Bio : des mutuelles réfléchissent à un fonds de soutien à l'« agriculture sans pesticides »
Regroupées au sein de l’association Mutuelles pour la santé planétaire, qui couvre actuellement 12 millions de personnes en France et en Belgique, 20 groupes mutualistes réfléchissent à la création d'un « fonds mutualiste de soutien à l'agriculture sans pesticides ». Dans le cadre d'une visite à un projet de micro-sucrerie bio, qu'elles souhaitent soutenir, elles rencontreront le secteur bio le 6 octobre pour la signature d'un « Serment de Cambrai pour un nouveau chapitre de la santé publique ». Le fonds en est encore à l'état de réflexion, explique le président de l'association Martin Rieussec-Fournier, co-auteur avec plusieurs autres cadres du secteur mutualiste d'un livre à paraitre intitulé « Santé planétaire : le temps des solutions mutualistes ». Dans cet ouvrage, ils estiment que « la contribution la plus efficace et accessible à la transition semble être la création d'un fonds d'investissement mutualiste dédié à l'agroécologie, soutenu par des mutuelles et d'autres partenaires engagés dans la transition vers une alimentation et agriculture durable ». Les auteurs imaginent plusieurs axes : des « fonds solidaires » dédiés à « soutenir des fermes, des coopératives agricoles et des projets de transition », mais aussi des infrastructures (marchés, épiceries...). Autre forme de soutien évoquée : des micro-crédits ou prêts à taux zéro pour aider à la conversion en bio.
Haies : un agriculteur condamné pour destruction d'habitat, malgré des replantations
Pour la destruction et la dégradation d’une haie sur 450 m linéaires, dont plusieurs chênes centenaires, constatée par les agents de l’OFB, un agriculteur du Maine-et-Loire a été condamné, le 16 septembre, à 10 000 € d’amende par la cour d’appel d’Angers. La justice lui reproche notamment la destruction et la dégradation d’habitat d’espèces protégées, en l’occurrence des grands capricorne et des chouettes effraies. Lors de l’audience en appel, son avocat a plaidé la relaxe, justifiant que « cet abatage ne s’est pas fait dans une volonté de fraude aux normes environnementales » et que, dans le même temps, 6,5 km de haie ont été plantés. Dans un communiqué du 16 septembre, FNE Pays de la Loire, partie civile dans cette affaire, constate que la défense s’est appuyé sur la loi d’orientation agricole voté en mars 2025 qui prévoit que « seules les destructions commises de façon intentionnelle ou par « négligence grave » peuvent faire l’objet de poursuites. Pour autant, la cour d’appel a retenu une destruction intentionnelle dans ce cas précis et a confirmé le jugement. L’association environnementaliste se félicite de cette décision symbolique. « Cet arrêt relativise fortement la victoire revendiquée par la FNSEA quant à la dépénalisation de la destruction d’habitats et individus d’espèces protégées », écrit FNE Pays de la Loire. (Tanguy Dhelin)
Biodiversité : l'agriculture est un « des principaux moteurs du dépassement écologique » (agence européenne)
Malgré quelques progrès en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la pollution atmosphérique, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) estime, dans son rapport quinquennal sur l'état de l'environnement en Europe, publié le 29 septembre, que des efforts supplémentaires sont nécessaires. Un certain nombre d’indicateurs présentent toujours une tendance à la détérioration : biodiversité, ressources des sols, utilisation des terres, etc. Et le secteur agricole est particulièrement visé : il est est désigné comme « l'un des principaux moteurs du dépassement écologique ». « La biodiversité décline en raison des pressions persistantes exercées par des modes de production et de consommation non durables, notamment dans le système alimentaire », peut-on lire dans le rapport. De même, la « santé des sols agricoles se détériore en raison de la surutilisation d'intrants chimiques, de la monoculture, de la reconstitution insuffisante de la matière organique et de pratiques de gestion non durables ». L’agence de l’UE considère même que ce sont les produits d'origine animale qui constituent la catégorie alimentaire ayant le plus fort impact, entraînant une utilisation des terres importante, des émissions de GES et une perte de biodiversité. Mais elle admet les vertus des systèmes d'élevage extensifs à base d'herbe et de la polyculture-élevage.
