Agrafil du 29 décembre 2025

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Bovins/DNC: encore quelques barrages, des policiers sortent leur arme à Auch

Plusieurs routes et autoroutes restent bloquées dimanche dans le Sud-Ouest par des agriculteurs mécontents de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), notamment de la Coordination rurale qui appelle à « repartir encore plus fort » en janvier. En Aveyron, sur les barrages de Baraqueville, près de Rodez ou de Sévérac-d’Aveyron, les manifestants ont affirmé à l’AFP dans l’après-midi vouloir continuer la mobilisation. Des blocages étaient aussi en place dimanche matin sur l’A75, au Buisson (Lozère), sur l’A64 à Carbonne (Haute-Garonne), la RD824 Tartas et la D834 Campet-et-Lamolère, près de Mont-de-Marsan (Landes). Samedi soir, un tracteur a aspergé la façade du journal La Dépêche du Midi à Auch, selon la préfecture du Gers. Le conducteur a avancé vers les policiers, qui ont réalisé des «sommations avec sortie d’arme», selon un communiqué. L’agriculteur a finalement arrêté le moteur, avant d’être interpellé. «Le calme est revenu très rapidement sur place et les manifestants présents ont rapidement engagé le nettoyage de leurs méfaits», toujours selon les autorités. «C’est honteux d’en arriver là, de braquer des agriculteurs», a déclaré à l’AFP Vincent Arbusti, porte-parole de la Coordination Rurale du Gers, CR32. Pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, «les forces de l’ordre sont intervenues (…) dans le respect du cadre légal», a-t-il défendu sur X. Ce 28 décembre, la CR a indiqué dans un communiqué vouloir «saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi que le Procureur de la République»

Bovins/DNC: «plus de 50%» des bovins vaccinés dans le Sud-Ouest (gouvernement)

Le gouvernement a annoncé le 27 décembre la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) de «plus de 50%» des 750.000 bovins concernés dans le Sud-Ouest de la France. «À la date du 28 décembre 2025, 53,6% du cheptel des dix départements du Sud-Ouest concernés est vacciné, soit 381 594 bovins vaccinés», a détaillé le ministère sur son site internet. En raison de la multiplication de cas dans le Sud-Ouest, le gouvernement a lancé une campagne de vaccination élargie dans dix départements pyrénéens. L’objectif : vacciner les 750 000 bovins de la zone à la mi-janvier. La maladie n’a quasiment pas progressé ces derniers jours, avec un unique nouveau foyer confirmé le 23 décembre en Haute-Garonne. Selon le dernier bilan du ministère, la France compte 115 foyers depuis l’arrivée de la maladie en France, fin juin. À l’occasion de leur rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 décembre, les Jeunes agriculteurs (JA) avaient demandé un durcissement des contrôles des mouvements d’animaux, en vain jusqu'à présent. Les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Philippe Baptiste (Recherche) ont annoncé le 24 décembre « l’intensification de l’accompagnement par l’État » de la recherche sur la maladie, sans toutefois chiffrer d’enveloppe.

Broutards : la vaccination contre la DNC scinde le marché français en deux (Idele)

La vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), synonyme de contraintes supplémentaires pour l’export en vif, « peut créer des conditions de marché contrastées », observe l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances publié le 18 décembre. Alors que les animaux issus des zones indemnes sont « très demandés », « les broutards vaccinés sont peu demandés d’après les retours récents, en France, et surtout pour l’Italie », leur première destination. L’accord bilatéral avec l’Italie, en vigueur depuis le 8 décembre, prévoit des conditions strictes d’immunité collective dans un rayon de 50 km autour des élevages concernés. Selon l’Idele, « la demande en France semble pour l’instant suffisante pour absorber ces animaux vaccinés ». Mais la vaccination élargie en cours dans le Sud-Ouest va « mathématiquement augmenter leur nombre ». Par ailleurs, sans les chiffrer, l’Idele confirme les surcoûts subis par les naisseurs des zones réglementées contraints de garder des animaux (coût alimentaire, alourdissement et dévalorisation des animaux), dénoncés depuis plusieurs mois par la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA). En raison du prix très élevé des broutards, « les acheteurs privilégient les animaux moins lourds », moins gourmands en trésorerie par tête, explique l’Idele.

