Droits de douane américains: le commissaire Hansen veut un «filet de sécurité»
Le commissaire européen à l'Agriculture Christophe Hansen a dit le 27 février, au lendemain de la menace du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douane de 25% sur les produits européens, souhaiter un «filet de sécurité» pour faire face aux «chocs géopolitiques». «On est frappés, on va devoir réagir», a-t-il indiqué au premier des deux jours de sa visite au Salon de l'agriculture à Paris, selon l’AFP. «La façon de procéder [de l'administration américaine] est contre-productive», a-t-il estimé «Mais c'est une réalité et on doit mieux s'y préparer.» Le Luxembourgeois de 43 ans a rappelé que l'Union européenne avait déjà fait l'expérience de taxes punitives lors du premier mandat de Donald Trump et qu'elle n'avait alors pas réagi de façon suffisamment concertée à ses yeux. «Je pense qu'on a besoin d'un filet de sécurité unitaire pour de tels chantages ou chocs géopolitiques», a avancé le représentant européen, sans donner les détails de cette «enveloppe financière». En 2019, la première administration Trump avait déjà imposé des taxes douanières de 25% sur certains produits, dont des fromages, des vins et le cognac. La réitération de ces droits serait particulièrement douloureuse pour le cognac, déjà visé par la Chine, ou pour les viticulteurs, les États-Unis étant le premier débouché des vins français à l'export.
Engrais azotés: un grand fournisseur table sur un maintien des prix à un niveau élevé en 2025
Lors d’une conférence de presse organisée par FranceAgriMer le 27 février au Salon de l’agriculture, Renaud Bernardi, directeur des ventes LAT Nitrogen (l’un des plus importants fournisseurs d’engrais européen), a déclaré que «les prix de la solution azotée ne devraient pas descendre [en 2025 en-dessous de leur niveau actuel», soit aux alentours de 330-340 €/t au départ des ports européens (incluant Rouen). Pour rappel, avant le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix départ Rouen s’affichaient à 150 €/t début janvier 2020, puis ont dépassé les 700 €/t en avril 2022, pour retomber aux alentours des 250 €/t en juillet 2024, selon les données de nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier. L’expert estime que les cours du gaz, qui sert à la fabrication des engrais azotés, resteront élevés, tout comme les prix des solutions azotées importées, «la Russie maximisant ses marges». Viennent ensuite «l’intense demande indienne» et la production européenne «qui a certes rebondi, mais de manière insuffisante». Renaud Bernardi a par ailleurs expliqué craindre «pour l’avenir de la compétitivité de la filière européenne» à plus long terme, menacée par la hausse «des prix attendus du carbone et la fin prévue des quotas carbone alloués gratuitement aux fabricants européens de fertilisants».
Engrais russes : les lignes rouges du Copa-Cogeca face aux droits de douane de Bruxelles
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) font part de leurs inquiétudes au sujet de la proposition de la Commission européenne visant à augmenter les droits de douane sur les importations d’engrais azotés de Russie et du Bélarus. Dans un document de position publié le 27 février, le Copa-Cogeca estime que ce sont les agriculteurs européens qui devront faire face aux conséquences économiques de cette décision. Le principal lobby agricole européen appelle donc l’exécutif européen à supprimer les droits d’importation sur les engrais en provenance de pays tiers autres que la Russie et le Bélarus, mais aussi à accorder des dérogations à la limite fixée par la directive Nitrates pour les fumiers transformés. Le Copa-Cogeca souhaite également un report d’un an de l’entrée en vigueur de la mesure, la limitation des sanctions aux seuls engrais azotés et l’augmentation des quotas d’importation basés sur les niveaux d’avant-guerre. Par ailleurs, le règlement proposé devrait être «limité dans le temps et révisé chaque année». Pour assurer une meilleure protection du secteur, des mesures de sauvegarde «fiables et automatiques lorsque les prix des engrais dépassent les niveaux de référence» sont mentionnées. Enfin, elles exhortent la Commission européenne à mener «une véritable analyse d’impact».