Relations commerciales : l’Ilec dénonce la généralisation des demandes de renégociations
« Les demandes de renégociations émanant des distributeurs se généralisent depuis ces derniers mois », déplore Nicolas Facon, p.-d.g. de l’Ilec (grandes marques), alors que les négociations commerciales entre distributeurs et industriels doivent théoriquement se terminer le 1er mars. Le changement de positionnement de Lidl – qui revient à sa stratégie initiale de discounter pur et dur – alimente un retour en force de la guerre des prix, ce qui a un effet d’entraînement sur toutes les autres enseignes. Autre sujet de préoccupation : les centrales d’achat européennes, dont le nombre « explose », selon Nicolas Facon, déséquilibrant encore davantage le rapport de force entre distributeurs et fournisseurs. Dans ce « contexte très dégradé », l’Ilec demande que la loi Egalim soit respectée, avec plus de contrôles et plus de sanctions de la part de la DGCCRF (Répression des fraudes). L’Ilec veut aussi agir au niveau européen en orientant la révision en cours de la directive sur les relations commerciales déloyales, afin qu’elle s’applique aux entreprises de toutes tailles, qu’elle se penche sur les centrales d’achat européennes et que les autorités de contrôle nationales puissent travailler de concert.
Maïs : Euralis alerte sur des rendements « historiquement bas » en parcelles non irriguées
Dans un communiqué du 29 septembre, Euralis (Pyrénées-Atlantiques) alerte sur des rendements de maïs 2025 dans sa zone d’influence « historiquement bas » dans les parcelles non irriguées et semées tardivement. « Sur les parcelles de maïs non irriguées, semées tard, les prévisions sont très mauvaises : de 30 à 50 q/ha », déplore le groupe coopératif. L’été s’est avéré particulièrement chaud et sec, dégradant les potentiels des cultures. Bien entendu, toutes les parcelles ne sont pas logées à la même enseigne. Celles semées tôt devraient mieux s’en sortir. Euralis rappelle que les travaux d’emblavement ont débuté exceptionnellement tôt : « La moitié de la sole de maïs a été semée au 10 avril. C’est un record en termes de précocité et cela a été rendu possible par la météo favorable à cette période », précise la coopérative. La première moitié des tonnages devrait donc être récoltée en septembre et octobre « dans de bonnes conditions ». Mais, par la suite, les pluies entre mi-avril et fin mai ont retardé les travaux, et les cultures ont subi de plein fouet le manque d’eau et les fortes températures de l’été. En plus de volumes décroissants, les agriculteurs subissent la faiblesse des prix, plombés par la concurrence internationale.
Céréales : l’Argentine rétablit ses taxes à l’export trois jours après leur suspension
Le gouvernement argentin a annoncé, le 25 septembre, le rétablissement, seulement trois jours après leur levée, de ses taxes sur les exportations de céréales tout en maintenant celles sur les viandes (volaille et bœuf) jusqu’au 31 octobre. Dans un rapport, l’ARCA (Agence de recouvrement et de contrôle douanier) précise que « le quota d’enregistrement de 7 milliards de dollars » prévu pour les céréales a été atteint. Initialement, la suspension des taxes à l’exportation visait à « générer un plus grand apport en dollars », à un moment où l’Argentine cherche à obtenir un prêt du Trésor américain pour faire face aux échéances de sa dette et calmer les turbulences financières. Depuis, le gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei a reçu des assurances de soutien de la part de Donald Trump, sous la forme d’un échange de devises (en discussions, pour 20 milliards de dollars), voire de facilités de crédit ou de rachat d’une partie de la dette argentine. Pour le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, l’idée est « de l’aider (Milei, NDLR) à tenir le cap jusqu’à l’élection », en évitant un « déséquilibre financier qui causerait un recul dans ses réformes ». Des élections législatives de mi-mandat sont prévues le 26 octobre en Argentine.
