Agrafil du 5 mars 2026

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États-Unis : Trump menace Madrid de sanctions commerciales, inquiétudes du secteur agricole

Le président américain, Donald Trump a menacé, le 3 mars, de rompre les relations commerciales entre les États-Unis et l’Espagne, après le refus du premier ministre Pedro Sanchez de laisser l’armée américaine utiliser ses bases militaires situées en Andalousie dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Face à cette situation, les institutions européennes se disent prêtes à réagir. « L'UE veillera toujours à ce que les intérêts de ses États membres soient pleinement protégés », a d’ores et déjà indiqué le président du Conseil européen, Antonio Costa, sur le réseau social X. « Nous sommes solidaires de tous les États membres et de leurs citoyens et sommes prêts à réagir si nécessaire, à travers notre politique commerciale commune, pour défendre les intérêts de l’UE », a précisé à l’AFP un porte-parole de la Commission européenne. La montée des tensions inquiète également les organisations agroalimentaires espagnoles, en particulier en ce qui concerne les exportations de vin et d’huile d’olive. Selon des données de la fédération espagnole des industries agroalimentaires (FIAB), les exportations agroalimentaires espagnoles vers les États-Unis ont déjà baissé, en 2025, de 9,6 % en valeur (à 3,041 Md€).

Transport : Bruxelles lance un plan d’action pour stimuler la compétitivité du secteur maritime

La Commission européenne a dévoilé, le 4 mars, une stratégie maritime industrielle et une stratégie portuaire. L’objectif est de « stimuler la compétitivité, la durabilité, la décarbonation, la sécurité et la résilience » du secteur maritime, alors que les ports de l’UE traitent 74 % des marchandises entrant ou sortant d'Europe. Parmi les actions proposées, Bruxelles va élaborer des orientations sur la propriété étrangère des ports de l'UE afin de limiter les risques liés aux investissements étrangers et les dépendances stratégiques, notamment chinois. L’exécutif européen souhaite également soutenir la décarbonation de la flotte maritime et l'adoption de carburants durables et de technologies de propulsion propres. Elle propose d’encourager les États membres à allouer une partie des recettes du système d'échange de quotas d’émission dans cette optique. Bruxelles souhaite, par ailleurs, développer les liaisons maritimes durables et écologiques à courte distance et la collaboration entre les ports. Le prochain plan de travail de l’Espace maritime européen portera sur ce sujet.

Biodiesel : Bruxelles maintient son droit compensateur sur les importations indonésiennes

Par un règlement d’exécution publié le 4 mars au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne a prolongé pour cinq ans ses mesures compensatoires définitives sur les importations de biodiesel originaire d’Indonésie. Les taux du droit compensateur définitif varient de 8 % à 18 % en fonction des entreprises. À la suite d’un réexamen des mesures, ouvert à la demande de l’European Biodiesel Board (EBB), Bruxelles a conclu que l’absence de mesures aboutirait, selon toute probabilité, à une continuation des subventions, mais aussi à la réapparition du préjudice causé par les importations indonésiennes faisant l’objet de ces subventions. Les mesures initiales avaient été mises en place en novembre 2019 pour une durée de cinq ans. La prolongation de ces mesures intervient alors que celles-ci font l’objet d’une procédure de règlement des différends à l’OMC. Un rapport de panel distribué le 22 août a donné partiellement raison à l’Indonésie, invitant l’UE à se mettre en conformité avec l’accord sur les subventions et les mesures compensatoires. En parallèle, Bruxelles et Jakarta ont conclu, en septembre, un accord de libre-échange contenant un protocole de coopération spécifique sur l’huile de palme.

Grains/engrais : les marchés agricoles « spectateurs » du conflit au Moyen-Orient (expert)