Négociations commerciales: seulement «10% de signatures» pour les grandes marques (Ilec)
Alors que les négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs doivent se terminer le 1er mars, «on n'a que 10% de signatures» d'accords, car «ça se passe mal», a regretté le 27 février Nicolas Facon, patron de l'Ilec (grandes marques de l'agroalimentaire). «Ce qui coince, c'est la distribution qui demande des baisses de prix de manière complètement inconsidérée par rapport à la réalité économique des entreprises. Les entreprises ont un peu d'inflation sur leur coût de production et aujourd'hui, on fait face à des distributeurs qui demandent des baisses, des baisses, des baisses, des baisses...», a-t-il lancé sur RMC. «Aujourd'hui, il y a un refus total à plus de 70%» des demandes des industriels, «même là où vous avez des hausses sur des matières premières comme le lait, comme la volaille, comme les légumes, où vous avez des hausses de prix payées aux agriculteurs», a plaidé le président de l'Ilec. Mardi 25, c'était l’Ania (industriels) qui demandait aux distributeurs de «commencer à appliquer la loi Egalim dans les négociations» et de «stopper son contournement via l'utilisation [des] centrales d'achat internationales». Sur LinkedIn, la FCD (distributeurs) avait assuré en retour que les «distributeurs respectent la sanctuarisation de la matière première agricole, comme l'exige la loi Egalim».
Marques de distributeurs: piètre qualité nutritionnelle et prix en hausse (presse)
Une enquête du magazine 60 millions de consommateurs parue le 27 février révèle que, parmi les produits alimentaires de marques de distributeurs (MDD), la majorité affichent un Nutri-score E ou D, soit les valeurs les plus faibles. En cause: les additifs, pointe le magazine de l’Institut national de la consommation (INC). L'étude s'appuie sur les données de 3000 à 6000 produits référencés par la base de données Open Food Facts chez Auchan, Carrefour, Intermarché, E. Leclerc, Lidl et Coopérative U en France métropolitaine (à l’exclusion des hard discounters et des réseaux bio). L’enquête montre également que les MDD ont connu entre 2021 et 2024 une augmentation de prix plus importante (+20%) que leurs équivalents chez les marques nationales (+15% en moyenne). Les produits vendus chez E. Leclerc sont 5,5% moins chers que la moyenne de tous les produits commercialisés toutes gammes confondues, talonnés par Carrefour (-2,7%) et Intermarché (-2%) alors que les produits vendus dans les Monoprix sont en moyenne 16,7% plus chers.
Nutrition/climat: la Snanc sera mise en consultation pour le mois de mars
La ministre Annie Genevard a annoncé la mise en consultation en mars de la Snanc (Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat), le 27 février au Salon de l’agriculture. La consultation sera adressée à quatre instances: le Conseil national de l’alimentation (CNA), la Conférence nationale de santé (CNS), le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) et le Conseil national de la transition écologique (CNTE). Interrogé par Agra Presse sur une potentielle nouvelle version en circulation (une version de travail avait fuité en novembre via le média Contexte), Benoit Granier, responsable alimentation du Réseau action climat (RAC), a répondu par la négative: «Nous n’avons pas eu de nouvelle version, nous ne savons donc pas quels arbitrages ont été faits.» Surtout, il insiste sur l’importance d’obtenir «une consultation publique» pour peser face au «lobbying privé» dans les instances concernées, visant selon lui à «limiter les ambitions». Cela avait été évoqué par les précédents ministères, mais le RAC est à ce jour «sans visibilité». Si une consultation publique a lieu, il faudrait qu’elle dure «au moins six semaines» pour être efficace, selon lui.
Mal-être : 64% de signalements en plus sur les 18 derniers mois (MSA)
Le réseau des programmes PMEA (Prévention du mal-être agricole) au sein des caisses de la MSA a traité plus de 7200 signalements sur les dix-huit derniers mois, dont 2800 au premier semestre 2024, a-t-il été indiqué lors d’une conférence de presse de l’assurance sociale agricole, le 27 février au Salon de l’agriculture. Soit une progression de 64% sur la période. Par ailleurs, le système Agri Écoute a enregistrés 2318 appels qualifiés en 2023, puis 1889 durant le premier semestre 2024, soit une augmentation de 57%. En moyenne, chaque caisse de la MSA traite 120 signalements par an. Le rôle du réseau des Sentinelles agricoles de la MSA (8000) a été important dans la détection des situations à risque (les signalements issus de leur vigilance ont bondi de 165%). 88% des signalements ont donné lieu à un accompagnement par la MSA. D’une manière générale, ceux-ci concernent principalement les non-salariés agricole (67%), les hommes (63%), les célibataires (54%). Les difficultés exprimées sont multifactorielles. Au premier rang, il s’agit de causes de santé et psychologiques (29%), mais les causes administratives, juridiques et économiques suivent de près (26%), tout comme celle liées à la vie professionnelle (25%).
