Vin: Bruxelles met la dernière main à ses propositions attendues début avril
Lors d’une rencontre, le 4 mars, avec l’intergroupe du Parlement européen sur le vin le commissaire européen Christophe Hansen a indiqué que la proposition qu’il prépare pour le secteur vitivinicole serait présentée début avril. Selon l’eurodéputé socialiste Eric Sargiacomo, co-président de l’intergroupe la proposition «reprendra la quasi-totalité des recommandations du groupe à haut niveau» sur le vin qui avaient été remises à la Commission au mois de décembre. «Une avancée majeure qui devrait répondre aux attentes de nos filières et garantir un cadre adapté aux réalités du terrain», se félicite l’élu. Une première version du texte serait en phase de consultation au sein des services de la Commission européenne. Selon, des éléments récoltés par Agra auprès de parties prenantes, le paquet de mesures prévoit notamment: de donner aux États membres la possibilité de financer des aides pour la distillation, l’arrachage ou la vendange en vert (dont le niveau de co-financement reste à préciser), la possibilité pour les Etats membres d’imposer des limites de rendement et des mesures de gestion des stocks ou encore une prolongation des autorisations de nouvelles plantations de trois ans. Des assouplissement sur la désalcoolisation et les vins à faible teneur en alcool pour mieux adapter l’offre à la demande du marché, sont aussi à l’étude. L’ensemble de ces éléments reste sujet à des modifications dans les prochaines semaines.
Champagne : bénéfice net et ventes 2024 en repli pour Lanson-BCC
Le groupe de champagne Lanson-BCC a annoncé le 4 mars un bénéfice net en recul de 35 % l'an dernier, traduisant un repli des ventes constaté également dans le reste du secteur. Ce « pure player » du champagne, qui regroupe huit maisons et compte 460 salariés, a engrangé en 2024 un bénéfice net de 23,8 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en baisse de 6 % à 255,4 millions. Outre la baisse des volumes expédiés, il explique aussi le recul de son résultat par une hausse des prix du raisin et des coûts de financement des stocks. En France, où le groupe familial a réalisé 47,4 % de ses volumes, le chiffre d'affaires a progressé de 0,7 % l'an dernier, mais à l'export il a reculé de 11,8 % en raison d'une baisse des volumes expédiés - notamment au Royaume-Uni, son premier marché - liée à des surstocks résiduels et « une consommation morose ». Lanson-BCC « maintient le cap de sa stratégie de développement en valeur », avec l'ambition de se renforcer dans l'univers des vins haut de gamme, explique-t-il, sans publier cependant de prévisionnel pour l'exercice 2025. « La complexité du temps présent empêche toute prévision » en matière de ventes, a commenté le PDG Bruno Paillard. Selon le Comité champagne, l'ensemble du secteur a vu ses expéditions reculer de 9,2 % en 2024, à 271,4 millions de bouteilles.
Céréales/grains : la guerre commerciale de Trump fait dévisser le blé, maïs et soja
Le maïs et le soja décrochent, le blé suit le mouvement : la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump a semé un « vent de panique » sur les marchés agricoles mondiaux, rapportent des analystes à l'AFP le 5 mars. En dix jours, le maïs a perdu plus de 11% à la Bourse de Chicago, tombant mardi soir à 4,36 dollars le boisseau, son plus bas niveau depuis la mi-décembre. Sur la même période, le blé plongeait de 12%, à 5,9 dollars, tandis que le soja reculait de plus de 5%, sous les 10 dollars, au plus bas depuis janvier. « Les fonds d'investissement, qui avaient beaucoup misé sur le maïs, liquident leurs positions », justifie l'un des experts contactés par le média, Arlan Suderman, du cabinet de courtage StoneX Financial. Les droits de douanes états-uniens visent leurs principaux clients: le Mexique, qui a acheté en 2024 pour 5,6 milliards de dollars (Md$) de maïs, soit 40% des exportations américaines de grain jaune, et la Chine, qui a acquis près de 13 Md$ de soja, soit plus de la moitié des exportations américaines de la graine oléagineuse l'an dernier, rappelle l'AFP. Ces pays répliquant, ils risquent de réduire leurs importations de marchandises états-uniennes. Les fonds anticipent donc ces actions, en vendant massivement, principale source de pression sur les valeurs.
