Pratiques commerciales déloyales : les Vingt-sept valident leur position
Comme attendu, les représentants agricoles des Etats membres ont validé, le 7 avril en comité spécial agriculture à Bruxelles, la position du Conseil de l’UE concernant l’application transfrontalière de la directive sur les pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire. Elle fait suite à une proposition législative publiée par la Commission européenne en décembre. Dans sa position, le Conseil de l’UE propose notamment d’inclure des règles de coopération entre les États membres en cas de pratiques commerciales déloyales de la part d’acheteurs extérieurs à l'UE. Les Vingt-sept suggèrent aussi d'introduire des règles relatives à la couverture des frais engagés en cas d’entraide judiciaire entre Etats. En outre, la position adoptée en CSA souhaite apporter des clarifications en matière de protection des données et de confidentialité ou encore de refus de se conformer à une demande d'information. La balle est, à présent, dans le camp du Parlement européen qui doit également se positionner sur le texte de la Commission avant d’entamer des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE.
Pac: le paquet de simplification de Bruxelles attendu le 14 mai
C’est le 14 mai que la Commission européenne devrait présenter son nouveau paquet de simplification de la Pac, a indiqué un représentant de la Commission européenne le 7 avril lors d’une discussion avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture à Bruxelles. Ces simplifications devraient notamment concerner les obligations de déclaration (pour le bio, les petites exploitations…), l’accès aux instruments financiers disponibles dans le cadre budgétaire actuel, ou encore la gestion des plans stratégiques par les Etats membres. La simplification est une des principales demandes des eurodéputés qui discutaient pour la première fois du projet de résolution sur la future Pac post-2027 préparé par l’élue espagnole Carmen Crespo Diaz du PPE (droite). Les parlementaires ont globalement estimé que son projet constituait une bonne base de travail. Ils envisagent d’adopter leur position définitive sur ce dossier le 15 juillet. La Commission européenne devrait, pour sa part, dévoiler sa proposition pour la future Pac dans la foulée de la présentation du cadre financier pluriannuel 2028-2034, attendue mi-juillet.
Financement des ONG : la Cour des comptes européenne appelle à plus de transparence
En plein débat sur le mode de financement des ONG environnementales par le programme LIFE – remis en cause par la droite européenne (PPE) –, la Cour de comptes de l’UE déplore, dans un rapport publié le 7 octobre, que le manque de transparence des fonds de l’UE consacrés aux ONG empêche de «cerner correctement le rôle joué par ces organisations dans les politiques de l’UE». La Cour déplore également l’absence de définition commune de ce qu’est une ONG. Elle appelle la Commission européenne à y pallier d’ici la fin de l’année. Selon la Cour, entre 2021 à 2023, les ONG ont reçu 7,4 milliards d’euros (4,8 de la Commission européenne et 2,6 des États membres) dans le cadre des principales politiques de l’UE, notamment les politiques de cohésion, de recherche, de migration et d’environnement. Et sur plus de 4.400 ONG recensées, 30 ont perçu plus de 40% du total des fonds (à savoir 3,3 Md€) pendant la période 2014-2023. Dénonçant les «attaques sans précédent» du PPE et de l’extrême-droite contre la société civile, 570 ONG européennes appellent, dans une déclaration commune publiée le même jour, les eurodéputés à défendre le système de financement des associations.
Taxes américaines : face à la menace, l’UE tente de tracer son chemin
« Nous sommes prêts à utiliser tous les outils de notre arsenal de défense commerciale pour protéger le marché unique de l’UE », a déclaré le 7 avril à l’issue de la réunion du Conseil Affaires étrangères de l’UE, le commissaire au Commerce Maros Sefcovic. Les ministres du Commerce de l’UE étaient réunis à Luxembourg avec pour objectif de délivrer un message d’unité de l’UE dans le contexte de hausse des droits de douane américains. Si la négociation de solutions mutuellement acceptables semble faire consensus, la forme d’un potentiel « Plan B » fait encore débat tant sur les outils (usage du mécanisme anti-coercition) que sur les secteurs concernés (services numériques, bourbon). Une première liste de contre-mesures pour répondre aux taxes sur l'acier et l'aluminium est soumise à approbation des Etats membres le 9 avril pour une entrée en vigueur le 15 avril. Et en parallèle, Ursula von der Leyen propose des droits de douane nuls pour les voitures et les produits industriels. Du côté américain, la secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Brooke Rollins, s’en est pris, le 6 avril, aux obstacles non tarifaires imposés par l’UE aux importations agroalimentaires américaines. « Ils utilisent de la fausse science et des affirmations non fondées pour ne pas accepter nos produits », a-t-elle affirmé pour évoquer les mesures sanitaires. Et d’ajouter : « Ce ne sont pas seulement les montants des tarifs, c'est la manière dont ils traitent nos produits. ». La négociation s’annonce serrée.