Œufs: le CNPO trouve un accord sur le financement de l’ovosexage, étendu aux grossistes
Ce matin du 27 février 2025 en conseil d’administration, le CNPO (interprofession de l’œuf) a conclu un accord interprofessionnel sur le financement de l’ovosexage des poulettes, apprend-on auprès de cette source. Le nouveau dispositif est conclu pour 18 mois à compter du 1er mars. Il étend l’obligation de cotisation aux grossistes, qui approvisionnent en œufs coquille les métiers de bouche, alors que seules les GMS cotisaient dans le cadre du précédent accord interprofessionnel. La cotisation est de 0,39 centimes la centaine (contre 0,59 cents de décembre 2024 à février 2025) jusqu’au 1er septembre 2025, puis elle sera fixée à 31 cents. «Cette cotisation assure l’équilibre du fonds qui sert à financer l’ovosexage dans la filière de l’œuf coquille», commente Yves-Marie Beaudet, président du CNPO. «Elle est réduite, explique-t-il, du fait de la réduction du coût minimum de l’ovosexage et de la participation de tous les utilisateurs d’œuf coquille.» La cotisation sera obligatoire du fait de l’extension de l’accord par le ministère de l’Agriculture. Selon le Snipo (conditionneurs et transformateurs), un décret est attendu au printemps qui lancera la cotisation des grossistes.
Influenza aviaire: l'administration Trump lance un plan de lutte de 1 Md$
Dans un contexte de baisse de production d’œufs et de flambée des prix, la secrétaire d’État à l’Agriculture des États-Unis Broke Rollins a annoncé, le 26 février, l'engagement d'un milliard de dollars (Md$) pour mettre en œuvre une stratégie «solide» de lutte contre l’influenza aviaire. La recherche de vaccins contre l’influenza est soutenue à hauteur de 100 millions de dollars. La vaccination est envisagée pour les poules et les dindes, mais pas pour les poulets en raison du risque à l’export, ce que la filière du poulet salue, selon le journal agricole américain The Hagstrom Report. Selon le conseiller agricole de l’ambassade de France Charles Martins Ferreira, qui s’exprimait le jour-même sur le stand de l’Anses au Salon de l'agriculture à Paris, la flambée du prix de l’œuf – la douzaine ayant quasiment triplé depuis 2023 – est un sujet éminemment politique aux États-Unis, qui donne l’occasion au président Trump de critiquer le peu d’efforts de son prédécesseur. Aux États-Unis, le nombre d’élevages atteints a explosé ce dernier mois, avec un effet bien plus conséquent en poules pondeuses, du fait, suppose-t-il, de la taille importante des élevages de cette filière. Enfin, pour limiter la flambée du prix des œufs, l’USDA (ministère) prend des mesures d’importation, en provenance de Turquie notamment.
Étiquetage de l'origine : au bout d’un an, une trentaine de marques ont déployé Origin’Info
Le logo Origin’Info a été déployé par une trentaine de marques alimentaires françaises, a annoncé le 27 février la députée Olivia Grégoire, qui avait lancé cette initiative il y a un an, alors qu’elle était ministre déléguée à la Consommation. Ces marques, qui représentent plus d’une centaine de références, ont déployé le logo sur l’emballage, via un QR code, sur l’étiquette électronique qui est mise en place devant le produit dans les rayons, ou encore en ligne (site de la marque et/ou d’un magasin). Si les distributeurs français (à l’exception de E. Leclerc) et plus de 110 marques ont signé la charte d’engagement, tous les signataires n’ont pas encore affiché le logo sur les emballages, notamment à cause de délais de remplacement de ces emballages. Les marques Biocoop, Le Gaulois ou Naturalia ont débuté l’affichage sur les produits, et doivent être suivis dans les prochains mois par D’Aucy, Panzani, Lesieur, Bonduelle et Les 2 Vaches. Origin’Info indique la provenance des matières premières agricoles des principaux ingrédients d’un produit transformé, et peut aussi mentionner le pays où a été transformé le produit.
