Agrafil du 3 septembre 2025

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UE/Mercosur : l’accord sera bien présenté le 3 septembre malgré l’opposition du secteur agricole

Comme pressenti, l’adoption du partenariat entre l’UE et le Mercosur sera bel et bien à l’ordre du jour de la réunion du Collège des commissaires européens prévue le 3 septembre. Suivant le même schéma que l’accord entre l’UE et le Chili signé en 2023, la Commission européenne devrait soumettre à l’approbation des commissaires, un accord de partenariat ainsi qu’un accord intérimaire sur le commerce. Cette adoption devrait ainsi déclencher la prochaine phase du processus de ratification qui impliquera le Conseil de l’UE mais également le Parlement européen. Une perspective qui n’est pas du goût des représentants professionnels du secteur agricole. Dans un communiqué du 2 septembre, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qualifient ce processus de « passage en force politique » qui envoie un nouveau « signal négatif » après les propositions de coupes dans le budget de la Pac et l'octroi des concessions dans le cadre de l’accord UE/États-Unis. De son côté, la coordination européenne Via Campesina (dont la Confédération paysanne est membre) organise le 4 septembre à Bruxelles, une manifestation pour s’opposer à la ratification de l’accord de libre-échange.

Nutrition/climat : une RIM avant une possible publication de la Snanc cette semaine

Le ministère de la Transition écologique a confirmé à Agra Presse la tenue d’une réunion interministérielle (RIM) sur le projet de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) le 3 septembre, avec une possible publication en fin de semaine. Début août, les résultats de la consultation publique sur la Snanc ont mis en évidence de fortes attentes en matière de transformation du système alimentaire. Les participants appellent notamment à la définition d’une trajectoire globale et chiffrée de réduction de la part des produits animaux d’ici 2030. Concrètement, plus de la moitié des 3 621 contributions exploitables (67 %) souhaitent revoir les objectifs environnementaux de la Snanc, notamment en matière de consommation de produits d’origine animale (52 %). De manière générale, l’agriculture biologique apparaît prioritaire pour rendre la Snanc « efficace » : 50 % des participants souhaitent mettre ce mode de production au cœur de la stratégie. Parallèlement, plus de la moitié des contributeurs insistent sur la nécessité de répondre aux impératifs de santé publique en matière d’alimentation (53 %). Ils réclament des mesures ciblant certaines catégories d’aliments jugés nocifs pour la santé (trop gras, trop sucrés, trop salés, ultra-transformés), en interdisant notamment leur publicité ou en limitant plus généralement leur accès. D’un point de vue économique, les participants appellent à un contrôle accru des acteurs de l’agroalimentaire, notamment en matière de mise en place des prix. 

Climat : l’été 2025, troisième plus chaud jamais enregistré en France

Au sortir d’un été caniculaire – le troisième plus chaud depuis le début des mesures en 1900 – la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher a appelé à sortir de « la cécité collective », en conférence de presse sur le bilan météorologique estival (juin-août). Une prise de parole qui intervient alors qu’un récent sondage montre que le degré de priorité accordé à la lutte contre le dérèglement climatique est « au plus bas » en France, selon la ministre. « Pourtant, nous savons tous que l’été que nous venons de vivre constitue à bien des égards un point de bascule », a-t-elle souligné. Avec une température moyenne de 22,2°C, soit une anomalie de +1,9°C par rapport aux normales, l’été 2025 s’inscrit parmi les plus chauds jamais enregistrés. « Le mois de juin a été particulièrement chaud, affichant 3,3°C au-dessus des normales », souligne Virginie Schwarz, p-d.g. de Météo France. Deux vagues de chaleur ont marqué l’été : une première en juin, remarquable par sa précocité et sa durée, et une seconde en août, particulièrement intense dans la moitié sud du pays. L’été 2025 a enregistré 27 jours de vagues de chaleur, un record seulement battu par 2022 qui en avait connu 33. La période a également été peu pluvieuse, marquée par un déficit de précipitation de l’ordre de 15 % en moyenne nationale. Résultat : les sols sont restés plus secs que la normale tout au long de l’été, note Météo-France. 

