Agrafil du 7 février 2025

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Élections chambres: recul de la FNSEA/JA, probablement sous les 50% des voix

À l'occasion d'une conférence de presse le 6 février, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a indiqué qu'il «acte un recul» des listes que son syndicat forme avec les Jeunes agriculteurs, pour les élections aux chambres d'agriculture 2025. La centrale syndicale revendique 80% des 87 chambres dont les résultats étaient connus au moment où ils s'exprimaient. Au moment où nous écrivons ces lignes, dans la soirée du 6 février, la FNSEA a perdu au moins 17 chambres d’agriculture, principalement au profit de la CR (14 chambres) et de la Confédération paysanne (Ardèche). Interrogé sur le score national attendu, le président des JA a convenu qu'il était probable que le duo passe sous la barre des 50% de voix exprimées à l'échelle nationale. Ce que confirme la Coordination rurale, en communiquant un score de 48% pour la FNSEA et de 33% pour elle. «Une colère s'est exprimée» qui s'est développée «sur les promesses non tenues du gouvernement depuis un an», explique Arnaud Rousseau, qui pointe des «territoires où les difficultés s'accumulent». Le leader syndicat promet de tirer les «conclusions» de ce recul, sans pour autant «changer d'ADN». Par ailleurs, selon les premières estimations de la FNSEA et des JA, la participation se serait maintenue à un niveau proche du précédent scrutin, après plusieurs années de recul. Le taux d’abstention consolidé au niveau national n’était toutefois pas connu au soir du 6 février.

Élections chambres: pour la CR, 14 départements et «plus de 30%» au niveau national

Selon les résultats provisoires disponibles dans quelque 80 départements dans la soirée du 6 février, la Coordination rurale a gagné 14 chambres d’agriculture, dont 11 nouvelles. Le syndicat a accumulé les victoires dans le Sud-Ouest, arrivant en tête dans la moitié des départements de la Nouvelle-Aquitaine. Il étend même son implantation jusque dans les zones intermédiaires du centre de la France, en raflant l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Cher. Plusieurs résultats sont particulièrement serrés, et donc potentiellement sujets à recours: Charente-Maritime (trois voix), Gironde (six voix) et Lozère (12 voix) notamment. Ce n’est pas le cas du Gers: la CR a remporté largement (plus de 50%) ce département qui l’a vu naître. Plus surprenantes sont les victoires en Lozère et dans les Ardennes. Interrogée par Agra Presse, Véronique Le Floc’h revendique un score national de «plus de 30%». La présidente de la CR – qui n’a pas réussir à prendre la chambre du Finistère – dit avoir rempli ses objectifs: gagner dix chambres et faire passer le tandem FNSEA-JA sous la barre des 50%. Dans un communiqué du 6 février, la CR affirme avoir «progressé dans tous les départements». Une «victoire historique» pour le syndicat, qui estime que «les agriculteurs ont dit stop à la cogestion» entre les pouvoirs publics et les organisations majoritaires.

Élections chambres: la Conf’ gagne l’Ardèche, résultat national «satisfaisant»

Selon les résultats officiels publiés par la préfecture le 6 février, la chambre d’agriculture de l’Ardèche a été remportée par la Confédération paysanne, qui a attiré 40,54% des suffrages du collège 1 (chefs d’exploitation). La Conf’ l’emporte avec 31 voix d’avance sur le tandem FNSEA-JA (38,96%) et presque le double du score de la CR (20,5%). L’Ardèche est la seule chambre présidée par la Confédération paysanne en métropole pour ce scrutin. En 2019, elle avait remporté une unique chambre, celle de Mayotte (le scrutin y est reporté en raison du cyclone Chido). En revanche, la Conf’ échoue à conquérir la Réunion, la Loire-Atlantique, ainsi que l’Ariège, où elle était bien placée en raison des divisions au sein de la FDSEA. Au niveau national, «on est satisfaits de nos résultats, dans un contexte vraiment difficile politiquement et syndicalement», estime la porte-parole Laurence Marandola. En début de soirée, alors que les résultats étaient connus dans 64 départements, «nous progressons dans 36 départements et nous augmentons notre nombre d’élus», indique-t-elle à Agra Presse. L’objectif du syndicat était de progresser partout. Par ailleurs, la Conf’ dépasse le seuil de représentativité (10%) dans trois nouvelles chambres: Île-de-France, Lot-et-Garonne et Allier.