Bio/grandes cultures: vers une nouvelle baisse des surfaces en 2024
L’Agence bio a évoqué «des remontées inquiétantes en grandes cultures» concernant la baisse des surfaces en bio en 2024, en conférence de presse au Salon de l’agriculture le 27 février. Un signe préoccupant car, les grandes cultures, «c’est quand même le cœur du réacteur», a ajouté la directrice Laure Verdeau, se gardant toutefois d’avancer des chiffres, en l'absence de remontées de terrain finalisées. Interrogé par Agra Presse, le président de la commission bio de la FNSEA, Brice Guyau, estime que ce sera «environ 10% de surfaces en grandes cultures en moins au niveau national». Il attribue cette baisse «aux difficultés techniques», notamment à «la gestion de l’enherbement», et «à la chute des prix en 2023 et en 2024, sans compter les rendements plus faibles en 2024». Il signale aussi des déconversions en viticulture et en production laitière. Toutes filières confondues, «on se rapproche d’une baisse de 10% de surfaces, peut-être un peu moins», poursuit-il. Après 10,7% de SAU bio en 2022, puis 10,4% en 2023, «je crains qu’on passe sous les 10% de SAU en bio», souligne-t-il. De son côté, la Fnab (producteurs bio) confirme la perte de surfaces «surtout en céréales». «Je pense que ce sera au moins autant que l’année dernière», a confié son secrétaire national en charge de la Pac, Loïc Madeline. En 2023, les grandes cultures bio étaient en repli de 24 000 ha.
Maïs OGM: aux États-Unis, les résistances au maïs Bt ont coûté 1,6 Md$ (étude)
D’après une étude parue le 27 février dans la revue American Association for the Advancement of Science (AAAS), des scientifiques ont révélé que le développement de résistances au maïs transgénique Bt au sein des populations de ravageurs (dont la pyrale) ont coûté 1,6 milliard de dollars (Md$) aux producteurs états-uniens de dix états de la «Corn Belt» (bassin de production de maïs national). L’étude a été réalisée à partir de données collectées sur les douze dernières années. Pour rappel, les premiers cas de résistances au maïs Bt ont été détectés en 2009. Les auteurs pointent l’usage excessif de ces variétés, surtout dans la zone est de la «Corn Belt», alors que la pression parasitaire y était plus basse, diminuant leur efficacité. Ils dénoncent par ailleurs une certaine «méconnaissance» des agriculteurs quant au rapport coûts-bénéfices de la culture, ainsi que des «pressions» de la part des compagnies semencières. «Si les innovations actuelles et futures sont gérées comme l’ont été les maïs Bt (…), nous risquons d’entrer dans un cycle d’obsolescence rapide des technologies transgéniques…», alertent les experts.
Projet d’autoroute A69: la justice met un coup d'arrêt, l’État va faire appel
Le tribunal administratif de Toulouse a mis un coup d'arrêt le 27 février à l'imposant chantier de l'A69 en annulant l'arrêté préfectoral qui l'autorisait, une première pour une infrastructure routière de cette envergure en France. L'État va faire appel de la suspension des travaux, qu'engendre automatiquement la décision de justice, a annoncé le ministère des Transports. La situation est «ubuesque: un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain», a commenté le ministre des Transports Philippe Tabarot dans un autre communiqué. Cette route a été «déclarée d'utilité publique en 2018 et bénéficie d'un large soutien local de la part des élus, des habitants et des acteurs économiques», a affirmé le ministère. «Cela soulève de nombreuses interrogations sur le bon déroulement des grands projets d'infrastructure en France», d’après Philippe Tabarot. «Les procédures sont telles qu'aujourd'hui, un projet ayant obtenu toutes les autorisations nécessaires et même démarré les travaux, peut se retrouver remis en question à tout moment. Ce n'est pas acceptable», a-t-il poursuivi. Le gouvernement proposera «des mesures de simplification pour éviter que de telles situations ne se reproduisent». Atosca, constructeur de l'A69, affirmait avoir déjà «concrétisé plus de 300 M€, soit 65% du budget total du chantier».
