Climat : Bruxelles propose des flexibilités à l’objectif 2040
Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé, le 2 juillet, de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2040 (c’est-à-dire son objectif à mi-parcours pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050), mais en introduisant des flexibilités pour répondre aux réticences croissantes de certains pays. Bruxelles suggère, à partir de 2036, de prendre en compte l'acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% maximum des émissions nettes de l'UE de 1990 pour atteindre l'objectif européen de 2040. Celles-ci incluent un rôle limité pour les crédits internationaux à partir de 2036, le recours aux absorptions permanentes nationales dans le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE) et une plus grande flexibilité entre les secteurs afin de contribuer à atteindre les objectifs de manière rentable et socialement équitable. Ces crédits internationaux « de haute qualité » pourront provenir d'activités comme la production de bioénergie avec captage et stockage du carbone (par séquestration ou transformé en biochar qui peut être épandu). D’autres flexibilités sont introduites dans l’utilisation des absorptions permanentes dans le système d'échange de quotas d'émission de l'UE et entre les secteurs afin de compenser les émissions résiduelles des secteurs difficiles à réduire.
Climat : le Haut conseil critique des réponses aux manifestations agricoles
Dans son rapport annuel pour 2024, à paraitre le 3 juillet, le Haut conseil pour le climat n'est à nouveau pas tendre avec les politiques agricoles françaises, estimant cette fois que la réponse politique apportée aux manifestations agricoles « a fragilisé l'action climatique du secteur et contribué à ralentir sa transition agroécologique ». Et de citer la loi d'orientation agricole (LOA), la Snanc (Stratégie alimentation nutrition climat), qui a été mise en consultation au printemps, et la proposition de loi Entraves, qui « contribueront à verrouiller sur le long terme la production agricole dans des modèles intensifs en émissions, plutôt qu'à l'orienter vers des modèles bas-carbone, plus résilients, donc moins vulnérables ». Il souligne également que 40 % du budget du ministère de l'Agriculture est consacré aux dépenses d'indemnisation et gestion de crise. Parmi ses nouvelles recommandations, identifier les exploitations les plus vulnérables pour définir des politiques dédiées (prévention, assurance, investissement). Parmi les plus classiques, augmenter le tarif du GNR, la production de légumineuses, et les moyens alloués à la Snanc, encadrer la publicité...
Recherche: la Commission européenne lance une stratégie pour les sciences du vivant
La Commission européenne a présenté, le 2 juillet, une Stratégie pour les sciences du vivant dotée de plus de 10 milliards d'euros par an provenant du budget actuel de l'UE visant à accélérer l'innovation et l'accès au marché des nouvelles technologies du secteur. Par science de la vie, la Commission européenne entend la santé, l’alimentation, l’agriculture, les produits biosourcés et l’environnement. La stratégie sur la bioéconomie attendue pour la fin d’année et la future loi sur les biotechnologies (reportée à 2026) viendront compléter ce dispositif. La Commission annonce également vouloir élaborer un « programme stratégique de recherche et d'innovation sur les systèmes alimentaires afin de favoriser le développement de solutions compétitives, durables et résilientes » qui s’ajoutera à la future approche stratégique de la recherche et l’innovation dans l'agriculture, la foresterie et les zones rurales, déjà annoncée dans la Vision pour l'agriculture et l'alimentation. Enfin, Bruxelles promet de solliciter des avis scientifiques et éthiques sur les aliments dits «ultra-transformés» auprès du Mécanisme de conseil scientifique et du Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies.
Libre-échange : le Mercosur finalise un accord commercial avec les pays de l’AELE
Alors que le processus de ratification du très controversé accord de libre-échange UE/Mercosur suit tant bien que mal son cours, le bloc de pays sud-américains a annoncé, le 2 juillet, la conclusion d’un traité commercial avec les membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE – Suisse, Norvège, Liechtenstein, Islande). Le communiqué conjoint précise que cet accord créera une zone de libre-échange pour près de 300 millions de personnes, représentant un PIB combiné de plus de 4 300 milliards de dollars avec un meilleur accès au marché pour plus de 97 % des exportations. Mais ce texte pourrait également faire polémique dans les secteurs agricoles des pays européens, notamment en Suisse. « L'enjeu est de savoir quelles concessions ont été faites pour les produits agricoles sensibles tels que la viande bovine, le lait ou le vin », indique d’ores et déjà, la porte-parole de l’Union suisse des paysans, Sandra Helfenstein, au média suisse RTS, « auquel cas des mesures d'accompagnement seront nécessaires pour compenser les pertes de compétitivité ». La signature pourrait avoir lieu dans le courant de l’année 2025.
