Bio: les crédits de l'Agence bio rétablis dans le budget issu de la commission mixte paritaire
Dans la version de compromis du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, adoptée le 31 janvier par une commission mixte paritaire (CMP), réunissant députés et sénateurs. projet de budget de l'Etat, les crédits de l'Agence bio, supprimés au Sénat, ont été rétablis, comme promis par le gouvernement. Toutefois, ce texte commun, validé à l'initiative de la coalition gouvernementale majoritaire au sein de cette CMP, doit être soumis à l'Assemblée lundi, avec l'utilisation probable du 49.3 par le Premier ministre François Bayrou, qui peut toujours l'amender jusqu'à la dernière minute. Le 27 janvier, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait déclaré à l'AFP que le gouvernement ne supprimerait pas l'Agence bio, menacée de disparition après le vote mi-janvier au Sénat d'un amendement auquel elle ne s'était pas opposée. Le président de l'Agence bio s'était réjoui le 29 janvier de l'annonce de la ministre de l'Agriculture en faveur du maintien de cette plateforme, tout en soulignant qu'il fallait encore que cette pérennisation soit «concrétisée». «Il faut que ce soit concrétisé et gravé dans le marbre, quitte à ce qu'on regarde de façon plus large la mission de l'Agence bio et (...) peut-être, élargir ses missions», avait déclaré Jean Verdier, auditionné devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale.
Haies: unanimité au Sénat pour la PPL écolo, pas de crédit d'impôt (presse)
Examiné le 30 janvier au Sénat, la proposition de loi (PPL) des écologistes Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et Joël Labbé (Morbihan) «en faveur de la préservation et de la reconquête de la haie» a été adoptée - fait rare - à l'unanimité des votants présents. Le sénateur Salmon a d'ailleurs invité tous les sénateurs présents à prendre un pot à la fin de la séance. Purgé de sa proposition de crédit d'impôt, le texte définit, dans la lignée du Pacte pour la haie du gouvernement, ce qu'est la «gestion durable» des haies, sa certification, et fixe des objectifs au gouvernement (p.ex. 500 000 t/an de MS, dont 70% gérés durablement d'ici 2030). Réunis en commission mixte paritaire (CMP) depuis le 30 janvier, les parlementaires ont, selon le quotidien Le Monde, rejeté le crédit d'impôt pour les haies dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, une disposition qui avait été adoptée par amendement à l'Assemblée, avec sagesse du gouvernement, avant la motion de censure. L’amendement transpartisan instaurait un crédit d’impôt pour la «gestion durable» des haies. Son montant est de 60% des dépenses engagées pour les frais de certification et de gestion durable. Par ailleurs, le budget consacré au Pacte pour la haie est passé à 30 millions d'euros, contre 89 millions en 2024, souligne Le Monde.
Coopératives céréalières : le HCCA travaille sur la création d'un fonds de 1 Md€ d’ici à 2030
Le HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole) travaille sur la création d'un «fonds de 500 millions d'euros (M€) à 1 milliard d'euros (Md€)» destiné à financer les besoins d'investissement des coopératives céréalières françaises, a annoncé François Macé, président de sa section économique et financière le 31 janvier à Paris. «Nous avons lancé un appel à manifestation d'intérêt le 20 décembre 2024», précise-t-il. Plus en détail, il s'agirait de réunir entre 450 à 500 M€ «dès que possible», et d'atteindre les 1 Md€ «d'ici à 5 ans». Les objectifs du fonds sont multiples: aider les coopératives dans la mise en place de leur Plan infrastructure 2030, moderniser leurs outils de transformation (meunerie, boulangerie etc.), ou encore accélérer leur décarbonation. Les contributions au fonds émaneraient de coopératives, mais aussi d'institutions telles que Sofiprotéol, Crédit Agricole, Unigrains, Natixis, Groupama, la Banque Européenne d'Investissement (BEI), la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), ainsi que d'autres fonds privés.
