Budget 2026: Bercy veut des mesures rétroactives au 1er janvier pour l'agriculture
Malgré l’absence de budget de l’Etat au 1er janvier, le gouvernement veut appliquer certaines mesures fiscales dès le début de l’année de manière rétroactive, a indiqué le 30 décembre le ministère de l’Economie, citant certaines dispositions en faveur du secteur agricole. Elles devront toutefois être validées au Parlement après la reprise des débats budgétaires en janvier, la loi spéciale pour assurer la continuité de l’Etat ne permettant pas d’intégrer de nouvelles dispositions. Il s’agit notamment d’avantages fiscaux pour les agriculteurs, adoptés par les parlementaires au cours des débats budgétaires en novembre: une «exonération d’impôt sur le revenu des indemnités d’abattage sanitaire d’animaux affectés à la reproduction» à certaines conditions, une «extension de l’exonération partielle» d’impôts ou de prélèvements sur des indemnités versées aux éleveurs ou cultivateurs pour aider à la reprise d’activité dans le cadre des crises sanitaires. Le gouvernement veut aussi soutenir l’agriculture biologique en prorogeant le crédit d’impôt pour ce secteur – une mesure dont le coût avait été évalué à quelque 200 millions pour 2026 par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Aides publiques : bientôt un site internet pour aider les agriculteurs à s'y retrouver
Le ministère de l'Agriculture a mis en ligne depuis juin, dans une version de test, un site internet dédié à la «centralisation des aides publiques à destination des agriculteurs», annonce Béatrice Neyrac de Miguel, cheffe de projet numérique au ministère, dans un message posté le 29 décembre sur Linkedin. Intitulée Aides Agri, cette plateforme «oriente (les agriculteurs) vers les dispositifs les plus pertinents», qu'il s'agisse d'aide financière, de formation, d'accompagnement, etc. La démarche s'inscrit dans le cadre de la politique de «simplification numérique». Dans son message, la cheffe de projet appelle les usagers et parties prenantes à remplir un questionnaire de satisfaction, pour améliorer le service en vue de son lancement. «Vous êtes conseiller en chambre d'agriculture, en coopérative, en cabinet d'expertise comptable ou encore en banque ? Agent dans les services de l'État en lien avec des agriculteurs ou agricultrices ? Vous ne vous reconnaissez pas dans cette liste mais vous êtes en lien avec des agriculteurs au quotidien pour les aider ? Votre avis nous intéresse (beaucoup)!», indique Béatrice Neyrac de Miguel.
Relations commerciales : le Conseil d'Etat soutient les interprétations du CRDCA
Dans un avis rendu le 30 décembre, le Conseil d'Etat a rejeté l'ensemble des demandes des industriels du lait (Fnil) qui attaquaient les interprétations du cadre légal des relations commerciales produites par le Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA), ainsi que son impartialité, et sa légitimité à publier de tels textes sur le site du ministère de l'Agriculture. Dans le détail, la plus haute juridiction administrative a validé plusieurs lectures du CRDCA, dont les suivantes : elle confirme que la résiliation d’un accord-cadre ne saurait par elle-même modifier le contenu des contrats individuels conclus, et qu'après l’expiration du contrat-cadre les contrats individuels restent en vigueur, y compris les clauses renvoyant aux contrat-cadre. Le Conseil d'Etat confirme que l’acheteur doit détailler par écrit les indicateurs, coefficients ou paramètres avec lesquels il est en désaccord et proposer des amendements, «afin de créer des conditions favorables à un dialogue». La cour estime aussi qu'énonçant que le délai raisonnable pour que l’acheteur adresse une réponse motivée à la proposition de contrat du producteur est d’un mois, le CRDCA, «s’est borné à indiquer une ligne directrice », et «n’a pas entendu fixer une règle à laquelle il ne pourrait être dérogé». Enfin, le Conseil d'Etat confirme enfin que la «prise en compte» des indicateurs de coûts de production doit être «significative», «même si elle est librement négociable».