Taxes américaines : l’administration Trump pourrait compenser les pertes des agriculteurs
« Nous devons nous préparer à ce que, s'il y a des dommages à long terme, nous nous assurions que nous disposons des fonds nécessaires pour atténuer certaines des retombées des tarifs douaniers », a indiqué, le 6 avril, la secrétaire d’Etat américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins, à l’occasion d’une interview à la chaine de télévision CNN. Il faut dire que le secteur agricole américain s’inquiète des conséquences de la politique commerciale agressive des Etats-Unis. Pour appuyer son propos, elle a évoqué les fonds mis en place par son prédécesseur Républicain, Sonny Perdue, en réponse aux droits de douane imposés sur la Chine lors du premier mandat de Donald Trump. A l’époque, l’administration américaine avait mis sur la table une enveloppe de 23 milliards de dollars pour aider les agriculteurs. Brooke Rollins n’a pas pour autant remis en cause la politique tarifaire de Donald Trump, préférant mettre en avant les erreurs de la précédente administration. « Les marchés sont en train de s’ajuster » indique-t-elle pour justifier la chute des différents indices boursiers, ajoutant : « Nous verrons des signaux plus positifs très vite ». Et elle a conclu en déclarant : « Les droits de douane fonctionnent ».
Taxes Trump: position commune d'OPA françaises attendue d'ici fin de semaine
Des organisations professionnelles de l’agriculture et de l’agroalimentaire se sont réunies autour de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard le 7 avril au matin. Cette rencontre, qui fait suite à la réunion des acteurs économiques à l’Elysée jeudi 3 avril, a permis de rappeler que « l’agriculture et l’agroalimentaire ne doivent pas être des variables d’ajustement » dans le cadre de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE, selon Pascal Le Brun, président du Cniel (interprofession laitière). Il participait à cette réunion aux côtés de la FNSEA, de l’Ania, la Coopération agricole et de la FEVS (vins et spiritueux). « Nous souhaitons par exemple obtenir des mesures rapides de simplification qui nous feraient gagner en compétitivité », indique Pascal Le Brun. « Nous allons réfléchir aussi à des propositions concernant les barrières non tarifaires à l’entrée de l’Europe afin d’éviter que des volumes de produits, qui n’arrivent plus à s’écouler aux Etats-Unis, soient commercialisés sur le marché communautaire ». Autre piste de réflexion : éviter que l’Europe ne taxe des intrants utiles à l’agriculture comme le soja pour l’alimentation animale. Ces organisations professionnelles vont se concerter au cours de la semaine pour arrêter une position commune avec des propositions concrètes que la ministre pourrait prendre en compte pour agir au niveau européen.
Porc/taxes Trump: incidences multiples, résultat difficile à prédire pour l'UE (expert)
Interrogé par Agra presse, le spécialiste de l'économie porcine à l'université de Wageningen, le Néerlandais Robert Hoste estime qu'il est difficile de prédire les conséquences du «tremblement de terre» causé par les taxes américaines sur le marché du porc où les trois grands opérateurs (Chine, Etats-Unis et Union européenne) sont impliqués dans les mesures douanières. Pour l'UE, la première conséquence devrait être une augmentation du prix de l'alimentation animale (maïs/soja) «notamment en raison de l'insécurité» planant sur les marchés ; à l'inverse, les prix de l'aliment devraient baisser aux Etats-Unis face aux mesures de rétorsion. Sur le marché du porc, l'Europe devrait réduire ses envois vers les Etats-Unis, où elle exporte chaque mois 50 M€ de produits porcins, en raison des tarifs douaniers et de l'augmentation des stocks aux Etats-Unis ; en effet, les taxes chinoises sur le porc étasunien devraient gonfler les stocks outre-Manche. Autre conséquence des taxes chinoises, l'Empire du milieu importera «probablement» davantage de de porc de l'Union européenne. «Toutefois, je ne m'attendrais pas à ce qu'il y ait tellement d'avantages» pour l'Europe, conclut l'économiste, selon qui «un marché mondial ouvert est toujours la meilleure option en termes de sécurité d'approvisionnement optimale et de prix bas.»