Coopératives: Cérésia se réorganise pour faire des économies, 33 silos fermés d'ici 2027
Face à l'inflation, et à un contexte économique maussade pour les agriculteurs, après les mauvaises récoltes de l’été 2024, la coopérative champenoise Cérésia a annoncé avoir engagé un plan de transformation lui permettant de réaliser près de 9 M€ d’économies par an, d’ici 2027. 33 silos sur les 141 que compte la coopérative, seront fermés. L’objectif est de conserver un point de collecte à vingt minutes de tracteur maximum des exploitations des adhérents. D’autre part, les régions commerciales passeront de cinq à trois. Enfin, le nombre d’administrateurs va passer de 32 à 23, et 44 postes salariés seront progressivement supprimés. «Nous allons conduire cela sans licenciement», a cependant rassuré Antoine Haccard, président de Cérésia. Les postes supprimés seront issus de départs en retraite et du turnover de l’entreprise. Après un résultat net record de 14,7 M€ en 2022-2023, dû à la cession des titres détenus dans Tereos agro-industrie, Cérésia a été à l’équilibre lors de la dernière campagne, avec un résultat net de 0,4 M€. La coopérative escompte des volumes en retrait de 30 % environ sur la dernière récolte, ce qui aura un impact conséquent sur l’exercice 2024-2025. (Elena Blum)
Pomme de terre : Natup lance une nouvelle ligne de production de frites précuites
En partenariat avec l‘entreprise normande Pierre et Lucas, le groupe coopératif Natup et sa filiale Lunor (spécialisée dans la transformation de pommes de terre et de légumes) lancent une nouvelle ligne de production de frites fraîches précuites à Luneray (76), ont-ils annoncé dans un communiqué le 31 janvier. Natup «proposera des contrats spécifiques à ses adhérents (producteurs de pomme de terre), offrant une garantie de rémunération optimisée» pour alimenter la ligne de production, peut-on lire dans le communiqué. Le projet comprend un investissement (dont le montant n’a pas été divulgué) destiné à moderniser un bâtiment déjà existant, qui accueillera donc la nouvelle ligne, sur plus de 1 000 m². Le groupe coopératif espère démarrer la production à partir du printemps 2025, qui nécessitera l’embauche de 15 personnes. «La frite fraîche est une première étape, suivie prochainement de la construction d’une nouvelle usine Lunor, également à Luneray (76), dédiée à la production de plats préparés à base de pommes de terre», ajoute le communiqué. L’ouverture de cette dernière usine est prévue pour fin 2026.
Boissons sucrées: l'industrie du sucre dénonce une hausse de taxe «injuste et disproportionnée»
Plusieurs organisations professionnelles de l'industrie sucrière, de l'agroalimentaire et de l'hôtellerie-restauration ont protesté le 1er janvier contre l'augmentation prévue de la taxe sur les boissons sucrées, jugée «injuste et disproportionnée», alors que le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) sera réexaminé à partir de lundi à l'Assemblée nationale. «Le doublement incompréhensible de la taxe sur les boissons sucrées (...) imposerait 400 millions d'euros de prélèvements supplémentaires à nos entreprises», ont estimé dans un communiqué commun la Confédération générale des planteurs de betteraves, le Syndicat national des fabricants de sucre, le Syndicat des boissons sans alcool, l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), la Fédération nationale des boissons (FNB), l'Union des métiers de l'hôtellerie-restauration (UMIH) et le Groupement des hôtelleries et restaurations de France. Lors de la discussion du PLFSS au Sénat, en novembre, les sénateurs ont alourdi, avec le soutien du gouvernement, la fiscalité sur les "boissons à sucres ajoutés" déjà votée par les députés, avec un barème croissant en fonction de la teneur en sucre. Le ministère de l'Economie et des Finances avait estimé le 23 janvier que cette mesure pourrait rapporter 300 millions d'euros.