Betterave : les ex-producteurs de Cagny perdent en appel contre Saint Louis (presse)
Quatre ans après la fermeture définitive de l'usine de Cagny (Calvados), la cour d'appel de Paris a débouté, le 10 septembre, une soixantaine de producteurs de betteraves normands qui avaient attaqué le groupe Saint Louis Sucre pour « rupture brutale des relations commerciales », rapporte Ouest-France le 25 septembre (article payant). Les planteurs estimaient que l'annonce de la fermeture du site avait été faite trop tardivement, leur causant « un préjudice économique et moral », rappelle France 3 Normandie. Ils demandaient des indemnités forfaitaires et à la tonne. Selon le média régional, la cour a donné raison à Saint Louis Sucre, qui estimait que le délai de préavis était suffisant par l'envoi d'une lettre le 23 avril 2019. La dernière campagne sucrière avait eu lieu en 2020, avant la fermeture définitive du site en 2021. Toujours selon France 3, la cour a également rejeté l'existence d'une dépendance économique des agriculteurs, considérant qu'il n'était pas démontré que la betterave excédait 25 % de leur chiffre d'affaires.
Agriculteurs : davantage d'exploitants se disent « désespérés » qu'en 1998 (étude)
Interrogés sur l'avenir, les exploitants agricoles sont plus nombreux à se dire « désespérés » qu'en 1998, d'après l'étude Vox Agri (Cevipof/Réussir/Agro Toulouse) présentée le 29 septembre. Questionnés du 4 avril au 28 juin « à propos de l'avenir », les 1 082 exploitants agricoles répondants ont indiqué en majorité (44 %) qu'il étaient inquiets, contre 50 % lors d'une étude comparable menée en 1998, soit une légère baisse. Mais ils ont été 20 % cette année à répondre qu'ils étaient « désespérés », contre seulement 5 % en 1998. Et seulement 10 % s'affichent confiants (contre 20 % en 1998) et 26 % inquiets (contre 24 %). « C'est un point saillant de notre enquête, nous observons une minorité de confiants, et un nombre croissant de personnes qui se déclarent désespérées, ce qui peut les pousser à se mobiliser dans la rue ou à se replier sur eux-mêmes », a commenté le sociologue François Purseigle. La part des « désespérés » est la plus forte en viticulture (29 %), grandes cultures (26 %) et ovins/caprins (29 %). Elle est la plus basse en bovins viande (14 %). On retrouve davantage de morosité dans le sud. « Ceux qui sont les plus désespérés sont en dessous de la Loire, notamment dans le quart Sud-Ouest», constate François Purseigle. 53 % des agriculteurs du Sud-Ouest se déclarent inquiets, 28,4 % « désespérés ». À l'inverse, ils sont seulement 28 % à être inquiets dans le Nord-Ouest et 19 % désespérés.
Viande bovine : les importations de l’UE en provenance du Mercosur en forte hausse cet été
Les importations européennes de viande bovine en provenance du Mercosur ont fortement augmenté en juillet, compensant la baisse de production du Vieux continent, relève l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances publié le 22 septembre. Les trois premiers exportateurs d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Uruguay) ont ainsi vu leurs expéditions cumulées progresser de 78 % sur un an, d’après Eurostat. Dans le détail, le Brésil a vu ses exportations tripler en juillet (+232 %, à 11 800 téc). Un mouvement qui se poursuit dans une moindre mesure en août (+45 %, selon les douanes brésiliennes). L’Argentine enregistre une croissance de 47 % (à 10 800 téc) et l’Uruguay une hausse de 73 % (à 10 400 téc). L’institut technique français note que la production de viande a reculé de 3 % au premier semestre 2025, mais que « la consommation se maintient en Allemagne et recule modestement dans de grands pays consommateurs (Italie, France) ». D’où l’accroissement des importations pour « compenser le manque de viande intra-communautaire ». En parallèle de l’accord UE-Mercosur – présenté le 3 septembre par Bruxelles mais pas encore ratifié –, le Mercosur, premier fournisseur de l’Europe, « bénéficie déjà de droits de douanes réduits ou nuls pour un total annuel de 66 000 téc ».
