Agrafil du 6 décembre 2024

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Macron appelle à un nouveau débat budgetaire «tout début 2025», notamment «pour les agriculteurs»

Au lendemain du renversement du gouvernement Barnier, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé, dans son allocution aux Français le 5 décembre, qu'il nommera un nouveau Premier ministre «dans les prochains jours». Il appelle le futur locataire de Matignon à nommer un gouvernement «resserré» et «d'intérêt général», dont la «priorité sera le budget». À ce sujet, le chef de l'État a appelé à un travail en deux temps. D'abord, une «loi spéciale» et «temporaire» serait déposée mi-décembre au Parlement et qui «appliquera pour 2025 les choix de 2024». «Cette loi temporaire permettra, comme c'est prévu par notre Constitution, la continuité des services publics et de la vie du pays. Elle appliquera pour 2025 les choix de 2024», a indiqué le président. Puis, «en début d'année, ce gouvernement préparera un nouveau budget», notamment «pour aider nos agriculteurs en difficulté, ils attendaient ce budget». Tombé à la suite de la censure du gouvernement, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.) Le déploiement des prêts garantis par l'État pourrait aussi être affecté. Quant au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), il comportait plusieurs articles agricoles portant sur les retraites agricoles, le TO-DE, l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs, la taxe soda, ou encore la fiscalité sur les sucres ajoutés.

Censure du gouvernement: une «catastrophe pour le monde agricole», selon les chambres

Réagissant à la censure du gouvernement Barnier la veille, Chambres d'agriculture France estime, dans un communiqué du 5 décembre, qu'il s'agit d'«une véritable catastrophe pour le monde agricole et un revers significatif dans le processus d'examen des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale, pourtant cruciaux pour répondre aux besoins d'accompagnement des agriculteurs». Et de citer les mesures inscrites dans les textes budgétaires (TO-DE, retraites, GNR...), et le retard que vont prendre les examens de plusieurs textes (lois d'orientation agricole, sur les «entraves», sur la «démocratie agricole»...). Peu avant la censure, le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, avait indique qu'«une censure serait le pire message à envoyer au monde agricole et aux coopératives». Et d'appeler les députés à ne pas «sacrifier nos entreprises sur l'autel des ambitions politiques. Ce n'est pas ce qu'on attend des élus de la Nation.»

Censure du gouvernement: la FNSEA appelle au boycott des contrôles en fermes

«Pas d’État pour répondre à nos questions, pas d’État qui contrôle dans nos fermes»: dans un message sur X le 4 décembre, juste après l’adoption de la motion de censure contre le gouvernement Barnier, Arnaud Rousseau a appelé au boycott des contrôles dans les fermes «tant que les promesses ne sont pas honorées». «À compter de ce soir, aucun contrôleur ne pourra franchir le seuil de nos fermes tant que les promesses ne sont pas honorées», écrit le président de la FNSEA, qui estime que, «en votant la censure, les députés ont accepté de sacrifier l’agriculture». Car, «sans budget, ce sont les promesses qui nous ont été faites qui sont envolées: aides de crise, retraite, simplification», rappelle le syndicaliste. À l’instar de la FRSEA et des JA de Bourgogne-Franche-Comté, M. Rousseau exhorte «tous les agriculteurs à demander à leur député comment, sans budget, il compte honorer les promesses faites». Dans son message, le président du syndicat majoritaire ajoute deux demandes à l’exécutif, la première étant que le futur Premier ministre «garantisse le respect des promesses faites au monde agricole», et ce «dès la première heure de sa nomination». Enfin, «puisque Emmanuel Macron est désormais seul représentant légitime de l’État, nous considérons qu’il est de sa seule responsabilité d’empêcher la signature du Mercosur».

