Agrafil du 8 janvier 2026

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Engrais : la Commission européenne s'engage à suspendre le MACF rétroactivement

«La taxe carbone sur les engrais pourra être suspendue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. C'est une excellente nouvelle et un soulagement pour nos agriculteurs!», s’est félicité la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à l’issue d’une réunion d’urgence des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles le 7 janvier. En effet le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic a confirmé que le règlement amendant ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, proposé mi-décembre, permettrait de suspendre temporairement son application pour les engrais. Il s’est engagé à ce qu’une fois adopté par les colégislateurs - d’ici le mois de février - cette disposition puisse entrer en vigueur de manière rétroactive au 1er janvier 2026. «Il n'y a donc aucune justification que les importateurs d'engrais augmentent leurs prix», a prévenu Annie Genevard. Par ailleurs, la Commission européenne a aussi proposé, le même jour, de suspendre temporairement les droits de la nation la plus favorisée (NPF) restants «sur l'ammoniac, l'urée et, le cas échéant, certains autres engrais». «Cette mesure pourrait entrer en vigueur rapidement en 2026 et serait globalement du même ordre de grandeur que les coûts découlant du MACF», souligne-t-elle. Cette annonce est une «bouffée d’oxygène», a réagi Antoine Hacard, président de Métiers du Grain à La Coopération Agricole, dans un communiqué. Il attend toutefois des précisions sur leur mise en place, et à l'avenir, des mesures plus structurelles «pour sécuriser l’approvisionnement en engrais».

UE/Mercosur : les voyants au vert pour une conclusion de l’accord commercial le 9 janvier

Les Etats membres devraient bel et bien valider, le 9 janvier à l’occasion de la réunion des ambassadeurs de l’UE (Coreper II), la décision autorisant la Commission européenne à signer l’accord commercial UE-Mercosur. L’Italie, qui avait temporairement fait basculer le destin de l’accord en décembre, a obtenu les garanties agricoles qu’elle demandait, ouvrant ainsi la voie à une signature du traité le 12 janvier au Paraguay. Au niveau procédural, la nouvelle présidence chypriote du Conseil de l’UE devrait constater, lors de la réunion du Coreper II, l’absence de minorité de blocage avant d’avancer par procédure écrite, compte tenu de l’absence de réunion officielle des ministres. L’issue est espérée dès le 9 janvier. S’exprimant le 7 janvier à la sortie de la réunion extraordinaire des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, Annie Genevard a, elle, semblé résignée sur le destin de l’accord au Conseil de l’UE. Malgré son opposition au traité, elle renvoie à présent vers le Parlement européen. « Ce n’est pas la fin de l’histoire », veut-elle croire alors que Strasbourg sera amené à se prononcer sur l’accord prochainement. Concernant la clause de sauvegarde agricole, dont le compromis sera aussi soumis aux ambassadeurs de l’UE le 9 janvier, les modifications devraient finalement concerner uniquement les seuils de déclenchement des enquêtes. Ceux-ci devraient être abaissés à 5% sur une moyenne triennale conformément à la position du Parlement européen (contre 8 % dans le compromis de décembre) afin de faciliter l’adoption du texte par les colégislateurs.

UE/Mercosur: Macron sous pression des partis, Retailleau agite le spectre d'une «censure»

La classe politique a mis la pression le 7 janvier sur Emmanuel Macron et l’exécutif pour qu’ils s’opposent à une adoption de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, le patron du parti Les Républicains Bruno Retailleau allant jusqu’à agiter le «risque d’une censure du gouvernement». «Ce que je dis solennellement, c’est que si le président de la République vote pour le Mercosur, après toutes ses déclarations, il prend le risque d’une censure», a affirmé l’ex-ministre de l’Intérieur, alors que la colère des agriculteurs français, très opposés à l’accord, continue de se faire entendre sur plusieurs barrages le 7 janvier. M. Retailleau a refusé d’appeler d’ores et déjà la cinquantaine de députés de son parti, avec qui il entretient des relations tendues, à voter cette censure, assurant qu’il «faut d’abord voir quel sera le vote du président». Emmanuel Macron s’était félicité en décembre du report de la signature de l’accord avec le bloc latino-américain décrié par les agriculteurs et la classe politique française quasi-unanime. Une réunion cruciale a lieu mercredi à Bruxelles entre les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept, et un vote des États membres est attendu vendredi. L’exécutif français n’a pas encore dit clairement qu’il voterait contre.