Foncier/investissement : Entrepreneurs du vivant finalise trois premières opérations
Lancé officiellement le 27 février, le dispositif Entrepreneurs du vivant a déjà mené trois opérations. Il s’agit d’«accélérer la transition du secteur agricole», selon le communiqué du gouvernement, qui met 395 M€ sur la table, grâce à France 2030. Un des volets consiste à «soutenir l’innovation et la transition agroécologique». Via des sociétés d’investissement, le dispositif cible des entreprises apportant «de la valeur ajoutée dans les fermes» et des infrastructures permettant de «structurer les filières». Une première opération, annoncée le 27 février, est la souscription de 6 M€ par la Banque des territoires dans le fonds Bio filières durables, géré par Esfin Gestion (Crédit coopératif), qui permet une levée de fonds de quelque 40 M€. Ce fonds soutiendra des coopératives et des entreprises de l’amont et de l’aval. L’autre volet d’Entrepreneurs du vivant consiste à «faciliter la mise à disposition de foncier auprès des nouveaux exploitants». Deux opérations ont été réalisées. Elan, le fonds de portage FNSafer doté de 40 M€, est la plus emblématique. Mais aussi Fermes en vie (Feve), une foncière solidaire qui a déjà financé plus de 2000 ha en agroécologie. La Banque des territoires s’invite au capital à hauteur de 4 M€, répartis à parité pour le compte de l’État et pour son compte propre.
Fruits et légumes : 69% des émissions de GES liées à la production (CTIFL/Interfel)
D’après une grande étude transversale d’Interfel pilotée par le CTIFL, résumée le 26 février au Salon de l’agriculture, sur les 5,3 Mt de CO2eq de la filière fruits et légumes frais, 69% sont liés à la production en France et à l'import, incluant le transport jusqu’à la première mise en marché (entrepôts et stations de conditionnement), 7% au stockage et à la conservation (conservation post-récole, mûrisserie et stockage en entrepôts logistiques), 13% aux emballages et au conditionnement et 11% au transport (de la première mise en marché jusqu’à l’étal ou au restaurant). Interfel rappelle le paradoxe de la filière: une «faible contribution» aux émissions de GES, mais une «grande vulnérabilité» aux conséquences du changement climatique, 3% des émissions du secteur agricole français étant imputables à la production de fruits et légumes en sortie de champ. Côté leviers, l’étude s’intéresse par exemple à la décarbonation des serres via l’ajout d’un second écran thermique («100 000 € de coût en moyenne pour équiper 1 ha de serre»), à la décarbonation des engins agricoles («170 M€ d’investissement nécessaire pour équiper l’ensemble des vergers de pommiers en plateformes électriques»), ou encore à l’optimisation de l’usage des engrais.
Châtaigne: sept projets financés par le plan national de 5 M€
Alors qu'un plan de soutien de 5 M€ pour la filière des châtaignes a été obtenu sur le budget 2024 du ministère de l’Agriculture, le SNPC (producteurs) a fait un point d’étape sur l'utilisation de ces fonds, le 26 février au Salon de l’agriculture. 80% des crédits ciblent la recherche de solutions aux problèmes sanitaires et l’adaptation au changement climatique, 20% visent la structuration et l’animation de la filière. Les crédits sont engagés sur sept projets: Croc (réduction des pourritures de la châtaigne au verger et après la récolte), Prosper (prophylaxie et solutions pour la santé des châtaigniers), Resiliânce (résilience des châtaigneraies fruitières et innovation en techniques culturales face aux changements globaux), MatCha (matériel végétal adapté aux défis sanitaires et climatiques), ChatOFor (châtaigneraies optimisées contre les chenilles foreuses), ainsi que les projets «Action d’animation et plan de soutien à la filière châtaigne» et «Structuration de la filière châtaigne».
Endives : une campagne délicate avec des volumes en augmentation
La filière française des endives traverse une passe délicate en termes de commercialisation, comme le souligne une note du ministère de l’Agriculture (Agreste) parue le 21 février. Début 2025, les cours se sont réorientent légèrement à la hausse après un recul fin 2024, mais les volumes mis en marché s'élargissant, le marché devient morose sur la fin janvier, souligne le document. «Après deux campagnes où les volumes ont été faibles entrainant des cours fermes, les rentrées de racines ont été plus importantes à l’automne. Des rendements en progression à deux chiffres ont été enregistrés», confirme Pierre Varlet, directeur de l’Apef (producteurs d’endives) à Agra Presse. Selon les prévisions arrêtées au 1er février, la production française d’endives atteindrait 140 100 tonnes pour la campagne 2024-2025 (+32 800 t sur un an). La période de février entraine par ailleurs une baisse de la consommation (vacances) et «le marché va être plus bataillé avec l’arrivée des premiers légumes de printemps», analyse-t-il. La filière peut difficilement se tourner vers l’exportation: Belges et Hollandais ont retrouvé leur potentiel cette année sur les marchés italien et allemand. «La bonne maitrise de cette période sera la responsabilité de tous», souligne Pierre Varlet.