Alimentation : la consommation française à domicile se stabilise, après -12 Md€ en quatre ans

D'après le décompte mensuel de l'Insee, la consommation des ménages en biens alimentaires, c'est-à-dire la consommation à domicile, s'est stabilisée sur les sept premiers mois de 2025, avec une légère hausse de 0,3 %. Cette accalmie intervient après un recul de 12 milliards d'euros (Md€) entre 2020 et 2024, à 183,7 Md€, soit un niveau comparable à ce qu'elle était entre 2012 et 2013. Ce retournement inédit intervenait après une hausse continue de la consommation à domicile depuis au moins les années 80, et un retournement en 2021, année durant laquelle elle avait atteint 196 Md€, dans la foulée du confinement sanitaire lié à la Covid-19, et juste avant le déclenchement de la guerre en Ukraine et de l'inflation des matières énergétiques. Dans une note de conjoncture parue en mai, la FCD (distributeurs) rappelle que la consommation à domicile ne saurait résumer la consommation des Français, qui mangent de plus en plus souvent hors domicile (35 % en volume des dépenses des Français pour leur alimentation, en progression de sept points entre 1990 et 2024).

Bio : le CGAAER recommande compétitivité et soutien marqué de l’Etat (rapport)

Dans un rapport sur la crise de l’agriculture biologique (AB) daté de juin, dévoilé par Contexte le 2 septembre, le CGAAER estime qu’il faut « un nouveau plan d’action » dont la « cible » à long terme doit être la hausse de la compétitivité et non la hausse de la surface agricole utile (SAU) bio. Pour cela, les inspecteurs du CGAAER recommandent de structurer l’AB « sur le modèle des organismes de défense et de gestion (ODG) des autres signes de qualité et d’origine (Siqo) » et « bien articulée avec les interprofessions ». Ils appellent l’Etat à « clarifier » que le développement de la bio sert les « objectifs stratégiques » de baisse d’usage de pesticides et engrais de synthèse. En ce sens, ils recommandent d’utiliser les aides de la Pac (écorégimes, Maec) pour « créer des écarts assez importants, proportionnels et permanents de financements » qui soient « incitatifs en faveur des pratiques durables, dont l’AB ». Pour les inspecteurs, l’Etat doit conserver la possibilité d’actions conjoncturelles en complément du système assurantiel, « mais sous conditions agroécologiques ». Enfin, le CGAAER estime que les intermédiaires de l’aval (fournisseurs d’intrants, collecte, transformation, commercialisation) « doivent être responsabilisés » dans l’atteinte des objectifs, « avec un pilotage et une réglementation contraignante ». 

Acétamipride : la FNSEA veut un PJL pour ce « symbole » des distorsions de concurrence

Alors que le Conseil constitutionnel a censuré début août la réintroduction de l’acétamipride, Arnaud Rousseau a demandé, le 2 septembre, un projet de loi (PJL) pour autoriser par dérogation l’utilisation de cet insecticide néonicotinoïde. S’adressant au gouvernement qui succèdera à celui de François Bayrou en cas de résultat négatif au vote de confiance du 8 septembre, le patron de la FNSEA a demandé un texte « avec un article unique » précisant les conditions de cette dérogation. « Il y a une voie de passage, le Conseil constitutionnel n’a pas fermé la porte », estime-t-il, rappelant que les Sages de la rue Montpensier ont jugé que la dérogation prévue dans la loi Entraves était « insuffisamment encadrée ». Pour le président de la FNSEA, l’accès à l’acétamipride est surtout « un symbole » des distorsions de concurrence : « Le combat n'est pas terminé, nous n’accepterons jamais que des produits puissent être utilisés ailleurs en Europe et interdits en France ». Sur le plan de la santé publique, M. Rousseau assure avoir « entendu le questionnement légitime d’un certain nombre de Français qui se demandent si ce qu’ils mettent dans leurs assiettes les empoisonne ». À l’instar du ministre de la Santé, il souhaite que « l’Efsa se reprononce » sur l’homologation de l’acétamipride dans l’UE « au titre des nouvelles données scientifiques ».

