OCM : compromis européen sur les contrats écrits et les dénominations de viande
Les colégislateurs européens sont parvenus à un compromis, le 5 mars à l’occasion de leur quatrième réunion interinstitutionnelle, sur la révision ciblée du règlement OCM destinée à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Sujet sensible des pourparlers, un accord a été trouvé notamment pour réserver l'utilisation de termes comme « steak » et « foie » aux produits carnés et exclure les produits cultivés en laboratoire. Les termes « saucisse » et « burger » ne sont cependant pas concernés. « Cet accord représente un succès incontestable pour nos éleveurs », se félicite la rapporteure, Céline Imart (PPE, droite). Selon elle, les colégislateurs s’engagent à réviser la liste des termes protégés dans le cadre de la réforme de la Pac en cours de discussions. Par ailleurs, un compromis a été conclu sur les contrats écrits obligatoires entre agriculteurs et acheteurs, notamment dans le secteur laitier. Ces contrats contiendraient des dispositions renforcées comme des clauses de révision et des clauses de non-participation liées aux indicateurs de prix. En outre, le texte prévoit une dérogation au droit de la concurrence pour les organisations de producteurs (OP) non reconnues et la possibilité pour les OP de dialoguer directement avec les acheteurs. L’accord provisoire doit à présent obtenir l’approbation finale du Parlement européen et du Conseil de l'UE avant de pouvoir pleinement entrer en vigueur.
UE-Mercosur : les Vingt-sept entérinent le règlement sur la clause de sauvegarde agricole
Le Conseil de l’UE a formellement adopté, le 5 mars, le règlement mettant en œuvre la clause de sauvegarde agricole de l’accord commercial UE-Mercosur. Seule la Hongrie s’est prononcée contre tandis que la Belgique et l’Autriche se sont abstenues. Ces mesures, jugées insuffisantes par certains, sont destinées à répondre aux préoccupations agricoles et à renforcer la protection des secteurs sensibles en facilitant la mise en œuvre des clauses de sauvegarde. Dans le détail, des enquêtes seront ainsi lancées en cas d’augmentation des importations de 5 % par rapport à une moyenne triennale doublée d’une baisse de 5 % du prix de vente par rapport à l’équivalent européen. Bruxelles disposera d’un délai de quatre mois pour finaliser son enquête et des mesures provisoires pourront être mises en œuvre dans un délai de 21 jours en cas d'urgence. Avec cette ultime validation, le texte va à présent être publié au Journal officiel de l'UE ; il entrera en vigueur le vingtième jour suivant sa publication. Alors que la Commission européenne a décidé, le 27 février, de procéder à la mise en œuvre provisoire du traité, ces mesures s’appliqueront également durant cette période.
UE-Mercosur : le Brésil ratifie l’accord commercial à son tour
Après l'Uruguay et l’Argentine le 26 février, le Brésil est devenu, le 4 mars, le troisième pays du bloc sudaméricain à ratifier l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. Cette ratification a été rendue possible par l’approbation « à l’unanimité » du traité commercial par le Sénat brésilien, a annoncé son président Davi Alcolumbre. « Le monde actuel est plus fragmenté, plus sceptique et plus protectionniste. Cela rend l’accord avec nos partenaires européens encore plus d’actualité et encore plus nécessaire », a déclaré la sénatrice de droite Tereza Cristina lors du débat au Parlement brésilien. La chambre basse brésilienne avait, elle, déjà validé le texte la semaine précédente. Il ne reste à présent plus que le feu vert du Paraguay pour que l’accord commercial soit ratifié par l’ensemble des pays sud-américains signataires. De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décidé, le 27 février en plein Salon de l’agriculture, de procéder à l'application provisoire de l’accord sans attendre l’aval du Parlement européen, au grand dam de la France notamment.
