Agrafil du 3 juin 2025

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Fruits et légumes : au Royaume-Uni, report des inspections à l’import à début 2027

Dans un communiqué de presse du 2 juin, le gouvernement britannique a annoncé qu’il supprime les contrôles aux frontières pour les fruits et légumes jusqu’au 31 janvier 2027, dans l’attente d'un nouvel accord SPS avec l’Union européenne. « Cela signifie que les contrôles sur les fruits et légumes à risque moyen (notamment les tomates, les raisins, les prunes, les cerises, les pêches, les poivrons, etc.) importés de l'UE n'entreront donc pas en vigueur cet été », est-il précisé. L’accord, dont les détails doivent encore être négociés, devrait instaurer une zone sanitaire et phytosanitaire entre le Royaume-Uni et l'UE, « réduisant les coûts, allégeant la pression sur les prix des denrées alimentaires » et supprimant les contrôles SPS de routine aux frontières pour les exportations et les importations de produits alimentaires. « La protection de la biosécurité au Royaume-Uni demeure une priorité absolue du gouvernement, et la surveillance axée sur les risques liés à ces produits continuera », a précisé Sue Hayman d'Ullock, sous-secrétaire d'État au ministère de l'Agriculture (Defra).

Fruits rouges : un an de prison avec sursis et 150 000 € requis contre un cas de « francisation »

Le 27 mai, un an de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende ont été requis à l’encontre du gérant de l’entreprise Fruits rouges du Périgord, accusé de francisation, par le procureur du tribunal correctionnel de Bergerac, selon Ici (ex-France bleu). L’entreprise, située à Capdrot (Dordogne), est accusée d’avoir acheté 412 tonnes de fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles, mûres) en Espagne, au Portugal et au Maroc entre 2020 et 2021, pour les revendre sous l’étiquette « origine France ». Les fruits étaient vendus sur les marchés français de gros et auprès de la grande distribution (Auchan, magasins U, Leclerc) en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Sud-Ouest et en Sarthe). Au total, la fraude est estimée à plus d'un demi-million d'euros. Dans un communiqué de presse du 28 mai, la Coordination rurale se félicite de ce réquisitoire : « Cette affaire démontre une fois de plus qu’il faut renforcer les contrôles, protéger réellement l’origine des produits agricoles et sanctionner lourdement ceux qui trichent », précise Sébastien Héraud, maraîcher à Lamonzie-Saint-Martin (Dordogne) et responsable de la section Fruits et légumes du syndicat. Le jugement est attendu pour le 30 juin.

Chou-fleur : fin de campagne sur des volumes et des prix en forte baisse (ministère)

Selon les prévisions arrêtées au 1er mai par les services du ministère de l’Agriculture (Agreste), la production française de choux-fleurs est finalement estimée à 178 900 tonnes pour la campagne 2024-2025, en baisse de 7 % par rapport à la précédente campagne. Les baisses de volumes sont notables dans le Nord (-9 %) et l’Ouest (-7 %). Ils sont en retrait de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les surfaces ont poursuivi leur tendance baissière engagée il y a cinq ans : selon Agreste, elles se seraient établies à 12 716 ha, soit un recul de 5 % sur un an (-10 % par rapport à la moyenne 2019-2023). Elles sont en recul notamment dans l’ouest du pays (-6 % sur un an). Des prix très faibles ont été enregistrés à l’approche de la fin de campagne, alors que les apports en avril ont été conséquents, qui n’ont pas pu être absorbés par la demande sur la période.« Malgré des coupes substantielles de moyens calibres et des prélèvements pour la transformation, les cours s’orientent résolument à la baisse et atteignent des niveaux particulièrement faibles pour la période (-47 % sur un an et -34 % par rapport à la moyenne quinquennale) », conclut Agreste.