Victimes des pesticides: le FIVP monte en charge en 2024, pas assez pour Phyto-Victimes

L’association Phyto-Victimes a regretté le 2 septembre que le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), dont le rapport annuel fait état d’une hausse des demandes d’indemnisation, n’ait pas plus de visibilité auprès du grand public. En 2024, 978 demandes ont été reçues par le fonds, géré par la sécurité sociale agricole (MSA), contre 681 l’année précédente, selon ce rapport, paru vendredi. Ces demandes émanent principalement de victimes exposées professionnellement; 20 concernent des enfants exposés durant la période prénatale. En 2021, première année pleine de fonctionnement du fonds, les demandes avaient dépassé les 300 avant de doubler en 2022 et de se stabiliser en 2023 à près de 700. Le nombre de demandes instruites a progressé en 2024, à 860 dont 752 accords et 108 refus. Le délai moyen d’instruction des dossiers a légèrement baissé (à 131 jours). Le montant total des indemnisations versées est passé de 13,2 millions d’euros en 2023 à 18,7 millions en 2024, soit un montant légèrement supérieur aux recettes de la taxe sur les ventes de produits phytopharmaceutiques, qui financent une partie du fonds. «Des progrès sont encore à poursuivre, notamment pour mieux informer les demandeurs potentiels», reconnaît en préambule du rapport Laurent Habert, président du conseil de gestion du fonds.

Syndicats : la FNSEA annonce une mobilisation à l’automne, aux contours encore indéfinis

« Je peux déjà vous dire qu’on se mobilisera cet automne », a annoncé le président de la FNSEA Arnaud Rousseau en conférence de presse le 2 septembre. Le responsable syndical a en revanche exclu de rejoindre le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, car « on ne veut pas de politisation de nos revendications ». Le syndicat majoritaire envisage plutôt des actions « à la fin de l’automne », une fois les travaux agricoles achevés (semis des cultures d’hiver, retour des animaux en bâtiment). « On sent bien que tout le monde a des fourmis dans les jambes », relève M. Rousseau. Toutefois, le mode opératoire, le calendrier, ainsi que les revendications elles-mêmes, ne sont pas encore définies à ce stade. Le président de la FNSEA promet que la mobilisation portera sur « des sujets extrêmement concrets ». « Comment on fait sur l’eau, les phytos, le sujet administratif ? » Autre crainte : d’éventuels retards de paiement des aides Pac : « Le nouveau système envoie des codes couleur aux agriculteurs : nous avons des craintes que les gens qui sont en orange ou en rouge ne soient pas payés dans les temps à la mi-octobre. » Le mot d’ordre pourrait enfin englober les réponses aux difficultés du secteur viticole, l’application de la loi Entraves (si elle s’avérait retardée) ou encore le budget 2026.

Syndicats : la FNSEA appelle Macron à livrer sa « vision » et prépare déjà la présidentielle

En conférence de presse le 2 septembre, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a interpelé le président de la République en lui demandant de présenter « sa vision pour l’agriculture ». Et de rappeler qu’Emmanuel Macron a promis aux professionels un « discours sur les souverainetés » en mai 2024. « On a besoin que le président de la République donne la ligne », car « le dernier grand discours est celui de Rungis en 2017 », a exposé le responsable syndical. « Or, ce discours centré sur la montée en gamme a vécu depuis longtemps. » Dans le détail, le patron de la FNSEA attend de M. Macron qu’il « réaffirme le besoin de produire » et qu’il explicite « la place de l’alimentation dans le réarmement de la France ». Autre question posée au chef de l’État : quelle est « la protection qu’il entend apporter à l’agriculture française » face à la concurrence étrangère ? M. Macron est particulièrement attendu sur l’accord UE/Mercosur, qui doit être soumis au Collège des commissaires ce mercredi. « C’est de sa responsabilité », a estimé M. Rousseau. Interrogé, l'Elysée n'a pas répondu à nos sollicitations. De son côté, la FNSEA travaille actuellement sur sa propre « vision pour l’agriculture », qu'elle présentera aux candidats potentiels à l’élection présidentielle à son congrès 2026, avec un an d’avance sur le calendrier habituel.

Pac: plus de 22,6 millions d’euros de fraudes confirmées en Grèce

Le ministère grec de la Protection du citoyen a indiqué, le 2 septembre, avoir déjà découvert que la vaste fraude aux subventions agricoles européennes en Grèce avait atteint « 22 667 522 d’euros » de montants indûment octroyés. À la suite de dénonciations - trois mois après la perquisition du Parquet européen dans les locaux à Athènes de l’agence grecque des subventions OPEKEPE -, 6 354 cas de demandes d’aide ont été examinés par les autorités grecques dont 1 036 se sont révélées illégales. Ceux qui ont perçu illégalement des aides européennes sont soupçonnés surtout de « fausses déclarations de propriété de parcelles agricoles » ou de « fausses déclarations de propriété de cheptel », indique le ministère grec. Des fraudes qui ont débuté en 2019 et perduré jusqu’en 2024. Ce scandale a conduit à la démission, fin juin, du ministre grec des Migrations, Mavroudis Voridis, ancien ministre de l’Agriculture (2019-2021), ainsi qu’à la dissolution de l’OPEKEPE.