Budget de la Pac 2028-2034 : la Comagri se prononce pour une enveloppe largement rehaussée
Le 5 mars, la commission de l’Agriculture du Parlement européen a adopté à une très large majorité (35 voix pour, une contre et huit abstentions) sa position pour avis sur le futur budget de la Pac 2028-2034. Le projet d’avis préparé par le social-démocrate italien Stefano Bonaccini propose de porter le financement de la Pac à 443,03 Md€ pour la prochaine période budgétaire, en recréant notamment le second pilier que la Commission européenne voudrait voir disparaître. Les eurodéputés défendent une enveloppe de 320,72 Md€ au titre des interventions de la Pac (soutien au revenu), de 106,91 Md€ pour le développement rural, de 6,3 Md€ pour la nouvelle réserve agricole en cas de crise et de 9,1 Md€ pour les programmes spécifiques aux régions ultrapériphériques (Posei).Pour la période actuelle (2021‑2027), le budget e la Pac s’élève à 387 Md€. Dans sa proposition initiale pour 2028-2034, la Commission européenne avait prévu une enveloppe de 300 Md€ ; sous pression des États membres et du Parlement européen, elle a été relevée autour de 393,7 Md€. Quelques amendements supplémentaires ont été adoptés au moment du vote le 5 mars, dont un qui appelle à créer un « bureau spécialisé dans la vérification du respect des normes sanitaires et phytosanitaires, qui fonctionnerait comme une véritable agence Frontex agroalimentaire ». Cet avis va maintenant être transmis à la commission parlementaire des Budgets, qui est responsable du dossier.
Pac : les eurodéputés préparent des modifications « radicales » de la proposition de Bruxelles
Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont profité d’un échange de vues sur un récent rapport, très critique, de la Cour des comptes européenne pour étriller les propositions de la Commission européenne de réforme de la Pac. Tous les groupes politiques ont unanimement dénoncé le risque de renationalisation, le manque de visibilité sur les financements ou encore l’absence de traçabilité des dépenses. L’allemand Norbert Lins (PPE), rapporteur sur le règlement Pac, promet de travailler à des « modifications radicales de cette proposition pour que la Pac reste commune ». « Il est inenvisageable d’en rester à cette proposition », a abondé Éric Sargiacomo (S&D) en charge du règlement OCM, même s’il se félicite des quelques avancées proposées en matière de gestion des crises. Pour l’espagnole Cristina Maestre (S&D), la Commission européenne devrait retirer sa proposition « complétement à côté de la plaque ». Selon un calendrier prévisionnel, le projet de rapport de Norbert Lins sur la Pac devrait être finalisé d’ici au 12 juin, en vue d’un vote en commission de l’Agriculture début décembre et d’une adoption de la position du Parlement européen en séance plénière en janvier 2027.
Pratiques commerciales déloyales : l’application transfrontalière validée par les Vingt-sept
Le Conseil de l’UE a validé, le 5 mars, les règles concernant l’application transfrontalière de la directive Pratiques commerciales déloyales. Ce texte a pour principal objectif d’améliorer la coopération entre les autorités nationales chargées de faire appliquer la législation, loin du grand « Egalim européen » qu’appelait de ses vœux Emmanuel Macron. Dans le détail, les États membres pourront intervenir d’office pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales transfrontalières sans qu’aucune plainte officielle n’ait été déposée par un producteur. Des dispositions sont intégrées en cas de pratiques commerciales déloyales de la part d’acheteurs non-membres de l’UE afin d’empêcher les opérateurs de contourner la loi en déplaçant leur siège social hors UE. Le texte comprend aussi un mécanisme d’entraide judiciaire afin d’échanger des informations entre autorités nationales, ainsi qu’un mécanisme d’action coordonnée en cas de pratiques commerciales déloyales transfrontalières de grande ampleur impliquant au moins trois pays de l’UE. Les nouvelles règles entreront en vigueur 18 mois suivant leur publication au Journal officiel de l'UE, alors qu’une révision plus large de la directive est attendue d’ici le troisième trimestre 2026.
