017. La coopérative est la maison mère du groupe Even (marque Paysan breton). Ce dernier est structuré autour de quatre activités: «les métiers de l’amont agricole, le lait et les produits laitiers, la distribution alimentaire et un pôle de diversification». Le groupe coopératif revendique 1000 agriculteurs sociétaires et plus de 6200 collaborateurs. Il a réalisé 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023.