Soja/Argentine: le géant agricole Los Grobo en défaut de paiement
Fondée par l’homme d’affaires Gustavo Grobocopatel, baptisé le «roi du soja», la société de production et de stockage de grains Los Grobo, figure de proue des « pools de semis » argentins, s’est déclarée en défaut de paiement en décembre dernier, et en règlement judiciaire le 3 février, accusant une dette de 207 millions de dollars. Elle n’honorera pas le paiement des titres de créance qu’elle a émis sur la place boursière de Buenos Aires jusqu’au 31 mars, a-t-elle informé à l’Autorité argentine des marchés financiers. Ce défaut de paiement porte sur 10 millions de dollars, selon nos sources. Les difficultés sont mises sur le compte d'«un manque de liquidité sur le marché des titres boursiers et à un contexte économique adverse en Argentine qui a mis dans le rouge les comptes de sa division de distribution de pesticides, Agrofina», selon Julieta Gioia, porte-parole de Los Grobo. La société a cultivé l’an dernier 260 000 hectares en soja, maïs, blé, tournesol et canne à sucre sur des parcelles louées dans le cadre de baux à court terme dans les quatre pays du Mercosur, informe-t-elle sur son site internet. La société a stocké l’an dernier 2,2 millions de tonnes de grains. Los Grobo est contrôlée depuis fin 2016 par le fonds d’investissement Victoria Capital Partners à hauteur de 90% de son capital, les 10% restants étant détenus par Matilde et Gustavo Grobocopatel. (Marc-Henry André)
Céréales : l’Australie aurait obtenu sa troisième plus importante récolte d’hiver
Selon le rapport trimestriel du Bureau australien des sciences et de l'économie de l'agriculture et des ressources (Abares, dépendant du ministère de l’agriculture local) publié le 3 mars, l’Australie aurait obtenu cette année sa troisième plus importante récolte de céréales et d’oléagineux d’hiver. Elle est pour l’instant évaluée à 59,8 Mt, en hausse de 9 % par rapport à l’édition de décembre 2024, et de 26 % par rapport à l’an dernier. La raison : « les données collectées indiquent que les rendements ont été meilleurs que prévu, notamment dans les États d’Australie Occidentale et de Nouvelle-Galles du Sud », peut-on lire dans le rapport. En blé, la récolte est estimée à 34,1 Mt, en progression annuelle de 31 %, et à 13,3 Mt en orge, en hausse de 23 % par rapport à l’an dernier. Seule la moisson de canola est projetée en légère baisse par rapport à l’an passé, de 2 %, à 5,9 Mt, en raison d’un recul des surfaces. L’Australie constitue un concurrent de l’Hexagone pour les exportations de blé et d’orge sur le marché mondial, spécialement vers la Chine. Par ailleurs, la France importe régulièrement du canola australien.
Céréales : la sécheresse frappe durement le Maroc et l'Algérie
D’après le rapport mensuel de l’observatoire des cultures de la Commission européenne (Mars) du 24 février, les conditions de cultures de céréales dans l’ouest et le centre du Maghreb sont fortement affectées par le déficit hydrique. Les rendements sont attendus en forte en baisse en 2025 en Algérie et au Maroc. Dans le détail, les rendements de blé sont projetés en repli annuel de 31 % au Maroc, à seulement 1,17 t/ha, donnant un volume de 2,85 Mt. Même constat du côté de l’orge, dont la productivité moyenne est pour le moment attendue à 0,71 t/ha, soit un décrochage de 35 % par rapport à 2024. Les volumes chuteraient à 568 000 t. En Algérie, le rendement moyen en blé est espéré à 1,45 t/ha, donnant une moisson globale à 2 Mt, en baisse de 5 % par rapport à l’an dernier. La productivité en orge s’effriterait de 9 %, à 1,07 t/ha, donnant 1,1 Mt environ. La Tunisie s’en sortirait mieux en revanche. La production de blé est attendue en hausse de 3 % en 2025, à 1,08 Mt, pour un rendement moyen de 2,1 t/ha. Ces trois pays constituent des clients majeurs de céréales françaises, spécialement le Maroc ces dernières années.