Vin: les eurodéputés appellent Bruxelles à agir pour faire face à la crise du secteur
Dans un courrier en date du 31 janvier et adressé au commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, les eurodéputés de l’intergroupe vin et spiritueux du Parlement européen alertent Bruxelles sur le «besoin urgent» d’une proposition législative de l’UE dans le secteur du vin pour faire face à la crise de la filière. Pour eux, l’exécutif européen «ne devrait pas attendre la prochaine réforme de la PAC pour modifier la législation, car il serait trop tard pour beaucoup dans l'UE». En outre, ils estiment que les recommandations politiques du groupe à haut niveau sur le vin, qui a rendu ses conclusions en décembre 2024, devraient être intégrées à la proposition la Commission européenne visant à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire, en cours de discussion. Une demande similaire à celle formulée par la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie à l’occasion du Conseil Agriculture du 27 janvier. Face aux eurodéputés de la commission de l’Agriculture, lors d’un échange le 29 janvier, Christophe Hansen a indiqué qu’il trancherait sur cette question d’ici au prochain débat prévu sur le sujet avec les parlementaires, prévu le 10 février.
Taxes américaines: le Mexique annonce des mesures tarifaires de rétorsion
Le Mexique, qui a récemment conclu un accord commercial avec l'Union européenne, a répondu par la fermeté le 2 février aux droits de douane de 25% imposés par le président américain Donald Trump, qui menacent ses exportations, sa croissance et sa monnaie, d'après les analystes. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a immédiatement annoncé «des mesures tarifaires et non tarifaires en défense des intérêts du Mexique», dont 83% des exportations partent chez le voisin américain (automobiles, ordinateur, produits agricoles). Le Mexique enregistre de forts excédents dans son commerce avec les Etats-Unis, ce qui a conduit M. Trump à affirmer que son pays «subventionne le Mexique». La présidente de gauche nationaliste n'a cependant pas détaillé ces «mesures tarifaires» ni donné de calendrier, à la différence du Premier ministre canadien Justin Trudeau avec qui elle s'est entretenue samedi.La taxation à 25% des importations par les Etats-Unis «représente une menace directe pour la compétitivité de l'Amérique du Nord et la stabilité économique de notre pays», s'est inquiété le syndicat patronal Coparmex. «Les exportations d'automobiles, de pièces détachées, d'ordinateurs, de produits électro-ménagers et de produits agricoles seront sérieusement affectées, ce qui pourrait se traduire par un sévère ralentissement économique».
UE/Mercosur: l'Assemblée adopte deux résolutions, dont l'une pour «inverser la charge de la preuve»
Les députés ont adopté le 30 janvier deux propositions de résolution européenne, déposées respectivement par le PS et La France insoumise, s'opposant à l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur. La résolution des Insoumis «invite le gouvernement français à signifier à la Commission européenne son refus de l'accord», ainsi que «son opposition» à une adoption «contournant la ratification par les Parlements nationaux». Le texte porté par les socialistes reprend les mêmes dispositions, mais va plus loin en demandant l'inscription dans le droit européen de «mesures miroirs», visant à obliger les exportateurs vers l'Union européenne à respecter les normes sociales et sanitaires en vigueur sur le vieux continent. Les deux textes ont été adoptés à l'unanimité, avec un positionnement toutefois différent. Le député Dominique Potier, qui portait le texte socialiste, a défendu dans l'hémicycle l'utilité de «véritables mesures miroirs». Pointant des contrôles inefficaces sur les produits entrant en Europe, il a proposé, pour les faire respecter, «un principe général d'inversion de la charge de la preuve», obligeant les exportateurs vers l'Europe à démontrer le respect en amont des conditions de production exigées par l'Union européenne. Et ce grâce à un certificat délivré par un organisme tiers agréé par l'UE.