Fromage végétal : la marque Nurishh (Bel) supprimée d’ici la fin 2025

Le groupe Bel a décidé d’arrêter la production de sa gamme d’alternatives végétales au fromage sous la marque Nurishh d’ici la fin 2025. Les produits ne seront plus fabriqués sur le site de la société All In Food à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) acquise par le groupe Bel en 2020. « La trentaine de salariés de ce site font l’objet d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté en avril », indique un porte-parole de Bel. « Les échanges se poursuivent afin d’accompagner au mieux les salariés en leur proposant notamment des postes sur d’autres site de Bel, avec des aides à la mobilité », poursuit-il. Mais les salariés ne l’entendent pas de cette oreille : le site a vu sa production perturbée fin mai et, selon Bel, c'est encore le cas en ce 2 juin. Bel affirme aussi chercher un repreneur pour ce site. « Nurrish n’a jamais réussi à s’établir auprès des consommateurs », selon le groupe, sur un marché dominé par le leader Violife. Bel a investi plusieurs millions d’euros pour équiper le site et lancer la marque, mais sans succès. La stratégie du groupe consiste désormais à s’appuyer sur ses marques phares comme Babybel, La Vache qui rit, Kiri ou Boursin, dont les produits peuvent être déclinés en version végétale.

NGT/semences : la position des trieurs à façon, pour les NGT, contre les brevets

Dans un communiqué paru le 2 juin, les entreprises du Staff (tri-préparation de semences) expliquent leur position vis-à-vis de la future réglementation européenne sur les nouvelles techniques génomiques (NGT), favorable à l'assouplissement, mais pas au passage sous un régime de brevet. En février, les États membres ont convenu d'une position commune qui autoriserait les brevets sur l’ensemble des variétés dont celles de catégorie 1. Des négociations sont en cours avec le Parlement européen (qui est, lui, opposé à ces brevets) en vue de dégager un compromis. « Les trieurs de semence de ferme ne sauraient accepter que les NBT deviennent le cheval de Troie des brevets et que la nouvelle réglementation fragilise l'édifice juridique du Certificat d'obtention végétale (COV) qui constitue aujourd'hui le meilleur équilibre existant entre les droits des obtenteurs et ceux des utilisateurs », expliquent-ils dans leur communiqué. Le Staff souligne que le COV permet actuellement « aux agriculteurs de ressemer leur récolte en contrepartie d'une raisonnable redevance ». Et de s'interroger : « Qui a intérêt à renforcer les brevets contre les Certificats d'obtention végétale ? Qui veut prendre le risque de voir des Gafam de la semence accaparer des positions dominantes sur les ressources alimentaires de l'humanité ? »

Grandes cultures : le torréfacteur Lobodis va vendre une alternative au café à base de lupin

Dans un article du 29 mai publié par nos confrères des Echos (article payant), le torréfacteur Lobodis (filiale du groupe Ricardo), basé en Ille-et-Vilaine, a annoncé travailler sur l’emploi de lupin pour la production d’une poudre semblable à celle de café, utilisable dans une cafetière ou un percolateur. La motivation principale pour la société a été la flambée récente des cours mondiaux du café, renchérissant drastiquement les coûts de production. Au goût, la boisson obtenue, dépourvue de caféine, « a une saveur légèrement sucrée, avec des notes de noisettes et de cacao qui tiennent davantage du moka que des cafés puissants ou amers », peut-on lire dans l’article. Lobodis vise une production de lupin torréfié de 20 à 30 tonnes d’ici fin 2026. Les grains proviendraient de producteurs locaux, situés dans un rayon de 150 km du site de torréfaction. Les premiers tests de marché surviendront durant l’automne 2025, pour une durée de six mois, via une grande enseigne de la distribution bio dont le nom n’a pas filtré. Le produit testé sera vendu sous la marque « La tribu des Kawas ».