UE/États-Unis : Strasbourg maintient son blocage des textes issus de l’accord commercial
La majorité des rapporteurs de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta) s'est prononcée, le 4 mars, pour le maintien de la suspension du travail législatif au sujet des textes mettant en œuvre l’accord UE/États-Unis de juillet. C’est ce qu’a annoncé le président de la Cominta, le social-démocrate allemand Bernd Lange, dans un message posté le jour-même sur le réseau social X. Ce blocage a initialement été décidé le 23 février en réaction à la décision de la Cour suprême des États-Unis de déclarer illégales les surtaxes « réciproques » et l’annonce de nouveaux tarifs par Donald Trump. Les eurodéputés réclament toujours davantage d’éclaircissement sur la situation. « Les entreprises et les consommateurs ont besoin d'un régime tarifaire stable, or nous n'en disposons toujours pas. On ne peut prendre de décisions sans contexte. Il serait irresponsable d'adopter une loi sans sécurité juridique », a déclaré Bernd Lange. Les rapporteurs doivent à nouveau se réunir « la semaine prochaine » afin de réévaluer la situation. En cas d’éventuel accord pour la reprise de l’examen législatif, un vote pourrait alors se dérouler lors de la prochaine réunion de la Cominta, les 18 et 19 mars.
Prix des carburants : la FNSEA pointe des « hausses brutales » et réclame des contrôles
Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, « de nombreuses FDSEA font déjà remonter des hausses brutales chez certains fournisseurs » de carburant, alerte la FNSEA dans un message envoyé à la presse le 4 mars. Le syndicat majoritaire demande au ministre de l’Économie de « faire toute la transparence sur l’évolution réelle des prix du GNR et des carburants professionnels », ainsi qu’un renforcement des contrôles, pour « éviter toute hausse abusive ». Sans évoquer spécifiquement l’agriculture, Roland Lescure avait déjà promis des contrôles et réunissait les distributeurs de carburant jeudi matin, 5 mars. Sur France Info la veille, le locataire de Bercy relevait que le prix de l'essence « augmente de quelques centimes actuellement ». De son côté, la FNSEA fait état dans son message de hausses « parfois très supérieures » à ce niveau sur le terrain. Parmi les régions concernées, les Pays de la Loire, qui ont communiqué dès le 3 mars. « Pour les agriculteurs, cette situation est particulièrement préoccupante », explique la FNSEA, rappelant « le retour des travaux de printemps dans les champs ». La fermeture du détroit d’Ormuz en raison du conflit met les marchés mondiaux du pétrole sous tension. En France, malgré l’absence de risque de pénurie à court terme, les consommateurs procèdent à des achats de précaution de carburant.
Prix de l’énergie : la CR réclame un bouclier tarifaire pour les usages agricoles
Dans un communiqué du 5 mars, la Coordination rurale (CR) réclame la « mise en place d’un bouclier tarifaire sur les énergies à usage agricole », afin de contrer les effets de la guerre Iran-Israël-USA, à l’origine de la hausse actuelle des cours du pétrole et des engrais. Cette hausse se répercute sur les agriculteurs, qui voient leurs coûts de production augmenter. Une demande de même nature avait déjà été lancée par le syndicat en 2022, lors de la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine. « Les prix de l’électricité et du gaz pour un usage agricole doivent être plafonnés s’ils s’envolent dans les prochains jours », détaille la CR. Pour rappel, le trafic maritime semble fortement ralenti au niveau du détroit d’Ormuz en raison du conflit, par lequel circule bon nombre de marchandises vitales, renchérissant leurs prix. Le syndicat rappelle que la trésorerie des agriculteurs français est déjà mise à mal « ces dernières années par divers facteurs : intempéries, sécheresse, maladies, guerre en Ukraine… ». Par ailleurs, la CR demande d’urgence une « réflexion nationale sur les techniques de production des engrais » et sur leur réimplantation en France et dans l’UE, « en concertation avec les syndicats agricoles et les représentants des entreprises chimiques ».