Lait : les produits d’entrée de gamme en première ligne en cas de taxes aux USA
Alors que le président Trump menace d’instaurer des taxes sur certains produits importés aux Etats-Unis à partir du 2 avril, l’industrie laitière française s’inquiète des répercussions à venir en cas de passage à l’acte. La France a exporté vers les USA pour 350 M€ de produits laitiers en 2024, un chiffre en hausse régulière, mais l’instauration de droits de douane de 25% (comme entre 1999 et 2001) pourrait enrayer cette trajectoire. « Les fromages d’entrée de gamme comme l’emmental, mais aussi l’ultra-frais, le beurre et la caséine pourraient être les plus touchés, prévient François Xavier Huard, président de la Fnil (industriels), tandis que les produits à haute valeur ajoutée, comme les AOP, s’adressant à des clients plus aisés, pourraient être moins concernés ». Selon lui, les marges de manœuvres sont limitées : trouver des marchés de report comme l’Amérique du Sud ou d’autres pays européens, mais il faut que les produits soient compétitifs, ce qui n’est pas toujours le cas, ou produire sur place, ce qui est réservé à peu d’opérateurs et possible seulement pour certains produits. La Fnil craint que plusieurs marchés se ferment à l’image de l’Algérie, et potentiellement des USA et de la Chine, ce qui entraînerait une réduction de la collecte pour les producteurs de lait.
Bovins viande : le prix des vaches laitières polonaises a dépassé celui des françaises
En raison du manque d’offre en Europe, les prix des vaches laitières « poursuivent leur hausse rapide dans les États membres exportateurs », propulsant notamment les prix des vaches polonaises au-delà des françaises, selon l’Institut de l’élevage. Dans son dernier bulletin Tendances, l’Idele indique que, en Pologne, « la vache O valait 4,82 €/kg de carcasse en semaine 5 » (du 27 janvier), soit +20 % en un an. Une cotation qui dépasse le cours français de 6 cents. « Le marché européen manque globalement de viande », et « les abatteurs recherchent tous types de bovins y compris les vaches de réforme ». Or, la demande « se maintient peu ou prou, ce qui pousse à une hausse rapide des cours, en particulier dans les pays exportateurs ». Hormis la Pologne, l’Irlande et l’Allemagne ont aussi dépassé la cotation française, respectivement de 47 cents et 7 cents. Cette envolée des prix des vaches laitières, souvent abattues pour produire de la viande hachée, « réduit drastiquement la pression à l’import » dans l’Hexagone, analyse l’Idele. Un contexte qui « permet aux prix français de suivre le mouvement », avec du retard. En semaine 7 (du 10 février), la vache française O se négociait à 4,92 €/kg de carcasse (+29 cents depuis le début de l’année, +10 % par rapport à la même période de 2024).
Contrôles de l'OFB: Bayrou assure de sa «confiance» dans une lettre
François Bayrou assure, dans une lettre, les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) de la «confiance du gouvernement» après de nombreuses attaques contre l'établissement public et demande aux préfets de permettre une reprise de leurs missions de contrôle «dans un cadre apaisé». Le Premier ministre regrette, dans un courrier daté du 27 février adressé à la direction de l'OFB et consulté le 5 mars par l'AFP, des «attaques répétées», «qui ne sont pas admissibles». «La police de l'environnement est, comme toute police, un service public au service du respect de la garantie des libertés et des droits. Sa protection est une condition majeure du respect de l'Etat de droit auquel je suis profondément attaché», écrit-il dans sa missive. François Bayrou indique avoir écrit aux préfets pour «leur rappeler leur rôle essentiel d'une part, dans la préservation de l'ordre public à l'égard de vos agents et de vos sites, et d'autre part, dans le pilotage de la mission de contrôle en police de l'eau et de la nature». Il leur demande également de «remettre en place les conditions nécessaires à la reprise des contrôles dans un cadre apaisé». Le Premier ministre demande aussi un «déplacement conjoint» aux deux ministres chargées de l'Agriculture et de l'Environnement pour apporter "une réponse concrète aux dix mesures de sortie de crise que vous avez proposées et auxquelles je souscris". Ces mesures proposées par la direction de l'OFB ne sont pas encore rendues publiques.