Après avoir connu une poussée le 27 février face à l'imminence de la guerre au Moyen-Orient, les marchés des céréales et oléagineux sont désormais dans l'expectative face au conflit, fluctuant moins que leurs boussoles du dollar et du pétrole. « Le marché des grains a vécu la tension au Moyen-Orient un peu en avance vendredi 27 février », résume Gautier Le Molgat, p.-d.g. d'Argus Media France. Les rachats de précaution par les fonds d'investissements ont contribué à soutenir les cours des céréales, tant à la Bourse de Chicago que sur Euronext, face aux signes avant-coureurs de la guerre. « Le blocage du détroit d'Ormuz est problématique pour le trafic global, il y a de l'import, de l'export, avec aussi beaucoup d'engrais qui en sortent », ajoute Gautier Le Molgat. Mais depuis le déclenchement du conflit le 28 février, « on fait des allers-retours et on est un petit peu spectateur dans notre filière », poursuit Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Les stocks, notamment de céréales, restent très importants et les conditions climatiques plutôt favorables, avec des pluies salutaires sur les blés aux États-Unis et le retour du beau temps en France qui fait refluer les excès d'eau. De quoi limiter l'ampleur des mouvements sur les marchés agricoles mondiaux. La question du comportement des acheteurs des pays du Golfe en céréales n’est pas tranchée : vont-ils moins importer, ou au contraire s’activer davantage afin de faire des réserves ?

Guerre au Moyen-Orient/fruits et légumes : l’export européen potentiellement affecté (filière)

Dans une contribution au site Fruitnet le 3 mars, Philippe Binard, délégué général de Freshfel Europe (interprofession européenne) tire la sonnette d’alarme sur l’impact du conflit dans le Moyen-Orient sur les exportations de fruits et légumes. « Le conflit en Iran est une très mauvaise nouvelle. L'instabilité dans la région est multiforme et affecte les activités commerciales de plusieurs États membres, différents produits et différentes destinations », explique-t-il. L'impact est également indirect avec l’augmentation des coût et l’allongement des délais de transit, à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz. M. Binard attire aussi l’attention sur la récente fermeture du canal de Suez, crucial pour les exportations de pays comme l'Égypte ou la Turquie, qui pourraient réorienter leurs exportations vers L’Europe. Selon la Rabobank, les exportations européennes de fruits et légumes vers cette zone du monde ont représenté un chiffre d’affaires de 587 M€ et 380 000 t en 2025 (pommes, poires, kiwis, agrumes, fruits à noyau, tomates, oignons, semences de pomme de terre). « Mars est le mois le plus important en termes de volume, avec plus de 40 000 t habituellement acheminées vers le Moyen-Orient », conclut Philippe Binard.

Fruits et légumes : la Gefel veut un financement exclusivement européen des PO

Dans un message publié sur LinkedIn le 3 mars, la Gefel (association des OP et AOP fruits et légumes françaises) publie une note de position concernant l’évolution des programmes opérationnels (PO) à la suite de la réforme de l’OCM : « Les outils fonctionnels qui ont fait leurs preuves comme les PO fruits et légumes doivent continuer d’être uniquement financés à l’échelle européenne pour éviter les arbitrages nationaux et la distorsion de concurrence conséquente », explique-t-elle. Celle-ci serait multiple selon l’association : budgétaire entre politiques européennes ou entre États membres, entre filières, ou encore entre modèles d’organisation « avec l’arrivée des OP non reconnues, non soumises aux mêmes contrôles et contraintes et qui émargeraient sur les mêmes aides sectorielles ». La Gefel s’inquiète aussi à propos du financement actuel des programmes opérationnels sur l’actuelle programmation Pac ( 2023-2027) : elle juge « inacceptable » la rupture réglementaire et de financement, prévue au 31 décembre 2027 par le budget européen 2028-2034, et la pression mise sur les services instructeurs de chaque État membre pour agréer tous les PO fin 2027.

Loi d’urgence agricole : le texte sera présenté « début avril » en Conseil des ministres

Le projet de loi d’urgence agricole (LUA) « sera présenté en Conseil des ministres début avril », a annoncé le gouvernement dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 4 mars. Un calendrier qui recule de quelques jours par rapport à celui précédemment annoncé (fin mars). L’exécutif maintient le cap d’un « examen parlementaire au printemps », pour ce dernier projet de loi agricole avant l’élection présidentielle de 2027. Le 26 février, l’entourage de Sébastien Lecornu indiquait à l’AFP que la saisine du Conseil d’État devrait intervenir en mars. Après la présentation en Conseil des ministres, « le texte sera ensuite déposé en premier lieu à l’Assemblée nationale, puis examiné par le Sénat dans le cadre d’une procédure accélérée », selon cette source. L’examen à la chambre haute doit a priori débuter en juin. « L’ambition demeure une adoption définitive avant l’été », a déclaré l’entourage du Premier ministre. Annoncé mi-janvier par Sébastien Lecornu, la LUA doit porter sur l’eau, la prédation et les « moyens de production ». Un périmètre que le Premier ministre a élargi au foncier le 26 février, précisant vouloir poursuivre les concertations sur ce texte.