Porc: le projet de label bas carbone dédié à la filière vient d'être mis en consultation
Comme attendu, le ministère de la Transition écologique vient de publier, le 7 avril, son projet de méthode dédiée à la production porcine pour le label bas carbone, dont les filières hors sol sont jusqu'ici exclues. Il s'agit de la troisième méthode agricole bas labellisée, après les grandes cultures et Carbon agri (polyculture-élevage bovin), pour lesquels des projets de révision ont été publiés le même jour. Elle ne recouvre pas le périmètre des deux autres méthodes, et se borne à l'élevage. Le ministère liste plusieurs types de leviers qui peuvent être actionnés pour baisser les émissions: alimentation des porcs, gestion des effluents, gestion de l'air dans les bâtiments, réduction des consommations d'énergie fossile et gestion des animaux. Le périmètre de la méthode ne prend pas en compte les émissions gazeuses liées à l’épandage des effluents. « Sur la base d'un prix de 32€/t, les éleveurs peuvent espérer, selon la taille du cheptel et les leviers utilisés, entre 5000 et 20000 euros par an, estime Annie Soulier, en charge du dossier à l'Ifip. Le levier le plus efficace est celui de la méthanisation.» La publication du label est notamment attendue par certains conseils régionaux qui y conditionneraient leur soutien.
Crédits carbone : deuxième révision du Label Bas carbone mise en consultation
Le gouvernement a lancé une consultation du public, du 7 au 28 avril 2025, à propos de la révision du décret et de l’arrêté du Label Bas carbone - deux textes du 28 novembre 2018, déjà modifiés en 2021. « Des évolutions réglementaires sont de nouveau nécessaires pour répondre aux questions soulevées à l’occasion du montage et du financement des 1600 projets déjà labellisés », indique le site dédié aux consultations. Voici les principales évolutions proposées : autoriser la cession de crédits pour assurer la compatibilité avec la directive CSRD sur le reporting de durabilité (maximum trois cessions après vérification d’un projet) ; ajouter la condition d’annulation de crédit (qui signifie qu’un financeur l’a utilisé dans le cadre de ses engagements pour le climat et qu’il ne peut plus être revendu ni utilisé) ; faciliter la gestion de projets labellisés en revoyant les modalités de vérification des projets, les possibilités de transfert de mandat, et permettre la dé-labellisation de projets ayant manqué à leurs engagements ; intégrer les nouveaux outils informatiques du label dans le cadre réglementaire (le registre des projets labellisés, le site internet qui garantit la transparence des informations associées aux projets…).
Ruminants/bas carbone : mise en consultation de la méthode CarbonAgri révisée
La décision de révision de la méthode multi-leviers CarbonAgri est soumise à la consultation du public du 7 avril au 12 mai 2025. « La méthode est élargie aux ateliers d’élevages ovins et caprins », indique le site dédié aux consultations publiques, alors qu’elle concernait les exploitations agricoles ayant un atelier bovin ou de grandes cultures. « Il s’agissait d’une demande très forte de la part des éleveurs d’ovins et de caprins », avait déclaré à Agra Presse Jean-Baptiste Dollé, chef de service environnement au sein de l’Idele (qui porte la méthode) en février, lors de l’annonce de la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher. « De nouveaux leviers sont aussi développés », indique le site, « tels que l’augmentation de l’autonomie fourragère, l’utilisation de formes d’engrais moins émettrices et d’inhibiteurs de nitrification, ainsi que l’optimisation de la conduite des prairies ». S’ajoute « un cadre renforcé en matière d’éligibilité des projets, de leur instruction et de leur audit ». Depuis son approbation en 2019, la méthode CarbonAgri a permis la réalisation de 21 projets, dont 17 projets collectifs, concernant un total de 2 668 exploitations agricoles.