Tomate : des chercheurs de l’USDA trouvent une variété ancienne résistante au ToBRFV

Des chercheurs de l'USDA (ministère de l'agriculture étasunien) et leurs partenaires universitaires (universités d'État de l'Iowa, et de Californie à Berkeley et Davis) ont découvert une lignée de tomates développée il y a 30 ans présentant une bonne résistance au virus ToBRFV, indique l'administration américaine le 28 août. Cette lignée de tomate (tomatoNN) développée dans les années 1990, présenterait une résistance au virus, car elle exprime le gène N (issu d’un parent sauvage du tabac) qui confère une résistance au virus de la mosaïque du tabac. « Pour minimiser l'impact du ToBRFV, il est crucial d'identifier de nouvelles sources de résistance génétique permettant de créer des cultivars de tomates résistants », explique Kai Ling, phytopathologiste chercheur à l'ARS dans une récente étude publiée dans le Plant Biotechnology Journal. Les chercheurs ont découvert que la lignée tomatoNN est résistante au ToBRFV à 22 °C, mais que cette résistance diminue à des températures plus élevées, comme 30 °C. « La température est un signal environnemental important qui influence grandement les interactions hôte-pathogène», explique Kai Ling. Détecté en France pour la première fois en 2020, le virus avait donné lieu à onze foyers en 2023. 

Fruits : la technique CRISPR-Cas9 utilisée pour améliorer la framboise, une première

Une équipe de l'Université de Cranfield (Angleterre) a, pour la première fois, validé l'édition de l'ADN de la framboise grâce à la technique CRISPR-Cas9, apprend-on dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Genome Editing, le 28 aout. L'opération ne portait pour l'heure que sur des cellules individuelles de framboise (protoplastes). Cette approche permet d'introduire des modifications du génome sans ajout de matériel génétique étranger, accélérant ainsi l'amélioration variétale et respectant la législation anglaise actuelle qui n'autorise que les modifications non transgéniques, est-il expliqué. Selon les chercheurs, cette technique pourrait réduire le délai d'obtention de nouvelles variétés prêtes pour les essais en plein champ de plus de dix ans : douze mois seraient seulement nécessaires. Par ailleurs, la modification du gène NPR1 pourrait ouvrir la voie à des variétés plus durables et plus résistantes. « Les techniques de sélection de précision sont essentielles pour réduire le gaspillage, améliorer la durabilité et la nutrition, et diminuer les coûts alimentaires », explique Ryan Creeth, doctorant et auteur principal de l'étude. Le prochain défi pour l'équipe scientifique consiste à régénérer des plantes entières à partir des protoplastes génétiquement modifiés.

Faux champagne : quatre ans de prison pour un vigneron jugé à Reims

Un vigneron a été condamné à quatre ans de prison dont 18 mois ferme, le 2 septembre par le tribunal correctionnel de Reims, pour avoir fabriqué dans l'Aisne du faux champagne à partir de vins d'Espagne et d'Ardèche, d'arômes et de gaz carbonique. Didier Chopin, 56 ans, jugé coupable d'escroquerie, usurpation d'appellation d'origine et abus de biens sociaux a également été condamné à verser plusieurs millions d'euros de dommages et intérêts. Son épouse, jugée à ses côtés, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal, qui est resté proche des réquisitions du parquet, a également décidé pour le couple d'une interdiction définitive de gérer une société, et une interdiction d'exercer une profession en rapport avec le champagne pendant 5 ans. Une amende de 100 000 euros chacun et de 300 000 euros pour la SAS Chopin a également été décidée. Plusieurs millions d'euros de dommages et intérêts ont été accordés aux parties civiles et victimes, parmi lesquelles se trouvaient le Comité Champagne et plusieurs acheteurs dont la Scapest, centrale d'achat de Leclerc. La fraude, qui s'est déroulée entre 2022 et 2023, aurait porté sur des centaines de milliers de bouteilles, pour un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros. 