Ruminants : après l’amont, extension de l’accord équarrissage « aval » d’Interbev

Un arrêté paru au Journal officiel le 26 décembre étend, à l’exception d’une disposition, l’accord « aval » sur l’équarrissage des ruminants conclu le 24 septembre au sein d’Interbev pour la période 2026-2028. Cet accord dit « aval » institue une cotisation au niveau des abattoirs finançant l’association ATM Ruminants, en charge de la collecte et du traitement des animaux trouvés morts en élevage (bovins, ovins, caprins). Celle-ci est versée par le propriétaire de l’animal au moment de l’abattage (en général l’abatteur), puis est « facturée aux acheteurs de viandes successifs » jusqu’au consommateur final. Les montants des taxes augmentent sensiblement par rapport à l’accord précédent, qui couvrait l’année 2025 : par exemple, elle s’établit à 7,15 ct€/kg carcasse pour les gros bovins de plus de huit mois, contre 6 ct€/kg carcasse précédemment. Il s’agit de « faire face à la hausse des coûts de l’équarrissage et des volumes collectés en raison du contexte sanitaire », expliquait Interbev le 23 septembre. Une disposition de l’accord prévoyant des contrôles par « les agents habilités spécialement par Interbev » n’a pas été étendue à l’ensemble de la filière (elle était déjà incluse dans l’accord précédent et avait été étendue à l’époque). Les cotisations de l’aval financent 80 % du budget d’ATM Ruminants, contre 20 % pour les cotisations de l’amont, étendues quelques jours plus tôt.

Loup : 19 brebis tuées après une probable attaque de loup en Haute-Marne

Dix-neuf brebis ont été tuées et cinq autres ont dû être euthanasiées après une probable attaque de loup en Haute-Marne dans la nuit du 25 au 26 décembre. Ce serait la plus importante prédation imputée au loup en 2025 dans ce département où le nombre de ces attaques a explosé cette année. Gabriel Binon, 32 ans, parle d'un « massacre » : cet éleveur de brebis destinées à l'éco-pâturage a perdu la quasi-totalité d'un de ses troupeaux qui paissait à Sarrey, près de Chaumont, la veille de Noël, a-t-il expliqué le 26 décembre à l'AFP. Un loup peut être aperçu sur des images de vidéosurveillance du champ la nuit de l'attaque, que l'éleveur a publiées sur son compte Facebook. L'Office français de la biodiversité (OFB) s'est rendu sur place pour faire des prélèvements de poils et « regarder la taille des crocs pour voir s'il y a un ou plusieurs individus », a précisé Gabriel Binon. À ce jour, 191 attaques d'ovins ayant fait plus de 800 victimes ont été attribuées au loup depuis le début de cette année en Haute-Marne, contre seulement 10 attaques en 2024, selon la préfecture du département, interrogée le 26 décembre par l'AFP. Le nombre de loups en France est resté relativement stable en 2025, à 1 082 individus en moyenne, selon des chiffres officiels publiés fin novembre.

Nématode du pin : publication de l’arrêté précisant les coûts pris en charge

Dans un arrêté publié le 26 décembre au Journal officiel, les ministres de l'Économie et de l’Agriculture ont précisé les aides destinées aux professionnels de la filière bois et forêt touchés par le nématode du pin. Dans son annexe, l’arrêté précise les coûts directs pouvant être pris en charge par l'État lorsque des mesures de lutte ont été ordonnées aux « propriétaires ou détenteurs de végétaux, produits végétaux ou autres objets situés dans la zone infestée ». Ces mesures sont l’abattage, le broyage, le transport et le traitement. Selon le barème publié, les coûts pris en charge son variables : 400 € par arbre pour ceux contaminés ou identifiés sans analyse officielle négative si le propriétaire a 20 arbres et plus d'espèces sensibles au nématode du pin en zone infestée. Le montant est bien plus élevé pour les propriétaires de moins de 20 arbres, qui pourront être indemnisés à hauteur de 3 000 € par arbre. Les propriétaires d’arbres de parcs et jardins de grandes dimensions bénéficient d’une grille spécifique. D’autres paramètres peuvent également faire varier le montant pris en charge. Le 23 décembre, l’État a annoncé un soutien à la filière bois et forêt concernée par ce ver microscopique détecté début novembre pour la première fois en France, dans les Landes.

Arrêts de travail : assouplissement de l'éligibilité aux indemnités pour les exploitants

Dans un décret daté du 24 décembre, le gouvernement assouplit les conditions d'éligibilité des agriculteurs aux indemnités journalières maladie, perçues lors des arrêts de travail. Dans le détail, le décret assouplit, dans le cas des non-salariés agricoles (exploitants, conjoints collaborateurs...), la condition d'être à jour des cotisations au 1er janvier de l'année civile au cours de laquelle une incapacité de travail a été médicalement constatée pour l'attribution des indemnités journalières maladie. Il permet à ceux qui ne sont pas à jour de leurs cotisations dues au titre de l'année civile précédente «d'apprécier cette condition au regard des cotisations versées au titre de l'avant dernière année civile». Par ailleurs, le décret «clarifie les dispositions relatives au paiement tardif des cotisations restant dues au titre de l'année civile précédant celle au cours de laquelle l'incapacité de travail a été médicalement constatée.»

À nos abonnés : possible ralentissement des parutions

En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, l'Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.