Pommes et poires : les lauréats des trophées « Partenaires engagés » dévoilés
L’Association nationale pommes poires (ANPP) a remis, le 26 février au Salon de l’agriculture, ses troisièmes trophées «Partenaires engagés pour la filière pommes et poires française», consacrés à la grande distribution, aux grossistes et à la restauration hors domicile (RHD). Objectif: récompenser ceux qui «contribuent activement à la valorisation et au développement durable de la filière française». En catégorie distribution, Auchan Retail est lauréat pour la pomme et la Coopérative U pour la poire (cette année, la poire en frais en grande distribution fait l’objet d’un prix). Côté grossistes (pommes), le prix va à Cofruly (basé à Lyon Corbas), tandis qu’en RHD (pommes) le prix revient à Api Restauration. Pour l’emporter, les lauréats ont été évalués sur plusieurs critères, via les votes des adhérents de l’ANPP, incluant la prise en compte de la rémunération des producteurs, l’engagement pour l’origine France ou encore la mise en avant du label Vergers écoresponsables. Ces trophées interviennent «dans un contexte où la guerre des prix fait à nouveau rage entre certaines enseignes», rappelle l’ANPP dans un communiqué, «pour mettre en avant celles qui ne se prêtent pas pour l’heure à ce jeu mortifère».
Truffe : une campagne 2023/2024 satisfaisante, peu de concurrence espagnole
La campagne de commercialisation 2023/2024 de la truffe française présente une offre satisfaisante, avec toutefois des volumes inégaux selon les régions de production, indique une note de FranceAgriMer. Les volumes sont en forte progression au marché de Richerenches (Vaucluse) avec plus de 5000 kg, contre moins de 2000 kg l’an passé; ils augmentent aussi, mais dans une proportion beaucoup plus faible, à Carpentras (environ 500 kg). Par rapport aux dernières années, le commerce français a bénéficié d’une faible concurrence de l'Espagne, pénalisée par le manque d'eau. Ainsi, selon le Réseau des nouvelles des marchés (RNM), les truffes espagnoles affichent des prix particulièrement proches de ceux du marché français. Coté balance commerciale, les importations françaises de truffes (fraîches ou réfrigérées, toutes variétés confondues) ont représenté 126 t pour 15 M€; la grande majorité est en provenance de Bulgarie et d’Espagne. Autre fournisseur: l’Iran pèse 21% du marché français en volume. Les exportations françaises ont représenté, elles, 40 t pour 10 M€, avec comme principale destination le marché asiatique (Japon et Chine) pour 46%, suivi par les États-Unis. Produit de niche s’il en est, la truffe ne dépasse pas une production annuelle de 100 t récoltée par environ 20 000 trufficulteurs (55 à 60% n’ayant pas le statut d’agriculteur).
Organisations professionnelles: des agriculteurs créent une «association de consommateurs»
Après avoir lancé en 2019 un «numéro vert» par lequel des agriculteurs du Bassin parisien répondent aux questions de consommateurs, le collectif Ici la Terre annonce, dans un communiqué le 26 février, le lancement d'une «association de consommateurs» composée uniquement d'agriculteurs (actifs et retraités) – une première d'après eux. «Les agriculteurs sont des consommateurs qui souhaitent sensibiliser les autres consommateurs sur l’importance de réarmer notre agriculture pour développer notre souveraineté dans tous ces secteurs de consommation», explique le collectif. Lancée en décembre 2024, l'association compterait déjà «une centaine» d'agriculteurs, issus du collectif. La notion d'association de consommateurs n'est pas encadrée, mais il existe seulement 15 associations nationales de consommateurs dites agréées. Seule une association nationale agréée peut se constituer partie civile lorsque des faits causent un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif des consommateurs, rappelle le site Service public. Parmi les conditions pour obtenir l'agrément: réunir au moins 10 000 membres cotisant pour une association nationale ou un nombre jugé représentatif pour une association locale, départementale ou régionale.
Agenda de la semaine agricole du 3 mars 2025
Mercredi 5 mars
Conférence de presse FNAIM (immobilier) sur des actions en justice contre les Safer
Jeudi 6 mars
Congrès de la FNEDT (entreprises de travaux agricoles), à Arles, jusqu'au 7
L'Assemblée examine la PPL Vignes en friche
L'Assemblée examine la PPL Frelon asiatique