Financement: avant-dernière étape pour le fonds de garantie couvrant 2 Md€ (JO)

Dans un arrêté paru le 5 décembre au Journal officiel (JO), les ministres de l'Agriculture et des Finances ont enfin instauré «la gestion comptable, financière et administrative» du fonds de garantie de 2 milliards d'euros qu'avait annoncé Marc Fesneau fin 2023 dans le cadre du Pacte d'orientation agricole. L'arrêté encadre le fonctionnement entre l'État et le fonds européen d'investissement (FEI). C'est l'avant-dernière étape à franchir avant la mise en œuvre de ce fonds. La dernière consistera à signer des conventions entre les établissements bancaires et le FEI, avec pour objectif de distribuer de premiers prêts dans ce cadre «début 2025», avait indiqué la ministre de l'Agriculture Annie Genevard dans un entretien accordé à Agra Presse le 4 novembre. Inscrite une première fois dans le marbre à l'occasion du projet de loi de finances (PLF) pour 2024, l'idée de ce fonds était de «couvrir une partie des défaillances» liées à un portefeuille de prêts distribués par des banques conventionnées, avait précisé le cabinet du ministre de l'Agriculture d'alors Marc Fesneau. Plus récemment, la ministre de l'Agriculture avait annoncé le lancement de prêts garantis par l'État (moyen et long terme), dont le financement est en suspens pour 2025 depuis la censure du gouvernement et l'absence de vote sur le projet de loi de finances pour 2025.

UE/Mercosur: Ursula von der Leyen en Uruguay, conclusion de l’accord «en vue»

Dans un message posté sur le réseau social X le 5 décembre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé sa présence à Montevideo en Uruguay, où se tient les 5 et 6 décembre le Sommet du Mercosur, avec pour objectif principal la conclusion des pourparlers commerciaux avec les pays d’Amérique latine. «La ligne d'arrivée de l'accord UE-Mercosur est en vue. Travaillons, franchissons-la», indique-t-elle. Et d’ajouter: «Nous avons la chance de créer un marché de 700 millions de personnes. Le plus grand partenariat de commerce et d'investissement que le monde ait jamais connu». Elle est accompagnée dans son voyage par le nouveau commissaire au Commerce, Maros Sefcovic. Des réunions avec leurs homologues des pays du Mercosur «au plus haut niveau politique» sont prévues le 6 décembre pour obtenir les derniers compromis. De son côté, l’Élysée a immédiatement réagi en précisant que le président Emmanuel Macron avait «redit» à Ursula von der Leyen que «le projet d’accord entre l’UE et le Mercosur est inacceptable en l’état» et que la France continuera «de défendre sans relâche [sa] souveraineté agricole». Mais pour l’heure, c’est Bruxelles qui a la main. La base juridique pour le passage du texte au Conseil de l'UE ne sera définie qu'après la finalisation des discussions.

UE/Mercosur: dans le Nord, la CR et des agriculteurs belges bloquent l’autoroute A2

L'autoroute A2 entre Lille et Bruxelles était fermée jeudi 5 décembre en raison d'une mobilisation d'agriculteurs français et belges, rassemblés dès la veille au soir à la frontière, pour dire leur opposition commune au traité avec le Mercosur, ont indiqué syndicat et préfecture. À l'appel de la Coordination rurale, des agriculteurs ont mené des opérations de contrôle sur les routes dans le Nord, les Ardennes, et le Pas-de-Calais, a indiqué à l'AFP Patrick Legras, agriculteur dans la Somme et porte-parole national de la Coordination rurale. «On filtre les camions et on se concentre sur les produits d'importations, tout ce qui est viande qui ne correspond pas aux normes françaises», a indiqué M. Legras. Alors que des blocages ont été levés en matinée à Sedan (Ardennes), l'autoroute A2 était toujours coupée jeudi 5 décembre à la mi-journée dans le sens Paris/Bruxelles au niveau de l'échangeur à Vicq, a indiqué la préfecture du Nord, précisant que les agriculteurs devraient rester jusqu'en fin de soirée. Près d'une centaine d'agriculteurs français et belges ont bloqué, dans la nuit de mercredi à jeudi, le poste-frontière autoroutier de Hensies/Crépin (Nord), a constaté l'AFP.

