Jachères : malgré leur dérégulation, la surface française à un niveau élevé
Malgré les dérégulations mises en œuvre depuis 2022, pour permettre de produire davantage dans le contexte de guerre en Ukraine, la surface française de jachères agronomiques est revenue à 511 000 hectares (ha) en 2025, soit le niveau plus haut de la décennie, d'après les notes de conjoncture du ministère de l'Agriculture (Agreste). « Faute de compétitivité et de rentabilité, les surfaces cultivées baissent et sont mises en jachère, c’est dire si la situation économique est critique », analyse-t-on chez les producteurs de blé de l'AGPB (FNSEA). Sur la décennie passée, les surfaces de jachères sont relativement stables, oscillant le plus souvent entre 450 et 500 000 ha, soit l'équivalent d'environ 5 % des surfaces françaises de céréales. Elles sont tombées autour de 370 000 ha en 2023, en raison de la flambée des prix des céréales, et de l'autorisation donnée de les mettre en culture en 2022 et 2023. Presque disparues dans les années 80 (à 200 000 ha), les jachères ont été réinstaurées réglementairement dans les années 90, durant lesquelles elles ont retrouvé le niveau qu'elles avaient dans les années 50, d'un peu plus de 1 Mha. Le plancher de surfaces en jachères a été supprimé en 2008. Restait une incitation indirecte par les BCAE de la Pac – qui n'a plus court depuis 2024.
Blé dur : l'AGPB attend toujours le montant exact de la revalorisation de l'aide
Quelques mois après qu'Annie Genevard a annoncé une revalorisation de l'aide couplée blé dur (+15 millions d'euros) grâce aux reliquats d'aide bio non consommée, les producteurs de blé de l'AGPB (FNSEA) indiquent, dans un communiqué paru le 30 septembre, qu'ils souhaiteraient connaitre le montant exact de l'aide, alors que la date des semis s'approche. Pour l'heure, l'AGPB estime que le montant à l’hectare sera compris entre 100 € et 150 €/ha, selon les surfaces qui seront semées à l'automne. « Mais à ce jour, aucune communication officielle du ministère, faute de validation du PSN (déclinaison nationale de la Pac, NDLR) par la Commission européenne !», regrette l'association spécialisée, qui estime que « ce manque de visibilité n’est plus acceptable car il compromet le plan de relance de notre filière portée par la profession et soutenu… tant par la ministre que son prédécesseur ». Les producteurs continuent par ailleurs de demander une extension géographique de l'aide, qui aurait demandé un budget de revalorisation deux fois plus important que celui annoncé cet été.
Fongicides céréales : un marché en recul de 10 % cette année pour BASF
BASF a dévoilé, le 30 septembre, le bilan de sa campagne fongicides céréales 2024/25. Malgré une hausse des surfaces de 6 %, le marché enregistre une baisse de 10 % en hectares déployés en raison « des températures élevées au printemps et un manque de précipitations sur une bonne partie du nord de la France qui n’ont pas favorisé le développement des champignons ». Logiquement, les agriculteurs ont réduit leurs interventions au T1 et surtout au T3. Les passages au T2 (stade dernière feuille étalée) ont, quant à eux, été maintenus, aussi bien sur blé pour contenir septoriose et rouille brune que sur orge (stade sortie des barbes) pour maîtriser l’helminthosporiose et la ramulariose. BASF précise que sa gamme de fongicides à base de Revysol conforte, avec un peu plus de 1,5 million d’hectares protégés, « sa position parmi les leaders du marché » en s’imposant comme « une solution polyvalente, pilier des programmes, quel que soit le contexte de l’année ». Autre élément marquant de la campagne : une forte pression rouille brune sur blé, sur l’ensemble du territoire. (Anne Gilet)
Biostimulants : après son rachat, Philagro France se lance dans les biostimulants
Filiale du japonais Sumitomo Chemical depuis début 2025, la société spécialisée dans la commercialisation de produits phytosanitaires Philagro France a annoncé, dans un communiqué du 30 septembre, qu'elle se lance dans le marché des biostimulants. Elle va proposer deux gammes de produits. La première comprend pour le moment un seul produit à base de phytohormones, dénommé FullGrain. Il favorise le remplissage des grains des céréales à paille et du riz et « aide ces cultures à mieux résister aux stress hydriques. Nous travaillons à étendre cette technologie à d'autres cultures et usages dans les années à venir », relate Philagro France. Il sera disponible pour la récolte 2026. La seconde, intitulée MCOM et issue de matière organique, comprend trois produits : Transtec Duo, Zircon et BoronBoost Prime. Le premier, lui aussi accessible lors de la prochaine campagne, applicable sur toutes cultures, améliore la tolérance aux stress et augmente l’activité photosynthétique. Les deux autres améliorent « les processus métaboliques clés, tels la floraison et la pollinisation, permettant une meilleure nouaison et un meilleur développement des fruits ».