Influenza aviaire : deux sénateurs américains demandent la vaccination des bovins laitiers

Les sénateurs états-uniens Mike Rounds (républicain) et Martin Heinrich (démocrate) ont envoyé le 22 mai une lettre à la secrétaire à l'Agriculture Brooke Rollins, appelant l'USDA (ministère de l’Agriculture américain) à élaborer un plan de vaccination d'urgence pour le bétail en cas d'épidémie d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). « Nous pensons que la prochaine étape de la réponse de l'USDA doit consister à examiner et approuver rapidement les vaccins contre l'IAHP destinés aux bovins », indique le courrier. Selon les sénateurs, il faut « constituer des stocks de doses de vaccin contre l'IAHP, comme le fait l'USDA pour d'autres maladies potentiellement préoccupantes ». Les deux élus estiment que « la priorité est d'identifier et de prévenir ces menaces avant qu'elles ne deviennent endémiques dans nos systèmes d'élevage », afin de protéger le secteur de l’élevage et la sécurité alimentaire des consommateurs. Le sénateur Rounds avait déjà cosigné en avril un courrier à la secrétaire à l’Agriculture afin que les bovins bénéficient du plan de lutte national contre l’IAHP dévoilé en février et destiné aux volailles. Depuis le printemps 2024, plus de 1 000 troupeaux de bovins laitiers ont été infectés par le virus de l’influenza aviaire dans 17 États des États-Unis. Le virus est présent dans le lait cru issu des animaux contaminés. Il peut toutefois être éliminé par un traitement thermique (lire notre enquête).

Grippe aviaire : Moderna développera son vaccin anti-H5 pour l'homme, malgré Trump

Moderna a annoncé dans un même communiqué du 29 mai des résultats positifs sur 300 humains de son projet de vaccin à ARN messager contre la grippe aviaire et l’interruption de son contrat de recherche par l’administration américaine. « La réalité est que la technologie des ARNm demeure sous-testée, et nous n’allons pas dépenser l’argent des contribuables pour répéter les erreurs de la dernière administration, qui a dissimulé des préoccupations légitimes du public en matière de sécurité », justifie le directeur du département de la Santé humaine et des Services sociaux (HHS), cité par WattPoultry, dans un e-mail adressé au média avicole américain. Sans les fonds publics de cette administration, Moderna va explorer « des voies alternatives pour le programme », assure le p.-d.g. de Moderna, Stéphane Bancel, cité dans le communiqué. Une étape est en effet franchie avec l’étude clinique (phase 1/2) du vaccin contre la grippe aviaire H5 qui a donné 97,8 % de réponse immunitaire dans les trois semaines. WattPoultry souligne que trois autres vaccins « pré-pandémiques » contre la grippe aviaire sont sous contrat avec l’administration fédérale américaine.

Viande : la consommation déclarée de veau progresse en restauration (sondage)

D’après une enquête Opinion Way pour Interbev (interprofession) présentée le 2 juin, la consommation déclarée de viande de veau progresse en restauration entre 2025 et 2019, alors qu’elle stagne à domicile. Parmi les 1 008 répondants consommateurs de viande interrogés en février, 20 % disent manger du veau au restaurant au moins une fois par mois (+6 points en six ans). À domicile, les consommateurs sondés sont 57 % à consommer du veau une fois par mois. Un pourcentage qui n’a pas varié significativement depuis 2019, date de la précédente étude. L’institut de sondage attribue la progression en RHD à la multiplication des restaurants « bouillons » (cuisine traditionnelle française bon marché) et italiens, où le veau est souvent présent. Dans le détail, Opinion Way constate une sur-consommation de veau au restaurant chez les hommes et chez les jeunes (moins de 34 ans), alors que les plus de 50 ans sont en retrait ; une répartition habituelle en matière de restauration. Selon les dernières estimations de l’Idele, la restauration (tous types confondus) représentait un quart de la consommation française de veau en 2022, et est approvisionnée à 54 % par de la viande importée. Il s’agit, comme pour l’ensemble des viandes, d’un marché en croissance.

