Affichage social: une expérimentation «d'au moins 5 ans» recommandée
Saisie en 2021 par trois ministres (Transition écologique, Travail, Economie sociale), la plateforme RSE (instance de consultation rattachée à Matignon) a présenté, le 3 mai, ses recommandations pour la mise en place d'un affichage social des biens et services, prévu au même titre que l'affichage environnemental par la loi Agec de 2020. La principale mesure proposée est de lancer une expérimentation d'« au moins cinq ans », pilotée par une institution publique, comme c'est le cas actuellement pour l'expérimentation de l'affichage environnemental imposée par la loi Climat de 2021 et pilotée par l'Ademe. Pour réaliser cette expérimentation, la plateforme plaide pour un soutien public (ex. promotion, aide à la constitution de bases de données) et un «cadre méthodologique» (ex. socle commun de thématiques). Parmi les thématiques évoquées à l'oral : discriminations, pénibilité, rémunération, protection des syndicats... « La balle est dans le camp du gouvernement », a conclu l'universitaire Jean-Pierre Chanteau, animateur du groupe de travail, lors d'une conférence de presse. Et « il y aura un arbitrage à faire sur les priorités, car on ne pourra pas tout faire », a précisé Geoffroy de Vienne, co-rapporteur CFTC. Un agenda existe déjà dans le secteur alimentaire, au niveau européen. La Stratégie de la Ferme à la table mentionne «la volonté d’un cadrage de l’étiquetage durable des données alimentaires en 2024», incluant «certaines dimensions sociales sur l’équité des prix agricoles et alimentaires», rappelle la plateforme RSE.
Lait: les contrats tripartites des producteurs de lait livrant à LSDH seront réévalués
Les contrats tripartites conclus entre les producteurs de l’APLBC (association des producteurs de lait du Bassin centre), la Laiterie Saint Denis de l’Hôtel (LSDH) et plusieurs enseignes de la grande distribution seront renégociés d’ici l’été, apprend-on dans un article publié le 28 avril sur le site de Réussir Lait. Premier opérateur à bouger : Carrefour, qui annonce dans un communiqué du 3 mai une revalorisation du prix du lait de 390€ à 430€/1000l dans le cadre de son accord tripartite avec APLBC et LSDH. Le prix du lait négocié cet hiver dans le cadre des contrats tripartites (70% du lait des adhérents APLBC) varie entre 385 et 405€/1000l en fonction des distributeurs (Aldi, Système U, Lidl, Leclerc). Au regard des conséquences de la guerre en Ukraine sur leurs charges, les éleveurs jugent désormais ces hausses (entre 15 et 30 €) «insuffisantes», a expliqué Olivier Legrand, le président de la section LSDH à l’APLBC, à nos confrères. «Avant, le tripartite donnait de la visibilité à un an, voire plus, aux producteurs, développe-t-il. Aujourd’hui, l’instabilité des marchés nous contraints à nous revoir plus souvent.» En février, les sociétaires de la marque C’est qui le patron (CQLP) — dont le lait est transformé par LSDH — ont voté pour relever le prix de base du lait de 0,39 à 0,43€/l à compter du 1er juin. Et, les contrats équitables conclus avec Auchan et Carrefour «ont le même prix du lait que CQLP», informe Réussir Lait.
Produits laitiers : Bel finalise le rachat du groupe Mont Blanc-Materne
Le groupe Bel annonce, dans un communiqué du 2 mai, détenir la totalité du capital de Mont Blanc-Materne (MOM). Déjà détenteur de 82,5% des parts de la maison mère de la marque Pom’Potes, le géant du lait a acquis le 29 avril les actions restantes (17,44%) auprès du p.-d.g. Michel Larroche et du management de MOM. Des accords d’acquisition avaient été conclus entre les deux entreprises fin 2016. «Le groupe MOM propose une offre diversifiée de produits fruitiers, laitiers et végétaux en parfait accord avec la volonté du groupe Bel d’accélérer sur le segment du snacking sain», souligne le communiqué. Ce rachat permet au détenteur des marques Babybel et La Vache qui rit de «conforter» son positionnement en France et aux États-Unis. Le communiqué signale, par ailleurs, le remplacement de Michel Larroche par la directrice générale adjointe de Bel, Cécile Béliot, à la tête du groupe MOM.