FCO 1 et 8: les vaccins commandés par l'Etat seront mis à disposition gratuitement
Après avoir annoncé début mars qu'il avait réservé des doses de vaccins pour la fièvre catarrhale ovine (FCO) 1 et 8, le gouvernement annonce, dans un communiqué le 7 avril, qu'elles seront «mises à disposition gratuitement» pour ces deux sérotypes, et «dès cet été», via les vétérinaires sanitaires. Comme demandé par le réseau GDS France (groupements de défense sanitaire), un «cordon sanitaire» va être mis en place à la frontière espagnole pour la FCO-1, avec la vaccination des bovins et ovins des Pyrénées-Atlantiques, des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l'Ariège, de l'Aude, et des Pyrénées-Orientales. Absent de l’Hexagone, le sérotype 1 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparu en Espagne en septembre 2024. Concernant le sérotype 8, sept millions de doses sont commandées, uniquement pour le cheptel ovin métropolitain ; le ministère de l'Agriculture estime qu'en «réduisant la charge virale» chez les ovins, les cheptels bovins en bénéficieront «indirectement». Présent en France depuis 2015, le sérotype 8 a causé plus de 16 000 foyers dans 73 départements entre le 5 août 2024 et le 3 avril 2025.
Insectes : Ynsect obtient 10 M€ de ses actionnaires et évite la liquidation
Le Tribunal de commerce d’Evry vient de rendre sa décision le 7 avril sur l’avenir d’Ynsect, spécialiste de l’élevage et de la transformation d’insectes, actuellement sous la protection du Tribunal dans le cadre du redressement judiciaire prononcé le 3 mars. La société a finalement évité la liquidation puisqu’elle annonce « l’obtention d’un financement de 10 millions d’euros auprès de ses actionnaires historiques. Cet apport de fonds permet à l’entreprise de financer la poursuite d’activité, dont la production et la livraison des clients, et les discussions avec de potentiels investisseurs pendant les prochains mois », selon Ynsect. Le PDG actuel Shankar Krishnamoorthy quitte la société et il est remplacé par Emmanuel Pinto, présenté par Ynsect comme « un professionnel aguerri de l’accompagnement des entreprises en difficulté » qui devra travailler à la mise sur pied d’un nouveau plan d’affaires. L’appel d’offres qui avait été lancé pour la reprise des sites industriels d’Amiens et de Dole, maintenant clôturé, a été partiellement fructueux. Ynsect a reçu « une marque d’intérêt pour la reprise partielle du site de Dole. Elle est actuellement en cours d’analyse et le tribunal se prononcera lors d’une prochaine audience fin mai ».
Orges : les taxes douanières de Trump peuvent indirectement favoriser la France
Lors du colloque orges brassicoles organisé par Arvalis à Orléans le 3 avril, Alexis Garnot, trader de Soufflet Négoce by Invivo, a indiqué que « la hausse des tarifs douaniers décidée par l’administration états-unienne sur les produits chinois peut indirectement favoriser les exportations d’orges fourragères françaises vers la Chine ». Le raisonnement : la Chine importe des quantités massives de sorgho en provenance des États-Unis, qui dispose de fonctions semblables à l’orge dans l’alimentation des animaux. Avec la hausse des tarifs douaniers états-uniens sur les produits chinois, l'Empire du milieu pouvait répliquer - ce qui a été fait le 4 avril - en boycottant le sorgho américain, et se tourner vers d’autres céréales émanant d’autres pays, dont l’Hexagone. Ce phénomène avait été observé lors du précédent mandat de Donald Trump (2017-2021) et de sa première guerre commerciale avec la Chine. Toutefois, « l’instabilité géopolitique fait que ce scénario peut changer dans dix jours », prévient le trader. Ensuite, l’Australie peut de nouveau exporter ses orges vers la Chine depuis 2023 (le boycott chinois avait débuté en 2020), et constitue un concurrent majeur.
Orges : une offre mondiale attendue comme assez abondante en 2025, selon Soufflet
« Le disponible d’orges au niveau mondial en 2025 devrait s’avérer suffisant » pour satisfaire la demande, s’est exprimé Alexis Garnot, trader de Soufflet Négoce by InVivo, lors du colloque orges brassicoles organisé par Arvalis à Orléans le 3 avril. L’expert table pour l'instant sur une production mondiale à 144 Mt, un niveau confortable, contre 143,6 Mt l’an dernier selon l’USDA. Prudence néanmoins : ces prévisions peuvent largement changer en fonction des conditions climatiques durant les prochaines semaines. Le trader ajoute que la demande mondiale en malt ne montre guère de signe de reprise, pesant sur la demande et laissant encore davantage de disponibilités. Ce que confirme son collègue analyste Robert N’soga Ngue : « La consommation de bière et par ricochet de malt reste limitée dans les pays fortement touchés par l’inflation qui a émergé en 2022-2023 ». Ensuite, Alexis Garnot évoque la concurrence internationale accrue, notamment de l’Australie : « Certes, lors de la dispute Australie/Chine, la France a pu exporter massivement ses orges vers la Chine. Mais l’Australie en a profité pour conquérir des parts de marché vers d’autres pays ces dernières années, et nous en souffrons aujourd’hui ».