Pac: Bruxelles lance son Conseil européen de l'agriculture et de l'alimentation

La Commission européenne a annoncé le 5 décembre le lancement officiel du Conseil européen de l'agriculture et de l'alimentation (EBAF, pour son sigle en anglais), qui devra assurer le suivi des recommandations du Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture. Il sera composé d'un maximum de 30 organisations membres représentant (comme pour le Dialogue stratégique) le secteur agricole, la chaîne d'approvisionnement alimentaire et la société civile (ONG, associations de consommateurs, etc.). Un appel à candidatures a été ouvert le même jour. Une fois ses membres sélectionnés, le Conseil sera mis en place pour une durée de cinq ans et devrait se réunir entre deux et six fois par an. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen pourra le convoquer pour des réunions supplémentaires lorsque des conseils urgents sont nécessaires.

BCAE 7 et semis d'hiver: les DDTM appelées à zoner les dérogations pour cas de force majeure

Dans une note transmise aux organisations professionnelles le 29 novembre, le ministère de l'Agriculture a indiqué que les DDTM (préfectures) établiront un zonage départemental des zones où le contexte météorologique n'a pas permis l'implantation des cultures secondaires (d'hiver) avant le 1er décembre, et donc le respect de la BCAE 7 de la Pac (rotation des cultures). Dans certaines zones, les sols ont été rendus impraticables ou n'ont pas permis une récolte de la culture précédente dans un délai compatible avec l'implantation d'une culture secondaire. Ce zonage des DDT permettra aux agriculteurs inclus de ne pas avoir à justifier individuellement du caractère exceptionnel de l'évènement qui les a empêché de semer. Toutefois, ils auront tout de même à envoyer une demande individuelle de demande de cas de force majeure à la DDTM au plus tard jusqu'au 31 décembre. Ils devront à tout le moins expliquer «pour quelle raison les intempéries les ont empêchés de respecter l'obligation». En raison des intempéries de l'automne, le ministère avait déjà donné la possibilité de repousser le début de la période obligatoire de présences des cultures secondaires du 15 novembre au 1er décembre dans les zones concernées.

Céréales: la Conf' déverse de la paille devant la Bourse de commerce européenne

«Traders tremblez, les paysans reprennent leur blé»: des agriculteurs de la Confédération paysanne sont venus le 5 décembre manifester devant le Grand Palais à Paris où se tenait la Bourse de commerce européenne, réunissant de grands acteurs du commerce des céréales, a constaté une journaliste de l'AFP. «Sauvez les paysan.n.es, mangez un trader», proclamait une grande banderole jaune aux couleurs du syndicat, déployée sur le parvis du monument par les manifestants venus dénoncer la dérégulation des marchés. Les manifestants - une centaine - ont déposé des bottes de paille devant l'entrée, certains sortant du bâtiment après y avoir ravi des pancartes «Syngenta» et «InVivo». Les manifestants ont chanté photographiés par des participants à la réunion en costume attendant de pouvoir rentrer dans le Palais, aux issues temporairement bloquées par la sécurité. Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé «la spéculation sur les produits agricoles» et «des gars en costard-cravate qui se gavent sur le dos des paysans». Des forces de l'ordre casquées, arrivées au bout d'une vingtaine de minutes, se sont déployées des deux côtés du parvis. La police a ensuite bloqué les manifestants pendant plus d'une heure, donnant lieu à des bousculades, selon une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont procédé à cinq interpellations, selon la Confédération paysanne.

Pommes de terre/plants: les contrats doivent valoriser les efforts agroécologiques, pour la FN3PT

Dans un contexte de réduction des solutions phytosanitaires et de changement climatique, la fédération nationale des producteurs de plants de pomme de terre (FN3PT), réunie en assemblée générale le 4 décembre, entend passer à la phase supérieure pour la transition agroécologique du secteur. «Nous disposions d’une réponse binaire avec les produits phytos», explique Bernard Quéré, directeur général, contacté par Agra. «Désormais, nous devons raisonner encore plus en termes de systèmes de production et de rotation.» L’engagement de la FN3PT devra se refléter dans les contrats: «Les baisses potentielles de rendement et de qualité devront être prises en compte». Le développement de la recherche collective, spécialement sur la génétique, est un axe à favoriser, pour la fédération. Le basculement est compliqué par les échanges ou locations de terre chez les producteurs de plants. Certains auraient tendance à se recentrer sur leurs terres en propre et adopter des rotations plus larges, entrainant une baisse mécanique des surfaces chez ces producteurs. «En 2023, les surfaces ont reculé de 10%, souligne Bernard Quéré, mais les volumes certifiés ont augmenté en 2024. Cela s’explique par des calibres plus gros certifiés pour la campagne 2023/2024. Nous restons prudents sur la possible augmentation des surfaces: si la demande de gros calibres subsiste, la progression des hectares sera modérée.»