Foncier/A69 : la justice administrative autorise la poursuite du chantier
La cour administrative d'appel de Toulouse a annoncé le 30 décembre avoir validé l'autorisation environnementale du chantier de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, permettant aux travaux de se poursuivre, alors que les opposants ont annoncé se pourvoir en cassation. « Le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d'intérêt public majeur, sans qu'il soit nécessaire de justifier d'une situation critique ou de tension particulière quant à l'enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet », a-t-elle estimé. Selon les magistrats d'appel, c'est donc « à tort » que le tribunal administratif de Toulouse a décidé le 27 février dernier d'annuler les arrêtés préfectoraux de mars 2023 autorisant le lancement du chantier. Les travaux avaient été arrêtés avant de reprendre au début de l'été, en raison d'une nouvelle décision de la cour administrative d'appel. Selon le calendrier convenu avec l'État, le constructeur Atosca prévoit une inauguration à l'automne 2026. Dans une autre procédure, la justice pénale doit se prononcer le 12 janvier sur le sort de dépassements non autorisés du périmètre du chantier, le parquet ayant pointé « la gravité des atteintes à l'environnement relevées » et requis la suspension des travaux dans ces zones.
Manifestations: nouvelles actions Conf' et CR en Occitanie, le blocage de l'A64 persiste
Dans un communiqué paru le 30 décembre, la Confédération paysanne (Conf') annonce qu'elle «amplifiera» ses mobilisations dès la première semaine de janvier. De nouvelles manifestations d’agriculteurs de la Conf' et de la Coordination rurale ont débuté ce 30 décembre en Occitanie, où le blocage de l’A64, en place depuis deux semaines, persiste. A Carcassonne, une centaine d’agriculteurs ont mené une action symbolique, retirant les produits importés d’un hypermarché Leclerc pour contester la forte présence de produits étrangers, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des haricots verts et des avocats du Maroc, du vin italien et espagnol, ou encore du foie gras de Bulgarie ont été mis dans plusieurs dizaines de caddies et laissés près des caisses par des membres de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne. En Haute-Garonne, à partir de la mi-journée, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont entravé dans un seul sens la circulation de l’autoroute A64 à un nouvel endroit, à quelques kilomètres au sud du blocage de Carbonne, a indiqué à l’AFP Maxime Rau, président de la CR31. En place depuis plus de deux semaines, le blocage de l’A64 à Carbonne est toujours effectif mardi, selon la gendarmerie.
Manifestations: l'archevèque de Cambrain célèbre une messe pour le monde agricole
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées le 29 décembre en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l’archevêque a béni des tracteurs. Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs «qui font face à des épreuves». Il a salué la «dignité» des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l’accord de libre échange du Mercosur ou contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme «Mercosur = mort de l’agriculture». Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d’Hermies qui doit reprendre l’exploitation familiale d’engraissement de bovins d’ici deux ans, se réjouit d’avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui «montre que tout le monde est avec [eux]». Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer. Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d’agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d’Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à «promulguer le Mercosur», a expliqué à l’AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.
Vin : seuls certains mâcon ont droit à la mention bourgogne, juge le Conseil d’Etat
Dans une décision du 30 décembre, le Conseil d’Etat valide le rejet d’une demande de modification du cahier des charges de l’AOC mâcon visant à étendre à tous les vins de l’appellation la possibilité d’utiliser la mention bourgogne. Cette affaire oppose l’Union des producteurs de vins de Mâcon (UPVM) à l’Inao. Aujourd’hui, seuls les blancs mâcon-villages issus des cépages chardonnay B ont droit à la mention vin de Bourgogne. L’UPVM souhaite l’élargir à tous les AOC mâcon. Mais l’Inao a rejeté, le 5 janvier 2020, sa demande de modification du cahier des charges. L’institut n’a « pas commis d’erreur d’appréciation en refusant l’extension sollicitée », juge le Conseil d’Etat. Son opposition est fondée sur « une circonstance qui n’est pas contestée » : seuls les blancs mâcon-villages issus des cépages chardonnay B sont « soumis (…) à des conditions d’élaboration aussi restrictives que celles résultant du cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée bourgogne », d’après la juridiction administrative suprême. « Les caractéristiques des autres AOC mâcon sont objectivement différentes de celles auxquelles doivent répondre les vins bénéficiant de l’AOC bourgogne », estime le Conseil d’Etat.