Indemnisations FCO: les éleveurs ont jusqu’au 14 février pour demander le solde
Le guichet pour le solde des indemnisations des pertes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) a ouvert le 30 janvier sur le site de FranceAgriMer; les éleveurs concernés ont jusqu’au 14 février pour déposer leur dossier. Cette enveloppe de 75 M€ annoncée en octobre 2024 couvre les pertes dues au sérotype 3 pour les bovins, ovins et caprins, ainsi que celles dues au sérotype 8 pour les seuls ovins et caprins. «Les premiers paiements (pour les dossiers les plus simples) arriveront avant la fin du mois de février», estime FranceAgriMer, confirmant une annonce de la ministre de l’Agriculture. Peuvent émarger aux dispositifs les élevages confirmés foyers entre le 5 août et le 31 décembre 2024 pour la FCO-3, ou entre le 1er juin et le 31 décembre 2024 pour la FCO-8. L’aide prend en charge 100% des pertes (après déduction de la mortalité de référence). Des barèmes sont établis par catégorie d’animaux (espèce et âge): de 300 à 2500 € pour les bovins, de 162 à 330 € pour les ovins, et de 225 à 451 € pour les caprins. Alors que la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) demandait que les animaux mort-nés soient indemnisés, les avortements ne sont «pas intégrés au calcul de l’aide», selon une notice d’explication. Les seules mortalités prises en charge «sont celles recensées en catégorie «mort» dans la BDNI (Base de données nationale d'identification)».
Bovins/MHE: le vaccin Hépizovac sera de nouveau disponible «mi-février» (laboratoire)
Le vaccin Hépizovac contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) fera «son retour sur le marché mi-février», annonce le laboratoire Ceva Santé animale (qui commercialise ce produit en France) dans un message envoyé à ses clients le 31 janvier. Il est «actuellement en rupture d'approvisionnement pour une courte durée», selon le groupe français. Le vaccin est désormais à la charge des éleveurs dans l’ensemble du territoire, la campagne de vaccination publique s’achevant le 31 janvier. L’État avait commandé deux millions de doses pour financer la vaccination dans une bande tampon à la limite de la zone régulée. Selon le dernier bilan au 30 janvier, l’Hexagone comptait 3658 foyers de MHE depuis le 1er juin 2024, situés dans 34 départements de l’Ouest et du Sud-Ouest. La MHE n’est pas la seule maladie animale pour laquelle les vaccins manquent: les éleveurs confrontés à la fièvre catarrhale ovine (FCO) font également face à des ruptures de stock, avec des délais de réapprovisionnement allant de plusieurs semaines à plusieurs mois. La vaccination – poussée notamment par les éleveurs de la FNB (bovins viande, FNSEA) – fait partie des sujets traités lors des Assises du sanitaire animal, qui ont été lancées le 30 janvier.
Lait/Lactalis: la FNPL et les JA alertent sur les cas des jeunes installés et des bio
Dans un communiqué du 29 janvier, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) et les Jeunes agriculteurs indiquent qu’ils «accompagnent les éleveurs» qui ne seront bientôt plus collectés par Lactalis. Presque quatre mois après l’annonce de l’industriel d’une réduction de sa collecte, «certains producteurs conventionnels ont reçu un courrier de résiliation ces derniers jours», indique le directeur de la FNPL Benjamin Guillaumé à Agra Presse. Plus largement, les syndicats alertent sur deux cas de figure: d’une part «les éleveurs récemment installés qui, sur la base d’engagements récents de volumes de Lactalis, ont investi ces dernières années»; et d’autre part les producteurs bio. À ces derniers, «Lactalis dit: "On ne souhaite pas se séparer de vous. Mais si vous voulez rester, il faut passer en conventionnel"», rapporte le directeur de la FNPL. Autres écueils soulevés par le syndicat: les investissements provoqués par le changement de laiterie à venir (rachat éventuel de tanks à lait, changements de cahier des charges). Pour financer ces surcoûts, «il y aura un sujet d’indemnités de la part de Lactalis, mais aussi d’autres sujets», estime M. Guillaumé. Et de préciser que «nous nous donnons trois semaines pour recenser les différents cas auprès de nos sections départementales».