Pesticides : encore plombé par les litiges, Bayer enregistre de nouvelles pertes en 2025

Le groupe d'agrochimie Bayer a enregistré une troisième perte nette d'affilée en 2025, plombé par les litiges liés au glyphosate aux États-Unis. Avec une perte de 3,6 Md€, en hausse de 42 % par rapport à 2024, le groupe de Leverkusen a vécu son pire exercice depuis 2020, année de la pandémie. La faute avant tout à des charges exceptionnelles en hausse de 12 %, à 6,2 Md€, principalement liées aux poursuites judiciaires contre le Roundup, herbicide de sa filiale Monsanto accusé d'être cancérigène. Le 4 mars, un juge américain a donné une « approbation préliminaire » à l'accord collectif de plusieurs milliards de dollars annoncé à la mi-février visant à régler les plaintes en cours et futures concernant le Roundup. Une « première étape majeure », s’est félicitée l’entreprise, qui demeure « confiante » concernant une possible approbation définitive en juillet par le tribunal de Saint-Louis. Mais, même sans les litiges, le groupe est moins performant ; en témoigne la chute de 4,5 % (à 9,7 Md€) du résultat opérationnel ajusté (Ebitda) avant éléments exceptionnels. La branche d'agrochimie, qui détient Monsanto et qui souffre de la conjoncture mondiale, s'est néanmoins redressée cette année, avec une croissance de 1,1 %, portée avant tout par les semences. Pour 2026, Bayer anticipe au pire une stagnation et au mieux une hausse de 3 % de son chiffre d'affaires hors effets de change, et un Ebitda avant éléments exceptionnels compris entre 9,6 et 10,1 Md€.

Flupyradifurone : Générations futures dénonce les effets sur les pollinisateurs

Dans un courrier envoyé le 4 mars à la DG Santé (Commission européenne), Générations futures et PAN Europe demandent à Bruxelles de transmettre « dans les meilleurs délais » à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) les nouvelles données scientifiques disponibles sur les risques du flupyradifurone pour les pollinisateurs. Les deux ONG expliquent que, depuis l’évaluation de l’Efsa en 2015, de nouvelles études pointent des risques, notamment sur les abeilles solitaires. Générations futures dit avoir mené une revue de littérature scientifique selon laquelle 72 études sur les effets du flupyradifurone sur les espèces non-cibles n’ont pas été évaluées par l’Efsa, dont 44 concernent les abeilles et bourdons. « L’écrasante majorité de ces travaux indiquent des effets toxiques létaux ou sublétaux (modification du comportement, perturbation du système immunitaire, plus grande sensibilité aux virus) en particulier sur des espèces sauvages, y compris à des doses d’exposition environnementales », détaille l’association. Les ONG pressent la Commission « d'accélérer la révision de l’approbation » du flupyradifurone, qui devait expirer en décembre 2025, mais qui, faute de temps pour achever les évaluations, a été prolongée jusqu’au 9 juin 2029, selon le règlement 2025/1489. En France, la proposition de loi Duplomb 2 vise à réautoriser le flupyradifurone ainsi que l’acétamipride, interdits dans l’Hexagone depuis 2020.

Vin : en difficulté, les Vignerons du Brulhois intègrent l’union de coops Terre de Vignerons

L’union Terre de Vignerons, présentée comme le deuxième groupe coopératif de vins tranquilles, a annoncé le 4 mars l’intégration des Vignerons du Brulhois, en redressement judiciaire depuis le mois de juillet. Ce rapprochement consiste en « un apport global de production, d’un volume d'environ 6 000 hectolitres », d’après le communiqué. Côté organisation, le groupe précise : « La conduite du vignoble et la vinification resteront assurées localement, afin de préserver le savoir-faire, l’identité des vins et le lien avec le terroir. Terre de Vignerons mettra à disposition ses outils industriels, commerciaux et logistiques, ainsi que son expertise en marketing et communication, pour accompagner le développement et la visibilité des vins du Brulhois. » Jusqu’alors, Terre de Vignerons réunissait dix caves coopératives de l’Entre-deux-mers (Gironde) et du Pays duraquois (Lot-et-Garonne). Son chiffre d’affaires consolidé s’élevait à 41 M€ en 2024, pour 35 millions d’équivalent cols. En difficulté, les Vignerons du Brulhois avaient été mis en procédure de sauvegarde au mois d’août 2024 par le tribunal de commerce de Montauban.

