Agrafil du 5 décembre 2025

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NGT : un accord institutionnel trouvé qui rejette l'étiquetage et autorise les brevets

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont trouvé, dans la nuit du 3 au 4 décembre, un accord sur l’encadrement des nouvelles technique de sélection génomiques (NGT) qui reprend les grandes lignes de la position des États membres sur les deux points à l’ordre du jour de cette dernière session de pourparlers (les brevets et l’étiquetage). Les plantes NGT de catégorie 1, considérées comme équivalentes à des variétés issues de la sélection conventionnelle, ne seront pas étiquetées tout au long de la chaîne d’approvisionnement (seulement les semences) et ne se verront pas imposer de mesures de suivi post-autorisation. Elles pourront aussi se voir octroyer des brevets. Un code de conduite autorisant les obtenteurs à conclure des accords de licence sera toutefois publié par la Commission européenne sous 18 mois. Celle-ci mènera aussi une étude sur l’impact de ces brevets sur la concentration du secteur et pourra, le cas échéant, prendre des mesures correctives. Cet accord doit désormais recevoir l’aval des colégislateurs, et en particulier du Parlement européen lors d’un vote potentiellement en mars qui promet d’être serré, admet le négociateur de Renew Pascal Canfin, car les groupes politiques sont très divisés. Le négociateur des sociaux-démocrates Christophe Clergeau a déjà annoncé qu’il ne pourrait « pas soutenir le résultat de cette négociation », estimant que le mandat du Parlement européen n’avait pas été respecté.

Paquet vin : les colégislateurs européens parviennent à un compromis en trilogue

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont parvenus, le 4 décembre à l’issue de leur seule réunion interinstitutionnelle (trilogue), à un compromis sur le paquet de mesures pour le secteur viticole proposé par Bruxelles au printemps. En matière de gestion de la production, les colégislateurs se sont accordés sur la possibilité d’utiliser des fonds de l’UE pour l’arrachage. Les plafonds nationaux de paiement pour la distillation du vin et la vendange en vert seront fixés à 25 % des fonds disponibles par État membre. En outre, la date limite du régime des droits de plantation est remplacée par une période de révision décennale. Le texte comprend deux nouvelles définitions : « sans alcool » (accompagnée de la mention « 0,0 % » si le titre alcoométrique acquis du produit n’excède pas 0,5 % vol) et « à teneur réduite en alcool » (supérieur à 0,5 % en volume et inférieur d’au moins 30 % au titre alcoométrique volumique de leur catégorie). Le compromis prévoit aussi d’exempter les vins destinés à l’exportation de l’obligation d’indiquer la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle sur l’étiquette. Enfin, le taux de soutien aux mesures de promotion dans les pays tiers est augmenté. L’accord provisoire doit à présent obtenir l’approbation finale du Parlement européen et du Conseil avant de pouvoir pleinement entrer en vigueur.

Biocarburants aéronautiques : feu vert de Bruxelles à la joint-venture de Corteva et BP

Dans un communiqué le 4 décembre, la Commission européenne approuve, au titre du droit de la concurrence, la création d'une joint-venture entre l'agrochimiste/semencier américain Corteva et le pétrolier anglais BP, dédiée à la filière des biocarburants aéronautiques. L'annonce de ce projet de société commune avait été faite en novembre 2024, avec pour objectif de produire 1 Mt de biocarburant aéronautique durable (Saf) d'ici le milieu des années 2030. Corteva prévoit de contractualiser avec des agriculteurs d'Europe et d'Amérique, pour produire « de la graine de moutarde, du tournesol et du colza destiné à l'alimentation animale, appropriés pour la production de biocarburants aéronautiques ». En Europe, ces cultures sont autorisées en Saf à condition d'être conduites en interculture. La société a d'ailleurs pour objectif d'introduire « de nouveaux systèmes de cultures permettant de remplir les critères de la réglementation européenne Red III et d'être éligibles aux aides américaines sur le bas carbone, tout en créant des revenus pour les agriculteurs ». L'annonce intervient après l'annonce de la liquidation judiciaire du français Global Bioenergies, spécialiste des Saf.