Pesticides/impasses: le ministère dévoile la liste des 27 premiers lauréats du Parsada
Le ministère de l’Agriculture a dévoilé la liste synthétique des 27 projets lauréats du dispositif Parsada en 2024, à l’occasion d’une séquence au salon de l’Agriculture le 28 février. Des projets dont la durée court 3 à 5 ans, pour un budget total de 143 millions d’euros et qu’il convient de « déployer » en 2025. Parmi ces projets, neuf concernent la filière des fruits et légumes frais dont cinq portent sur la châtaigne. Les filières grandes cultures, vigne, fruits et légumes transformés, et banane portent chacune deux projets. La filière bio porte un projet sur le cuivre, et l’Inrae porte quatre projets transversaux c’est-à-dire «d’intérêt pour l’ensemble des filières de production». La plupart des projets visent à mieux maîtriser les adventices, les ravageurs et les maladies. Un projet propose d'accélérer la production de molécules utilisables en biocontrôle (projet Ardeco). Un autre vise à améliorer la surveillance des bioagresseurs (projet Asap). Un autre, enfin, propose d’impulser «une nouvelle vague de programmes de lutte biologique» (projet Mobbaclim).
Bio/engrais : vers une confortation de la définition d'« élevage industriel »
À l'occasion d'une audience au Conseil d'État le 5 mars, le rapporteur public a recommandé de maintenir la définition faite par l'Inao (Institut de l'origine et de la qualité) de l'« élevage industriel », dont ne peuvent provenir les engrais organiques utilisés en agriculture biologique. S'appuyant sur un jugement de la cour de justice européenne (CJUE) d'octobre, le rapporteur indique que cette définition ne peut être confondue avec le seul « élevage hors sol », même si c'est ainsi que le règlement a été traduit dans certaines langues, autres que le français. Il valide également les exclusions des exploitations en « système caillebotis », « grilles intégral », cages, ou dépassant les seuils mentionnés dans la directive 2011/92/UE, au titre d'un « faisceau d'indices » permettant de définir « l'élevage industriel ». La CJUE a d'ailleurs indiqué que ces indices devaient « à tout le moins » se rapporter à trois thèmes : bien-être animal, biodiversité, climat. Or, souligne au passage le rapporteur du Conseil d'État, la France n'a pas retenu de critère lié à la biodiversité, ce qui pourrait lui être reproché – mais tel n'était pas l'objet de la saisine de l'Afaïa. Ainsi, loin des distorsions de concurrence craintes par les fabricants, le rapporteur conclut, à l'inverse, que la définition choisie par l'Inao est « relativement souple » par rapport à celle retenue par la moyenne des autres États membres de l'UE.
Photovoltaïque : vers une baisse des tarifs de 10 % pour le solaire en « moyenne toiture »
Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) doit se pencher le 6 mars sur une baisse des tarifs pour le solaire en toiture. Un projet d’arrêté, mis en consultation par le gouvernement, réduit le soutien au développement du photovoltaïque sur bâtiment, hangars et ombrières. Particulièrement visées, les installations de 100 à 500 kWc (segment des moyennes toitures dit S21) se voient appliquer une baisse de 10 % de leur prix d’achat d’électricité « rétroactive au 1er février 2025 », d’après le Ser (Syndicat des énergies renouvelables). Le tarif est ainsi ajusté « en maîtrisant la dépense publique », avait indiqué le 12 février le ministère chargé de l’Industrie et de l’Energie. « Ce soutien sera réservé, dès juin 2026, aux projets faisant l’objet d’un approvisionnement résilient européen », afin d’« offrir des débouchés aux usines » de l’UE. Dans une lettre ouverte à François Bayrou le 19 février, les syndicats de la filière solaire et la FNSEA avait alerté sur le risque d’un « coup d’arrêt brutal ». Les mesures envisagées par le gouvernement vont affecter, selon eux, notamment « les agriculteurs, particuliers, entreprises du tertiaire et industriels qui comptaient sur le photovoltaïque pour réduire leur facture énergétique et diversifier leurs revenus ».
Energies : la PPE 2025-2035 publiée d'ici début avril, ajustement sur le solaire
La PPE 2025-2035, feuille de route pour l’énergie à l’horizon de dix ans, va être mis en « consultation finale dans les prochains jours » avant la publication d'un décret d'ici début avril et prévoira des ajustements sur les objectifs en matière d'énergie solaire, a appris le 4 mars l'AFP auprès du cabinet du ministre chargé de l'Energie. Selon ce projet de texte, la part des énergies fossiles (pétrole, gaz...) tombera dans sa consommation finale à 42 % en 2030 contre 60 % en 2022. Il a, depuis janvier, fait l'objet de plusieurs avis sceptiques. Dans un avis destiné au gouvernement, le Haut-Commissaire Vincent Berger estime que « la stratégie volontariste de l'offre fait peser un risque de surproduction [d'électricité] si les possibilités d'exportation ne sont pas au rendez-vous ». Ainsi, pour Vincent Berger, une surcapacité serait « très pénalisante pour le consommateur ou pour le contribuable », raison pour laquelle il prône une « revue à la baisse » de « la croissance du photovoltaïque » dans la PPE, écrit le Haut-Commissaire dans son avis non publié mais rapporté le 3 mars par le journal des Échos.