Champagne/récolte : prison ferme confirmée en appel pour traite d'êtres humains

La cour d'appel de Reims a confirmé mercredi 4 mars la condamnation à deux ans de prison ferme pour traite d'êtres humains d'une ex-dirigeante de société de prestations viticoles qui avait exploité une cinquantaine de vendangeurs, souvent sans-papiers, en 2023 dans le vignoble champenois. Condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux avec sursis, la principale prévenue, qui dirigeait l'ex-société de prestations viticoles Anavim, a vu sa peine confirmée pour traite d'êtres humains, travail dissimulé et emploi d'étrangers sans autorisation. D’après l’AFP, cette quadragénaire originaire du Kirghizstan a été maintenue en détention. Ses lieutenants, deux trentenaires essentiellement chargés du recrutement, ont vu, eux, leur peine légèrement allégée à un an de prison avec sursis chacun. La cour d'appel a condamné les prévenus à verser 4 000 € à chacune des 53 victimes au titre de leur préjudice moral. En revanche, la société du viticulteur ayant fait appel à Anavim pour vendanger, la SARL Cerseuillat de la Gravelle, a été relaxée en appel. Chichement nourris, ces vendangeurs, en majorité des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte-d'Ivoire ou encore du Sénégal, avaient été logés dans un bâtiment insalubre, avec des sanitaires répugnants et vétustes, des installations électriques dangereuses et des matelas au sol.

RSA : plainte de la CGT contre le conseil départemental du Finistère

Le 4 mars, l’AFP rapporte que le président (divers droite) du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, et l’un des cadres de la collectivité sont cités à comparaître en correctionnelle par la CGT et six allocataires du RSA qui leur reprochent des contrôles s’apparentant à du « harcèlement moral institutionnel ». Le 23 février, la Confédération paysanne, par voie de communiqué, avait dénoncé « des contrôles abusifs » menés par le conseil départemental concernant le RSA envers certains agriculteurs du Finistère. Au printemps 2025, le conseil départemental avait informé plusieurs agriculteurs biologiques bénéficiaires que le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique devait être intégré à leurs ressources et déclaré comme tel, entraînant des demandes de remboursement de plusieurs milliers d’euros. Une audience sur le fond est attendue début 2027, selon l’avocat de la CGT. Dans un communiqué, le département a protesté contre des « méthodes qui détournent les voies de droit ». « Le département demandera en conséquence leur condamnation pour procédure abusive », prévient la collectivité.

Travailleurs agricoles : un décret institue un examen de santé à mi-carrière

Un décret paru au Journal officiel le 4 mars apporte des simplifications en matière de santé au travail des travailleurs agricoles. Il vient modifier l'article R717-18-1 du Code rural : celui-ci prescrivait un examen médical des travailleurs agricoles à cinquante ans. Il est désormais remplacé par un examen médical de mi-carrière. « Le décret tire les conséquences des articles 11 et 22 de la loi n°2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail », est-il précisé. Par ailleurs, le décret abroge l'article R717-51-2 du même Code rural portant sur la fixation par le ministre chargé de l'Agriculture des modalités de détermination des effectifs de l'équipe pluridisciplinaire dans les services de santé au travail agricole autres qu'autonomes. Le décret organise ainsi l'agrément des services de prévention et de santé au travail compte tenu notamment de la composition de leur équipe pluridisciplinaire. La parution de ce décret suit de près l'annonce du nouveau Plan Santé Travail 2026-2030 de la MSA, qui a mis la prévention au centre du dispositif, à l’occasion du dernier salon de l’Agriculture.

Eau : des sénateurs alertent sur l’attribution des aides aux communes par les agences de l’eau

Un rapport de la mission flash de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat, adopté à l’unanimité le 26 février, révèle que les agences de l’eau appliquent imparfaitement la loi du 11 avril 2025, relative à l’organisation des compétences eau et assainissement. Les sénateurs relèvent notamment que les agences de l’eau conditionnent parfois l’attribution d’aides à la nature juridique des porteurs de projets. Une pratique, selon les rapporteurs, contraire à l’esprit de la loi, qui affirme le principe de libre administration des collectivités territoriales, permettant aux élus locaux de déterminer l’échelon de gestion le plus approprié. Au-delà des critères, les agences de l’eau imposent des contraintes financières et techniques aux collectivités territoriales, sans prendre suffisamment en compte les réalités locales. Aussi la mission formule-t-elle trois recommandations : veiller à la bonne application de la loi par les agences de l’eau ; renforcer la solidarité territoriale en faveur des communes rurales ; et sécuriser le financement du renouvellement et de l’extension des réseaux dans les territoires ruraux. Pour rappel, les agences de l’eau disposent d’un budget de 2 milliards d’euros par an pour soutenir les projets portés par les collectivités territoriales compétentes en matière d’eau et d’assainissement.