Guerre au Moyen-Orient : « au moins 70 000 animaux » bloqués en mer (ONG)
Alors que le trafic maritime est paralysé au Moyen-Orient en raison du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, l’association Robin des Bois alerte, dans un communiqué du 4 mars, sur le sort de dizaines de milliers d’animaux bloqués dans leurs bétaillères. Selon elle, « sur la base des informations disponibles, ce sont au moins 70 000 animaux qui sont pris en otage en Méditerranée orientale et dans la Mer Rouge ». Il s’agit de « vaches, moutons et chèvres », exportés depuis l'Amérique du Sud, l’UE et « les pays de la corne de l'Afrique » vers plusieurs destinations du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Liban, Irak, Israël et Jordanie). Dans le détail, l’ONG environnementale liste – en donnant leur nom – « six bétaillères maritimes » présentes dans la zone du conflit, ainsi que sept autres en transit vers cette zone. « En temps normal, les conditions de parcage à bord sont déplorables », rappelle Robin des Bois. « En temps de guerre (…), elles sont infernales à cause des refus et retards de débarquement. » Au-delà du blocage du détroit d’Ormuz, qui met sous tension les marchés pétroliers et agricoles, l’association souligne que « 3 000 navires marchands sont immobilisés », avec à leur bord « 45 000 marins », sur la base de « 15 membres d'équipage par navire ».
Marchés publics : Bruxelles se penche sur les moyens de favoriser les produits alimentaires locaux
Les commissaires européens Christophe Hansen (Agriculture) et Stéphane Séjourné (Marché intérieur) ont lancé, le 5 mars, un dialogue sur l'alimentation, dont la première réunion était consacrée aux produits locaux et de saison. Ce forum de discussion avait été promis dans le cadre de la Vision sur l’agriculture et l’alimentation adoptée il y a un an. Bruxelles s’y engageait à proposer une législation sur les marchés publics pour que « le prix le plus bas ne soit plus le seul critère » lors de l'achat de produits alimentaires, afin de récompenser les efforts de qualité et de durabilité des agriculteurs. Les parties prenantes participantes à l’évènement ont en particulier discuté de la manière dont ces marchés publics et les partenariats avec les collectivités locales pouvaient influencer les choix alimentaires. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) y ont insisté sur la nécessité « d'adopter des critères de meilleur rapport qualité-prix, intégrant la qualité, la sécurité, la durabilité et réduisant la dépendance aux importations qui ne respectent pas les normes de production de l'UE ». La prochaine session de ces dialogues sur l'alimentation, prévue plus tard dans l’année, portera sur la compétitivité de l'industrie agroalimentaire européenne.
Bio : les eurodéputés critiquent le dispositif d'équivalence vis-à-vis des importations
De nombreux eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont émis des doutes envers le système d’équivalence accordée aux importations de produits bio dans l'UE alors qu’ils entamaient, le 5 mars, l’examen de la récente proposition de simplification de la règlementation. Avec ce texte, Bruxelles apporte notamment des précisions sur les conditions dans lesquelles le logo bio de l’UE peut être utilisé pour des produits importés de pays tiers dont les règles sont considérées comme équivalentes. L’exécutif propose aussi de prolonger jusqu’au 31 décembre 2036 la reconnaissance des pays tiers dont les systèmes de production et de contrôle biologiques sont reconnus comme équivalents à ceux de l’UE qui doit expirer dès le 31 décembre 2026. Mais plusieurs élus, en particulier au sein du groupe PPE (droite), ont estimé que cette prolongation de dix ans est bien trop longue. D’autres (PPE, conservateurs, extrême droite, gauche) ont critiqué les limites du système d’équivalence, qui conduit à une concurrence déloyale vis-à-vis des producteurs européens par rapport à ceux des pays tiers soumis à des règles différentes. L’eurodéputée sociale-démocrate italienne Camilla Laureti, en charge du dossier, a indiqué que les questions de transparence et de réciprocité feraient partie de ses priorités.