Évènementiel : en raison de la DNC, le Sommet de l’élevage « se tiendra sans bovins »
« En raison des mesures sanitaires liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) », le Sommet de l’élevage, qui se déroulera du 7 au 10 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), « se tiendra sans bovins », ont annoncé ses organisateurs dans un communiqué le 29 septembre. Une « mesure préventive, guidée par le principe de précaution », expliquent-ils, alors que le foyer de DNC le plus proche se situe dans le Rhône, à une centaine de kilomètres. Vingt-quatre races bovines étaient attendues pour cette 34e édition. Par ailleurs, dans le communiqué du salon de Cournon, les organismes de sélection des races aubrac, charolaise et limousine annoncent l’annulation de leurs concours prévus au Sommet. La race bazadaise en a fait de même sur Facebook le même jour, s’ajoutant aux cinq races allaitantes et aux cinq races laitières qui ont déjà annulé leur concours. Même sans animaux ni concours, « les représentants des races bovines seront bel et bien présents », rassurent les organisateurs. Les concours et présentations d’ovins, caprins et équins sont maintenus, de même que le reste du programme. « Cette année, nous franchissons de nouveaux records avec 1 770 exposants » et 99 000 m2 de stands, relativise Benoît Delaloy, le commissaire général du salon.
Bovins/DNC : la Conf’ dénonce des « réponses inadaptées » pour le retour d’estive
Alors que le ministère de l’Agriculture a annoncé des mesures pour faciliter le retour d’estive des quelque 4 000 bovins bloqués dans la zone réglementée au titre de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Confédération paysanne dénonce, dans un communiqué le 29 septembre, de « fausses solutions » qui « se révèlent inefficaces sur le terrain ». Dans un communiqué du 27 septembre, le gouvernement annonce des « places d’accueil d’urgence » pour les génisses et vaches laitières dans les établissements d’enseignement agricole, ainsi qu’une aide financière pour « les exploitations qui accepteront en pension des bovins en descente d’estives contrainte ». Autant de « réponses inadaptées » aux yeux de la Conf’, qui rappelle ses propositions déjà formulées « depuis plusieurs semaines » : levée progressive de la zone réglementée (commune par commune), dérogations à l'interdiction de mouvements « pour les animaux testés et vaccinés avec garanties à l’arrivée ». Selon le ministère, environ 4 000 animaux ne peuvent pas revenir dans leur corps de ferme, car ceux-ci sont situés hors de la zone réglementée. Parmi eux, « plus de 2 000 génisses et vaches en estive ont commencé à vêler ou s'en approchent, sous la neige, sans herbe », rapporte la Conf’.
Influenza aviaire : la vaccination des canards va commencer sans soutien public
Alors que la vaccination des canards contre l’influenza aviaire commence début octobre, les stocks de vaccins gratuits Volvac (l’un des deux utilisés en France) seront utilisés au moins jusqu’à début novembre, indiquent des professionnels interrogés par Agra Presse. Le président du Cicar (interprofession des canards de chair) Bruno Mousset déplore toutefois l’absence d’accord avec la DGAL (ministère) pour alléger la facture des éleveurs. Quant à Yann Nédélec, le directeur d’Anvol, il réaffirme que interprofession des volailles de chair veillera à ce que l’État tienne son engagement de couvrir 40 % des frais de vaccination et de détection du virus. Alors que la vaccination des canards est obligatoire, Bruno Mousset assure que les éleveurs vaccineront tous les canards même quand ils devront financer le coût des vaccins une fois les stocks actuels épuisés. « Les éleveurs sont responsables et la filière prendra ses responsabilités », déclare-t-il. Le président du Cicar (qui dirige par ailleurs le pôle amont de LDC) a bon espoir que le surcoût (environ 80 centimes par tête) soit répercuté aux consommateurs sans recul de consommation. « Les abatteurs vont prendre le relais », abonde la responsable opérationnelle de la coopérative CPASL (canards « bien-être » en Saône-et-Loire), jointe par Agra Presse.