Foncier : la Fnaim attaque les Safer pour abus de position dominante et aides d’Etat illégales
La Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) a annoncé le 5 mars avoir saisi Bruxelles contre les Safer. « Deux plaintes ont été déposées devant la Commission européenne », a déclaré le président Loïc Cantin. L’une vise les Safer pour « abus de position dominante ». L’autre est dirigée contre l’Etat, leurs aides publiques étant « illégales », en l’absence de notification à Bruxelles, selon l’organisation syndicale. « Grâce à leurs prérogatives exorbitantes et à des avantages fiscaux injustifiés, les Safer faussent le jeu de la concurrence. » La Fnaim reproche aux Safer de capter une part croissante du marché immobilier rural : « 78 % des transactions ne concernent pas l’activité agricole ». Problème, elles bénéficient d’« un monopole d’information ». Les Safer ont, à ses yeux, un accès exclusif et anticipé aux transactions foncières : chaque projet de vente doit leur être notifié. Ce qui exclut du marché les acteurs privés. Autre grief, les Safer bénéficient d’une exonération de droits de mutation. Cela leur permet de pratiquer des frais d’intermédiation inférieurs à ceux des agences immobilières. Chiffres à l’appui, la Fnaim donne une idée de la force de frappe des Safer. Leur antenne bretonne a réalisé 13 291 transactions sur des maisons rurales en 2022, représentant 2,95 M€.
Installations : les effectifs sont repartis à la baisse en 2023, après un rebond post-Covid
Après un sursaut post-Covid, le nombre d’installations est reparti à la baisse en 2023, a indiqué le 4 mars la MSA. 13 621 chefs d’exploitation se sont installés cette année-là, d’après un bulletin. Cela représente une chute de 3,6 % par rapport au pic de 2022 (14 132). La tendance est particulièrement forte chez les jeunes (40 ans et moins), avec 9 249 nouveaux installés (-6,8 %). A l’inverse, les installations tardives, et ne résultant pas d’un transfert entre époux, progressent à 3 911 personnes (+7,4 %). Le taux de féminisation continue d’augmenter, s’établissant à 40,2 % en 2023 (contre 39,6 % l’année précédente). Un autre phénomène pointé par la MSA est « le taux de pluriactivité des nouveaux installés (qui) ne cesse de prendre de l’ampleur ». 43,2 % se déclarent pluriactifs, soit une hausse d’environ sept points sur deux ans. Figurent dans cette catégorie les chefs d’exploitation exerçant plusieurs activités dont l’une au moins est agricole. L’évolution est très marquée chez les plus de 40 ans (hors transfert entre époux), avec des pluriactifs qui représentent une part de 55,7 % (contre 47,6 % en 2022) côté hommes et 48,4 % (contre 44,8 % en 2022) côté femmes. Par secteur d’activité, c’est en céréales ou grandes cultures que le taux de pluriactivité est le plus élevé (66,9 %).
La Réunion/cyclone Garance : Valls sur place jeudi, la FNSEA demande un fonds d’urgence
Quelques jours après le passage du cyclone Garance, le ministre des Outre-mer Manuel Valls se rendra à La Réunion les 6 et 7 mars. Il doit y annoncer un « plan de reconstruction », qui vise à « répondre aux questions qui se posent en termes d’emplois, en termes d’agriculture et pour la reconstruction du bâti », a-t-il indiqué le 4 mars, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée. Et le ministre d’ajouter que « le travail de la Daaf et du préfet a déjà commencé en vue de la reconnaissance de calamités agricoles ». De son côté, dans un communiqué du 5 mars, la FNSEA demande « un fonds d’urgence pour les agriculteurs réunionnais », soulignant « l’ampleur des dégâts particulièrement sur la production de canne ». Le cyclone a frappé « de vastes pans de l’agriculture réunionnaise », selon le syndicat, qui cite aussi les bananes, les letchis, le maraîchage et l’élevage. Le président de la chambre d’agriculture Olivier Fontaine appelle, lui, à « revoir » le régime des aides d’urgence. « Le dispositif des calamités n’est plus adapté à notre situation », a-t-il estimé dans un entretien sur la radio La Réunion la 1re le 5 mars. Des planteurs réunionnais attendent encore les indemnisations liées au cyclone Belal, passé en janvier 2024, car « on a dû attendre la fin de la campagne sucrière, en fin d’année 2024, pour estimer les pertes ».