Banque: Grégory Erphelin nouveau d.g de la Fédération nationale du Crédit agricole
Grégory Erphelin a été nommé directeur général de la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), annonce la structure dans un communiqué le 3 mai. La FNCA rassemble les caisses régionales du Crédit agricole, majoritaires au sein de Crédit agricole SA. Elle joue également un rôle de représentation des caisses régionales ainsi que du groupe Crédit agricole auprès des pouvoirs publics et des organisations professionnelles agricoles. Grégory Erphelin succède à Gaëlle Regnard, nommée directrice générale de la Caisse régionale Loire-Haute Loire. Depuis avril 2017, il était directeur finances, achats, affaires juridiques, engagements et recouvrement et membre du comité exécutif de LCL. Il avait commencé sa carrière en 2001 au ministère de l'Agriculture.
Biostimulants : De Sangosse rachète Biovitis
De Sangosse, spécialiste des biosolutions, rachète l’entreprise Biovitis (8 salariés) de protection et biostimulation naturelle des végétaux, a-t-il annoncé le 3 mai. Au sein du groupe, le girondin «bénéficiera de ressources supplémentaires pour le développement technique, la production, l'homologation et la commercialisation» des produits actuels et à venir, selon un communiqué. Il s’agit pour Biovitis, déjà présent en vigne, «à brève échéance d’élargir le champ d’application de ses solutions naturelles sur d’autres cultures majeures comme les céréales, l’arboriculture, le maraîchage et les traitements de semences». En 2021, elles ont été appliquées sur 30 000 ha en France, peut-on lire sur son site internet. L’entreprise restera autonome après le rachat, indique De Sangosse. Bertrand Sutre, fondateur et dirigeant de Biovitis, l’accompagnera pendant une période de transition.
Glyphosate : Générations futures dénonce une « évaluation biaisée » de la génotoxicité
Analysant les avis divergents sur la génotoxicité du glyphosate, Générations futures a dénoncé le 3 mai une «évaluation biaisée» du côté des agences réglementaires. De nombreuses études montrent que cet herbicide provoque «des effets génotoxiques», a souligné la toxicologue Pauline Cervan, lors d’une conférence de presse. Pourtant les autorités n’en tiennent pas compte, selon elle. L’association de défense de l’environnement confronte les avis des agences, favorables à la réhomologation du produit, avec ceux du CIRC et de l’Inserm, qui «s’accordent pour dire que le glyphosate est génotoxique». Conclusion de Générations futures : «Les autorités s’appuient exclusivement sur des études provenant des industriels», alors qu’elles présentent des «failles», en ignorant les études universitaires à cause d’un «supposé manque de fiabilité». Un autre point expliquant pourquoi les agences jugent le glyphosate non génotoxique vient des critères de classification eux-mêmes, trop contraignants aux yeux de l’ONG.
Coopératives: Terrena affiche des chiffres en progression sur 2021
Le groupe coopératif diversifié Terrena, présente, dans un communiqué le 3 mai, «des résultats en progression pour la troisième année consécutive». Ce groupe de l'Ouest, qui a notamment lancé la marque Nouvelle Agriculture en 2013, affiche une rentabilité en hausse, avec un Ebitda de 137 M€ (+24 M€). La courbe est également positive pour le résultat net attendu (+10,4 M€, à 12,5 M€) et l'activité, avec un chiffre d'affaires de 5 Mrd€ en progression de 242 M€. Terrena affiche notamment de fortes croissances d'activité sur ses «filières différenciées»: +19% de chiffre d'affaires pour la Nouvelle agriculture (à 61 M€) et +24% en bio (à 138 M€). L'activité 2022 sera perturbée par l'influenza aviaire et l'inflation induite par la guerre en Ukraine, prévient le groupe, sans que les «fondamentaux de Terrena ne (soient) remis en cause». À ce stade, assure Terrena, «seule notre trajectoire financière sera décalée dans le temps». La reprise du groupe Doux en 2016 avait plombé les comptes du groupe, avant une cession au géant de la volaille LDC deux ans plus tard. En 2015, elle avait cédé une partie de ses parts dans Elivia (viande bovine) à l'abatteur irlandais Dawn Meats.