Budget : le Sénat adopte la partie recettes, en majorant les ressources des chambres

Le Sénat a largement adopté le 4 décembre la partie dédiée aux recettes du projet de budget de l'État pour 2026 (PLF), après l'avoir remaniée par rapport à la copie initiale du gouvernement. La chambre haute, dominée par la droite et ses alliés centristes, a voté ce volet par 198 voix contre 105, confirmant la solidité de sa majorité, qui entend désormais trouver des économies supplémentaires dans la partie dépenses. À l'Assemblée nationale, cette partie du budget avait été rejetée à la quasi-unanimité. Le vote du 4 décembre n'est qu'un point d'étape dans un long marathon budgétaire en cours dans les deux chambres du Parlement, l'adoption d'un budget avant la fin d'année restant toujours très incertaine. Pour rappel, les sénateurs ont validé le crédit d’impôt Cuma, mais pas celui sur la transmission. Ils ont élargi la DEP aux aléas économiques. Comme l’Assemblée, le Sénat a voté des crédits d’impôt bio, HVE et haies, rejeté la hausse de fiscalité des biocarburants. La chambre haute a aussi adopté le 3 décembre, malgré l’avis défavorable du gouvernement, des amendements du bloc central, des socialistes et communistes majorant la taxe affectée aux chambres d’agriculture de 1,1 % soit 3,6 M€ pour 2026, en ligne avec la chambre basse.

Cotisations : l'Assemblée refuse les extensions du TO-DE, ainsi que des aménagements en outre-mer

Durant la seconde lecture à l’Assemblée nationale du projet de financement de la sécurité sociale pour 2026, le 4 décembre, les députés ont à nouveau retoqué l’extension du TO-DE aux entreprises de travaux forestiers (ETF), ainsi qu’aux coopératives vinicoles – ces dernières avaient obtenu l'aval du Sénat. Le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou était défavorable à l'extension du dispositif aux entreprises forestières, car il « s’applique mal aux ETF dont le besoin en travailleurs saisonniers est très inférieur aux autres filières ». Concernant l'outre-mer, les députés ont rejeté l’amendement de suppression de l’article 9 sexies C du rapporteur général, issu des travaux du Sénat, prévoyant le maintien du bénéfice de l’exonération de cotisations pour les exploitations agricoles de moins de 40 ha pondérés. Le rapporteur général, Thibaut Bazin, a indiqué avoir envoyé le 28 novembre un courrier à la ministre de l’Agriculture afin de travailler sur les coefficients de pondération. De plus, l'article 9 sexies, tel qu'il a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, et qui prévoit l'application du dispositif Lodeom aux chambres d'agriculture, n’a pas été adopté.

Santé : pas de généralisation du Nutri-Score, second vote demandé sur l'alcool

Au cours de la seconde lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) dans la nuit du 3 décembre, les députés ont repoussé la généralisation de l'affichage du Nutri-score sur les emballages alimentaires. Adoptée en première lecture à l'Assemblée, elle avait été rejetée au Sénat. Il était prévu que les entreprises qui refuseraient d'afficher cette information seraient pénalisées d'une taxe de 5 % sur leur chiffre d'affaires, dont le produit serait affecté à l'Assurance maladie. Le gouvernement a estimé la mesure inadaptée et contraire aux normes européennes. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a plutôt plaidé pour développer le nombre de produits sous Nutri-Score par volontariat. Thibaut Bazin, rapporteur général, a soulevé le risque de discrimination entre grands groupes et petites entreprises dans leur capacité à payer la taxe. Par ailleurs, les députés ont voté la taxe sur les boissons énergisantes alcoolisées, peu ou prou dans la version issue du Sénat, qui élargit potentiellement la liste à d’autres boissons alcoolisées – dont certaines traditionnelles. Devant ce vote, le président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), a demandé une seconde délibération, rappelant que, en Commission comme en première lecture, un accord avait été trouvé pour protéger les productions locales. Elle pourrait intervenir le 4 ou le 5 décembre.