Élevage : la Sicarev inaugure son nouveau siège social à Roanne

La Sicarev, coopérative qui rassemble 7 500 éleveurs bovins, ovins et porcins dans une trentaine de départements, a inauguré son nouveau siège social, début mai, à Roanne (Loire). Le bâtiment, implanté sur le site de l’abattoir de Roanne, fait 1 807 m2 et accueille les collaborateurs de la coopérative et ceux de Tradival, sa filiale dédiée à la transformation de viande. C’est la Semar (Société d’économie mixte de l’abattoir de Roanne), constituée de la communauté d'agglomération de Roanne et de Sicarev, qui a porté le projet de construction de ces nouveaux locaux depuis 2021, et financé les travaux, à hauteur de 3,6 M€. Au cours des 15 dernières années, la Semar a également investi 15 M€ dans des outils industriels destinés à l'abattage, à la découpe et à la transformation des bêtes. La nouvelle organisation de la Sicarev, au plus près des abattoirs, doit permettre au groupe de développer sa capacité d’exploitation, notamment à l’export, où elle réalise 30 % de son chiffre d’affaires. Ce dernier s’est élevé à 1,3 milliard d’euros en 2023. La coopérative collecte et commercialise 600 000 animaux, pour un chiffre d’affaires de 450 000 €, tandis que la filiale transforme 199 000 tonnes de viande, pour un chiffre d’affaires de 839 000 €. Les services et la logistique représentent le reste du chiffre d’affaires. (Elena Blum)

Élevage/sucre : Lesaffre et le brésilien Zilor annoncent la création d’une joint-venture

Dans un communiqué du 2 juin, le groupe français Lesaffre (basé dans le Nord), spécialisé dans la fermentation, l’alimentation humaine et animale, et le brésilien Zilor, producteur de sucre, d’énergies et d’aliments pour animaux, ont annoncé la création d’une joint-venture. Dans le détail, Lesaffre acquiert une participation de 70 % dans la filiale Biorigin de Zilor, détenant une usine de production d’éthanol et de levure de bière pour l’alimentation animale, basée à Quatá (État de São Paulo), au Brésil. L'objectif est « d'améliorer l'approvisionnement en dérivés de levure et d'ingrédients aromatiques pour les marchés de l'alimentation humaine et animale ». « Plusieurs business units de Lesaffre vont bénéficier de cette joint-venture », précise le communiqué. Outre celle de Quatá, le groupe Zilor possède trois autres installations, dans le même État de São Paulo. Il emploie 4 400 personnes et dispose d’une capacité de transformation annuelle de sucre de 13,8 Mt. Il détient par ailleurs une participation de 12 % dans le plus grand négociant mondial de sucre et d'éthanol Copersucar, présent dans plus de 70 pays.

Foncier : à l'Assemblée, droite et RN font reculer le Zéro artificialisation nette

Lors de l’examen du projet de loi sur la simplification économique, les députés ont approuvé le 28 mai de nouvelles dérogations au principe de « zéro artificialisation nette » (Zan). L'Assemblée nationale a adopté, d’une courte majorité à droite, un article permettant notamment de « dépasser jusqu'à 30 % » l’objectif local de consommation maximale d’Enaf, et ce « sans justification ». Auparavant, droite, RN et une partie des macronistes avaient aussi fait passer de justesse (77 voix contre 75) un amendement excluant du décompte du Zan les constructions reconnues par décret comme « projet d'intérêt national majeur ». Ce qui revient à « vider complètement le Zan de sa substance, et j'en suis ravi », s'est félicité l'élu RN Pierre Meurin. Objectif partagé avec le député LR Ian Boucard, président de la commission en charge d’étudier le texte, qui a revendiqué d'avoir ainsi « considérablement amenuisé le Zan » pour « permettre d'avoir beaucoup plus de projets industriels dans notre pays ». Le ministre de l'Industrie Marc Ferracci a en outre fait voter une enveloppe de « 10 000 ha pour l'industrie », décomptée nationalement et mutualisée entre les régions. Et d'annoncer l'examen à venir d'une proposition de loi « à l'automne » pour assouplir le dispositif.