Coordination rurale : actions dans des supermarchés dans le Sud-Ouest (presse)
Selon les informations de nos confrères de Sud-Ouest publiées le 27 septembre (article payant), la Coordination rurale (CR) a engagé des actions dans des supermarchés dans le Sud-Ouest, afin de dénoncer l’accord avec le Mercosur et les distorsions de concurrence des produits importés. Le syndicat imite ainsi sa concurrente de la FNSEA-JA, dont les adhérents ont manifesté un peu partout en France la veille (Mont-de-Marsan, Versailles, Le Mans, Valenciennes, Perpignan, etc.). Plus en détail, une quinzaine d'agriculteurs appartenant à la section landaise de la CR (CR 40) se sont rendus dans des enseignes de Carrefour, Leclerc et Lidl, situées dans l'agglomération de Mont-de-Marsan. « On est soumis à des normes que d’autres pays producteurs, même à l’intérieur de l’Union européenne, n’ont pas. Idem pour les charges », s’est exprimé Joël Descat, président de la CR 40, auprès de Sud-Ouest. D’autres mobilisations sont prévues dans les prochaines semaines, rapporte de son côté le média Ici (ex-France bleu). Pour rappel, la CR espère être reçue par le Premier ministre afin notamment de porter ses propositions pour le budget 2026 de l’État. De son côté, la FNSEA le rencontrera le 1er octobre.
Poires : face à la francisation, l’ANPP engage un plan de contrôle
Alors que débute la saison des poires avec l’arrivée de la variété conférence, et dans une moindre mesure de la comice, la francisation est à nouveau d’actualité, alerte l’Association nationale pommes poires (ANPP) sur LinkedIn le 27 septembre. « Pourtant, l’offre de poires françaises a actuellement la capacité de couvrir 100 % des besoins du marché, d’autant plus que la récolte de poires d’automne et d’hiver réserve quelques bonnes surprises par rapport aux prévisions initiales », souligne l’ANPP. Pour rappel, la francisation consiste à acheter des poires d’import à des tarifs inférieurs à la poire française, puis à changer l’étiquette d’origine et les revendre au prix de l’origine France. Pour lutter contre le phénomène, l’ANPP a décidé de relancer un vaste plan de contrôle s’appuyant sur une base de données permettant de confirmer ou d’infirmer, « avec une très grande fiabilité », l’origine géographique des fruits. Elle appelle notamment les distributeurs à lui signaler toutes les offres d’origine France à des prix cassés afin de réaliser des analysés orientées. « Les cas avérés seront systématiquement envoyés aux services de la répression des fraudes et une action en justice engagée », prévient l’ANPP dans son message sur LinkedIn.
Légumes : Bonduelle vise les 90 M€ de résultat opérationnel en 2025-2026
Lors d’une conférence de presse à Paris le 29 septembre, Xavier Unkovic, directeur général de Bonduelle, a déclaré que l’entreprise visait les « 90 M€ de résultat opérationnel l’an prochain, contre 75 M€ il y a deux ans ». Pour ce faire, le groupe agroalimentaire espère poursuivre sa croissance sur le marché états-unien, actuellement dynamique. Il vise une hausse du chiffre d’affaires de plus de 6 % sur ce marché en 2025-2026 (4,8 % entre 2023-2024 et 2024-2025). De manière générale, Bonduelle souhaite investir davantage dans ses marques (Cassegrain, Globus, etc.) plutôt que dans les MDD (marques de distributeur). Il croit également beaucoup dans les plats préparés. « Les Français n’ont plus le temps de cuisiner, mais ils aiment s’investir dans ce qu’ils mangent », argue Xavier Unkovic. Céline Barral, directrice de la stratégie, des marques et de l’impact, ajoute que « les produits ingrédients (conserve de maïs, de haricots, etc.) seront toujours proposés. Mais nous nous adaptons à la demande. » Par ailleurs, Bonduelle voit d’un bon œil l'instauration par l'UE de droits antidumping sur les importations chinoises de maïs doux, qui facilitera l’atteinte de ses objectifs financiers.
Légumes : Bonduelle remonte la pente et limite ses pertes pour son exercice 2024-2025
Dans un communiqué du 27 septembre, le spécialiste français des légumes en conserve et surgelés Bonduelle a remonté la pente pour son exercice décalé 2024-2025, avec une perte nette limitée à 11,5 M€, en ligne avec ses objectifs affichés. Un déficit en nette régression par rapport aux près de 120 millions de pertes de l'année précédente, pendant laquelle l’industriel avait pâti d'une dépréciation d'actifs en Amérique du Nord, en dépit de ventes stables. Bonduelle « atteint les objectifs de la première année de son plan de transformation (Transform to win) et amorce son rebond », affirme le groupe. S'il n'a pas renoué avec les bénéfices, le groupe (marques Bonduelle, Cassegrain et Globus) tient ses « objectifs de chiffre d'affaires », avec des ventes en très léger repli (-0,8 %), s'établissant à 2,2 Md€. Ces résultats sont notamment « portés par l'amélioration de la performance aux États-Unis » et « la réorganisation du portefeuille d'activités en Europe », selon son directeur général Xavier Unkovic. La rentabilité opérationnelle courante progresse annuellement de 11,7 % (à 83,8 M€), des chiffres conformes aux objectifs de l’entreprise.