Élections chambres: en Haute-Garonne, victoire de la liste pilotée par Jérôme Bayle

La liste asyndicale des «Ultras de l’A64» a remporté la chambre d’agriculture de Haute-Garonne, avec 41,06% des voix du collège 1 (chefs d’exploitation), selon des résultats provisoires publiés dans l’après-midi du 6 février. Les syndicats établis arrivent loin derrière: 25,64% pour FNSEA-JA, 18,21% pour la Confédération paysanne, 15,09% pour la Coordination rurale. La liste des «Ultras de l’A64» est pilotée par Jérôme Bayle, figure médiatique des blocages autoroutiers de l’hiver 2023-2024. Il ne fait pas partie de la liste, qui est menée par Christian Déqué, éleveur et président du GDS (groupement de défense sanitaire) du département. «Les gens ne croient plus aux syndicats», estimait M. Bayle, ancien membre de la FDSEA, dans un entretien accordé à Agra Presse en décembre 2024, avançant que «moins de 10% des agriculteurs sont syndiqués» en Haute-Garonne. La liste des «Ultras de l’A64» vise selon lui à «remettre du lien entre les agriculteurs du département». Rappelant la diversité des productions locales, il plaide notamment pour la création d’une «filière locale d’engraissement avec 100% de céréales de Haute-Garonne». Même s’il a promis d’accueillir les syndicats au bureau de la chambre en cas de victoire, M. Bayle surfe ouvertement sur une vague dégagiste. L’un de ses slogans? «Servir les agriculteurs avant de se servir».

Chambres d’agriculture/coopératives: le Sénat supprime à son tour le non-cumul

Après l'Assemblée nationale le 22 janvier, le Sénat a donné son accord le 6 février à la prolongation d'une dérogation permettant à des administrateurs de coopératives de siéger aux bureaux des chambres d'agriculture, en passe d'être recomposées. La proposition de loi (PPL) de la députée macroniste Nicole Le Peih vise à maintenir une dérogation à la loi Egalim de 2018, qui avait organisé la séparation du conseil et de la vente en matière de pesticides, dans le but de prévenir les conflits d'intérêts. Le texte prévoit un «déport» pour les élus coopérateurs lorsque les travaux des chambres concernent le conseil. Alors que les premiers résultats des élections des chambres d’agriculture ont été proclamés le 6 février, la PPL «répond à un impératif électoral», a insisté la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, «afin de ne pas empêcher l'élection de nombreux candidats légitimes». Le Sénat a très légèrement modifié le texte de l'Assemblée nationale, ce qui obligera les parlementaires des deux chambres à se réunir en commission mixte paritaire lundi 10 février à 14h30, pour aboutir à un compromis qui ne fait aucun doute. Le texte pourra ainsi être promulgué avant le 5 mars, date limite de la constitution des instances des chambres départementales.

Vin/budget: 10 millions d’euros pour la restructuration des caves coopératives

Le budget 2025, adopté par l’Assemblée après le rejet de la motion de censure LFI, prévoit 10 millions d’euros (M€) pour la restructuration des caves coopératives, ont salué le 6 février les Vignerons coopérateurs. «Une véritable bouffée d’oxygène», considère le président Joël Boueilh, appelant toutefois les pouvoirs publics à «établir les bases réglementaires et prévoir la rétroactivité du dispositif dès le début 2025». L’amendement, adopté le 31 janvier en CMP, vise à «moderniser les infrastructures des caves coopératives et à accompagner les démarches de restructuration, notamment les fusions», selon le communiqué des Vignerons coopérateurs. De son côté, la Cnaoc (vignerons d’appellation d’origine) salue la «promesse tenue» du gouvernement sur la transmission du foncier: une exonération à 75% jusqu’à 20 M€ contre une conservation du bien sur 18 ans. Ce relèvement de seuil (500 000 € précédemment) «correspond dans plusieurs régions à un modèle d’exploitation familial (Bourgogne, Champagne, Alsace) où les prix flambent et les héritiers ne peuvent plus suivre», souligne le président Jérôme Bauer, cité dans un communiqué. La mesure fiscale «pourrait limiter la déprise (…) dans les vignobles où le prix du foncier dégringole», ajoute-t-il.