Acétamipride: vers la fin de son usage chez les particuliers dans l'UE
L’acétamipride ne sera plus commercialisé comme biocide contre les fourmis, cafards ou autres nuisibles domestiques en Europe, à partir de 2027, a appris l'AFP auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa). L’ONG Génération Futures a annoncé le 30 septembre qu’aucun industriel et notamment le principal fabricant Nisso, n’avait déposé de renouvellement de demande d’autorisation de commercialiser les biocides ménagers contenant cette substance. La date butoir pour un dépôt de demande était fixée au 30 juillet. «Aucune demande de renouvellement d’autorisation de mise sur le marché n’a été présentée pour l’acétamipride», substance active de nombreux insecticides ménagers, a confirmé l’Echa à l’AFP. Les biocides ménagers contenant ce puissant neurotoxique de la famille des néonicotinoïdes sont autorisés jusqu’au 31 janvier 2027 au sein de l’Union européenne, date d’échéance de la précédente autorisation. Un traditionnel délai de grâce permettra la poursuite des ventes «jusqu’au 30 juillet 2027, et son utilisation sera interdite à compter «du 31 janvier 2028», précise l’Echa. Génération Futures, qui était en première ligne dans l’opposition à la réintroduction de l’usage agricole de l’acétamipride en France, «appelle désormais à son interdiction totale au niveau européen, y compris en agriculture», dans un communiqué.
Betterave à sucre : Saint Louis sucre annonce des rendements « prometteurs »
Dans un communiqué du 27 septembre, Saint Louis Sucre, spécialisé dans la production de sucre à partir de betterave, a annoncé des rendements « prometteurs » pour la récolte française 2025. Les conditions météorologiques ont été globalement favorables, confirmant les informations livrées début septembre par son concurrent Cristal Union, et ce malgré les craintes autour du retour de la jaunisse, maladie virale transmise par les pucerons. Si certains secteurs ont été affectés, les dégâts semblent dans l'ensemble limités. « Le rendement racine estimé est supérieur à la moyenne 2020-2024 sur les deux bassins betteraviers de Roye et d’Étrépagny. Le nombre de betteraves à l’hectare et leur poids nous permettent d’envisager en ce début de campagne un rendement agricole supérieur à celui des dernières années », se félicite d'ailleurs Thomas Nuytten, directeur betteravier de Saint Louis Sucre. Les usines de transformation ont démarré à la mi-septembre : le 17 pour le site d’Étrépagny et le 18 pour celui de Roye. La durée de la campagne industrielle est estimée à 125 jours, indique le transformateur.
Biocarburants aéronautiques : Global Bioenergies en redressement judiciaire
Dans un communiqué du 29 septembre, l’entreprise spécialisée dans la production de biocarburants aériens Global Bioenergies a indiqué que le tribunal commercial d’Évry a ouvert « une procédure de redressement judiciaire » à son égard. Global Bioenergies rappelle que quatre offres de reprises partielles d’actifs sont toujours sur la table. Si ces offres peuvent évoluer, aucune d’entre elles ne propose le rachat des actions ou d’investissement au capital. L’audience d’examen des offres de reprise d’actifs devrait se tenir le 3 novembre 2025. Si aucune évolution ne voit le jour avant cette date, la société sera mise en liquidation judiciaire. Pour rappel, Global Bioenergies prévoyait en juin 2023 la construction d’une usine de biocarburants aéronautiques à horizon 2028. La société espérait surfer sur la volonté des gouvernements européens et français de doper la filière, afin de décarboner le transport aérien. Mais elle n’est pas parvenue à financer son projet, en raison d’un taux d’endettement trop élevé.