Bio : la FNSEA veut des fonds européens pour pallier les coupes budgétaires

La FNSEA appelle l’État à « obtenir des fonds européens » pour « poursuivre » le travail de communication de promotion de la bio tel qu’il était prévu avant les coupes budgétaires annoncées la semaine dernière. « La communication demeure l’un des leviers essentiels pour relancer la consommation de produits bio », affirme le syndicat. Après plusieurs années de crise de marché, née après la pandémie de Covid-19, les premiers signes de reprise de la bio sont apparus en début d’année, principalement dans les magasins spécialisés, mais les professionnels craignent un nouveau recul des surfaces en 2024. Si la FNSEA reconnaît les « contraintes budgétaires de la France » actuellement, elle rappelle « l’engagement » du ministère de l’Agriculture, en septembre 2023, à aider le secteur de sortir de la crise par une enveloppe pluriannuelle dédiée à la communication. Enveloppe qui s’élevait à 5 M€ par an pendant trois ans (2024, 2025, 2026). « Il est impératif que l’État se mobilise pour trouver des leviers budgétaires complémentaires et tout particulièrement au niveau européen », affirme la FNSEA.

Label bas carbone : une demande « fragile » pour les projets agricoles (étude)

Dans le cadre du Label bas carbone (LBC), qui existe depuis six ans et concerne surtout les secteurs forestier et agricole, « les projets sont historiquement financés par des entreprises françaises de tailles et de secteurs variés, dans une logique de contribution carbone volontaire », et cette demande reste « fragile », résume le think tank I4CE le 2 juin, dans son bilan du LBC. « Ces financeurs paient en moyenne 35 €/tCO2 », soit « plus de quatre fois plus que les prix du marché international », et « le LBC reste attractif [malgré] la baisse du marché volontaire mondial, en partie liée à une crise de confiance ». S’ajoutent les financements réalisés dans le cadre d’une obligation de compensation. « Une demande réglementaire a émergé depuis 2022 suite à la loi Climat et résilience », relèvent les auteurs, « principalement de la part des compagnies aériennes opérant des vols domestiques, pour un prix moyen de 30,7 €/tCO2 ». Une demande qui pèse pour « 40 % à 80 % des préfinancements de projets et structure donc le marché ». Malgré tout, la demande « notamment d’origine volontaire », reste « fragile », « particulièrement pour les projets agricoles » car ils « cumulent un prix à la tonne de CO2 plus élevé et un narratif moins séduisant que les projets forestiers » ; par ailleurs, « ils peinent également à mobiliser l’aval de leur chaîne de valeur ».

Label bas carbone : 3 500 exploitations engagées, 1 t CO2/ha/an d’impact moyen (étude)

Dans une note publiée le 2 juin, le think tank I4CE dresse le bilan du Label bas carbone (LBC) après six ans d’existence. Au 31 mars, 1 685 projets LBC sont validés, soit « un impact potentiel de 6,41 MtCO2eq, qui sera vérifié et ajusté cinq ans après le lancement de chaque projet », indiquent les auteurs. 3 500 exploitations agricoles sont engagées dans un projet Carbon’Agri ou Grandes cultures et elles « mobilisent en moyenne quatre leviers », par exemple « l’optimisation de l’âge au premier vêlage » ou « l’introduction de légumineuses dans les rotations », pour couvrir « les principaux postes d’émissions : la fermentation entérique, la fertilisation et le carbone du sol ». L’impact moyen s’élève à 1 tCO2/ha/an. Sur les plus de 6 MtCO2eq d’impact potentiel total, 1,56 MtCO2eq relèvent des « réductions d’émissions » en élevage bovin et 1,13 MtCO2eq de la « séquestration et atténuation d’émissions sols » en grandes cultures. Alors que « des débats existent autour de la quantification carbone », deux leviers pourraient être activés : « un changement de métrique carbone pour la méthode Carbon’Agri (élevage), qui encourage actuellement l’optimisation des systèmes, mais entrave les changements structurels » et « une amélioration du recours à la modélisation dans la méthode Grandes cultures ».