Maraîchage: la France compte 50 fermes municipales, une centaine en projet (observatoire)
La France compte cinquante fermes communales actives, et une centaine étaient en projet en 2024, selon le répertoire national des fermes maraîchères municipales, intercommunales et départementales 2025. Deux modes de gestions prévalent : la forme externalisée, où la collectivité est actionnaire au travers d'une SCIC, aux côtés d'associations, d'entreprises, ou d'investisseurs ; ou la régie agricole, qui gère directement l’exploitation agricole. Ce fut le choix de la ville pionnière en la matière, Mouans Sartoux (Alpes maritimes) en 2011. Elle gère aujourd’hui 4 hectares de production maraîchère bio, cultivés par des employés de la commune, qui assurent 85 % des besoins en légumes frais aux cuisines de ses trois groupes scolaires. L’heure est aujourd’hui à la structuration. Sept collectivités développant sur leur territoire des fermes municipales se sont constituées en réseau le 22 septembre : Mouans-Sartoux (06), Epinal (88), Toulouse (mairie et métropole), Auray (56), Villejuif (94), Caluire et Cuire (69) et la métropole de Lyon. Le réseau entend fédérer les fermes publiques, définies par trois critères (gestion par des collectivités, agriculture bio et fournisseur de la restauration collective), et plaider pour une compétence « alimentation » des collectivités.
PPA/Espagne : la piste d'une «fuite accidentelle » de laboratoire a priori écartée
Les analyses réalisées par le gouvernement catalan pour déterminer l'origine du foyer de peste porcine africaine (PPA) déclaré près de Barcelone écartent pour l'instant l'hypothèse d'une fuite du virus depuis un laboratoire, a indiqué le 30 décembre le responsable régional de l'Agriculture, dans l'attente toutefois d'autres résultats. « En attente de confirmation officielle du ministère, le séquençage génétique de l’IRB (Institut de recherche biomédique de Barcelone, ndlr) nous indique que les échantillons prélevés sur des sangliers ne correspondent pas aux échantillons des laboratoires que nous avons », a déclaré en conférence de presse le 30 décembre Òscar Ordeig, en appelant toutefois à « la prudence ». « Les laboratoires de référence officiels donneront la conclusion définitive », a-t-il ajouté en mentionnant les investigations menées tant par le ministère espagnol de l'Agriculture que par l'Union européenne. Ces premiers résultats allègent, pour l'heure, la pression sur l'IRTA-CReSA, un laboratoire d’une entreprise publique situé près de la zone boisée dans la banlieue de Barcelone où les premiers sangliers morts du virus ont été découverts fin novembre. La perquisition avait été lancée début décembre.
PPA/Espagne : deux nouveaux sangliers atteints, périmètre inchangé, mesures renforcées
Dans une actualisation du suivi de la peste porcine africaine (PPA) en Espagne diffusée le 29 décembre, le ministère de l’agriculture annonce que deux nouveaux sangliers trouvés morts se sont révélés porteurs du virus, ce qui porte à 29 le nombre de cas. L'ensemble des cas reste circonscrits dans un rayon de 6km autour du premier foyer déclaré à la fin novembre ». La contamination de la faune semble circonscrite : les analyses étaient négatives pour 262 sangliers trouvés morts dans la grande « zone de risque mineur » recouvrant le cercle d’un rayon de 20 km autour du premier foyer. Il en est de même des 57 élevages porcins de cette zone, particulièrement surveillés. Afin d’entraver une éventuelle propagation, les autorités font renforcer le réseau de clôtures et surveiller en priorité les couloirs de circulation des sangliers. De nouvelles barrières sont notamment mises en place au sud de la « zone à haut risque » comprenant le cercle de 6km de rayon. Ce renforcement du dispositif central tient compte d’une « dispersion vers le sud des derniers foyers », alors que la plupart des élevages sont implantés sont au nord de la grande « zone de risque mineur ».