Cacao : la Côte-d’Ivoire réduit de près de 60 % le prix d’achat aux producteurs

Le gouvernement ivoirien a annoncé le 4 mars une baisse de près de 60 % du prix d’achat du cacao aux planteurs, fixé désormais à 1 200 francs CFA le kilo, pour tenter de répondre à la crise de mévente traversée par la filière. Ce nouveau prix tranche avec le prix record de 2 800 francs  CFA (soit 4,26 €) instauré en octobre 2025, avant la présidentielle qui a vu la réélection d’Alassane Ouattara. Après que les cours mondiaux du cacao ont crevé les plafonds en 2024, une baisse s’était amorcée en 2025, avant qu’ils ne dévissent cette année, dans un contexte de chute des prix internationaux et de surstockage. Les prix du cacao en Côte-d’Ivoire sont fixés par l’État deux fois dans l’année, pour la campagne principale qui s’ouvre en octobre et la campagne intermédiaire, habituellement en avril, mais avancée cette année d’un mois. « Le prix du cacao sur le marché international nous oblige à faire un réajustement », a déclaré Bruno Koné, le ministre de l’Agriculture, au moment d’annoncer le prix. Le prix à la tonne sur le marché mondial s’élève actuellement à 2 900 $ (2 491 €), contre plus de 11 000 $ (9 453 €) début 2024. Le cacao ivoirien coûtait ainsi ces dernières semaines 75 % plus cher que le cours mondial. La filière du cacao ivoirien représente 14 % du PIB du pays et fait vivre 5 millions de personnes.

Élevage : le programme d’Obione ouvrira les portes de huit fermes au public en 2026

À travers le programme « Dans ta ferme ! » de l’entreprise Obione (spécialisée dans la santé animale), huit exploitations accueilleront des citoyens « pour des activités concrètes et pédagogiques », visant à leur faire « découvrir la réalité du métier, au plus près du terrain ». D’après un communiqué, les visiteurs d'un jour, baptisés « voisins », pourront participer à de nombreuses activités : « traite, alimentation des animaux, entretien des bâtiments, plantation de haies, observation des pratiques d’élevage ». Ces fermes sont situées en Bourgogne-Franche-Comté, dans l’Aisne et au Pays basque. En 2025, l’entreprise avait déjà testé son programme dans trois régions ; il avait alors « rencontré un accueil très positif », selon elle. Il s’agit de la « première initiative de ce type en France », revendique Obione, qui loue un dispositif qui « recrée du lien » et « rapproche citoyens et éleveurs ». Le programme « Dans ta ferme ! » est cofinancé par l’UE et la région Bourgogne-Franche-Comté, où se situe le siège d’Obione.

Climat : un mois de février « historique » et « anormalement » chaud et pluvieux

Le mois de février a été marqué en France par des conditions météorologiques « historiques », associant un record de pluie, des crues exceptionnelles et une douceur quasiment sans précédent, a annoncé Météo-France dans un communiqué le 4 mars. Au cours du mois, l’excédent de pluie a été de 100 %, tandis que les températures ont été supérieures de 3,5°C aux normales de la période 1991-2020, classant février au deuxième rang des hivers les plus chauds depuis 1900. Plus largement, l’hiver météorologique (décembre-février) figure au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1900, derrière les hivers 2019-2020, 2015-2016, 2023-2024, avec une anomalie thermique de +1,7°C. Concernant la pluviométrie, cet hiver se classe au huitième rang des hivers les plus arrosés connus par le pays, avec un excédent de 35 %. Pour les crues, l’Hexagone a connu cet hiver 18 jours en vigilance rouge. Un « record absolu » depuis la création de la vigilance aux crues en 2006. À partir de février, les sols sont devenus saturés en eau et on atteint des niveaux record en moyenne en France, entraînant des débordements de cours d’eau et des inondations. Météo-France n’écarte toutefois par le risque de sécheresse à l’été, qui dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et estivales.