Légumes/légumineuses: un arrêté pour mettre en œuvre la lutte contre la bactérie CORBFL

Un arrêté paru au Journal officiel le 5 décembre précise les mesures nécessaires à la prévention et la lutte obligatoire vis-à-vis de l'organisme de quarantaine Curtobacterium flaccumfaciens pv. flaccumfaciens (CORBFL). Cette bactérie s’attaque prioritairement aux haricots, mais peut aussi toucher d'autres Fabacées, comme le soja et les pois, pois-chiche, fèves, féverole, lupin, etc. (appelés «végétaux spécifiés» dans le texte). Le producteur doit assurer une surveillance générale annuelle du fonds lui appartenant (ou qu'il exploite) et déclarer immédiatement la présence ou la suspicion de symptômes au préfet de région. Celui-ci définit par arrêté une zone délimitée composée d'une zone infestée et d'une zone tampon d'un rayon de 100 m autour de la zone infestée. Il dispose de la possibilité de l'élargir sur la base d'une analyse de risque prenant notamment en compte la biologie de l’agresseur, des risques spécifiques de transmission et la répartition des végétaux spécifiés dans la zone concernée. Dans la zone infestée, la parcelle cultivée est immédiatement détruite par broyage avec incorporation des débris végétaux ou par enfouissement à une profondeur de 15 à 20 cm. Dans un délai de 24 mois, «aucun végétal spécifié n'est semé ou planté, que ce soit à des fins de production, d'expérimentation ou pour réaliser un couvert végétal en inter-culture».

Pépinières horticoles: en Espagne, Valencia demande un plan d’urgence après la tempête

L'Association professionnelle des fleurs, plantes et de la technologie horticole de la Communauté valencienne (ASFPLANT) considère nécessaire un plan d'action spécifique pour le secteur des pépinières de plantes ornementales et de jardinage pour surmonter les inondations dues provoquées par la Dana en octobre, rapporte la Fepex sur son site web le 4 décembre. Les professionnels estiment les pertes du secteur à 150 M€, dont 50 M€ touchant directement la profession (perte de ventes et d’infrastructures): «Les pertes ne concernent pas seulement la campagne de vente 2025, mais aussi, dans de nombreux cas, 2026 et les années suivantes, car la remise en production est économiquement et techniquement irréalisable». L’association souligne que l’aide approuvée par le gouvernement ne couvrirait même pas 1% des dommages subis. Une grande partie des pépinières concernées sont les principaux exportateurs de plantes ornementales de la Communauté valencienne, soit plus de 30% de la valeur des exportations espagnoles en 2023. «Les aides annoncées sont insuffisantes par rapport à l'ampleur des pertes. Pour cette raison, les aides de type de minimis sont considérées comme insuffisantes en raison du préjudice subi», abonde Josep Forcadell, secrétaire général d'ASFPLANT.

Vétérinaires: vers un «excédent» de jeunes praticiens en France en 2030 (rapport)