UE/Mercosur: front commun des organisations agricoles européennes contre l’accord commercial
A l’approche de la présentation du texte de l’accord de libre-échange UE/Mercosur aux Etats membres, des organisations agricoles de diverses sensibilités ont signé, le 2 juillet, une déclaration conjointe appelant les colégislateurs européens (Conseil de l’UE et Parlement européen) à s’opposer au traité commercial. Pour le Copa-Cogeca (syndicat majoritaire dont la FNSEA), le CEJA (jeunes agriculteurs), Via Campesina (dont la Confédération paysanne est membre) et EFFAT (travailleurs agricoles), l’accord, dans sa forme actuelle, engendrerait « des dommages irréversibles » aux secteurs agricoles vulnérables et « porterait gravement atteinte aux principes de souveraineté alimentaire ». Elles ajoutent que les contingents tarifaires prévus pour les filières sensibles ne constituent pas une protection suffisante et que dans le contexte géopolitique complexe, le traité renforcerait les dépendances de l’UE en matière alimentaire. Elles rappellent, en outre, que les manifestations agricoles du début d’année 2024 « ont envoyé un message clair et sans équivoque » pour mettre fin aux négociations et que leur reprise (puis conclusion) constituait « un inquiétant mépris pour l’opposition publique et sectorielle largement répandue dans de nombreux États membres ».
PPL Entraves: le Sénat vote pour, la gauche promet un recours au Conseil constitutionnel
La proposition de loi Entraves des sénateurs Duplomb et Menonville a passé sans encombre le cap du Sénat le 2 juillet, obtenant un large soutien avant un ultime vote prévu à l’Assemblée nationale mardi 8 juillet. Le texte, passé le 30 juin par une commission mixte paritaire (CMP) qui avait permis l’écriture d’un texte de compromis entre députés et sénateurs, a été adopté à 232 voix contre 103 à la chambre haute. Le sénateur écologiste Daniel Salmon a ainsi fustigé un vote qui permettra de «détruire notre environnement et notre santé, tout cela pour répondre aux exigences de profits de quelques-uns». La gauche a promis un recours au Conseil constitutionnel en cas d’adoption définitive. Le co-auteur du texte Franck Menonville (UDI, centre) a salué «un grand jour pour notre agriculture et nos agriculteurs», avec une loi qui «allège les contraintes qui les asphyxient au quotidien». Il reste donc une étape avant la fin du cheminement parlementaire de cette proposition de loi: le vote final de l’Assemblée nationale, prévu mardi à 16H30. Même si l’hémicycle du Palais Bourbon réserve plus de surprises que la Haute assemblée, une nette majorité semble néanmoins se dégager sur ce texte commun, soutenu durant la CMP par les représentants de l’ensemble du bloc central et du Rassemblement national.
Pesticides : une inspection confirme la présence d’un produit interdit chez BASF
Un insecticide interdit en France a été retrouvé sur le site de BASF à Genay, près de Lyon, lors d'une inspection initiée après l'intrusion de militants écologistes dans l'usine, a indiqué le 2 juillet la préfecture du Rhône. Le collectif de militants écologistes des « Faucheuses et faucheurs volontaires d'OGM » avait affirmé y avoir découvert le 23 juin « un stock du pesticide Fastac, interdit en France, ainsi que sa substance active, l'alpha-cyperméthrine, interdite dans toute l'UE ». Le contrôle a été réalisé le 30 juin par l'inspection des installations classées de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL). « Cette inspection a permis de confirmer la production et la présence de stocks de produit phyto-pharmaceutique Fastac contenant de l'alpha-cyperméthrine, destiné à l'export, ce qui est interdit par la loi Egalim », indique la préfecture du Rhône. Selon le ministère, cette loi interdit depuis 2022 « la production, le stockage et la circulation en France » de ce produit. Mais la fabrication ou l'importation de l'alpha-cyperméthrine seule « à des fins non phytosanitaires (par exemple biocides ou produits vétérinaires), reste possible, sous réserve du respect des réglementations applicables ».