Négociations commerciales : 24% des PME/ETI n'ont pas signé tous leurs accords (Pact'Alim)
Alors que les négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs se sont terminées le 1er mars, Pact’Alim a dressé un premier bilan le 5 mars. Selon cette fédération représentant les PME et ETI françaises de l’alimentation, le bilan est « plus qu'inquiétant », et « les tendances observées lors des précédents cycles de négociation annuelle se confirment et s'aggravent ». La fédération demande qu’un nouveau comité de suivi des négociations commerciales puisse se tenir. Pact’Alim a mené un sondage auprès de ses adhérents dont il ressort qu’un d’un quart des entreprises (24%) n’ont pas conclu l’ensemble de leurs accords avant la date butoir du 1er mars. A l’issue des négociations, près d’un répondant sur deux (48%) a subi une déflation sur son prix. Et ceux qui sont parvenus à obtenir des hausses, celles-ci ne couvrent pas l'augmentation de leurs coûts de production. Dans le cadre de la négociation, les adhérents de Pact’Alim ont subi des « menaces de déréférencement : fréquentes à systématiques dans 81% des cas, des exigences d'avantages sans contreparties (présentes dans 72% des cas) et des pressions pour des alignements tarifaires forcés (observées dans 65% des négociations). »
Relations commerciales : Pact’Alim demande une réforme « en urgence » de la loi
A l’occasion d’un premier bilan des négociations commerciales qui viennent de s’achever, publié le 5 mars, Pact’Alim a demandé « de toute urgence » que les lois Egalim soient réformées afin que des mesures d’ajustements soient prises pour garantir un cadre de négociation équilibré. Pour Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, il faut « changer en profondeur la manière dont se passent les négociations » afin que les PME et ETI de l’alimentation ne subissent plus « des négociations déséquilibrées qui mettent en péril leur compétitivité, leur capacité d’investissements. » Pact’Alim constate notamment « une dégradation des plans d'affaires qui menace directement l'équilibre économique des entreprises ». Selon la fédération regroupant les PME et ETI agroalimentaires, qui vient de réaliser un sondage auprès de ses adhérents, « plus de la moitié des entreprises (52%) estiment que l'évolution de leurs plans d'affaires n'est pas en corrélation avec celle des prix négociés (contre 36% en 2024). Dans 23% des cas, ces plans sont même jugés dégradés voire très dégradés. » Pact’Alim indique aussi que dans 59% des accords conclus, les hausses des matières premières agricoles ne sont pas couvertes, contre 42% en 2024, et ce taux grimpe à 80% pour les matières premières industrielles (contre 73% en 2024).
Fraises : vers un réseau d’essais dédié à de nouvelles variétés «gustatives» en 2026
L’AOPn Fraises et Framboises de France (50% de la production nationale) espère lancer un réseau d’essais dédié à de nouvelles variétés de fraises «gustatives» en 2026, a indiqué Emeline Vanespen, directrice, à Agra Presse le 5 mars : « depuis fin 2024, nous rencontrons les obtenteurs, intéressés malgré la spécificité du marché français, et cette année nous allons définir les contours du projet ». L’ objectif est de structurer un réseau d’essais pour l’an prochain afin de tester des variétés et « leur donner une chance de percer ». Consciente qu’elle ne peut être compétitive à l’export du fait de ses coûts de production, la stratégie de l’AOPn est depuis plusieurs années, de se focaliser sur des variétés destinées exclusivement au marché intérieur. La campagne 2024 (30 000 tonnes) a été globalement positive, marquée par une bonne qualité du produit tout au long de la saison et l’absence de pic de production. Quelques craintes se font sentir pour cette année : « Nous avons noté une augmentation des surfaces plantées, environ 55 hectares, spécialement dans le sud-est et en fraises rondes » explique Emeline Vanespen. « Il est trop tôt pour tirer toute conclusion mais il se pourrait que l’offre soit plus abondante cette année. La météo sera déterminante ».