Vin : les crémants lorgnent un segment de prix délaissé par le champagne
La Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNEPC) a présenté le 23 septembre une stratégie de valorisation consistant à investir un segment de prix délaissé par le champagne. En grande distribution, « l’absence d’effervescents concurrents sur le segment entre 9 et 15 euros libère une zone de conquête pour les crémants, dont le cœur de marché se situe aujourd’hui sur le segment entre 6,50 et 9 euros », selon le communiqué de presse. La FNEPC vise donc une montée en gamme « progressive ». Cette stratégie repose sur le développement de cuvées spéciales (millésimées, en monocépage, issues de longs élevages, etc.). Il s’agit aussi de renforcer la place des cépages autochtones dans les cahiers des charges des appellations. En plus de permettre au crémant de se démarquer, cela renforce ses capacités d’adaptation au changement climatique, avance la fédération. Plusieurs démarches sont d’ailleurs en cours : intégration du savagnin dans le Jura, de plusieurs cépages anciens en Savoie (mondeuse grise, corbeau, dousset, hibou noir…), plus grande place accordée au chenin en Loire, expérimentation sur le petit verdot et l’ugni blanc à Bordeaux. Quelque 114,5 millions de bouteilles de crémant ont été commercialisées en 2024 (+6 %).
Vin : la coop Le Vigneron savoyard investit 900 000 € dans un chai en prestation de service
La coopérative Le Vigneron savoyard a annoncé le 26 septembre avoir investi dans un chai en prestation de service pour attirer de jeunes producteurs. « Environ 900 000 € » ont été injectés dans le nouvel outil d’une capacité de 700 hectolitres, d’après le communiqué. Son usage est destiné à la prestation de service, une initiative que d’autres coopératives, notamment en Champagne, proposent déjà à leurs adhérents. « Les nouvelles générations de viticulteurs, souvent issues de reconversions, souhaitent s’investir au-delà de la seule culture de la vigne et participer pleinement à la transformation de leurs raisins et à la vente de leur production », affirme le directeur Fabien Danjoy. C’est là l’originalité de la démarche du Vigneron savoyard : soutenir l’installation en offrant aux jeunes la possibilité de vinifier à la coop, puis de commercialiser eux-mêmes. Deux premiers domaines bénéficient déjà du dispositif : le Château de Châtillon et le Domaine de l’Arbessieux. Avec son nouveau « chai partagé », la coopérative souhaite « accompagner, d’ici à cinq ans, au moins trois nouvelles installations, pour compenser chaque départ à la retraite et garantir la survie du vignoble de Chautagne ».
Horticulture : possible pénurie de tourbe, alertent les fournisseurs
L’Afaïa (fournisseurs de supports de culture) alerte dans un communiqué de presse le 25 septembre d’une possible pénurie de tourbe. Cette pénurie, liée à des conditions climatiques défavorables ayant empêché la récolte de la tourbe en Europe, fragilise la production horticole : « Depuis le printemps, les pays baltes principalement font face à des pluies persistantes impactant fortement les volumes de récolte. À ce jour, leurs niveaux de récolte sont nettement inférieurs aux années précédentes avec des volumes moyens récoltés entre 40 % et 50 % de la normale et pouvant descendre jusqu'à seulement 25 % à 35 % des volumes moyens attendus pour la tourbe blonde », est-il expliqué. Les fabricants de supports de culture ont également connu de fortes difficultés pour l’approvisionnement de fibre de coco dues aux importantes moussons en Asie. « Ces phénomènes climatiques de plus en plus fréquents représentent une source d’incertitude pour la disponibilité des différentes matières pour les mois et années à venir, d’où l’importance de maintenir une diversité dans les matières et leurs zones d’approvisionnement », souligne l’Afaïa. Le syndicat recommande aux distributeurs et utilisateurs de se rapprocher de leurs fournisseurs afin d’anticiper les besoins.