Phytos: le principe «pas d'interdiction sans solution» inscrit dans la LOA, portée incertaine

Le Sénat a inscrit le 5 février dans le projet de loi d'orientation agricole (LOA) un principe selon lequel les pesticides ne pourraient être interdits sans «solutions» alternatives «économiquement viables». L'idée est dénoncée par la gauche, mais le gouvernement ne s'y est pas opposé. Malgré de gros doutes sur la portée juridique de cette notion, le Sénat l'a introduite dans l'article premier de la LOA, qui fixe les grands principes de la politique de la France en matière de souveraineté alimentaire. «On ne peut pas imaginer que les agriculteurs français soient sans solution, alors que des agriculteurs qui sont de l'autre côté de la frontière en ont», s'est justifié le sénateur LR Daniel Gremillet. Dans le détail, l'amendement issu d'une alliance droite-centristes appelle à viser «un haut niveau de protection des cultures, notamment dans le cadre du principe refusant des interdictions de produits phytopharmaceutiques sans solutions économiquement viables et techniquement efficaces». Cette mesure a été jugée «séduisante» par Annie Genevard, qui a rendu un «avis de sagesse». La ministre a néanmoins craint que cette disposition «ne résiste pas à la réalité des faits», rappelant que les autorisations de phytos relèvent de l'Anses.

Chlordécone: la Cour de cassation écarte une QPC sur le crime d'empoisonnement

La Cour de cassation a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur le crime d'empoisonnement dans le scandale de la pollution des Antilles à la chlordécone, un pesticide, a appris l'AFP de source judiciaire le 6 février. Ce dossier judiciaire a fait l'objet d'un non-lieu à Paris en janvier 2023, dont ont fait appel les parties civiles. En novembre, la cour d'appel de Paris a accepté de transmettre à la Cour de cassation une QPC avant d'examiner au fond le dossier. En droit, le débat portait sur la jurisprudence de la Cour de cassation depuis 1998 et l'affaire du sang contaminé s'agissant de la définition de l'empoisonnement, considérée comme trop restrictive par les plaignants, car elle nécessite d'établir une intention homicide pour être caractérisée. Les plaignants estimaient aussi que cette jurisprudence faisait fi des contentieux environnementaux et des nouveaux droits constitutionnels apparus depuis, notamment le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, consacré par la Charte de l'environnement en 2004. À la suite de ce rejet de la QPC, le dossier va revenir pour examen au fond devant la cour d'appel.

Grande distribution: appel à la grève «illimitée» chez Lidl à partir de vendredi

Après une réunion sur les salaires (NAO) qui ne les a pas satisfaites le 5 février, cinq organisations syndicales représentatives, la CFTC, la CGT, la CFDT, FO-FGTA et SNCDD CFE-CGC, ont appelé à «une grève illimitée» à partir de vendredi pour une revalorisation des salaires et contre un projet d'ouverture généralisée le dimanche. Le premier syndicat, Unsa, a lui indiqué privilégier «pour le moment le dialogue» à la grève. L'enseigne a dit jeudi à l'AFP proposer «des mesures permettant de maintenir le pouvoir d'achat de ses salariés malgré un contexte économique complexe» et assure que «l'ouverture généralisée le dimanche dans tous ses supermarchés s'accompagne de la majoration à 50% des heures travaillées le dimanche». Ce mouvement de grève intervient quelques jours après l'annonce surprise du départ début mars du médiatique représentant de l'enseigne, Michel Biero. Les raisons du départ de M. Biero ne sont pas connues. L'enseigne est passée de 7,5% de part de marché fin 2020 à 8,1% fin 2024, quand le leader E. Leclerc glanait plus de 2,3 points, passant de 22,1 à 24,4%.

Matériel agricole : la FNCuma propose un «Varenne de la machine agricole»

Contacté par Agra Presse à l'issue de son entretien avec la ministre de l'Agriculture le 4 février, Matthieu Goehry, président de la FNCuma (coopératives de matériel agricole), indique avoir proposé à Annie Genevard d’organiser un «Varenne de la machine agricole ». Comme le Varenne de l’eau, il s’agirait de réunir les professionnels de la filière (agro équipementiers, agriculteurs, banques etc.) durant plusieurs mois, afin de trouver de potentielles économies sur le poste «machines». D’autres sujets seraient débattus lors du Varenne, comme le rôle des machines dans la transition énergétique, l’agroécologie, la décarbonation etc. La ministre se dit «intéressée» par le sujet, notamment pour sa composante de réduction des intrants.. La FNCuma continue de dénoncer des charges de mécanisation trop élevées dans l’Hexagone, qui s’expliquent selon elle par une insuffisance de l’usage en commun du matériel, mais aussi par les incitations fiscales à investir (voir notre décryptage). «90 % du matériel en valeur est acquis à titre individuel. 5 % seulement le sont via les ETA (entreprises de travaux agricoles), et 5 % via les Cuma. Ainsi, seulement 10 % du parc machine est mutualisé en France», rappelle Matthieu Goehry. 