Élargissement de l’UE : les agriculteurs ukrainiens plaident pour une transition de dix ans
Lors d’un évènement organisé le 4 mars à Bruxelles, une coalition d’organisations agricoles ukrainiennes (lait, porc, volailles, sucre), réunies autour du Conseil ukrainien de l’Agriculture (UAC) et des entreprises agricoles ukrainiennes (UCAB), a dévoilé une position commune sur les conditions de l'intégration européenne pour le secteur agricole ukrainien. Ces associations considèrent qu’une période de transition d'au moins dix ans à la date d'adhésion officielle à l'UE est nécessaire pour que l’Ukraine puisse harmoniser sa législation avec celle de l’UE. Sont notamment visées : les règles en matière de produits phytosanitaires et d’additifs pour l'alimentation animale ; l’application des exigences environnementales ; ou encore la réglementation sur l'utilisation des engrais. Elles précisent, par ailleurs, que l’accès des agriculteurs ukrainiens à la Pac devrait se faire dès le début de cette période de transition avec la possibilité d’augmentations progressives des paiements et sans appliquer de plafonnement des aides directes, afin de compenser les coûts supplémentaires de cette période. À la fin des dix ans, le niveau de soutien devrait, selon les organisations ukrainiennes, être aligné sur celui accordé aux agriculteurs des États membres de l'UE.
Stockage d’eau : une étude explore la piste d’un barrage en amont de la Dordogne (presse)
Une étude, rendue publique le 4 mars par le Conseil départemental de la Corrèze, explore la possibilité de construire un barrage de 45 millions de mètres cubes (Mm3) sur l’amont de la Dordogne, au niveau du pont de l’Arpiat, rapporte le média Ici (ex-France bleu). Cette piste constitue l’un des scénarios examinés par cette étude menée par le bureau Rives et Eaux et cofinancée par les départements de la Corrèze, de la Charente et de la Charente-Maritime. Avec l’objectif d’anticiper les futurs besoins en eau du bassin de la Charente, qui va devoir combler 80 à 100 Mm3 d’eau d’ici 2050 face au changement climatique. La moitié devrait être économisée grâce à un plan de sobriété, mais reste au moins 40 Mm3 à trouver. Selon l’étude, qui s’appuie sur les données du Giec, la Corrèze devrait être l’un des rares départements à connaitre une hausse des pluies hivernales d’ici 2050. L’idée serait de capter une partie des crues hivernales pour les transférer vers le bassin charentais. Un projet dont le coût est estimé à 600 M€, soit la capacité d’investissement annuelle des trois départements réunis. Pour l’heure, aucune décision n'a été prise, les départements concernés poursuivent l’examen des différentes solutions proposées.
Élevage : des états des lieux sur les sites proches des futures lignes à très haute tension
À travers une charte signée avec Chambres d’agriculture France le 27 février, Enedis s’engage à « proposer » un diagnostic à « tous les propriétaires et/ou exploitants » d’élevages situés sur le trajet des futures lignes électriques à très haute tension. Financée par Enedis, cette étude comprendra deux volets : « états des lieux électriques » et « performances techniques de l’élevage ». Selon un communiqué commun, il reviendra aux chambres d’agriculture « d’identifier les éleveurs et leurs bâtiments existants de ruminants ou d’équins à proximité de nouvelles lignes aériennes projetées de 225 000 V ou 400 000 V ». Les états des lieux ainsi réalisés seront ensuite « partagés avec les éleveurs », conservés par les chambres et « transmis au GPSE* pour assurer un suivi en cas de besoin ». Les partenaires rappellent que « près de 2 000 élevages cohabitent déjà avec le réseau électrique » (non concernés par la présente charte), et que 70 % des lignes à haute et très haute tension « traversent des zones agricoles ». En juillet dernier, les chambres demandaient une loi sur les « courants parasites » afin d’imposer de tels diagnostics préalables. Un an plus tôt, en juin 2024, un éleveur de l’Orne avait perdu en appel contre Enedis (après avoir gagné en première instance), faute d’anomalie détectée par le GPSE.