Selon un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture), rendu public le 4 décembre, il est «fortement probable» d’avoir d’ici 2030 «un excédent de vétérinaires diplômés» sur le marché du travail en cumulant les étudiants formés en France, les étudiants français formés dans l’Union européenne et les vétérinaires de nationalité étrangère souhaitant exercer en France. La mission était chargée d’évaluer l’intérêt de créer une sixième école vétérinaire, et notamment le projet porté par la région Nouvelle-Aquitaine à Limoges visant à former plus de praticiens spécialistes des animaux d’élevage. Elle considère cependant que, dès lors que les besoins de renouvellement seront assurés, le choix d’ouvrir une nouvelle formation en France est «purement politique». Le CGAAER propose plutôt un «plan de renforcement» des quatre écoles publiques et de former les étudiants à d’autres pratiques que la médecine et la chirurgie, comme la recherche, la santé publique vétérinaire et l’industrie. En effet, les débouchés en médecine et en chirurgie pourraient être insuffisants face à l’afflux de nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre. Elle recommande également d’étudier «la faisabilité et l’opportunité d’un plan d’aide des étudiants français effectuant leurs études dans l’Union européenne par des bourses sur critères sociaux».

Bovins viande: Vivadour s’est renforcé en amont et en aval via plusieurs investissements

Pour la coopérative Vivadour, qui a présenté ses résultats annuels le 3 décembre, l’année 2024 a été marquée par plusieurs «investissements stratégiques» qui lui ont permis de «consolider sa filière bovine», d’après un communiqué. En amont, le groupe gersois, à travers sa filiale Vignasse & Donney, a racheté le négociant landais Boulin-Michel (14 salariés) et pris une participation «à hauteur de 20%» dans le négoce Laporte (Gers). Vignasse & Donney, de son côté, a agrandi son site d’Artix, pour 4 M€. Autre investissement, plus en aval cette fois: Vivadour a pris une «participation majoritaire» (51%) dans Viandes et terroirs chalossais (VTC), un chevillard landais (boucher en gros) réalisant un chiffre d’affaires de 12 M€. Approvisionnée par Boulin-Michel, VTC est «fortement impliquée dans les démarches qualité telles que le Label rouge, le bœuf de Chalosse et le veau sous la mère», selon le rapport d’activité de Vivadour. Par ailleurs, la coopérative gersoise se félicite d’une «belle dynamique» pour sa filière veau sur paille, avec 5500 animaux achetés, et prévoit de construire un nouveau bâtiment de 200 places par an. À l’issue de ces opérations, la filière bovine de Vivadour, «deuxième acteur régional», compte désormais 100 M€ de CA pour 35 000 bovins.

Lait: les privés appelés à la «responsabilité» par les trois autres collèges du Cniel

Dans un communiqué commun du 5 décembre, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), la Coopération laitière et le collège de la distribution (FCA, FCD) du Cniel appellent les laiteries privées à la «responsabilité» et dénoncent des pratiques «qui compromettent gravement le bon fonctionnement de la filière en s’opposant aux intérêts collectifs». Le 4 décembre, le collège des producteurs a décidé de «suspendre» tous ses travaux au sein de l'interprofession laitière en réponse au refus par le collège des industriels privés (Fnil) de publier un nouvel indicateur Ipampa. Selon les cosignataires du communiqué, les démarches de «progrès» engagées par le nouveau bureau «sont entravé[e]s par le refus des industriels privés de publier des indicateurs et indices essentiels aux négociations commerciales entre les OP, les coopératives (…), les industriels et les distributeurs». Contacté par Agra Presse, le président du collège des coopérateurs, Luc Verhaeghe, appelle à l’apaisement et invite les différents collèges à revenir autour de la table pour «trouver le meilleur compromis dans l’intérêt de toute la filière». «Nous avons pris un engagement qui est de trouver une solution pour apporter plus de réactivité aux coûts de production. Il est important de reprendre les travaux», déclare-t-il.