Sucre: Cristal Union s'offre la sucrerie de Lesaffre Frères de Nangis (Seine-et-Marne)

Quelques jours après l'annonce de la cessation d'activité de la sucrerie Ouvré, le groupe coopératif Cristal Union a annoncé, dans un communiqué du 6 février, un accord pour l'acquisition de l'autre dernière sucrerie familiale, appartenant à la société Lesaffre Frères basée à Nangis (Seine-et-Marne). Le montant de l'opération n'a pas été divulgué. Les 110 salariés seront conservés, assure le sucrier. Il ajoute que des «moyens humains et financiers» seront consacrés pour pérenniser l'activité et accomplir les objectifs en matière de RSE. Cristal Union justifie la transaction par la position géographique stratégique du site, situé «dans un bassin sucrier au sud de Paris». Construite en 1873, l'installation dispose d'une capacité de transformation annuelle de 600 000 t de betteraves, livrées par 330 agriculteurs, sur plus de 8000 ha. Les produits sortant de l'usine sont le sucre, la mélasse et la pulpe de betterave. Ils resteront commercialisés par Cristalco, filiale de Cristal Union, «comme c'est le cas depuis 2006». Dans un communiqué, le président de la CGB (betteraviers, FNSEA), Franck Sander voit un «signal fort», une démonstration qu'«un groupe privé mono-usine ne peut plus supporter le niveau de risque qui résulte de la pression sur les moyens de production et de la concurrence déloyale que nous subissons.»

Céréales : le Brésil prévoit une récolte record en 2025

Le gouvernement brésilien a dit le 5 février prévoir une récolte record de 322,3 millions de tonnes de céréales en 2025, après une année 2024 plombée par les catastrophes climatiques qui ont frappé l'une des premières puissances agricoles mondiales. «Nous aurons à nouveau une super récolte brésilienne, qui battra tous les records», a anticipé le ministre de l'Agriculture, Carlos Favaro, lors d'un événement public à Brasilia. La récolte totale s'élèvera à 322,3 millions de tonnes, soit 8,2% de plus que l'année précédente, selon les prévisions du ministre. La saison sera particulièrement favorable à l'arachide (+46,6%) et au riz (+13,2%). Le soja, dont le Brésil est le premier producteur mondial, connaîtra également une augmentation significative (+12,6%), grâce à des «conditions météorologiques favorables pendant la période de développement de la première récolte» et à une augmentation de la superficie plantée, a expliqué l'institut public brésilien Conab. L'organisme sera toutefois «attentif aux effets climatiques jusqu'à la fin des récoltes», qui n'étaient achevées qu'à 9% fin janvier. 

Influenza: la France recouvre son statut indemne, mais maintient la vigilance

La France demande à nouveau son statut de pays indemne d’influenza aviaire auprès de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale) a-t-on appris lors d’un bref point presse en ligne des autorités sanitaires (ministères de l'Agriculture et de la Santé) le 6 février. Pour autant, un haut niveau de vigilance est maintenu, pour les animaux comme pour les hommes. Le statut indemne résulte de l’absence de nouveau foyer depuis un mois. L'Hexagone avait brièvement recouvré ce statut à la mi-décembre, avant que deux nouveaux cas ne se déclarent en élevage à la fin de l’année 2024. Maud Faipoux, directrice générale de la DGAL (ministère de l'Agriculture), a souligné que le risque pour l'élevage demeurait «élevé» dans l’Hexagone, soit le niveau maximum, du fait de la circulation active du virus dans la faune sauvage. Elle invite les professionnels de l’élevage au respect des règles de biosécurité en élevage et à se faire vacciner contre la grippe saisonnière. À l’attention de la population, elle invite à se garder de toucher un animal sauvage trouvé mort. Les autorités sanitaires veillent en effet à limiter au maximum les risques possibles de recombinaison des virus grippaux entre espèces, pouvant potentiellement engendrer l’émergence d’un virus transmissible entre humains.