Plants de pommes de terre : Florimond Desprez devient majoritaire chez le danois Danespo
Le groupe Florimond Desprez (GFD) est devenu, le 30 juin, actionnaire majoritaire du danois Danespo, leader en Europe du Nord de la sélection, de la production et la vente de plants de pomme de terre. GFD détient désormais 98 % des parts - il en possédait jusque-là 49 % - suite au rachat des 49 % détenus par le semencier DLF, spécialisé dans les semences à gazon et fourrage. GFD franchit ainsi une nouvelle étape « dans le développement de ses activités de sélection, de production et de commercialisation de plants de pommes de terre », via sa business unit dédiée à cette production qui inclut Danespo et Germicopa. Cette BU sera pilotée par Baptiste Brunello, jusque-là directeur général de Germicopa. L’enjeu est de renforcer les synergies entre les deux entreprises, tant sur le plan de la recherche variétale que de la production et du développement commercial. GFD précise que « les deux sociétés conserveront des entités juridiques indépendantes ainsi que leur propre portefeuille variétal.» Au-delà de cette acquisition, GFD souhaite poursuivre ses investissements dans le développement de la BU pommes de terre. Une nouvelle unité de tri et de stockage de plants sera prochainement construite au Danemark tandis que Germicopa a confirmé l’investissement dans une nouvelle station de recherche. (Anne Gilet)
Meunerie : Arterris et Val de Gascogne officialisent leur rapprochement
Dans un communiqué du 1er juillet, les groupes coopératifs Arterris et Val de Gascogne ont officialisé le rapprochement de leurs activités de meunerie, qui sont incarnées respectivement par les filiales Toulousaine des Farines et Gers Farine. Une coentreprise est créée : Moulins du Sud, dont Arterris est actionnaire majoritaire (66 % des parts, le reste appartenant à Val de Gascogne). L’objectif est « de répondre aux enjeux de traçabilité, de qualité et de proximité de la filière meunerie », justifie le communiqué. Moulins du Sud regroupe désormais trois moulins, basés à Sallèles-d’Aude (11), à Saverdun (09), et à Sainte-Christie (32). La capacité annuelle totale d’écrasement s’élève à 120 000 t de blé (cultivé dans le sud de la France), pour une production de 90 000 t de farine. Les clients sont essentiellement des artisans boulangers (environ 700) ainsi que « quelques dizaines de boulangeries industrielles ». Les farines proposées sont issues de diverses filières certifiées : Label Rouge, NFV 30 SIS, Bio, CRC. Pour rappel, cette volonté de rapprochement entre Arterris et Val de Gascogne avait déjà été évoquée en fin d’année dernière.
Légumineuses : dix nouveaux projets territoriaux soutenus par l'Etat, pour 11,7M€
Dans un communiqué du 2 juillet, le ministère de l’agriculture a présenté les dix lauréats qui se verront attribuer une enveloppe totale de 11,7 M€ de soutien public, dans le cadre de l’appel à projet « Projets territoriaux filières légumineuses », lancé le 28 juin 2024. Les projets en question sont : DSLFB, porté par Berry Graines (collecte et conditionnement de légumineuses), Texipro, porté par la société éponyme (première transformation de protéines végétales), AGIL de Vivescia (tri et conditionnement de semences de légumineuses), CultivUp d’Axereal (transformation de pois et féveroles), ColeGra’m de Bio Bresse Bugey Cotiere (production et commercialisation de légumineuses), Innov’Légumineuses de Bioalva (fermentation d’algue marine et de légumineuse), Finovaleg de Terrena (triage de semences de légumineuses et financement de recherche), Déshyouest de l’entreprise éponyme (décarbonation de sites de déshydratation de luzerne), TP2030 de Trescartes et Pissier (stockage et traitement post-récolte de lentille) et Leg4All de Terres Univia (promotion des légumineuses auprès de la restauration collective).
Endives : fin de campagne difficile, crise conjoncturelle depuis la fin avril
Selon les prévisions du ministère de l'Agriculture (Agreste) au 1er juin, la production française d’endives atteindrait 132 800 tonnes pour la campagne 2024-2025, en hausse de 24 % par rapport à la précédente campagne. « Après deux années de faibles récolte, nous avons connu une saison longue avec des bons rendement au champs comme en salles de forçage. Il n’y a pas eu d’arrêt précoce de la production. Au contraire, certains producteurs les producteurs n’ont pas hésité à faire un tour de plus dans les salles de forçage », explique Pierre Varlet, directeur de l’association des endiviers français à Agra Presse. En revanche, Agreste précise les prix ont été en baisse sur la campagne actuelle en mai (- 42 % par rapport au pic de mai 2024). « L’endive est en crise conjoncturelle depuis fin avril », confirme Pierre Varlet, « nous faisons face à la concurrence belge et hollandaise qui propose des prix inacceptables. Par contre coup, les distributeurs font pression sur l’offre française ». Pour la prochaine saison, il faudra s’attendre à des volumes notables : « Les surfaces sont en léger recul, mais pas de catastrophe au niveau de la plantation de racines et les nouveaux itinéraires techniques pour le désherbage semblent bien se passer. Nous serons à 90% de notre potentiel, ce à quoi pourrait s’ajouter des stocks de racines ».