Volaille : les aviculteurs du Royaume-Uni font pression pour un vaccin anti-influenza
Plusieurs organisations de producteurs de volailles et d’œufs du Royaume-Uni ont appelé le 31 janvier le gouvernement britannique à autoriser la vaccination contre l’influenza, mais Londres craint pour l’exportation, en particulier de génétique aviaire. «Pour la stabilité à long terme du secteur de la volaille britannique, il est essentiel que le ministère de l'Agriculture recentre en priorité ses efforts sur un plan pour la vaccination contre la grippe aviaire», estime le responsable de la branche volailles du principal syndicat agricole NFU, James Mottershead. La vaccination pourrait être «un outil important pour lutter contre cette horrible maladie», abonde auprès de l'AFP Gary Ford, le porte-parole de l'association des éleveurs de poules pondeuses en plein air. Ce dernier met en avant l’inquiétude des éleveurs alors que 27 foyers de grippe aviaire ont été signalés au Royaume-Uni, dont 26 en Angleterre et un en Ecosse. Le dernier cas a été confirmé vendredi matin dans le South Norfolk (est de l'Angleterre). Interrogé cette semaine à la chambre des Communes, le secrétaire d'Etat à l'Agriculture au sein du gouvernement travailliste, Daniel Zeichner, a toutefois affirmé que le gouvernement "considérait" le sujet.
Volaille/vaccination : prochain chantier, la levée des restrictions des importateurs de canard
L’interprofession de la volaille de chair, Anvol, salue dans un communiqué la réouverture des frontières des Etats-Unis et du Canada aux volailles françaises depuis la vaccination, mais appelle aux levées des restrictions demeurant sur le canard, dans ces pays ainsi qu’au Royaume-Uni. Dans son communiqué du 31 janvier 2025, Anvol se réjouit d’une «première victoire, importante notamment pour les exportations en matière de génétique». Mais après ce «succès de la diplomatie sanitaire engagée par la France pour informer les pays de l’efficacité de sa stratégie de vaccination», l’interprofession appelle les autorités à poursuivre les discussions sur les canards vaccinés. Anvol demande également le retour au Royaume-Uni des produits de canard, où ils ne sont plus admis depuis mars 2024 du fait de la vaccination. Agra Presse a eu connaissance d’un audit britannique réalisé fin 2024 sur la surveillance du virus chez les canards vaccinés, dont les conclusions restent inconnues. Cet audit visait à vérifier que la viande crue de canard importée au Royaume-Uni était indemne d’influenza.
Élevage/bien-être animal: l’OABA a recueilli plus de 3000 animaux en 2024, un record
Dans un communiqué du 30 janvier, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) indique avoir recueilli 3149 animaux d’élevage en 2024, «un chiffre en hausse significative par rapport aux années précédentes (+40%)». Un niveau «jamais atteint auparavant», note l’association sur son site web. «La crise agricole complique l’évolution des pratiques et accroît les cas de maltraitance animale», explique-t-elle dans son communiqué. Connue notamment pour son combat contre l’abattage sans étourdissement, l’OABA prend aussi en charge de nombreux animaux d’élevage en cas de maltraitance. Cette activité de sauvetage représente «un coût estimé à un million d’euros, majoritairement financé par les dons de 6500 généreux contributeurs et du soutien de l’État à hauteur de 200 000 euros». En 2024, les dépenses totales de l’OABA ont «dépassé les deux millions d’euros», précise son site web. Autre projet qui «mobilise une part importante du budget»: le «Troupeau du bonheur», un réseau de 43 fermes partenaires qui accueillent à vie les animaux sauvés (ils sont actuellement 649). Une activité également en développement: l’OABA prévoit en 2025 de «recruter de nouveaux partenaires» et «d’encourager les parrainages afin de sauver davantage d’animaux maltraités».