Coopératives : Euralis a amélioré sa rentabilité sur 2023-2024 en dépit de coûteux stocks

Le groupe Euralis a communiqué ce 6 février 2025 sur l’amélioration de sa rentabilité opérationnelle mais la montée des coûts de gestion de stocks. Son Ebitda a progressé de 6 millions d’euros, ce qui donne 97 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,57 milliard d’euros, en recul de 3%. Les ventes ont augmenté en volume mais les prix ne se sont pas maintenus, notamment ceux des céréales récoltées en 2023. Des stocks de semences se sont accumulés en raison des difficultés à l’exportation en lien avec le conflit russo-ukrainien. Ces stocks et le renchérissement du coût du financement ont affecté la performance financière de la plupart des activités. Le canard à foie gras a subi pour sa part la baisse d’activité, la perte de marchés à l’export et les coûts supplémentaires liés à la vaccination et à l'ovosexage. Le DG d’Euralis Philippe Saux a présenté plusieurs leviers d’amélioration des performances économiques: l’adaptation des organisations, la réduction des frais fixes (des plans sont en place depuis début 2024), l’amélioration de la performance opérationnelle. Des «mesures difficiles», a-t-il souligné, mais nécessaires face aux nouvelles conditions de marché, notamment la hausse du coût de l’argent.

Artificialisation: un collectif lance un appel à «une politique nationale des sols»

Une coalition d'acteurs réunis au sein de l'Institut de la transition foncière a lancé le 5 février un appel à une «politique nationale cohérente de protection et de gestion des sols» face à une «artificialisation [qui] progresse quatre fois plus vite que la démographie». Quatre types de mesures sont proposées: connaître les sols et leurs fonctions; «gouverner les sols» en créant une «délégation interministérielle des sols»; financer la sobriété foncière pour encourager les projets les moins artificialisants; et mieux accompagner les territoires. Parmi les 14 propositions, le collectif suggère d'intégrer un diagnostic de qualité des sols dans les cessions immobilières et foncières afin de «bénéficier d'une donnée harmonisée (...) à l'échelle de chaque parcelle», ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Les auteurs proposent enfin de transformer la fiscalité foncière et d'introduire un système de «bonus-malus dans les modèles économiques de l'aménagement», ce qui pourrait permettre de conditionner l'octroi de subventions. Association loi 1901, l'Institut de la transition foncière regroupe collectivités, entreprises et universitaires. L’appel est notamment porté par la région Bretagne, la métropole de Lyon et le département de Loire-Atlantique.

Exportations: le Collectif Export veut un délégué interministériel

Le Collectif Export & souveraineté alimentaire, constitué à l’initiative du Centre national pour la promotion des produits agricoles (CNPA), propose d’inverser «l’inquiétante accélération du déclin des capacités exportatrices de la France» par une série de propositions. La montée en gamme ne compense plus la perte de volume, a-t-il été montré en visioconférence de presse du CNPA ce 6 février. «On touche à la limite de la montée en gamme», a estimé le nouveau président du CNPA Yannick Fialip, précisant: «Ne nous enfermons pas dans ce seul créneau». Une étude du cabinet d’études Asterès met en avant l’importance des exportations agricoles et alimentaires pour l’économie et l’emploi dans plusieurs régions et leur «effet d’entraînement» au niveau national. Ainsi, «1 € d’export crée en moyenne 1,1 € d’activité supplémentaire sur l’ensemble du territoire, et un emploi dans les exportations agricoles et agroalimentaires crée en moyenne 0,9 emploi dans le reste de l’économie». En termes de coordination et d’accès aux marchés porteurs, le Collectif demande notamment «un délégué interministériel à l’export agricole et agroalimentaire». En termes de promotion à l’international, un «baromètre annuel de l’export alimentaire» aiderait à «assumer une France [agricole et alimentaire] exportatrice», selon Yannick Fialip.