UE/Mercosur : les quotas limitent les conséquences négatives pour l’élevage de l’UE (étude)
Les implications négatives de l’accord UE/Mercosur, dont le processus de ratification a récemment été lancé par la Commission européenne, pour les revenus du secteur de l'élevage pourraient être limitées grâce aux contingents tarifaires. C’est l’une des conclusions d’un article scientifique rédigé conjointement par Alexandre Gohin (Inrae) et Alan Matthews (Trinity College de Dublin), publié le 26 septembre. Dans ce document, les auteurs ont utilisé deux scénarios afin de « quantifier les impacts probables » : un prenant en compte une libéralisation totale et un autre simulant des offres d'ouverture de marché plus limitées dans les secteurs sensibles. Si l’élevage européen devrait subir une perte de revenus en raison des importations supplémentaires, les auteurs constatent toutefois que les contingents tarifaires additionnels ont un effet protecteur. Ainsi l’impact, notamment pour les secteurs de la viande bovine et de la volaille, est « fortement atténué ». Par ailleurs, leur analyse par Etat membre montre que les secteurs de l’élevage en France, en Italie et en Irlande, figurant parmi les pays opposés à la ratification, seraient les moins touchés, en comparaison avec l’Allemagne et la Pologne, principalement en raison des préférences de consommation.
Bovins : Britanny Ferries reçoit les ONG après leur action contre le transport des veaux
Après leur troisième mobilisation contre le transport de veaux non sevrés entre l’Irlande et la France, plusieurs ONG de protection animale ont été reçues par la direction de Britanny Ferries, annoncent-elles dans un communiqué le 30 septembre. La veille, CIWF France, Quatre pattes et Welfarm – avec « le soutien de L214 » – se sont mobilisées devant le siège social du transporteur à Roscoff (Finistère). Elles ont pu échanger avec le directeur général et le directeur des opérations, sans obtenir « d’engagements du transporteur », rapportent-elles. D’après leur communiqué, « une nouvelle rencontre sera organisée mi-novembre ». Les associations demandent à Britanny Ferries de « mettre fin aux transports de veaux non sevrés » et « d’explorer des alternatives garantissant la bientraitance des animaux et respectant la législation européenne ». Elles rappellent que, en vertu du droit européen, les veaux non sevrés doivent bénéficier d’un « temps de repos d’au moins une heure » après neuf heures de transport. Comme « la traversée en ferry entre l'Irlande et la France dure en moyenne 18 heures », Britanny Ferries participe « à des transports illicites », concluent-elles. Le transporteur breton a repris cette activité en mars, après trente ans d’arrêt.
Prairies : grâce aux pluies, l’herbe reprend sa pousse en septembre (Agreste)
Après avoir été stoppée par l’été chaud et sec, la pousse de l’herbe a connu un « redémarrage » en septembre grâce « au retour de température sans excès et surtout l’arrivée de pluies fréquentes », constate Agreste dans une note de conjoncture publiée le 26 septembre. C’est la première fois « depuis début mai » que la pousse est « excédentaire au niveau national », selon le service statistique du ministère de l’Agriculture. Bien que « plus tardive au nord de la Seine », l’amélioration « concerne tout le territoire ». Toutefois, en cumul depuis le début de la campagne, la pousse « reste déficitaire dans une majorité de régions » (environ les deux tiers). Au niveau national, les prairies affichent donc, au 20 septembre, un déficit de 18 % par rapport à la période 1989-2018, contre 23 % un mois plus tôt. Schématiquement, la France est coupée en deux par une ligne « reliant le Pays basque à l’Alsace ». Les régions fourragères situées au nord de celle-ci sont toujours en déficit, en particulier les Hauts-de France (58 % de la moyenne) et les Pays de la Loire (68 %). Celles du sud, au contraire, sont dans la normale ou en excédent : 91 % pour l’Occitanie, 89 % pour Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, ou encore 130 % pour la région Paca.