Algues vertes: le rapport d’autopsie d’un joggeur décédé est introuvable (presse)
Le rapport d’autopsie du joggeur de 26 ans décédé en 1989 à Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d’Armor (Bretagne) est «introuvable», rapporte le quotidien Ouest-France le 29 janvier (article payant). Persuadé que Jacques Thérin est mort part intoxication de sulfure d’hydrogène (H2S), issu de la putréfaction des algues vertes échouées sur le littoral, l’ancien médecin urgentiste Pierre Philippe s’était promis d’obtenir les résultats de l’autopsie pour le prouver. Dans un courrier reçu le 23 décembre, le procureur de la République de Saint-Brieuc lui indique qu’il n’a retrouvé «aucune trace d’une procédure concernant [Jacques Thérin] au sein du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc», ni au sein des archives de la Gendarmerie nationale. Les archives départementales n’ayant pas été en mesure de localiser le document, il «n’est d’ailleurs absolument pas certain que cette autopsie ait été réalisée dans un cadre judiciaire», précise le procureur. Autre éventualité, le rapport aurait pu être détruit vu que «la durée de conservation des procédures classées sans suite (notamment les procédures classées sans suite relatives aux morts suspectes ou suicides) était de vingt ans avant leur destruction».
Syndicalisme: des tensions mais pas de séparation entre la CR et France Grandes cultures
Malgré la tentative d'exclusion de Damien Brunelle de la Coordination rurale (CR) en tant que président de son syndicat départemental, en août, les relations avec l'association spécialisée France Grandes cultures (FGC), dont il est aussi président, ne sont pas rompues, indique la présidente de la CR, Véronique Le Floc'h, interrogée par Agra Presse. Pas question de désolidarisation entre la centrale et son association spécialisée: «Le sujet n'est pas sur la table», assure l'éleveuse, qui a assisté à la dernière assemblée générale de FGC, même si elle reconnait que son président «n'est pas toujours d'accord». Exclu du comité de direction de FGC il y a un peu plus d'un an, le porte-parole de la CR Patrick Legras estime de son côté que le syndicat spécialisé «ne s'exprime plus au nom de Coordination rurale» et serait devenue «une structure en marge». Début janvier, cet agriculteur de la Somme a organisé un congrès intitulé «Céréales et grandes cultures» dans sa région. De son côté, le président de France Grandes cultures ne souhaite pas couper les ponts avec la Coordination rurale; il estime que la vocation de son syndicat est «de défendre les idées historiques» de la CR, se revendiquant d'une tendance davantage «légaliste» et opposée aux actions violentes.
Grève à l'OFB: «participation historique» face aux tensions avec le monde agricole
Les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB), dont l'action est remise en cause par des responsables politiques et syndicats agricoles, ont manifesté le 31 janvier lors d'un mouvement de protestation inédit, pour exprimer leur «mal-être» et réclamer davantage de soutien des pouvoirs publics. L'appel national à la grève a été très suivi, avec «plus de 62%» de participation au niveau des services en métropole et Outre-mer, a indiqué la direction de l'organisme public. «C'est un taux historique, jamais atteint depuis la création des différents établissements constitutifs de l'OFB» en 1972, a-t-elle ajouté. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs départements. Ainsi à Aix-en Provence, une trentaine d'agents se sont rassemblés vendredi matin, en tenue de travail devant la sous-préfecture, avec des pancartes affichant: «Attaquer le droit et la police de l'environnement nuit gravement à la santé !» A Pau, ils étaient une cinquantaine, venus des Pyrénées-Atlantiques mais aussi du Lot-et-Garonne, des Landes, de Gironde ou des Hautes-Pyrénées, venus pour protester contre le «désaveu de nos gouvernants», avant d'être reçus par la préfecture.