Élevage/PPL Entraves: l'UGPVB défavorable aux modifications du Sénat en Coméco

Contrairement à ce qui a été écrit par erreur dans l'Agrafil du 5 décembre, les groupements d'éleveurs de l'UGPVB ne sont pas favorables à l'amendement du sénateur Les Républicains (LR) Pierre Cuypers, adopté en commission des Affaires économiques le 4 décembre dans le cadre de l'examen de la proposition de loi sur les entraves, dont il est rapporteur. C'est même le contraire, expliquent-ils à Agra Presse: «Le texte voté par la Coméco du Sénat s’écarte complétement des demandes portées par l’UGPVB et n’apportera aucune simplification pour les éleveurs en matière d’ICPE.» La faute à plusieurs amendements du rapporteur Cuypers, qui «ont vidé de leur substance plusieurs alinéas de l’article 3», déplore l'union de groupements. Interrogé par Agra Presse, le sénateur s'étonne, rappelant sa volonté de «faciliter les installations et extensions» de bâtiments, «tout en étant conforme au droit communautaire». Il se dit ouvert à en discuter avec l'UGPVB d'ici la séance publique et à réviser sa copie. Ce ne serait pas la première fois, aux yeux des groupements, que le Parlement alourdirait le régime des ICPE en voulant le simplifier. Au printemps, l'UGPVB avait déjà indiqué que la récente réforme de «parallélisation» des procédures ICPE d’autorisation allait allonger la durée d’enquête publique et créer de nouvelles obligations de réunion publique - des effets de bords que doit justement corriger la PPL Entraves...

Agroalimentaire: les industriels du lait et de la bière resteraient à l’Ania (presse)

La Fnil et Brasseurs de France, supposés quitter l’Ania à la fin décembre, y resteraient finalement en 2025, selon notres confrères du magazine RIA. La Fédération nationale des industries laitières, interrogée sur ses intentions, ne dément pas, mais son président François-Xavier Huard réserve sa réponse en attendant que «des instances» se réunissent au début de la semaine prochaine. Cela coïncide avec l’information de RIA selon laquelle le conseil d’administration de l’Ania voterait le 9 décembre le retour des deux syndicats professionnels. De son côté, la fédération des brasseurs n’a pas encore répondu à une demande adressée par mail en fin d’après-midi du 5 décembre. La Fnil, premier contributeur de l’Ania («entre 15% et 20% du budget») avait indiqué à l’AFP en juin dernier avoir envoyé sa «lettre de démission» à l’Ania. François-Xavier Huard expliquait à l’agence que les industriels du lait ne voyaient pas de «vision partagée» ni de «programme structuré» ou «d’action concrète» permettant d’envisager l’accroissement de l'«influence» de l’Ania auprès des décideurs; mais qu’ils verraient «la façon dont les choses évoluent», pour envisager de revenir à l’Ania. Il ne mettait pas en cause la présidence d’alors – Jean-Philippe André (Haribo France) – occupée désormais par Jean-François Loiseau, agriculteur et président d’Axéréal et d’Intercéréales.

Signes de qualité: Fedelis lance son manifeste pour le Label rouge et part en tournée

La fédération des filières sous Label rouge Fedelis lance un manifeste de soutien, tout en se préparant à rencontrer les députés dans leurs circonscriptions en 2025, informe son président Jean-Marc Loizeau, en avançant qu’une rencontre au Sénat pourrait avoir lieu en début d’année. Les représentants de ces filières ont rencontré ce 4 décembre six députés* à l’Assemblée nationale, qui ont offert les premières signatures par lesquelles chacun «refuse d’assister à la disparition progressive des produits Label rouge de nos rayons, comme à celle de leurs producteurs dans nos campagnes». Cela les engage à soutenir, en substance, des moyens de communication, une protection renforcée du terme «label», une meilleure valorisation dans la restauration collective et des produits plus accessibles en magasin. «Parce que l’État est propriétaire du Label rouge, il doit mettre des moyens pour le promouvoir et veiller à ce que le terme "label" soit réservé aux signes officiels de qualité», affirme Jean-Marc Loizeau, en précisant que le label AB a bénéficié de plus de 20 millions d'euros depuis quatre ans. Le président de Fedelis a constaté dans les prises de parole des députés présents mercredi que le soutien du Label Rouge était transpartisan.
* Julien Dive, Guillaume Garot, Marie Pochon, Dominique Potier, Guillaume Lepers, Pascal Lecamp.