Salades : le californien Taylor Farms rachète une start-up de désherbage sur le rang
Après avoir récemment repris l’activité de Bonduelle en Allemagne, Taylor Farms, l'un des plus grands producteurs de salades prêtes à consommer en Amérique du Nord, a acquis la start-up californienne FarmWise spécialiste du désherbage mécanique sur le rang, annonce le média américain Agfundernews le 4 avril. Ce rachat intervient après l’annonce d’un plan de restructuration par la start-up et d’une éventualité de liquidation. Pour Taylor Farms, qui avait déjà investi dans FarmWise lors d'un tour de table de série B de 45 millions de dollars en 2022, il s’agit d’une « opportunité naturelle pour l'entreprise, qui continue d'adopter des solutions avancées bénéfiques pour l'ensemble du secteur des fruits et légumes ». Les termes financiers de l'accord n'ont pas été divulgués. FarmWise est surtout connu pour sa technologie Vulcan, un désherbeur intra-rang de précision utilisant la reconnaissance optique pour identifier et éliminer les mauvaises herbes avec des capacités de traitement allant jusqu'à 1,2 hectare par heure. Face au manque aigu d’herbicides, et au coûteux retour du désherbage manuel, la filière légume française place ses espoirs dans trois technologies innovantes (voir notre enquête) de désherbage sur le rang pilotées par reconnaissance optique : le laser, le désherbage mécanique, ou chimique de précision.
Captages/Bio : la Fnab appelle à y « généraliser » l’agriculture biologique
Déçue que la feuille de route sur la protection des captages « ressemble à une coquille vide », la Fnab (producteurs bio) presse le gouvernement, dans un communiqué le 7 avril, de « généraliser l’agriculture biologique sur toutes les aires d’alimentation de captage d’eau potable ». Attendue depuis fin 2023, la stratégie présentée le 28 mars par la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher est « floue et sans réelles actions pré-ciblées », regrette la fédération de producteurs bio. « On fait comme si on ne connaissait pas les mesures qui permettent de protéger la qualité de l’eau. On perd un temps précieux alors qu’on sait que la bio est la solution évidente pour sauver les aires d’alimentation de captages », martèle son représentant Stéphane Rozé, cité dans le communiqué. Publié en novembre, un rapport interministériel (Igas, IGEDD, CGAAER) indique que la conversion à l’agriculture biologique est « la mesure volontaire la plus efficace » pour réduire l’usage de phytos sur les captages et leur aires d’alimentation (AAC). Le rapport recommande ainsi que les agences de l’eau privilégient l’agriculture biologique sur les zones de captages sensibles, parmi d’autres mesures (baux environnementaux, filières à bas niveaux d’intrants, PSE adaptés aux AAC prioritaires, alternatives aux phytos).
Glyphosate : Bayer France rejette sa responsabilité dans l’affaire Grataloup (presse)
Le procès opposant la famille Grataloup au fabricant de pesticides Bayer (ex Monsanto) a débuté le 3 avril à Vienne (Isère), rapporte France Info le même jour (lire l’article ici). Les parents Grataloup tiennent la firme responsable des très graves malformations à la naissance de leur fils Théo, 17 ans aujourd’hui, suite à la manipulation de glyphosate par la mère durant sa grossesse. Cette dernière désherbait sa carrière d’équitation avec le produit commercialisé par Monsanto. « Il n’y a eu aucune exposition au glyphosate », a déclaré l’un des avocats de la firme, mettant en doute les témoignages en faveur de Sabine Grataloup, et la photo du bidon de désherbant incriminé. L’avocat a aussi mis en doute l’avis du comité d'experts du fonds d'indemnisation des victimes des Pesticides (FIVP), reconnaissant le lien entre les malformations à la trachée et l'oesophage de Théo et le glyphosate. De leur côté, les avocats de la famille Grataloup ont soutenu que la mère a pulvérisé le glyphosate pendant les premières semaines de sa grossesse quand le fœtus est particulièrement vulnérable ; que certaines études démontrent les risques du glyphosate pour le fœtus ; et que Monsanto a dissimulé les dangers du produits. Le tribunal de Vienne rendra sa décision le 31 juillet.