Pesticides/riverains: Corinne Lepage va au contentieux pour son «action collective»
Le cabinet d’avocats de Corinne Lepage (ex-ministre de l’Environnement) annonce avoir saisi le tribunal administratif de Paris vu «le silence gardé par le gouvernement» à la suite de son «action collective» pour les riverains victimes de pesticides dans les lieux d’épandage. Le gouvernement avait un «délai imparti de deux mois» pour répondre mais ne l’a pas fait, justifie le cabinet Huglo Lepage dans un communiqué le 29 janvier. Lancée le 16 septembre, l’action collective vise à «obtenir la reconnaissance du statut de victime et une réparation de l’Etat» pour les premiers quinze dossiers complets constituant la «première salve» de cette action. L’objectif est aussi de créer «un fonds d’indemnisation» pour les riverains et de «faire évoluer la règlementation» pour «faire cesser de telles expositions». La «deuxième salve» initialement annoncée pour octobre 2024 est finalement prévue «d’ici la fin du mois de février». Interrogé sur les raisons de ce report, le cabinet d’avocats explique que «le temps de constitution d’un dossier est long pour les victimes et nous avons fait le choix de mener la première procédure préalable jusqu’au recours contentieux avant d’entamer la deuxième salve».
Néonicotinoïdes: action symbolique d'apiculteurs devant la permanence du sénateur Duplomb
Plus d'une centaine de personnes, dont des apiculteurs, se sont rassemblées le 1er janvier au Puy-en-Velay pour monter un mur de
ruches vides devant la permanence du sénateur LR Laurent Duplomb, un des auteurs de la proposition de loi visant à réintroduire en France des pesticides néonicotinoïdes autorisés ailleurs en Europe. Entre 130 personnes, selon la préfecture, et 200 dont une cinquantaine d'apiculteurs, selon un participant, se sont retrouvées dans le calme pour dénoncer le possible retour de ces pesticides nocifs pour les abeilles. Le Sénat a ouvert la voie, fin janvier, à la réintroduction, à titre dérogatoire et exceptionnel, de l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033. «Cette politique agricole est mortifère, elle détruit la faune sauvage, elle détruit les insectes, elle détruit les paysans et les paysannes puisque c'est que l'agriculture des gros», a dénoncé Hervé Braud, apiculteur et membre de la Confédération Paysanne de Haute-Loire, qui a pris la parole lors de ce rassemblement aux côtés du syndicat des apiculteurs du département. Les partisans de la mesure au Sénat ont notamment défendu une mesure de compromis qui «cible les filières dans l'impasse et en crise».
Machinisme : dans le Grand Est, le concessionnaire Ackermann acquiert ACS Andelfinger
Le groupe Ackermann, concessionnaire New Holland et sociétaire Promodis, qui opère dans le Grand ESt, a annoncé l’acquisition d’ACS Andelfinger, entreprise située dans le Haut-Rhin. À compter du 1er janvier 2025, la société Ackermann a été rebaptisée ACS Agriculture, et a poursuivi ses activités historiques, au sein du groupe Ackermann, et aux côtés des trois autres entreprises que sont Ackermann, Niess Agriculture et Niess Mac. Cette acquisition permet au groupe de renforcer sa présence en Alsace et de consolider sa position de leader dans la vente et le SAV d’équipements agricoles, pour l’agriculture mais aussi des espaces verts. Le groupe Ackermann dispose désormais de 200 employés, répartis sur les deux sites d’ACS Anderlfinger, situés dans le Haut-Rhin, ainsi que sur neuf autres sites répartis entre le Bas-Rhin, la Moselle et la Meuse. (Elena Blum)
Vin: Stéphane Zanella, nouveau directeur général de Terre de Vignerons
Le groupe coopératif Terre de Vignerons a nommé Stéphane Zanella à sa tête. Le nouveau directeur général prend également les rênes du négoce Producta Vignobles, ainsi que de la filiale de commercialisation Vignerons mais Autrement. Stéphane Zanella avait piloté le Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR), en tant que trésorier de 2017 à 2020 puis en tant que président de 2020 à 2024. Il dirigeait depuis 2016 Vica Vignes Coopératives (ex-Vignerons Catalans), à Inter Caves, Henri Maire dans le Jura et le Club français du vin. (Elena Blum)