* Groupe permanent pour la sécurité électrique en milieu agricole
Ours : parution de l’arrêté-cadre sur l’effarouchement des « ours à problème »
Un arrêté est paru au Journal officiel le 5 mars qui fixe les « conditions et limites » dans lesquelles les préfets peuvent autoriser des tirs d’effarouchement sur les ours « présentant un comportement anormal ou dangereux ». Il s’agit d’une mesure prévue dans le protocole « ours à problème ». Dans sa nouvelle version mise en consultation en décembre 2025, ce protocole ne concerne plus la prédation, mais seulement les ours bruns jugés « trop familiers » ou « agressifs » envers l'être humain. Les tirs d’effarouchement (baptisés « mesures de conditionnement aversif ») visent à « tenter de faire disparaître le comportement anormal ou dangereux de l'animal par un processus d'apprentissage », selon l’arrêté. Le texte paru le 5 mars est identique à la version mise en consultation. Il prévoit notamment que ces tirs soient effectués par des agents de l’OFB « en direction de l'arrière-train de l’ours brun » au moyen de « projectiles en caoutchouc », puis de « munitions à double détonation lors de sa fuite ». La procédure est accélérée par rapport à l’ancien cadre : les préfets n’ont plus à solliciter l’avis des instances régionales (Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, CSRPN) ; l’expertise préalable de l’OFB reste toutefois nécessaire.
Coordination rurale : Véronique Le Floc’h quitte le comité directeur (presse)
L’ancienne présidente de la Coordination rurale Véronique Le Floc’h a démissionné du comité directeur du syndicat, apprend-on dans Le Figaro le 5 mars (article payant). Elle y indique avoir envoyé sa lettre de démission « ce mardi (3 mars, NDLR) en fin de journée ». « Je ne supportais plus les critiques injustes sur mon mandat, ni de n’avoir aucune responsabilité au sein de la nouvelle équipe dirigeante », explique-t-elle au quotidien. Par ailleurs, « il existe un trop grand déséquilibre géographique dans la répartition des pouvoirs au profit du Sud-Ouest », soulève l’éleveuse laitière du Finistère, « alors que nous sommes partout en France et ce en dépit de l’intérêt de nos salariés internes ». Élue en 2022, Véronique Le Floc’h a été défaite, en novembre dernier, aux élections internes par Bertrand Venteau. Cet éleveur bovin, président de la chambre d’agriculture de Haute-Vienne, est tenant d’une ligne plus radicale, inspirée des départements du Sud-Ouest. Depuis son arrivée, les deux directeurs ont été remplacés par Aurélie Armand, directrice de la CR du Lot-et-Garonne, et le siège national du syndicat doit être transféré d’Auch vers Agen. En parallèle, le climat social se tend, avec la création d’un collectif de salariés alertant sur la « dégradation préoccupante [des] conditions de travail ».
Grains : la Chine vise 725 Mt de capacités de production d’ici 2030
D'après un article publié par Reuters le 5 mars, la Chine vise une capacité de production de grains de 725 Mt d’ici à 2030, ont annoncé les autorités dans le cadre de leur nouveau plan quinquennal. Pour rappel, la production nationale avait atteint un niveau record en 2025, à 715 Mt. Cette croissance de la production porterait essentiellement sur le maïs et le soja, deux matières premières dont le pays est très dépendant. Pour y parvenir, le gouvernement s’appuiera sur la hausse des rendements, via une modernisation du secteur, que ce soit au niveau des semences (recours aux OGM, NGT…) ou de la mécanisation. En effet, l’empire du Milieu dispose d’un potentiel limité d’extension de ses surfaces arables, et doit ainsi se focaliser sur la productivité à l’hectare. Par ailleurs, la Chine renforcera la protection des sols fertiles au nord-est et intensifiera ses efforts pour réhabiliter et valoriser les terres salines et alcalines, précise l’agence de presse. Enfin, les autorités prévoient de mettre en place des « canaux d’approvisionnement extérieurs stables et contrôlables », de diversifier les importations agricoles, et encourageront « la biologie de synthèse ainsi que de nouvelles sources de protéines afin de réduire » la dépendance extérieure du pays.