Élections chambres : en Ardèche, Aurélien Mourier (Conf’) élu président
Tête de liste de la Confédération paysanne, Aurélien Mourier a été élu le 4 mars président de la chambre d’agriculture de l’Ardèche, après un scrutin serré (18 voix contre 17), selon un article d’Ici (ex-France Bleu). Lors des élections de fin janvier, la Conf’ était arrivée en tête avec 40,54 % des voix. Âgé de 44 ans, Aurélien Mourier est installé en Gaec sur une exploitation d’élevage très diversifiée et en partie bio : chèvres laitières, transformation en picodon et saint-félicien, bovins, porcs valorisés en vente directe et vignes. En conférence de presse le 7 février, celui qui n’était pas encore président promettait de « mettre en pratique le pluralisme qu’on a toujours réclamé ». Son bureau comprend deux membres non issus de son syndicat, aux postes de secrétaires adjoints : Gilles Jouve (Coordination rurale) et Thierry Bro (CFDT Agri-Agro). Arrivée deuxième avec 38,96 %, la FDSEA a refusé d’entrer au bureau, a expliqué M. Mourier au micro d’Ici. Le nouveau président et tous les membres du bureau issus de la Conf’ ont quitté leurs responsabilités au sein de leur syndicat, a-t-il encore annoncé. Fin janvier, la Confédération paysanne a aussi remporté la chambre de Guyane (présidée par Jean-Yves Tarcy, selon un article de France-Guyane) et celle de Corse (avec une liste d’union).
Élections chambres: en Bretagne, Laurent Kerlir élu président de la chambre de région
Lors de la session d’installation le 4 mars, Laurent Kerlir a été élu président de la chambre d’agriculture de région Bretagne, annonce l’organisation dans un communiqué. Cet éleveur laitier en Gaec, installé à Ploemeur (Morbihan), est « engagé depuis plus de 25 ans », rappelle la chambre : président départemental et régional des JA, puis président de la FDSEA (2001-2013) et de la FRSEA (2007-2013). Il remplace André Sergent, élu en 2019. À l’occasion des élections de fin janvier, les chambres départementales et la chambre régionale ont fusionné en une chambre de région. Les structures départementales deviennent des chambres territoriales (assemblées d’élus dépourvues de personnalité juridique). Leurs présidents avaient été élus le 14 février : Didier Lucas dans les Côtes-d’Armor (réélu), Jean-Alain Divanac’h dans le Finistère, Loïc Guines en Ille-et-Vilaine (réélu) et Laurent Kerlir dans le Morbihan (réélu). En Bretagne, malgré des scores en recul, les listes FDSEA-JA sont arrivées en tête dans les quatre départements, la Coordination rurale y progressant moins que dans le reste de la France. Une résistance à mettre au crédit de la Confédération paysanne, le seul syndicat à améliorer son score dans toute la région.
Semences : Arnaud Tachon endosse la présidence de Mas Seeds
À 44 ans, Arnaud Tachon, agriculteur et producteur de semences dans les Landes, est le nouveau président du semencier Mas Seeds, filiale du groupe Maïsadour. Il succède à Jean-Luc Capes qui conserve la présidence du Groupement de producteurs de semences de Maïsadour (GPSM). Membre du conseil d'administration de Maïsadour depuis 2019, Arnaud Tachon est également administrateur et membre du bureau de l'AGPM, l’Association générale des producteurs de maïs (FNSEA). (Anne Gilet)
Précision sur le blé OGM de Bioceres
Contrairement à ce que notre brève paru dans l'Agrafil du 27 février pouvait sous-entendre, la production de blé OGM n'est pas arrêtée en Argentine par la récente décision de Bioceres, précise l'entreprise. Se concentrant sur la recherche et l'obtention, Bioceres se désengage certes, elle-même, de la production et de la commercialisation, mais elle affirme avoir noué des partenariats avec d'autres multiplicateurs/semenciers, sous forme de licence. Ainsi, les agriculteurs argentins qui le souhaitent devraient pouvoir continuer de production du blé OGM.