Biomasse : une start-up veut extraire du nickel des sols grâce aux plantes pour le vendre
Genomines, pionnière dans l’extraction des métaux à l’aide des plantes, vient de lever 45 M$ à l’occasion d’un financement de série A (lire l’article complet sur Agra Innovation). L’opération a été menée par Engine Ventures, aux côtés de Forbion BioEconomy et de nombreux investisseurs. « Ce financement servira à accélérer le déploiement de la solution de Genomines, avec des démonstrations sur le terrain à grande échelle de la production de nickel à partir de plantes génétiquement modifiées et l’obtention de contrats commerciaux avec ses clients », indique-t-elle dans son communiqué. Genomines utilise une approche exclusive de phytoextraction, où des plantes « hyperaccumulatrices » génétiquement améliorées, absorbent et concentrent les métaux comme le nickel du sol. Ces plantes, récoltées et traitées, « produisent des métaux de qualité batterie plus rapidement, à moindre coût et avec une fraction des émissions de l’extraction minière traditionnelle », explique la société, cofondée en 2021 par Fabien Koutchekian (CEO) et Dali Rashid, PhD (CTO). Présentée dans Nature Biotechnology (avril 2025) et par BCG X, la technologie de Genomines a déjà plus que doublé les rendements en nickel et la productivité de biomasse, ouvrant la voie à des preuves de concept avec des constructeurs automobiles tels que Hyundai Motor Group et Jaguar Land Rover ; et des collaborations sont en cours avec des fabricants de batteries notamment. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Coopératives : certaines régions manquent d’un « vrai groupe leader » (consultants)
Dans son « Manifeste agriculture et territoires 2030 » (publié en 2018), le groupe Triangle (consultants) avait évoqué la nécessité d’engager « un mouvement global de structuration du paysage coopératif ». Sur son compte LinkedIn, le cabinet de conseil estime que le projet de rapprochement entre Agrial et Terrena montre que ce mouvement existe bel et bien, après celui d’Euralis avec Maïsadour, « le début de structuration dans le grand Massif central autour de Natera » ou « les efforts de structuration d’Océalia dans le Centre Ouest ». Mais, pour le groupe Triangle, plusieurs régions manquent encore « d’un vrai leader cohérent ». C’est le cas « de la Beauce à la frontière belge » ; dans le Centre Est où « rien ne justifie l’éparpillement actuel dans des structures moyennes se méfiant les unes des autres alors qu’aucune ne dispose de la taille critique » ; en Lorraine et en Alsace « malgré le projet entre la Cal et Lorca, qu’il faut encourager et poursuivre » ; dans le Sud, « malgré le dynamisme appréciable de Terres du Sud ». Et d’évoquer deux facteurs limitants : « l’Autorité de la Concurrence qui n’intègre pas suffisamment le fait que les projets coopératifs ne visent pas à fausser la concurrence au détriment du consommateur » et « l’attitude de bien des dirigeants qui ne se battent pas, ou pas suffisamment, pour faire naître ces projets ». (Anne Gilet)
Bien-être animal : Laurence Parisot présidente de la Fondation droit animal (LFDA)
Dans un communiqué du 29 septembre, la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) annonce la nomination à sa tête de l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot. Après avoir dirigé la fédération patronale de 2005 à 2013, elle s’était investie dans la cause animale, en devenant vice-présidente de la Fondation Brigitte Bardot (jusqu’en 2019), puis de la LFDA (à partir de 2020). Mme Parisot est aussi connue pour avoir été présidente et actionnaire majoritaire de l’institut de sondages Ifop. Depuis 2018, elle est présidente de la branche française de Citi, une banque d’affaires américaine. Citée dans le communiqué, Laurence Parisot demande au Premier ministre Sébastien Lecornu de nommer un ou une ministre en charge de la Condition animale. Elle succède à Louis Schweitzer, qui présidait la LFDA depuis 2012. L’ancien patron de Renault a « marqué l’histoire de la Fondation par sa hauteur de vue, sa détermination et son approche rassembleuse », salue l’association.