Santé/huiles : les députés renoncent finalement à une taxe sur l'hexane

Après l'avoir approuvé en première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les députés ont finalement renoncé, en seconde lecture le 4 décembre, à créer une taxe sur l'hexane, un solvant neurotoxique et perturbateur endocrinien massivement utilisé par l’industrie agroalimentaire pour extraire les huiles végétales. Le produit de la taxe (0,3 ct€/l) devait servir pour moitié à accompagner les industriels vers l’utilisation de produits alternatifs, pour moitié à des actions de prévention. En séance, le rapporteur Bazin a rappelé qu'une mission parlementaire est en cours sur ce dossier. Une trentaine de médecins, scientifiques et acteurs de la santé avaient appelé début octobre dans une tribune publiée par Le Monde à mieux réglementer, voire à interdire l’hexane. Des traces de ce solvant ont été retrouvées dans de nombreux produits selon des enquêtes journalistiques récentes, mais les protocoles de détection sont encore mal maitrisés, souligne la filière. En première lecture, la ministre de la Santé Stéphanie Rist avait souligné qu’une évaluation avait été lancée au niveau européen par l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). S’il s’avère que le produit est « dangereux », « ce n’est pas de la fiscalité qui est nécessaire, mais bien une interdiction », avait-elle relevé.

Alimentation infantile : l’Assemblée nationale supprime une taxe sur les sucres ajoutés

L’Assemblée nationale a supprimé le 4 décembre une taxe sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux bébés, instaurée par le Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Par 102 voix contre 52, la chambre haute s’est opposée à un article introduit par le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli, qui visait à inciter les industriels à réduire la teneur en sucre de ces produits, au nom de la lutte contre l’obésité infantile. La suppression de la mesure, soutenue par le gouvernement, a été portée par des députés Les Républicains, Rassemblement national et Renaissance. Ils estiment que la taxe risquerait de manquer sa cible, en orientant les consommateurs vers d’autres produits qui ne répondraient pas aux enjeux nutritionnels des bébés, tout en pénalisant le pouvoir d’achat des familles. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a plaidé pour « des accords collectifs avec les filières », pour réduire les sucres dans l’alimentation infantile, estimant que « c’est ainsi que nous serons efficaces ». « Vous êtes en train d’hésiter sur la santé des bébés ! », a lancé Sandrine Rousseau (Écologistes). En 2023, l’association de consommateur CLCV avait étudié 207 produits destinés aux moins de trois ans, révélant qu’ils sont souvent « trop sucrés ».

Santé : des niveaux élevés de TFA dans les céréales du quotidien en Europe

Les céréales du quotidien contiennent des niveaux élevés d’acide trifluoroacétique (TFA), le plus répandu des polluants éternels, révèle le réseau européen contre les pesticides (PAN Europe) dans un rapport publié le 4 décembre. Première étude de ce type à l’échelle de l’UE, elle consiste en une analyse de 66 produits céréaliers conventionnels achetés dans 16 pays européens. Résultat : le TFA a été détecté dans 81,8 % des échantillons, confirmant une contamination de l’alimentation, déjà observée dans l'eau potable et les vins européens. « Le niveau moyen de TFA mesuré est dans notre étude 107 fois supérieur à la concentration moyenne de TFA dans l’eau du robinet », souligne PAN Europe. Or, ce composé, produit de dégradation des pesticides PFAS et des gaz fluorés, est suspecté toxique pour la reproduction et le développement. Pour l’heure, il n’existe dans l’UE aucune limite maximale en résidus (LMR) spécifique pour les TFA. Aussi PAN Europe et Générations futures exhortent l’Efsa à fixer une valeur de sécurité protectrice pour le TFA. Les associations appellent aussi la Commission européenne et les États membres à interdire les pesticides PFAS et à surveiller la présence de TFA dans les aliments. Cette publication intervient au lendemain de la publication d'un rapport de l’Anses alertant sur une contamination généralisée de l’eau potable en France par le TFA.

PPA : la Catalogne prévoit 10 M€ pour couvrir les éventuelles pertes économiques

Dans uns communiqué du 3 décembre, le gouvernement de Catalogne annonce l’activation d’un ensemble de mesures économiques et d’une enveloppe de 10 millions d’euros (M€) renouvelable pour compenser les éventuelles pertes dues aux dispositions prises contre la PPA (peste porcine africaine). L’exécutif régional en a ainsi décidé à l’issue d’une réunion le 3 décembre au Parlement sur la situation, présidée par la ministre de l’Économie Alicia Romero et le ministre de l’Agriculture Oscar Ordeig. Il explique dans le communiqué que « les fermes et établissements de la zone réglementée fonctionnent normalement pour le moment », mais que le gouvernement tient à rendre disponibles les ressources nécessaires à titre préventif, envisageant aussi de débloquer des subventions européennes. Enfin, il rappelle que les experts des agences régionales Prodeca (promotion des produits agricoles catalans) et d’ Acció (compétitivité) sont à leur disposition. La découverte, fin novembre près de Barcelone, de deux sangliers morts de la PPA a déclenché des restrictions d’activité. Elle entraîne aussi l’impossibilité d’exporter des produits porcins issus de la province de Barcelone, concernant notamment un abattoir de porcs de Costa Foods.

