Agrafil du 2 juin 2025

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Biogaz/biocarburants: l'Assemblée nationale approuve la suppression des ZFE

Saisie du projet de loi de «simplification», l’Assemblée nationale a approuvé le 28 mai la suppression des zones à faibles émissions, qui restreignent la circulation des véhicules les plus polluants, et ont accéléré le développement des filières biogaz (BioGNV) et dans une moindre mesure celle des biocarburants. Introduite en commission à l’initiative de LR et du RN, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée par 98 voix contre 51, avec celles de l’alliance RN-UDR, de la droite, de LFI et quelques macronistes. Écologistes et socialistes ont largement voté contre, comme certains députés MoDem et Horizons. La ministre macroniste de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a tenté, en vain, de faire adopter un compromis, pour sanctuariser le fait que les ZFE ne seraient obligatoires qu’autour de Paris et Lyon, et instaurer toute une batterie d’exceptions à la main des collectivités qui veulent les mettre en place. «Ce ne sera pas possible de le faire même pour ceux qui le souhaitent", a déploré le ministère dans un communiqué, après le vote de l’Assemblée.» Des députés estiment toutefois que certaines dispositions, comme l’abrogation des ZFE, encourent un risque de censure au Conseil constitutionnel, comme cavaliers législatifs (trop éloignés du texte initial). Les votes sur les articles devront être confirmés par celui sur le projet de loi, alors que les débats sur ce texte, morcelés depuis début avril, doivent reprendre mi-juin, avec 623 amendements à étudier.

Etats-Unis/UE: nouvelle escalade de Trump sur l'acier, Bruxelles «prête» à riposter

Le président américain a annoncé le 30 mai que la surtaxe sur l’acier et l’aluminium passerait le 4 juin à 50%, une nouvelle escalade dans son offensive protectionniste. L’Union européenne «regrette vivement» ces mesures qui «sapent les efforts en cours pour parvenir à une solution négociée» avec les Etats-Unis, a réagi la Commission le 31 mai. «Si aucune solution mutuellement acceptable n’est trouvée», des «contre-mesures» européennes «prendront automatiquement effet le 14 juillet, voire plus tôt si les circonstances l’exigent», a indiqué une porte-parole, soulignant que l’UE était «prête» à riposter. Au cours des derniers mois, l’UE avait déjà été frappée à trois reprises par des droits de douane de l’administration américaine: 25% sur l’acier et l’aluminium, annoncés mi-mars, 25% sur les automobiles, puis 20% sur tous les autres produits européens, en avril. Cette dernière surtaxe a été suspendue jusqu’au 9 juillet par l’administration Trump pour engager une négociation. Mais des droits de douane de 10% sont encore censés s’appliquer sur la plupart des biens exportés aux Etats-Unis par les Vingt-Sept, sauf si la justice américaine leur barre définitivement la route. Deux tribunaux de première instance ont en effet considéré cette semaine que Donald Trump n’avait pas le droit de décréter certains de ces droits de douane. Ceux-ci restent toutefois en vigueur tant que l’affaire n’est pas tranchée définitivement sur le fond.

Engrais russes: au centenaire de l'AGPB, Genevard promet d'être «vigilante» sur les prix

Quelques jours après que le Parlement européen a donné son feu vert au projet de Bruxelles d'augmenter les droits de douane sur les engrais importés de Russie et du Bélarus, «la France sera très vigilante sur l’évolution du prix et de la disponibilité des engrais pour les agriculteurs», a déclaré le 28 mai la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans un discours pour le centenaire de l’AGPB (céréaliers, FNSEA). Elle a rappelé avoir obtenu à Bruxelles des mécanismes «pour protéger les agriculteurs» avec un mécanisme de «stop and go» et l’absence de l’ammoniac dans les produits surtaxés. Elle a aussi réitéré son soutien à l’élargissement au blé des «freins d’urgence» déjà mis en place sur les exportations de certains produits agricoles ukrainiens vers l’Europe, après avoir rappelé l’importance pour la France de maintenir sa puissance céréalière. «Cette année, les conditions de culture sont plus normales et peuvent laisser espérer des rendements égaux et supérieurs (...) mais les prix ne sont pas au rendez-vous (...) et notre performance céréalière à l’export sera à surveiller de très près dans les mois qui viennent.» «Si demain on supprime les engrais d’origine russe ou biélorusse, il faut aussi supprimer les taxes de 6,5% sur les autres origines (Etats-Unis, Trinité-et-Tobago, Arabie saoudite, Maroc...) pour retrouver une offre cohérente, de nature à stabiliser les prix», plaide Eric Thirouin, président de l'AGPB, interrogé par l'AFP.