PPAM : forte augmentation des surfaces en 2024, surtout en coriandre

Selon la dernière note de conjoncture de FranceAgriMer en date d‘avril 2025, les surfaces dédiées aux cultures de plantes à parfum, aromatiques, et médicinales (PPAM) auraient progressé de 16,5 % en 2024 pour atteindre 69 200 ha. « La hausse provient majoritairement du développement massif de la coriandre (+12 400 ha en un an), une progression soutenue par des aides à la reconversion très attractives », est-il indiqué. D’autres cultures sont aussi orientées à la hausse comme les psylliums (+82 %), le fenouil (+35,7 %) et encore le persil (+24 %). En revanche, le lavandin (-10,7 %), la lavande (-9,2 %), le thym (-14,3 %), l’estragon (-15,8 %), le basilic (-20,6 %) et l’angélique (-22,4 %) sont en baisse. Ce constat se reflète au niveau des régions de production. Ainsi, l’Occitanie affiche la plus grande augmentation des surfaces (+217 %), car elle concentre 87 % des nouvelles implantation de coriandre. La progression de la région Centre-Val de Loire répond à la même dynamique : les surfaces supplémentaires (+25 %) sont dédiées au fenouil, à la coriandre, au pavot et au persil. À l’opposé, FranceAgriMer note une baisse importante dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes (-8 %) et Paca (-10 %) en lien avec la réduction des productions de plantes à parfum.

Chambres d'agriculture France : Bournigal va remplacer Chmitelin à la direction

Nommée il y a cinq ans après une carrière passée au ministère de l'Agriculture (Odeadom, Draaf, ENVT, cabinet), la directrice générale de Chambres d'agriculture France, Isabelle Chmitelin, va être remplacée en juin par Jean-Marc Bournigal, actuellement directeur de l'interprofession des semences et plants (Semae), a-t-on appris d'une source proche du dossier, confirmant l'information du média Contexte. Jean-Marc Bournigal a été directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, président de l'Irstea, et directeur de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA).

Engrais : l’association internationale élit son nouveau président

L’International Fertilizer Association, IFA, qui représente les entreprises productrices d’engrais à l’échelle mondiale, a renouvelé son conseil d’administration le 14 mai. À cette occasion, l’association a élu Ken Seitz, p.-d.g. de Nutrien, à sa présidence. Il succède à Tony Will, p.-d.g. de CF Industries, qui avait effectué un mandat de deux ans. Ahmed El-Hoshy, p.-d.g. de Fertiglobe, a été élu vice-président, à la suite du départ de Raviv Zoller, ancien p.-d.g.  d’ICL. Le conseil d’administration a vu la nomination de sept nouveaux membres. (Elena Blum)

Coopératives : NatUp recrute son nouveau directeur du développement

Thomas Graffin a rejoint, mi-mai, le groupe coopératif NatUp en tant que directeur du développement. Il succède à Laurent Lemarchand qui a endossé, depuis le 1er janvier, la fonction de directeur général. Thomas Graffin a été, de septembre 2022 à avril 2025, le directeur des opérations hydrogène pour l’Europe au sein du groupe Plug Power. Il avait, précédemment, été directeur agro-industries au sein de Sénalia. Sa mission chez NatUp : imaginer l’agriculture de demain en intégrant le volet innovation. (Anne Gilet)

Enseignement : AgroParisTech nomme une directrice déléguée aux Affaires agricoles

AgroParisTech a ouvert le 1er mai une « nouvelle fonction stratégique », en confiant à Sophie Carton le poste de directrice déléguée aux Affaires agricoles. Elle-même diplômée de cette grande école francilienne, Sophie Carton en était jusque-là cheffe de projets à la ferme expérimentale de Thiverval-Grignon, également coordinatrice de la chaire Alliance méthanisation agricole.