Influenza : l’UE rouvrira totalement ses portes à la volaille du Brésil le 2 octobre
Le 2 octobre marquera la reprise des importations dans l’UE de viandes de volailles en provenance de l’ensemble du territoire brésilien, comme l’indique un communiqué du ministère de l’Agriculture du Brésil le 22 septembre. Le Brésil a recouvré à la mi-juin son statut de pays indemne d’influenza et l’UE a accepté le 22 septembre de reprendre graduellement les importations : à compter du 23 septembre pour des viandes produites à partir du 18 septembre dans tous les Etats sauf celui du Rio grande do Sul où un foyer d’influenza a été traité ; à compter du 2 octobre pour des produits provenant de cet Etat (en dehors du périmètre du foyer). Le même communiqué annonce le commencement d’un audit de l’autorité sanitaire de Chine. « La mission technique [chinoise] est considérée comme une étape essentielle pour la reprise des exportations vers le marché chinois, dernière grande destination à maintenir les restrictions sur la viande de poulet brésilienne », souligne le communiqué.
Porc : dans le Lot, l’abattage porcin à l’arrêt pour non-conformités à Saint-Céré
La préfecture du Lot a enjoint par notification, ce 27 septembre, l’abattoir intercommmunal multi-espèces de Saint-Céré de suspendre l’abattage de porcs, rapporte La Dépêche du Midi le 30 septembre. La Force d’intervention nationale des abattoirs (Fina) avait relevé des non-conformités quant à cette espèce, qui représente près de la moitié de l’activité de l’outil selon communauté de communes Causse Vallée de la Dordogne. Cet incident fait réagir la FDSEA et les JA du Lot. Dans un communiqué du 30 septembre, les deux syndicats demandent « un soutien clair, ferme et sans ambiguïté de l’État et des services concernés » pour « préserver cet outil collectif au service des éleveurs et des consommateurs ». Ils invoquent le risque de « condamner une partie de l’élevage lotois », « d’allonger les distances d’abattage », « d’augmenter les coûts pour les producteurs » et » d’accentuer la dépendance aux structures industrielles éloignées ». En mai 2023 le journal Les Marchés informait que l’abattoir venait de bénéficier de près de 700 000 euros d’investissement et de passer sous le statut de Société d'économie mixte. Les éleveurs et la direction doivent se réunir ces prochains jours à l’initiative de la FDSEA et des JA du Lot.
Salades en sachet : les maraîchers fournisseurs veulent une « revalorisation significative »
Dans un communiqué de presse le 29 septembre, l’association Leg 4G, qui regroupe les maraîchers producteurs de salades destinées au marché du prêt à l’emploi, tire la sonnette d’alarme sur la situation de leur secteur. D’une part, ils sont confrontés « à une baisse des rendements », venant de la moindre utilisation d’intrants et de l’adaptation des producteurs aux aléas climatiques, ce qui entraîne des difficultés économiques. « Dans le même temps, les prix des salades prêtes à l’emploi dans les rayons stagnent depuis dix ans, toutes variétés confondues, alors que les prix consommateurs d’autres produits alimentaires ont largement été revalorisés », dénonce-t-elle. Et ce, dans un contexte où la consommation affiche une croissance très significative des achats de +7,7% en volume depuis le début de l’année 2025 par rapport à l’an passé. « Sans revalorisation significative des prix de nos productions, notre désengagement va s’accélérer et aboutir dans les dix prochaines années à la disparition de notre activité de maraîchage pour ouvrir un peu plus grand les portes aux importations », alerte Loïc Letierce, président de l’Asso Leg 4G. Il rappelle que les surfaces consacrées aux salades sont diminué de 26% depuis 2019. Le nombre de maraîchers a, lui, baissé de 9% dans le même temps.