PPL Entraves : motion de censure déposée par LFI et EELV, peu de chances de succès

Des députés de La France insoumise et du groupe écologiste ont déposé le 30 mai une motion de censure contre le gouvernement de François Bayrou, après le rejet tactique d’une proposition de loi Entraves par le bloc central et l’extrême droite, dénoncé comme une manoeuvre visant «à museler la représentation nationale». Déposée par 56 élus LFI et 2 du groupe écologiste, elle est la septième contre le gouvernement Bayrou. Elle sera soumise au vote des députés en début de semaine prochaine. 289 voix sont nécessaires pour son adoption. Elle a donc très peu de chance d’être adoptée, faute de soutiens y compris à gauche. Les socialistes et les communistes n’ont pas souhaité s’associer à cette motion de censure. «Ce sont les députés eux-mêmes qui ont voté la motion de rejet, pas le gouvernement. Ça n’a donc pas de sens ici de censurer le gouvernement», a expliqué à l’AFP une source au groupe socialiste. Elle sera examinée au plus tard mercredi. Après un délai de 48h suivant son dépôt, l’examen d’une motion de censure doit en effet avoir lieu «au plus tard le troisième jour de séance suivant», selon le règlement de l’Assemblée. Pour contourner les quelque 1.500 amendements écologistes et 800 LFI déposés, les partisans de la loi Entraves, ont eux-mêmes approuvé lundi une «motion de rejet» du texte. Il sera désormais examiné à huis clos par une commission mixte paritaire (CMP) de sept sénateurs et sept députés.

Déforestation : la Malaisie conteste son classement comme pays à risque moyen par l'UE

La Malaisie conteste son classement par l’Union européenne (UE) comme pays à risque moyen en matière de déforestation, demandant à voir reconnus les «progrès» qu’elle estime avoir fait dans ce domaine. Le pays s’engage à travailler avec l’UE pour «présenter des preuves actualisées et basées sur la science» afin de soutenir sa demande de classement comme pays à «faible risque» et «une reconnaissance juste de nos progrès», a déclaré mercredi à Singapour son ministre des Plantations et des Matières premières Johari Abdul Ghani. Comme le Brésil ou l’Indonésie, la Malaisie a été classée pays à risque «moyen» par l’UE en matière de déforestation. Mais selon Johari Abdul Ghani, la classification de son pays est basée sur les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture de 2020. Or la Malaisie «a mis en œuvre des politiques strictes contre la déforestation et développé (son) propre système de certification… qui garantit la traçabilité, la conformité» et l’inclusion des petits exploitants, a argumenté le ministre malaisien. Seuls les produits importés de Russie, du Bélarus, de Corée du Nord et de Birmanie ont été classés à «risque élevé» par l’Union européenne, malgré les objections des écologistes qui trouvent que cette liste aurait dû inclure d’autres pays. Cette nouvelle loi européenne doit interdire la commercialisation en Europe de produits (cacao, café, soja, huile de palme, bois...) provenant de terres déboisées après décembre 2020. Elle doit entrer en application le 30 décembre 2025.

Influenza/Brésil: le zoo de Brasilia temporairement fermé pour suspicion d'influenza

Le zoo de la capitale du Brésil a temporairement suspendu l’accès au public le 28 mai , après avoir détecté deux «cas suspects» d’oiseaux morts d'influenza aviaire, a annoncé le gouvernement local. Une colombe et un canard sont morts au zoo de Brasilia (centre), deux semaines après la découverte d’un premier foyer de la maladie dans une ferme commerciale du sud du pays. Le Brésil, premier exportateur mondial de viande de poulet, a cessé les expéditions vers 24 pays – dont la Chine, son principal client – après avoir détecté un foyer de grippe aviaire sur une ferme de la municipalité de Montenegro, dans l’Etat de Rio Grande do Sul (sud), le 16 mai. Depuis, le gouvernement n’a pas détecté de nouveaux cas.