Oléagineux : les purées gagnent du terrain sur les pâtes à tartiner chocolatées
En grandes surfaces, les ventes de purées d’oléagineux ont augmenté de 22 % entre janvier et septembre 2025, selon le cabinet Circana. Le beurre de cacahuète est le principal moteur de cette croissance, avec une progression des volumes de 30 % en 2024, selon Kantar. La dynamique est telle que le segment a grappillé quatre points de parts de marché aux pâtes à tartiner chocolatées. D'autres recettes de pâtes à tartiner non cacaotées continuent de gagner du terrain. C’est le cas de la référence Bianca de Nocciolata (Rigoni di Asiago), arrivée en quelques années seulement au même niveau des ventes que la recette au chocolat sans lait. Le rayon bouge aussi en bio, rapporte le média Circuits bio dans un article du 19 décembre. Les purées 100 % fruits secs se démocratisent. « Depuis le début de l’année, nous avons gagné 10 % de clients dans le rayon », souligne Colyne Labourier, cheffe de produit chez La Vie Claire, à Circuits bio. Les volumes ont, quant à eux, progressé de 10 %. Longtemps dominé par l’amande, qui représente encore 43 % des ventes en valeur, le segment voit d’autres fruits secs gagner du terrain. En 2025, les ventes de purée de cacahuète ont progressé de 7 %, celle de noisette de 5 % et celle de cajou de 29 % quand l’amande a reculé de 3 %.
Emballages : un décret assouplit les objectifs de vente en vrac en GMS en 2030
Un décret paru au Journal officiel le 19 décembre donne aux grandes surfaces (d’au moins 400m2) plusieurs façons de se conformer à l’objectif de 20% de vente en vrac en 2030. Les magasins pourront ainsi consacrer 20% de leur surface aux produits sans emballage, ou 20% de leur chiffre d’affaires annuel, ou encore 20% du « volume de références ». Les produits autorisés à être vendus sans emballage n’entrent pas dans le calcul. D’autres produits en sont largement exclus, dont les boissons alcoolisées et les produits conditionnés dans un emballage réemployable ou une recharge. Pour ceux-ci, le magasin retranchera 75% du chiffre d’affaires engendré par leur vente ou de leur volume vendu. « On notera que certaines exclusions et réductions dans le cadre des calculs des pourcentages visés ci-dessus rendent l’objectif moins important que prévu », a commenté sur le réseau Linked’In l’avocat Nicolas Genty, en avertissant de la complexité du calcul. L’objectif de 20% en 2030 a été déterminé par la loi « Climat » de 2021. Celle-ci annonçait qu’il pourrait être atteint en termes de surface, de chiffre d’affaires ou de nombre de références.
Alimentation : la cuisine italienne rejoint le patrimoine immatériel de l'Unesco
La cuisine italienne a été inscrite le 10 décembre au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, une première mondiale pour un pays qui devrait encore accroître l'attractivité touristique de la péninsule. La candidature italienne, soumise en 2023, figurait parmi les 68 dossiers examinés de du 9 au 11 décembre par un comité de l'organisation onusienne réuni à New Delhi, qui a aussi reconnu la fête indienne des lumières, Diwali. Cette reconnaissance «honore qui nous sommes et notre identité», s'est réjouie la Première ministre Giorgia Meloni, dont le gouvernement d'extrême droite promeut les produits «Made in Italy» dans le cadre de son programme nationaliste. «Car pour nous, Italiens, la cuisine n'est pas seulement de la nourriture ou un recueil de recettes. C'est bien plus : c'est la culture, la tradition, le travail, la richesse», a-t-elle réagi dans un communiqué. La fabrication de la pizza à Naples figure déjà sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, tout comme le café expresso, mais cette inscription a une portée plus large, concernant la cuisine dans son ensemble. Elle diffère aussi de celle de la France, sa rivale culinaire, qui a obtenu en 2010 la reconnaissance de l'Unesco pour «le repas gastronomique des Français», composé de quatre plats.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, l'Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.