Porc : relative stabilité au MPF ce jeudi, malgré l'arrivée de la PPA en Espagne

Le prix moyen du porc, après avoir été en « équilibre fragile » la semaine passée selon les analystes du Marché du porc français (MPF), s'est établi à 1,49 €/kg à l’issue de sa séance du jeudi 4 décembre. Bien que les acheteurs aient abandonné la barre symbolique de 1,50 €/kg, les éleveurs auraient pu craindre une baisse plus conséquente du fait de l’arrivée de la PPA (peste porcine africaine) en Espagne. Cette menace sur les exportations espagnoles a entraîné une chute de 10 ct€/kg la semaine passée sur le marché de Mercolleida. Cependant, « la mise en application des accords de régionalisation avec une grande partie des pays importateurs de viande espagnole devrait permettre de limiter les impacts », indique le marché de Plérin dans son commentaire de la séance du 4 décembre. En Allemagne également, pour l'heure, la situation en Espagne semble avoir un impact limité sur le marché de la viande, où les prix observés demeurent globalement stables. Pour rappel, la baisse du prix allemand lors de l’entrée de la PPA outre-Rhin en 2020 s’était répercutée avec près de deux mois de retard sur les autres places européennes, selon une note de conjoncture du MPF.

Bovins/DNC : la Conf’ lance un appel à mobilisation national contre l’abattage total

Après une réunion de son comité national le 3 décembre, la Confédération paysanne a lancé un appel national à la mobilisation, franchissant un cap dans sa lutte contre l’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). D’après un communiqué diffusé sur X, un rassemblement commun avec la Coordination rurale est prévu vendredi 5 décembre devant la préfecture de Mâcon (Saône-et-Loire). C’est dans cette région que les deux syndicats ont tenté d’empêcher l’abattage d’un troupeau infecté le 2 décembre, avant d’être délogés par la gendarmerie. D’autres actions sont prévues le 9 décembre à Nantes et le 13 décembre à Castres, indique la Conf’ dans un message à la presse. Les syndicats locaux de la Conf’ sont appelés à « se mobiliser en solidarité avec les éleveurs concernés, mais aussi pour lutter contre la politique sanitaire de l’État ». La stratégie choisie par le ministère de l’Agriculture, et validée par une majorité de professionnels, repose sur l’abattage total des lots d’animaux en cas d’infection par la DNC, maladie « à éradication obligatoire et immédiate » selon la réglementation européenne. « Depuis juillet, près de de 3 000 animaux ont été abattus », rappelle le syndicat, alors que la France compte 108 foyers depuis l’apparition de la maladie, fin juin.

Bovins/DNC : reprise progressive de l’export vers l’Italie dès le 8 décembre (syndicat)

L’accord entre la France et l’Italie afin d’y exporter des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) prendra effet lundi 8 décembre, annonce la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) dans un communiqué le 4 décembre. Mais il ne sera pas appliqué immédiatement à l’intégralité de la zone vaccinale (constitué par trois anciennes zones réglementées). Le syndicat demande « que cet accord concerne au plus vite l’ensemble des éleveurs situés dans cette zone ». En raison de différences dans les taux de vaccination, seuls certains départements pourront reprendre l’export dans un premier temps : Loire, Savoie, Haute-Savoie et « la quasi-totalité de l’Isère », précise le président de la FNB Patrick Bénézit à Agra Presse. Les éleveurs des autres départements (Ain, Rhône notamment) « devront attendre le 20 décembre, voire le 1er janvier », selon lui. Le ministère de l’Agriculture avait annoncé début novembre l’obtention de cet accord avec l’Italie, premier débouché pour l’export de bovins vivants. Dans son communiqué, la FNB indique attendre « des réponses sur les pertes dues au maintien des animaux qui dure depuis juillet pour certains éleveurs ». « Selon nos estimations, près de 40 000 animaux sont concernés dans ces zones, pour un surcoût unitaire de 3 € par jour », indiquait le syndicat dans une lettre ouverte le 28 novembre.