Légumes : les politiques climatiques se durcissent aux Pays-Bas, les serristes inquiets
La filière serriste néerlandaise a participé le 1er juillet à une action syndicale nationale, explique sa représentation sectorielle Glastuinbouw Nederland. Si les serristes néerlandais travaillent à atteindre la «neutralité carbone» d’ici 2040 (par son programme « serre comme source d’énergie »), ils s’inquiètent des nouvelles réglementations nationales : « La Haye a imposé un gigantesque train de mesures climatiques à l'horticulture sous serre, tout comme à l'industrie, qui comprends des mesures tarifaires. Les coûts énergétiques grimpent en flèche. Il devient de plus en plus difficile pour nos entrepreneurs d'investir dans la durabilité», déclare Adri Bom-Lemstra, président de Glastuinbouw Nederland. Il craint surtout que le gouvernement inclue la serre dans le nouveau système d'échanges de quotas carbone ETS-2, qui s'applique à partir de 2027 pour de nouveaux secteurs, autres que l'industrie lourde. Glastuinbouw Nederland plaide plutôt pour l’investissement dans des sources géothermiques et la « garantie d’un apport suffisant de CO2 externe pour stimuler la croissance des cultures ».
Fleurs : les artisans fleuristes veulent inscrire l'art floral au patrimoine mondial de l'Unesco
A l'issue de son assemblée générale le 30 juin, le président de l’Association française des artisans fleuristes (FFAF), Farell Legendre, annonce, à Agra presse, son souhait de déposer la candidature de l’art floral français au patrimoine culturel immatériel de l’humanité (Unesco) : « Fleuriste apparait parfois comme un métier émergeant alors la tradition remonte à l’époque de Vatel. Pour nous, il s’agit aussi d’une question de transmission ». Le fleuriste estime par ailleurs que la filière se situe « dans une année charnière, avec de grandes incertitudes, un marché tendu, et des interrogations sur le comportement d’achats des Français ». En 2024, le marché est resté sur une tendance baissière. Ce fut aussi l’occasion de faire le point sur la charte d’engagement sur laquelle la fédération travaille depuis deux ans : « Elle entend mettre en avant le travail artisanal du fleuriste, la transmission, le geste, la formation », explique Farrell Legendre, « mais aussi son engagement sociétal : intégré dans le tissu économique local, il offre un lien social intergénérationnel. Il s’agit aussi d’appuyer sur la traçabilité et l’origine des produits que nous vendons. Nous savons qu’il nous reste encore des points à améliorer ». Un travail qui devra passer par exemple par des relations renforcées avec les grossistes.
Insectes : en redressement, le français Ynsect obtient un sursis
Le tribunal de commerce d’Evry a rendu son délibéré après l’audience du 16 juin sur Ynsect : la société obtient une prolongation de sa période d’observation jusqu'au 25 septembre 2025 dans le cadre de son redressement judiciaire décidé le 3 mars. Pour tenir jusqu’à la fin de l’année 2025, Ynsect est arrivé à obtenir de ses actionnaires un engagement de 8,6 M€, un somme qui permettra de « valider la performance économique du nouveau modèle d’élevage qui sera développé dans l’usine d’Amiens, poursuivre la mise au point de l’outil de transformation à l’usine d’Amiens, convaincre de grands acteurs de l’alimentation animale de s’engager avec Ynsect, rechercher des investisseurs pour financer un plan de redressement qui nécessitera de renégocier le passif avec ses créanciers », selon la direction. Car le plan de redressement censé remettre la société sur les rails nécessite un financement de 24,4 M€ supplémentaires, qu’il faut encore mobiliser. Sur le volet emploi, Ynsect annonce que son plan de sauvegarde de l’emploi impliquant 111 licenciements pour les sites d’Amiens, Evry et Paris, a été validé par la Drieets (préfecture). Selon la direction, l’activité industrielle sur le site d’Amiens est suspendue, le temps de tester « un nouveau mode d’élevage des insectes plus proche des techniques d’élevage traditionnelles ».