Melon : de bons volumes, mais des prix bas en 2025 (ministère)
Selon les prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) arrêtées au 1er septembre, la production française de melons est estimée à 324 800 tonnes pour la campagne 2025, en hausse de 4% par rapport à 2024 et supérieure à la moyenne quinquennale (+ 11 %). Elle augmenterait dans l’ensemble des régions enquêtées à l’exception notable de la région Poitou-Charentes en raison d’un recul important des surfaces (- 9 %). Les surfaces nationales progresseraient, en hausse de 2 % sur un an, à 13 540 hectares, uniquement grâce une hausse dans le bassin Sud-Est. Par ailleurs, « les épisodes de forte chaleur du début de l’été ont induit un arrosage important de la part des melonniers, ce qui a permis la production de fruits de gros calibre et contribué à augmenter les volumes produits en 2025 », souligne Agreste. Après quelques soucis de nouaison qui ont impacté les rendements en début de campagne, ils se sont améliorés en juillet. Par ailleurs, la canicule de début juillet a favorisé la maturité globale des parcelles et induit une production massive. Cela a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande qui a pesé sur les cours. Sur juillet, les prix ont été inférieurs de 8 % à ceux de la campagne 2024 et de 13 % à la moyenne 2020-2024 avant de se redresser en août, avec moins de volumes.
Banane : Chiquita plante ses premiers bananiers en Italie, en agriculture bio
L’entreprise américaine Chiquita va produire pour la première fois des bananes en Italie, en partenariat avec la coopérative agricole sicilienne Alba Bio, rapporte le média agricole italien Fruitbook Magazine le 29 septembre. Les premiers fruits devraient arriver sur le marché en 2026. La phase opérationnelle a débuté avec la plantation de 20 000 bananiers biologiques à Marina di Ragusa, au sud-est de la Sicile, où Alba Bio mène depuis plusieurs années des essais sur la variété Cavendish. L’entreprise agricole avait alors mené ses expérimentations sous serre froide, profitant de la douceur du climat côtier pour assurer une production continue. « Nous sommes particulièrement fiers de lancer cette production en Sicile qui, grâce à son climat idéal et l’expérience des communautés locales, offre le cadre parfait pour un défi aussi ambitieux, souligne Costabile Romano, directeur commercial de Chiquita Italie. Selon les promoteurs du projet, l’initiative s’inscrit dans une démarche de production plus durable. « Nos tests montrent qu’il est possible de produire des bananes biologiques italiennes avec des rendements compétitifs et une empreinte carbone quasi nulle, car elles n’ont pas à traverser les océans », souligne Vittorio Gona, responsable de la coopérative Alba Bio, à Fruitbook Magazine.
Adaptation au changement climatique : la BEI va doubler ses financements
La Banque européenne d'investissement (BEI), bras financier de l'UE, va doubler ses financements de projets d'adaptation au changement climatique sur les cinq prochaines années, a-t-elle annoncé le 30 septembre. La 2e phase de la feuille de route climatique de la BEI, qui a été adoptée par son conseil de direction, prévoit de porter ces aides à 30 Md€ sur la période 2026-2030, selon un communiqué. « Ce soutien accru va cibler l'agriculture, la gestion de l'eau, les entreprises, villes et régions, et les communautés les plus vulnérables » au changement climatique, explique la BEI. La BEI veut aussi placer les intérêts des consommateurs au cœur de ses investissements dans les énergies décarbonées, en mettant plus fortement l'accent sur les projets qui contribuent à « la compétitivité, la sécurité d'approvisionnement et à des prix plus bas ». Elle se met également au diapason d'un des mantras de la Commission européenne, la simplification des procédures. Dans ce domaine, elle espère réduire « radicalement » le fardeau administratif des entreprises qui sollicitent ses financements, par exemple en supprimant les obligations redondantes et en recourant à des autoévaluations.