Bovins : la dématérialisation « opérationnelle en 2028 » selon Interbev, qui veut accélérer

« L'État nous dit que la dématérialisation de l’identification des bovins sera opérationnelle en 2028 », a indiqué le 3 décembre Bruno Colin, représentant de la Coopération agricole à Interbev (interprofession), tout en demandant une mise en place accélérée. « Il est urgent que l'État réinvestisse dans la BDNI » (base de données nationale), a-t-il déclaré à Agra Presse en marge d’une conférence de presse. « Nous souhaitons que les travaux démarrent dès 2026 pour qu'elle soit opérationnelle en 2027. » Et de justifier ce calendrier par la « mise en place à trois ans » prévue par l’enveloppe votée dans la loi de finances pour 2024. Pour M. Colin, également président de la Coopération agricole Pôle animal, le contexte sanitaire plaide aussi en faveur d’une accélération du chantier. « Avec la DNC (dermatose nodulaire contagieuse, NDLR), les éleveurs doivent transmettre des données aux pouvoirs publics, qui travaillent avec des fichiers Excel. Avec la dématérialisation, ce serait plus rapide, plus efficace. » Pour rappel, la dématérialisation de l’identification des bovins recoupe trois volets : la réforme de la BDNI, la dématérialisation des passeports bovins (« cartes vertes ») et la mise en place des boucles électroniques en élevage.

Prairies : la campagne s’achève sur un déficit de 9 % par rapport à la normale (Agreste)

Après un été sec et un automne idéal pour l’herbe, la campagne 2025 des prairies permanentes s’est conclue, au 20 novembre, sur un déficit de production de 9 % par rapport à la période de référence 1989-2018, constate Agreste (ministère). Dans un premier temps, le printemps et le début de l’été ont été marqués par un « manque de pluie » et des « températures parfois très élevées ». « Au 20 août, le déficit de pousse atteignait 23 % », rappelle le service de statistique du ministère de l’Agriculture dans une note le 27 novembre. L’herbe a ensuite profité des excellentes conditions de fin d’été et de l’automne, à savoir « des précipitations régulières et des températures sans excès ». En septembre, octobre et novembre, « la production a dépassé de 50 % la production habituelle ». Au niveau géographique, le bilan est « très hétérogène », selon Agreste. Dans une bande de la frontière belge aux Pays de la Loire, les éleveurs enregistrent d’importants déficits (65 % de la moyenne en Hauts-de-France, autour de 75 % en Île-de-France, Normandie et Pays de la Loire, 85 % en Centre-Val de Loire). Hormis un léger déficit en Nouvelle-Aquitaine (91 %), toutes les régions sont dans la moyenne. C’est en Paca qu’a été enregistrée la meilleure pousse, avec 132 % de la moyenne.

Conférences Souveraineté : exercice plus complet que les plans de filière, défend le ministère

En vue du lancement des Conférences de la souveraineté, lundi 8 décembre à Rungis, le ministère de l'Agriculture a présenté à la presse, le 4 décembre, l'organisation de l'évènement (déjà parue dans nos colonnes). Interpelé par Agra Presse sur le manque d'enthousiasme de certaines filières, comme les fruits et légumes, qui ont déjà travaillé sur des plans de filière, voire des plans de souveraineté sectoriels, il a aussi défendu son intérêt. Le ministère assure que les plans sur lesquels aboutiront les Conférences seront une version actualisée et plus complète que les plans de filière. « L'idée est d'avoir une vision inter-filières et territorialisée, pour aboutir à une stratégie pour la France », explique-t-on Rue de Varenne. « Si l'on souhaite produire 30 % de fruits et légumes en plus, il faudra savoir où les mettre en place », illustrent les équipes d'Annie Genevard, qui espèrent des engagements des régions ou d'entreprises. L'objectif est aussi « de partir de l'aval, ce que certains plans ne font pas ». Enfin, le ministère espère, au travers de l'évènement, créer « un choc de l'opinion », sur un sujet qui lui semble peu connu du grand public. Et de rappeler les taux d'auto-approvisionnement dégradés en viande de volailles ou en fruits et légumes.