Négoce : Olam vend ses actifs dans l’agribusiness à un fonds saoudien, feu vert bruxellois

Dans un communiqué paru le 2 septembre, la Commission européenne vient d'approuver, au titre du droit de la concurrence, l'acquisition par la Saudi Agricultural and Livestock Investment Company (Salic, organisme étatique) de la société Olam Agri, gérant ses activités liées à l’agribusiness du négociant international Olam group (basé à Singapour), incluant les céréales et les oléagineux. Ce projet de rachat est en discussion depuis plusieurs mois. Le groupe singapourien révélait par exemple à Reuters avoir reçu une première offre de Salic le 1er novembre 2024 pour le rachat intégral de sa filiale Olam Agri. Depuis le 23 décembre 2022, Salic détient 35,43 % d’Olam Agri. Les 64,57 % appartiennent toujours à Olam Group. La transaction s’était montée à 1,24 milliard de dollars. Le dirigeant de Salic, Sulaiman AlRumaih, expliquait à l’époque dans un communiqué que l’opération s’intégrait dans « la stratégie nationale de sécurité alimentaire et aux aspirations de la vision 2030 du Royaume d’Arabie saoudite ». L'opération intervient après le rachat du négociant en grains Agribrasil par un fonds souverain omanais, annoncé fin juillet.

Blé dur : Arvalis et FranceAgriMer confirment une bonne qualité pour 2025 (étude)

FranceAgriMer et Arvalis ont publié, le 27 août, le résultat de leur enquête sur la qualité des blés durs, récolte 2025, qui confirment les bons échos de la plaine tout au long de la moisson. Plusieurs critères ont été auscultés à commencer par le poids spécifique (PS), très bon cette année. 57 % des lots analysés affichent un PS dépassant les 79 kg/ha (contre 17 % pour la moyenne quinquennale). Seules 3 % des analyses sont inférieures à 76 kg/hl. Autres faits marquants de l’année : des teneurs en eau basses (86 % des lots sont sous le seuil de 12 %) et des temps de chute de Hagberg tous supérieurs à 300 s, contre 43 % seulement des lots pour la moyenne 2020-2024. Les taux de protéines sont quant à eux en léger retrait : seuls 46 % des échantillons dépassent un taux de 14 %, contre 69 % pour la moyenne quinquennale. 36 % se situent dans la fourchette 13-14 % et 8 % sont inférieurs à 13 %. L’étude révèle également que près de la moitié des lots affichent moins de 1 % de grains mouchetés :  seuls 14 % dépassent les 3 %. Pas de souci non plus pour le critère vitrosité : 68 % des échantillons révèlent des valeurs supérieures à 90 %. Pour rappel, les lots analysés sont prélevés à l’entrée des silos de collecte et donc, avant le travail des organismes stockeurs. 

Insectes : lancement d'une filière de crevettes nourries aux insectes pour le marché européen

Innovafeed, BioMar et Auchan ont annoncé un accord stratégique pour l’aquaculture durable (Lire l’article complet sur Agra Innovation) à l’occasion du quatrième Global Shrimp Forum qui se tient début actuellement à Utrecht, aux Pays-Bas. Ce partenariat tripartite sur l’ensemble de la chaîne de valeur, où Innovafeed produira la farine d’insectes, BioMar fournira les aliments pour l’aquaculture en Équateur et Auchan distribuera le produit fini, permettra « de proposer pour la première fois aux consommateurs européens des crevettes nourries aux insectes », souligne leur communiqué commun du 2 septembre 2025. Les capacités de production d’Innovafeed sur son site de Nesle, la plus grande ferme verticale d’insectes au monde, ont été pensées pour un tel passage à l’échelle. En parallèle, la société explore activement « des opportunités d’expansion en Europe et à l’international pour soutenir la croissance future et la demande croissante », explique un porte-parole. Ces 1ères crevettes nourries aux insectes devraient faire leur entrée chez Auchan courant 2026. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Fromage : recul des volumes de salers lié à la sécheresse, fuites d'éleveur vers le cantal