États-Unis : la Chambre des représentants avance vers l'adoption du prochain Farm Bill
La commission de l'agriculture de la Chambre des représentants aux États-Unis a adopté, le 5 mars, sa proposition de future loi agricole. Les grandes lignes de ce nouveau Farm Bill s’appuient sur le « One Big Beautiful Bill » promulguée en juillet. Le texte, voté par 34 voix contre 17, a reçu le soutien de sept élus démocrates. Cette adoption a été largement saluée par le secteur agricole. Zippy Duval, président de l'American Farm Bureau (principal syndicat agricole du pays), s’est félicité d'une décision « cruciale » alors que « les agriculteurs sont confrontés à des difficultés sans précédent ». Toutefois, cette nouvelle loi est enloin d’être finalisée. Le texte doit désormais être approuvé par la Chambre des représentants dans son ensemble. En parallèle, le Sénat travaille sur sa propre version. Le président de la commission de l'agriculture du Sénat, John Boozman, a récemment annoncé qu'il présenterait sa proposition dans les prochains mois. Une fois que le Sénat et la Chambre des représentants auront une position, ils pourront négocier un compromis qui devra ensuite être approuvé et transmis au président. Mais avec l’approche des élections de mi-mandat (le 3 novembre), il n’est pas certain que ce nouveau Farm Bill soit finalisé avant la fin de l’année.
Grande distribution : encore dans le rouge, Auchan améliore ses ventes hors France
Auchan, en difficulté ces dernières années et qui va se concentrer sur les hypermarchés, a connu une activité morose en France en 2025 et concède être encore en pertes, sans toutefois les chiffrer. En 2025, Auchan Retail, soit les activités de distribution du groupe, a fait état d'un chiffre d'affaires de 32,1 Md€, en hausse de 1,5 % par rapport à 2024, porté essentiellement par les performances dans certains pays européens comme le Portugal ou la Roumanie, selon les chiffres présentés le 5 mars. En revanche, Auchan France a engrangé des ventes en baisse de 0,5 %, à 16,4 Md€. L’Ebidta du groupe atteint 1,025 Md€, en hausse de 16,1 %. Jusqu'à présent, Auchan Retail faisait partie du groupe Elo, qui regroupait également des activités immobilières. Mais désormais, Auchan Retail est en « autonomie financière vis-à-vis d'Elo », a souligné Patrice Moulin, directeur général délégué d'Auchan Retail. Du fait de cette scission, le groupe Auchan Retail n'est plus soumis à une publication de certains indicateurs, dont le résultat net. « Bien évidemment, on n'est pas en résultat net positif », a déclaré Guillaume Darrasse, directeur général d'Auchan Retail, évoquant le coût de différents leviers de développement, comme la modernisation du parc de magasins.
Vin : Maxime Toubart réélu à la présidence du SGV (vignerons de Champagne)
Le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) a annoncé, dans un communiqué le 5 mars, l’élection de Maxime Toubart à sa tête, pour la sixième fois. Il entame un nouveau mandat de deux ans « accompagné d’un bureau dont la composition reste inchangée ». « Les efforts de la filière doivent désormais se concentrer sur le développement de la commercialisation, avec un objectif clair : retrouver un niveau d’expéditions de 300 millions de bouteilles », selon le communiqué. En 2025, les ventes de champagne ont atteint 266 millions de bouteilles (contre 271,4 millions l’année précédente), en baisse pour la troisième fois de suite.
Agenda de la semaine agricole du 9 mars 2026
Dimanche 8 mars
Salon de la fleuristerie FlorEvent, à Nantes (jusqu’au 9)
Mardi 10 mars
Visioconférence de présentation du scénario Afterres
Salon CFIA (agroalimentaire), à Rennes (jusqu’au12)
Mercredi 11 mars
Congrès des EDT (entreprises de travaux agricoles), au Futuroscope (jusqu’au 13)
Conférence de presse du BIVB (vins de Bourgogne)
Jeudi 12 mars
Visioconférence sur les PFAS dans l’eau potable (centre de ressources Captages)
Journée « règlementation en santé des végétaux » de Végéphyl
Forum poulet de chair du CIWF (Better Chicken Commitment), à Bruxelles