Météo: Google dit avoir développé une IA très fiable de prévisions sur 15 jours

Un programme d'intelligence artificielle (IA) développé par Google est capable de prévoir la météo sur 15 jours avec une précision inégalée, a annoncé le 4 décembre le géant américain. Le modèle GenCast inventé par DeepMind (labo de recherche en IA de Google) «a montré de meilleures capacités de prévision» que l'actuel modèle de référence, selon l’étude de Google publiée dans la revue Nature. Le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) est considéré comme la référence mondiale. Mais, désormais, relève Google, GenCast dépasse la précision des prévisions du centre dans plus de 97% des 1320 désastres climatiques survenus en 2019, sur lesquels les deux modèles ont été testés. Cette avancée est «une première étape» pour intégrer l'IA dans les prévisions météo, a réagi auprès de l'AFP Florence Rabier, la directrice générale du CEPMMT. Pour l'instant, tempère la spécialiste, cette technologie peut être utilisée pour assister les modèles existants. Le modèle de Google, portant sur la température, le vent et la pression atmosphérique, peut produire une prévision sur 15 jours en seulement huit minutes, contre plusieurs heures actuellement.

Coopératives: Julien Heillaut succèdera à Ludovic Spiers à la direction générale d’Agrial

Julien Heillaut a été nommé directeur général du groupe coopératif Agrial et succèdera à Ludovic Spiers, qui partira à la retraite à partir du 1er juillet, annonce un communiqué du 5 décembre. Julien Heillaut a rejoint le groupe en 2019 en tant que directeur général adjoint de Créaline (branche légumes d’Agrial). Il est aujourd'hui directeur de l’organisation de producteurs de légumes d’Agrial et directeur général de la BU Priméale France depuis 2020. Il conserve ses fonctions jusqu’à la nomination de son successeur. Une période de transition à la direction générale se déroulera au premier semestre 2025 jusqu’au départ en retraite de Ludovic Spiers, qui occupe cette fonction depuis 2010. Agrial compte 12 500 agriculteurs adhérents et 22 000 collaborateurs. En 2023, le groupe a réalisé 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui en fait la première coopérative française.

Relations commerciales: le médiateur Thierry Dahan reconduit «par intérim»

Le médiateur des relations commerciales agricoles Thierry Dahan a été reconduit dans ses fonctions, «par intérim» en raison du contexte politique, via un arrêté paru au Journal officiel le 5 décembre. Il avait été nommé en décembre 2021 pour une durée de trois ans. «L'intérim décidé par simple arrêté ministériel est la solution consensuelle pour éviter une interruption du service», explique le médiateur. Une reconduction pour un mandat de trois ans nécessiterait, en effet, la signature du président de la République, du Premier ministre et de deux ministres. Les pouvoirs du médiateur des relations commerciales ont été renforcés par la loi Egalim 2 du 18 octobre 2021, avec l'élargissement de ses prérogatives à la conclusion des contrats écrits pour la vente de produits agricoles – et non plus seulement à leur exécution.

Agenda de la semaine agricole du 9 décembre 2024

Lundi 9 décembre
Manifestations FNSEA/JA, jusqu'au 10
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, bioéconomie, NGT, bien-être animal), jusqu'au 10

Mardi 10 décembre
Agri-food days (conférence annuelle de la direction générale de l'Agriculture de la Commission européenne), jusqu'au 12
Conférence de presse de Semae (semences)
Conférence de presse FNEDT
Conférence de presse du salon AgriSima
Journée d'étude juridique sur les interactions entre éleveurs et céréaliers, à Poitiers
Rendez-vous de l’arboriculture Auvergne-Rhône-Alpes, à Valence
Journée Semences biologiques de l’Itab à Angers, jusqu’au 11

Mercredi 11 décembre
Assises de la FNPL, au Puy-en-Velay, jusqu'au 12 décembre

Jeudi 12 décembre
Congrès du programme Fruits et légumes durables d'Europe, à Almeria
Réunion d'information d'Axereal à Orléans
Conférence de presse de Maïsadour
Visioconférence de l'Idele sur les races locales en Europe
Visioconférence sur l’arnica organisé par l’AFC (cueilleurs)

Vendredi 13 décembre
Assises de la FFPA (photovoltaïque)
Conférence de presse du Sédima
Séminaire «associations de cultures de légumes» de l’Inrae, à Toulouse
Assemblée générale de la Cavac, aux Sables-d'Olonne