Sainte-Soline : le parquet classe sans suite les violences de gendarmes sur quatre manifestants

Le parquet de Rennes a annoncé, le 4 décembre, le classement sans suite des violences commises par les gendarmes sur quatre personnes grièvement blessées lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, théâtre de violents affrontements entre militants et gendarmes. Dans un communiqué du 4 décembre, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, explique avoir pris cette décision soit parce que les blessures ont été causées par un tir « conforme » (un cas), soit parce que les tirs non conformes ont pu être justifiés par le « contexte ultraviolent », soit parce que leurs auteurs n’ont pas pu être identifiés. Le parquet a toutefois indiqué vouloir « poursuivre les investigations relatives aux tirs tendus » de grenades effectués ce jour-là par les gendarmes, et a décidé « d’ouvrir une information judiciaire devant un juge d’instruction. « Compte tenu de la nouvelle orientation des investigations à mener, le choix de l’ouverture d’une information apparaît à ce stade plus adapté que la poursuite d’une enquête préliminaire » par le parquet, estime-t-il. Pour Me Chloé Chalot, avocate des quatre blessés graves qui avaient porté plainte, cette décision « est à la fois très décevante et très peu surprenante au vu de l’attitude du parquet au cours de cette procédure ». Ses clients vont déposer plainte avec constitution de partie civile sur les faits qui les concernent, une procédure qui déclenche automatiquement la désignation d’un juge d’instruction.

Vin : le Conseil d’État confirme l’interdiction d’étiquetage « Sud de France »

Le Conseil d’État a confirmé, dans une décision publiée le 3 décembre, l’interdiction de mentionner « Sud de France » sur l'étiquette des vins, rejetant ainsi la requête de l'UEMV (entreprises viticoles méridionales), des fédérations gardoise et héraultaise des vins IGP et de la fédération régionale des IGP Sud de France. La marque constitue « une indication de nature géographique » et donc « ne saurait être apposée sur l'étiquette de vins » sans IG, selon sa décision. Si les vins d’Occitanie avec IG peuvent faire « référence à une unité géographique plus large », comme le prévoit la règlementation européenne, Sud de France ne constitue « pas le nom d'une unité géographique », juge le Conseil d’État. Cette décision « prive les vins de la région Occitanie d’un précieux outil de commercialisation qui a fait ses preuves, en particulier à l’export, depuis presque 20 ans », déplorent les requérantes dans un communiqué le 4 décembre. « Nous le retirer, c’est nous faire reculer commercialement », regrette Denis Verdier, président de la fédération des IGP Sud de France. Le ministère de l'Agriculture avait confirmé le 18 juillet 2023 l’interdiction de mentionner « Sud de France » sur l'étiquette des vins, prévoyant une entrée en vigueur dès la récolte 2025. Cela concerne 93 millions de bouteilles par an, d’après le communiqué des fédérations.

Coopératives : après un rapprochement, Océalia et la Scar valident leur fusion

En juillet 2025, les coopératives Océalia (842 M€ de chiffre d’affaires, 970 000 t récoltées en 2024) et la Scar, Société coopérative agricole du Ribéracois, (24 M€ de CA, 90 000 t de collecte) avaient décidé de se rapprocher pour créer une « coopérative associée ». « Ce schéma ayant bien fonctionné, nous avons décidé à l’automne de franchir une nouvelle étape en envisageant la fusion », a annoncé Mathieu Staub, directeur général d’Océalia, lors d’une conférence de presse le 4 décembre. « Le processus a été validé par nos adhérents ce jour lors de notre assemblée générale et par ceux de la Scar, hier. Au 1er janvier, les salariés de la Scar passeront donc sous la bannière Océalia. » Cette fusion va entrainer une réorganisation de certains sites sur le territoire, pour « optimiser les charges », le tout « sans casse sociale ». L’actuel directeur général de la Scar, Éric Gazagnes, rejoint le comité opérationnel d’Océalia. Mathieu Staub a précisé en revanche que les discussions avec le négoce Piveteau (60 M€ de CA, 150 000 t de collecte, 1 500 clients) étaient toujours en cours. Océalia a annoncé, en septembre, son intention de devenir l’actionnaire majoritaire de ce négoce familial implanté en Charente. (Anne Gilet)

Coopérative : les filiales d’Océalia permettent au groupe de dégager un résultat positif