Consommation : contre les fraudes, la DGCCRF et l’Ademe signe un « protocole de coopération »
La DGCCRF (répression des fraudes) et l’Ademe ont signé un « protocole de coopération » destiné à renforcer le partage d’informations dans le domaine de la consommation, ont annoncé les organismes publics dans un communiqué du 30 septembre. Ce rapprochement vise à renforcer « la lutte contre les fraudes » et à aller vers une meilleure « prise en compte des enjeux de transition écologique » pour un « soutien à une consommation plus soutenable », affirment la DGCCRF et l’Ademe, soulignant leur rôle « complémentaire ». La collaboration entre les deux organismes portera notamment sur la surveillance des « allégations, labels et scores environnementaux », la « prévention et la gestion des déchets » et le « rôle de la publicité ». La DGCCRF, rattachée au ministère de l’Économie, est chargée de lutter contre les fraudes et les pratiques commerciales trompeuses. Des sujets de plus en plus présents dans le champ de la transition écologique et énergétique, à travers notamment le greenwashing (ou écoblanchiment) qui consiste à vendre un produit en utilisant l’argument écologique, quitte à induire le consommateur en erreur. Des enjeux sur lesquels l’Ademe, opérateur de l’État placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, cultive une expertise depuis sa création.
Ouvriers agricoles : prison ferme pour les membres un réseau d’immigrations illégales
Le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan (Landes) a condamné à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison ferme dix prévenus de nationalités colombienne, équatorienne et vénézuélienne, impliqués dans un réseau d’immigration illégales d’ouvriers agricoles, rapporte l’AFP le 30 septembre. L’enquête menée par l’antenne d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants, en collaboration avec les polices espagnole et colombienne ainsi que l’agence Europol, avait débuté en 2023 après une demande de vérification de documents d’identité espagnols par la Mutualité sociale agricole des Landes. Elle a permis de découvrir ce réseau qui a sévi de janvier 2022 à juin 2024. « Les faussaires vendaient des faux papiers mais ils en louaient aussi de véritables, avec un droit d’entrée à 1.000 euros puis un tarif mensuel de 250 euros", selon un commandant de la Police aux frontières interrogé par l’AFP. La tête pensante du réseau, une Équatorienne de 53 ans, a été condamnée à cinq ans ferme et 15 000 euros d’amende, avec interdiction définitive du territoire français, pour faux, blanchiment d’argent et aide au séjour irrégulier sur le territoire français. Pour les autres, les peines vont d’un an à quatre ans de prison ferme.
Enseignement : l’Onisep épinglé pour des partenariats avec la FNSEA et Bayer
Dans un article (payant) publié le 28 septembre, Mediapart épingle l’Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep), dont des brochures sont produites avec la FNSEA, Bayer ou encore Sanofi. Il en est ainsi du « zoom » consacré aux métiers de l’agriculture. Cette brochure a comme seul partenaire la FNSEA, coauteur de l’éditorial et dont le logo figure en première page. « Il y a une multitude de témoignages et rien ne met en avant ce qu’est la FNSEA et ce qu’elle porte », assure auprès de Mediapart la directrice générale par intérim de l’Onisep, qui insiste en outre sur « la neutralité totale des agents de l’Onisep » et sur le fait qu’une charte encadre le travail avec les partenaires.
Partis politiques : Céline Imart désignée secrétaire départementale de LR dans le Tarn
L’eurodéputée et céréalière Céline Imart a été désignée, le 29 septembre, secrétaire départementale du parti Les Républicains dans le Tarn. Également nommée vice-présidente de sa formation politique en juin, elle aura pour mission d’assurer « le lien entre le siège national et la fédération LR du Tarn, actuellement sans président départemental », précise un communiqué du même jour. Elle remplace dans cette fonction Marie-Louise At. Céline Imart a été vice-présidente nationale des Jeunes agriculteurs de 2014 à 2018, élue nationale à l’AGPM (maïsiculteurs, FNSEA) et porte-parole d'Intercéréales, avant de devenir eurodéputée. Tout juste élue, elle s'était distinguée en apportant son soutien à Éric Ciotti lorsque celui-ci avait annoncé son projet d'alliance avec le RN, avant de se rétracter le lendemain.