Lait bio : Biolait détaille les contours du projet de programme opérationnel
Au lendemain de l'annonce de la ministre, Philippe Marquet, le président de Biolait, s’est dit « heureux » de l’ouverture d'un programme opérationnel (PO) pour les producteurs de lait biologique, dans une déclaration à Agra Presse. « L’ouverture des PO aux producteurs de lait bio va permettre de structurer la filière du lait bio qui est en crise », souligne Philippe Marquet. « Cela va nous permettre de passer ce cap difficile alors que les perspectives s’améliorent en termes de consommation ». Les aides vont permettre de structurer les OP en soutenant la gestion des déclassements, la reprise de fermes ou encore l’accueil de nouveaux adhérents. Les PO destinés aux producteurs de lait bio représentent un montant de 5 M€ en 2026 et 7 M€ en 2027. Cette demande d’ouverture de PO avait été faite au ministère de l’Agriculture par l’intermédiaire d’une organisation de producteurs commerciale (OPC) constituée pour l’occasion et regroupant les organisations de producteurs (OP) Biolait, APLB, Eurial Bio et Seine & Loire. Cette OPC représente environ 70% du lait bio produit en France. Le 1er juillet, le ministère de l’Agriculture avait annoncé que le reliquat d’aide à la conversion en bio non consommés permettrait de financer en partie la création d’un PO lait bio.
FCO : les vaccins contre les sérotypes 1 et 8 mis à disposition jusqu’au 31 décembre (JO)
Dans le cadre de la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), l’État « fournit gratuitement » aux éleveurs, jusqu’au 31 décembre, près de 1,7 million de doses contre le sérotype 1 et sept millions de doses contre le sérotype 8, d’après un arrêté paru au Journal officiel le 2 juillet. Une commande déjà annoncée en avril. Présente en Espagne, la FCO-1 n’a pas encore atteint la France ; les bovins et ovins pourront être vaccinés dans les départements pyrénéens pour « former un cordon sanitaire » et empêcher l’introduction de la maladie, selon le site internet du ministère de l’Agriculture. Quant au vaccin contre la FCO-8, il vise à « protéger le cheptel ovin de France métropolitaine, le plus touché par une surmortalité due à la maladie en 2024 ». Par ailleurs, l’arrêté publié le 2 juillet prévoit que l’État prenne en charge les analyses de « dépistage » de la FCO commandées par les préfets (en plus des tests de confirmation, déjà financés). Entre le 1er juin (date du début de la campagne 2025-2026) et le 26 juin, cinq foyers de FCO-3 et 30 foyers de FCO-8 ont été recensés en France. En 2024-2025, l’Hexagone a subi une épizootie d’ampleur (plus de 10 800 cas de FCO-3 et de 17 000 cas de FCO-8), marquée notamment par l’arrivée du sérotype 3.
Tuberculose bovine : une alternative à l’abattage total testée « avec succès » (syndicat)
Un élevage des Pyrénées-Atlantiques touché par la tuberculose bovine a testé « avec succès » un protocole alternatif à l’abattage total de son cheptel prévu par la réglementation, annoncent la Confédération paysanne et son antenne basque ELB dans un communiqué le 2 juillet. Celui-ci a consisté en des abattages ciblés d’animaux à risque, doublés de « tests successifs, à intervalle régulier » pendant près d’un an. Résultat : aucun animal n’est sorti positif, et « le protocole alternatif a permis de sauver une partie du troupeau : 32 vaches et 10 génisses » (sur un total de 126 animaux). En janvier 2024, un cas de tuberculose bovine avait été détecté chez une vache du Gaec Oihantxoko, à Espès-Undurein. Ses lésions auraient dû provoquer l’abattage total du troupeau. Appuyés par une forte mobilisation locale, Philippe et Sophie Sicre, les deux associés du Gaec, ont négocié ce protocole alternatif. Les éleveurs pratiquent en effet la transhumance et avaient besoin de conserver des vaches expérimentées pour guider les plus jeunes, apprend-on dans La France agricole (article payant). D’après la Conf’, grâce à ce test concluant, « un protocole sélectif renforcé dérogatoire a été proposé ces derniers mois » à d’autres élevages des Pyrénées-Atlantiques, un département particulièrement touché par la tuberculose bovine.