Epiceries solidaires: nombre de structures en forte hausse, mais chute des dons

Le réseau des épiceries solidaires est passé de 380 structures en 2019 à 619 en 2024 et a diversifié ses modèles pour répondre à différents publics, montre l’observatoire 2025 que vient de publier Andès (association nationale des épiceries solidaires), reprise en 2019 par le groupe SOS. Le fait que 50% des bénéficiaires aient moins de 25 ans fait partie des principaux enseignements. Les 54 épiceries étudiantes répondent aux besoins d’une partie des jeunes. Une enquête menée auprès de 285 structures adhérentes met en évidence la qualité de l’offre : 30% de fruits et légumes frais, 28% de protéines et produits laitiers, des produits bio dans sept épiceries sur dix. En conséquence des tensions économiques, la proportion de denrées achetées a grimpé à 66% contre 34% de dons. Les produits peuvent venir de producteurs locaux dans le cas de 6 épiceries sur 10. La logistique accompagne cette expansion, Andès venant d’ouvrir sa 6e plateforme, à Frévent (Pas-de-Calais), après les marchés de gros de Rungis, Lille, Marseille, Perpignan et Rouen. Ces plateformes approvisionnent 42 % du réseau. Andès publiera tous les deux ans cet observatoire pour suivre et anticiper les besoins des populations en situation de précarité alimentaire.

États-Unis: Trump veut supprimer les références au climat sur le site internet de l’USDA

Les employés du département américain à l’Agriculture (USDA, ministère) auraient reçu l'ordre de supprimer les pages web traitant du changement climatique sur les sites internet des agences, rapporte le média américain Politico le 31 janvier. Et d’ajouter que cette demande pourrait affecter les informations de nombreux programmes, «y compris les initiatives d'agriculture intelligente face au climat, les centres climatiques de l'USDA et les informations du Service des forêts concernant les incendies de forêt». Politico USA précise, en outre, que cette décision intervient au moment où les fonds destinés aux programmes d'énergie propre et d'agriculture restent en suspens dans le cadre d'un examen des dépenses fédérales ordonné par le Bureau de la gestion et du budget. Déjà connu pour ses positions climatosceptiques, le nouveau locataire de la Maison-Blanche a a annoncé, le 20 janvier, le retrait de son pays de l’accord de Paris et sa volonté de «forer à tout-va», réitérant ainsi sa promesse de campagne de doper la production de pétrole et de gaz des États-Unis.

Agenda de la semaine agricole du 10 février 2025

Vendredi 7 février
Conférence de presse de la Confédération paysanne sur les élections chambres

Lundi 10 février
Suite de l'examen de la LOA au Sénat, jusqu'au 14
Salon Wine Paris, jusqu'au 12
Conférence de presse Wine origins Alliance (vin) 
Conférence de presse Eliance (conseil en élevage)
Conférence de presse de députés écologistes sur une PPL pour protéger l'eau potable

Mardi 11 février
Controverses de l'agriculture et de l'alimentation (Réussir/Agra)
Conférence de presse de la Fnil (laiteries privées)
Conférence de presse d'Inter Rhône (vin) 
Conférence de presse de la FEVS (vins et spiritueux)
Conférence de presse du Comité champagne
Conférence de presse de Terre de liens (rapport sur le foncier)
Conférence de presse de La Vie claire (résultats, perspectives)

Mercredi 12 février 
Congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), à La Rochelle, jusqu'au 13
Rencontres de la restauration collective d'Île-de-France, à Saint-Denis
Conférence de presse d"Inter Beaujolais
Conférence sur l'accaparement des sols (Faculté Jean Monnet, IEDP)
Journée Cap Expe Sud-Ouest «protection des cultures & gestion de l'eau», à Montauban

Jeudi 13 février
Assises de l'agrivoltaïsme, à Dijon (FFPA)
Débat sur l'accord UE/Mercosur en plénière au Parlement européen
Présentation du guide Afnor sur la «résilience alimentaire»
Conférence de presse Phytéis (fabricants de pesticides)
Congrès de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) dans le Rhône, jusqu’au 14
Conférence de presse de l'interprofession du cidre

Erratum sur le diagnostic du matériel proposé par la FNCuma

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur par son président, rapporté dans l'Agrafil du 5 février, la FNCuma ne propose pas de diagnostic du matériel agricole obligatoire avant installation, mais volontaire. Dans le cadre du projet de loi d'orientation agricole, un volet mécanisation a été ajouté par les sénateurs de la commission des affaires économiques, dans le diagnostic modulaire, qui serait proposé aux nouveaux installés sur base volontaire.