La production de fromage Salers est attendue à 900 tonnes en 2025, contre 1100 tonnes l’année passée, selon les estimations de Laurent Lours, président du Comité interprofessionnel des fromages qui chapeaute les AOP Cantal et Salers. Selon lui, 31 éleveurs ont du suspendre provisoirement leur production à la ferme cette année sur les 69 producteurs de Salers. L’AOP Salers prévoit une production à partir de lait cru qui doit se faire exclusivement à la ferme. Ce recul prévu de la production est lié au manque de pâturage à cause de la sécheresse au cours de la période de production du Salers qui s’étend du 15 avril au 15 novembre. Or le cahier des charges de l’AOP Salers prévoit une ration composée à au moins 75% d’herbe. Les éleveurs ne pouvant produire du Salers se tournent vers le Cantal dont le cahier des charges est moins exigeant. « Produire du Cantal à la place du Salers représente un manque à gagner (différentiel de prix de vente du lait, ndlr) de 2,50 €/kg », déplore Laurent Lours. Pour s’adapter au manque d’herbe, une demande de modification du cahier des charges du Salers a été faire auprès de l’INAO afin que les vaches puissent être nourries à seulement 50% d’herbe pendant un mois par an. Une commission d’enquête de l’INAO a déjà effectué une première visite de terrain, et une nouvelle visite doit avoir lieu en octobre, selon Laurent Lours.

Ultra-transformé : aux Etats-Unis, rejet d’une plainte contre l’agroalimentaire

Aux États-Unis, plusieurs grandes entreprises agroalimentaires, dont Kraft, Mondelez et Coca-Cola, ont obtenu, le 25 août, le rejet d’une plainte leur reprochant d’avoir conçu des aliments « ultra-transformés » addictifs chez les enfants, rapporte l’agence de presse Reuters. La juge fédérale Mia Perez, siégeant à Philadelphie, a accordé la requête en irrecevabilité déposée par ces entreprises agroalimentaires après avoir conclu que le plaignant, Bryce Martinez, 19 ans, n’avait pas établi de lien entre des produits alimentaires précis et ses maladies chroniques : un diabète de type 2 et une stéatose hépatique non alcoolique ou « maladie du foie gras ». Présentée comme un cas test, la plainte accuse les industriels d’adopter des méthodes rappelant celles de l’industrie du tabac, en rendant sciemment les consommateurs, notamment les jeunes, dépendants des produits alimentaires ultra-transformés. Les représentants de Kraft Heinz, Mondelez et Coca-Cola n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de l’agence Reuters. Depuis le second mandat de Donald Trump, les aliments ultra-transformés font l’objet d’une attention accrue. En mai, le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a ainsi annoncé que l’examen des aliments ultra-transformés, des additifs alimentaires et du sucre serait la priorité des National Institutes of Health et de la Food and Drug Administration. 

Foncier : dans la Marne, forte revalorisation des indemnités d’éviction

Un nouveau protocole d’indemnisation des exploitants agricoles évincés a été signé, le 1er septembre à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne, par les représentants des Finances publiques, de la chambre départementale d’agriculture, de la FDSEA 51 et des Jeunes agriculteurs de la Marne. Objectif : « simplifier et améliorer le processus de règlement amiable des indemnisations pour les exploitants agricoles évincés dans le cadre d’expropriations », selon un communiqué commun. De fait, le barème est fortement revalorisé, après un défaut d’actualisation pendant des années. La marge brute, qui sert de calcul à l’indemnité d’éviction, passe de 913 €/ha à 1 466,50 €/ha. Elle n’avait pas été actualisée depuis 2016. Son montant reposait jusque-là sur les comptes forfaitaires de l’administration fiscale, qui ont été supprimés. Désormais, les chiffres des centres de gestion de la Marne servent de référence. L’indemnité d’éviction comprend la perte de revenu subie par l’exploitant pendant la durée nécessaire au rétablissement de sa situation économique. Dans la Marne, c’est en moyenne cinq années de marge brute, d’après le protocole. D’autres départements actualisent le leur. La Vienne a ainsi fixé ses indemnités d’éviction 2025 selon une marge brute de 662 €/ha (contre 558 €/ha en 2018).

Inrae : Anne Varet nommée directrice scientifique environnement

Anne Varet a été nommée directrice scientifique environnement et forêt de l’Inrae pour un mandat de quatre ans, selon un communiqué de presse du 1er septembre. Elle succède à Thierry Caquet, devenu vice-président international de l’institut début janvier. Ingénieure agronome de formation, Anne Varet a exercé pendant près de 15 ans à l’Ademe, où elle a eu des fonctions de direction scientifique, recherche et prospective.