Volaille et lapins : effet «très modéré » de la canicule sur la mortalité (professionnels)
Contactés par Agra Presse, les principaux groupements de production de volailles de chair, des sections avicoles de FDSEA et la Confédération des aviculteurs de France ne signalent pas d’hécatombes dues aux chaleurs intenses des derniers jours. Stéphane Maurel, directeur SecAnim Centre (équarrissage), rapporte une dizaine de cas d’étouffements en Vendée et autant en Bretagne et dans l’Allier. « En comparaison des années passées, cette canicule d’une semaine et demie a eu un effet très modéré », considère-t-il. « De gros efforts ont été fait dans les élevages », interprète-t-il, mentionnant l’isolement des bâtiments, la ventilation et des densités réduites. Selon la directrice du Clipp (interprofession du lapin), Emilie Gillet, « la plupart des bâtiments d’élevage de lapins sont bien équipés en système de refroidissement d’air, notamment par cooling ». Elle affirme ne pas avoir eu de remontées en matière de mortalités dans sa filière. Alors qu’un rapport du CGAAER de 2023 critiquait l’insuffisance et le manque d’anticipation des services d’équarrissage en cas de crise, Stéphane Maurel se félicite des concertations avec les chambres d’agriculture et du recul de la pratique consistant à répandre de la chaux sur les cadavres, cause d’arrêt des usines.
Structuration de filières: les septs projets territoriaux soutenus par l'Etat, pour 8,6 M€
Dans le cadre de l’appel à projets « Projets territoriaux », le ministère de l'Agriculture annonce dans un communiqué le 2 juin que sept lauréats ont été sélectionnés pour un montant prévisionnel de 8,6 millions d’euros d’aides publiques, pour financer des réinvestissements en aval des filières (collecte, le tri, le stockage ou la transformation des produits...), des prototypes, démonstrateurs, ou des biens immobiliers liés directement aux projets. Les sept projets lauréats sont les suivants : le projet Provence Green du Syndicat des Vins de Provence («enjeux environnementaux, climatiques et économiques»), le projet Climaporc de Sander-Euralis (décarbonation de la filière porcine), le projet FAHF de l’entreprise Les Pêchers (développer la filière de l’avoine), le projet Graces 2028 de la Cooperl (mélanges blé-pois, blé-féverole), le projet Terralaine ( filière pellets de laine pour fertilisation), le projet Vatepa de l’entreprise Humus D (transformation des roduits aquacoles et des marais salées), le projet SDCHP des Eleveurs du Haut-Pays (viande en circuit court).
OFB/MSA : trois agriculteurs de la CR condamnés, pour dégradation et outrage
Trois agriculteurs membres du syndicat Coordination Rurale dans la Creuse, dont son président, ont été condamnés le 2 juin par le tribunal de Guéret pour des dégradations commises lors d’une manifestation à l’automne. Accueillis par la haie d’honneur d’une soixantaine de collègues, sous la surveillance d’un hélicoptère des forces de l’ordre, ils avaient comparu au mois de mai, poursuivis pour avoir détérioré le 19 novembre des locaux de l’Office français de la Biodiversité (OFB) et de la Mutualité sociale agricole (MSA). Le parquet avait alors requis des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis et des amendes de 150 à 400 euros. Au final, le tribunal a condamné l’un des prévenus à deux mois de prison avec sursis et l’autre à 150 euros d’amende, retenant seulement à leur encontre les faits de dégradation commis à la MSA, qui a obtenu 2.500 euros d’indemnisation. Le président de la CR23, lui, a été condamné à trois mois de sursis simple pour outrage envers un agent de l’OFB, mais relaxé comme les autres pour les dégradations commises à l’encontre de cet organisme. «On a bien compris aujourd’hui que la justice n’était plus impartiale, qu’elle suivait les ordres du gouvernement, de l’État», a déploré le responsable syndical, Paul Marchon, après le jugement.
Vin : Julien Franclet élu président de l’interprofession Sudvinbio
L’association interprofessionnelle Sudvinbio, qui rassemble 1 100 vignerons et 45 metteurs en marché de la filière viticole bio d’Occitanie, annonce l’élection de Julien Franclet à sa tête. Il remplace Nicolas Richarme, après six ans de présidence. Julien Franclet est vigneron au Domaine Séailles, dans le Gers. Sudvinbio, qui revendique 70 % du volume de vin bio d’Occitanie en 2024, organise le salon Millésime Bio, dont la prochaine édition se tiendra du 26 au 28 janvier 2026 au Parc des Expositions de Montpellier.