À l’occasion de son assemblée générale du 4 décembre, Océalia a présenté le bilan « d’un exercice difficile » où la coopérative enregistre un résultat net négatif à -3,9 M€, dû notamment à une récolte de 970 000 t, « la plus basse depuis dix ans », mais où le groupe affiche, grâce à ses filiales, un résultat positif de 2,7 M€ pour un chiffre d’affaires de 842,5 M€. Si le secteur viticole reste « bousculé », le pôle grand public « maintient ses performances économiques » : 17 nouveaux magasins Gamm Vert ont été acquis en 2025, portant à 88 le nombre de sites pour un CA de 82 M€. Le groupe table sur deux projets d’envergure pour 2026 : l’extension de l’usine de Menguy’s à Mazamet pour anticiper le développement d’une nouvelle filière locale de cacahuètes (le groupe en a récolté 10 ha en 2025, avec l’objectif d’atteindre 2 000 t à l’horizon 2030), et la mise en service en janvier 2026 de l’usine de trituration de Pamproux (Deux-Sèvres), portée par Alicoop, dont Océalia est actionnaire. Le site a la capacité de triturer 20 000 t de graines de soja, colza et tournesol produites localement. La démarche environnementale « Sillon responsable » a de son côté été certifiée HVE 2 : 1 000 adhérents (soit 30 % de la collecte d’été 2025) ont déjà bénéficié d’un accompagnement spécifique pour faire évoluer leurs pratiques. (Anne Gilet)

Agroalimentaire : une tribune pour accélérer le déploiement du logo Origin'Info

Le collectif En Verité, la FNSEA, l’Ilec, le Mouvement Impact France, D’aucy, Panzani, plusieurs PME agroalimentaires et un distributeur, Biocoop, ont publié le 4 décembre une tribune pour mettre en lumière le logo Origin’Info présent sur les emballages des produits alimentaires en France. L’Ania, la Feef et Pact’Alim ne font pas partie des signataires de ce texte intitulé « Faire de la transparence une force pour le savoir-faire français ». David Garbous, cofondateur et président du collectif En Vérité, compte sur cette tribune pour sensibiliser les ministres Serge Papin (Commerce) et Annie Genevard (Agriculture) « afin qu’ils mettent en avant le logo Origin’Info pour inciter plus d’industriels et de distributeurs à l’adopter », explique-t-il à Agra Presse. Le logo Origin’Info a été lancé en printemps 2024, appuyé notamment par la ministre Olivia Grégoire. À l’époque, 120 marques étaient signataires, et il était prévu que 10 000 produits l’affichent à fin 2024. Selon le collectif en Vérité, il est aujourd’hui présent sur 3 000 produits, et le sera sur 6 000 en janvier. En septembre, selon une enquête de la CLCV, le logo était présent sur deux produits parmi un échantillon de 450 produits.

Fleurs et plantes : forte concentration des grossistes depuis cinq ans (étude)

Près d’un quart des entreprises de gros en fleurs et plantes ont disparu entre 2019 et 2024, selon une étude de l’interprofession Valhor et de FranceAgriMer, menée par la société AIR Coop. Cependant, parallèlement, le chiffre d’affaires global a progressé de 78 M€ (+10 %) et celui des sociétés de 44 %. « Près de la moitié des entreprises en activité en 2024 ont été fondées entre 1990 et 2010. L’activité du secteur est aujourd’hui portée par 40 entreprises », souligne Jimmy Balouzat, consultant « transition agricole et alimentaire » chez AIR Coop. Les grossistes de plus de 6 M€ (19 %) représentent aujourd’hui 64 % du chiffre d’affaires de la branche. À l’inverse, les nouvelles entreprises, créées depuis 2020, demeurent de petite taille, avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1,5 M€ : « Cela traduit des capacités de développement encore limitées par rapport aux acteurs dominants. » Au total, l'étude recense 218 entreprises de gros, qui réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 855 M€, assuré à 93 % par la vente de produits végétaux. Les deux régions les plus denses en grossistes sont l’Île-de-France et Paca, où le marché de Rungis et le marché aux fleurs d’Hyères concentrent le plus de sociétés.

Céréales : Benoît Piètrement réélu président d'Intercéréales

L'actuel président d'Intercéréales Benoît Piètrement a été réélu à la tête de l'interprofession lors de l'assemblée générale, qui s'est tenue à Paris le 4 décembre et a été marquée par les 20 ans de l'organisation. En poste depuis septembre 2024 et réélu pour un mandat de trois ans, il aura pour mission de poursuivre les missions d'Intercéréales : « valorisation des céréales françaises », « renforcement de la compétitivité de la filière en France et à l’export » et « accompagnement des acteurs face au changement climatique », indique un communiqué. Pour rappel, l'interprofession a accompli diverses actions marquantes en 2025 : signature d'une convention avec la SNCF afin de développer davantage le transport ferroviaire de céréales, promotion des produits céréaliers français au Japon, élaboration d'un plan de surveillance sanitaire de la filière, etc. À l'avenir, Intercéréales prévoit de faire la promotion du blé et de la farine française en Chine sur la période 2026-2029, via un programme financé en partie à l'aide de fonds européens. Par ailleurs, un programme de promotion, également subventionné par l'UE, sur l'utilisation des céréales françaises, est en cours en Afrique (Cameroun, Sénégal, Côte d'Ivoire), étalé sur la période 2025-2028.

Ilec : une nouvelle directrice de la communication, le d.g. Antoine Quentin quitte son poste

L’Ilec (fabricants de produits de grande consommation) a annoncé le 3 décembre la nomination de Marilise Marcantonio au poste de directrice de la communication. Ex-directrice exécutive Engagement, communication, RSE et innovation chez Citeo (éco-organisme), elle succèdera à François Ehrard après une période de transition prévue jusqu’à fin mars 2026. Autre changement important : le directeur délégué Antoine Quentin quittera son poste le 15 décembre. On ignore pour l’instant qui le remplacera.

Coopératives : Guillaume Dumiot prend la direction générale de COC

Guillaume Dumiot est le nouveau directeur général du groupe COC. Il remplace Ulrich Housseau qui a pris les fonctions de directeur général du réseau d’appro Actura début septembre. Guillaume Dumiot était, depuis mai 2022, directeur d’Agri-Négoce (filiale d’Axéréal). Il sera officiellement présenté aux adhérents de COC lors de l’assemblée générale du 5 décembre. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 8 décembre 2025

Lundi 8 décembre
Lancement des Conférence de la souveraineté, à Rungis
Conférence de presse du groupe coopératif Advitam
Congrès de la Fnams (multiplicateurs de semences), à Angers

Mardi 9 décembre
Assemblée générale de la CGB (betteraviers, FNSEA)
Assemblée générale du groupe coopératif Axéréal
Assemblée générale du groupe coopératif Agora
Salon des ETA, à Tours (jusqu’au 11)
Conférence de presse de Semae (interprofession des semences) sur la « souveraineté alimentaire »
Conférence de presse du député RN Dutremble sur sa PPL Restauration collective
Conférence de presse du Gofar (robotique agricole)
Les députés de la Coméco auditionnent Annie Genevard
Séminaire du RMT Filarmoni sur l'emploi agroalimentaire
Séminaire de l’Inrae sur les obligations réelles environnementales (ORE)
Les rendez-vous de l’arbo 2025, à Valence
Colloque « Cantines de demain » de Un Plus Bio (consultants), en Occitanie

Mercredi 10 décembre
Congrès de la Coopération agricole, à Angers, jusqu'au 11
Conférence de presse de Cristal Union sur le bas carbone
Présentation d'un rapport parlementaire sur le ski et le tourisme de montagne

Jeudi 11 décembre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles (Pac, point sur les négociations en cours), jusqu'au 12
13e Congrès de la fédération CFDT Agri-Agro, à Lille (jusqu’au 12)
Conférence de presse de la FNSEA à l'issue de ses Rencontres de l'eau
Conférence de presse du CNIPT (pommes de terre) sur la décarbonation
Conférence de presse de Terres Inovia (oléopro) sur le changement climatique
Conférence de presse du Sedima (distributeurs de machines agricoles)
Les députés examinent la PPL santé mentale des agriculteurs
Visioconférence sur l'appel à projets Ecophyto pour les captages et sites Natura 2000
Visioconférence sur l’impact environnemental des pots horticoles, de Valhor
Inauguration de l’espace « Agriculture et Agroalimentaire » (industriels, chambres, régions)

Vendredi 12 décembre
Le Sénat examinent la mission agriculture du PLF 2026 (dépenses)
Assemblée générale du GIPT (interprofession pommes de terre)

Erratum sur les hypothèses SNBC 2

La deuxième version de la stratégie nationale bas carbone (SNBC 2) prévoyait une baisse d'environ 14 % de la consommation de viande hors volaille entre 2015 et 2050, et non 2025, comme indiqué par erreur dans l’Agrafil daté du 4 décembre.