UE/Inde : Paris, Berlin et Varsovie plaident pour une finalisation rapide de l’accord commercial

A l’occasion d’une réunion, le 7 janvier en format Triangle de Weimar plus avec leur homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, les ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais ont appelé à la conclusion rapide d’un accord commercial et sécuritaire entre l’UE et l’Inde. « L’accord de libre-échange est une étape importante vers davantage de diversification », a affirmé l’Allemand Johann Wadephul, alors que le contexte commercial international reste incertain. Et d’ajouter: « C’est pourquoi nous travaillons intensément à Bruxelles pour conclure bientôt cet accord ». Un sommet entre l’UE et l'Inde est d'ailleurs prévu le 27 janvier. Serpent de mer des négociations commerciales depuis plusieurs années en raison notamment de divergences sur l’agriculture, les pourparlers entre les parties se sont, semble-t-il, intensifiés à la fin de l’année 2025. Pour faciliter la négociation, le sucre et les produits laitiers ont d’ailleurs été exclus des discussions. Bruxelles plaide notamment pour l’ouverture du marché indien à ses voitures et ses boissons alcoolisées (les vins et spiritueux sont fortement taxés) alors que, de son côté, l’Inde souhaite vendre plus facilement ses produits textiles ou ses médicaments.

Pac : Annie Genevard salue un « premier pas » de Bruxelles sur le budget

Annie Genevard, venue le 7 janvier participer à une réunion d’urgence des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, a «accueilli avec satisfaction que certains crédits aient été refléchés vers la Pac». La proposition faites la veille par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est, selon elle un «premier pas, mais nous ne sommes qu’au début d’une négociation qui va prendre un peu de temps». Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a pour sa part défendu le pas en avant concédé par Bruxelles soulignant qu’entre les 45 milliards d’euros que les Etats membres auront la possibilité de mobiliser dès 2028 et les quelques 49 Mrds€ qu’ils vont pouvoir consacrer aux mesures de développement rural, le budget de la Pac peut désormais atteindre près de 400 Mrd€ c’est-à-dire une somme supérieure au 387 Mrd€ qui lui sont alloués dans l’actuelle période de programmation budgétaire. La France souhaiterait néanmoins que les nouveaux fonds soient clairement dédiés à la Pac et non pas comme le propose pour l’instant Bruxelles laissés à la discrétion des Etats membres en fonction de leurs priorités. De plus, Paris voudrait obtenir plus de garanties sur le caractère commun de la future Pac, par exemple concernant des définitions qui ont disparu (prairies permanentes, agriculteur actif…).

Manifestations : blocages à Toulouse, des tracteurs CR forcent un barrage dans les Yvelines

Les manifestations d’agriculteurs, à l’appel de tous les syndicats, se sont poursuivies mercredi 7 janvier. Près de La-Queue-lez-Yvelines, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, trois agriculteurs ont été interpellés à bord de leurs tracteurs après avoir tenté d'échapper à un contrôle de gendarmerie sur la N12, a indiqué la préfecture à l'AFP. Le contrôle a eu lieu car les engins « ne respectaient pas l'interdiction de circulation des tracteurs (...) hors motifs légitimes liés à des travaux agricoles », a précisé la préfecture. Dans la matinée, la gendarmerie indiquait que quatre tracteurs avaient érigé un mur de neige sur la N12 pour bloquer le trafic avant d'être poursuivis par un véhicule de patrouille. Selon une source policière, ces tracteurs appartiennent à des agriculteurs de la CR des Landes. Dans le Sud-Ouest, un convoi de la CR est parti direction Paris, et un autre, d'une centaine de véhicules, est parti d’Auch (Gers) vers minuit et a été bloqué avant Toulouse mercredi à la mi-journée par les forces de l'ordre. Bravant une interdiction préfectorale, des manifestants sont parvenus à rejoindre le périphérique toulousain, ils y ont déversé du fumier sur la chaussée et allumé un feu, bloquant entièrement la circulation à l'aube et entraînant d'importantes perturbations jusque sur l'A61. Des barrages ont également été érigés sur l'A64, aussi en Haute-Garonne.

Manifestations : une cellule interministérielle de crise au ministère de l'Intérieur

Une cellule interministérielle de crise a été activée le 7 janvier en fin de journée «pour faire le point» sur les actions d’agriculteurs, a appris l’AFP auprès de l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, alors que des tracteurs convergent vers Paris à l’appel de la Coordination rurale. Cette cellule interministérielle de crise (CIC), activée à 18H00, était présidée par Laurent Nuñez, en présence notamment de représentants du ministère de l’Agriculture et du ministère des Transports, a précisé la place Beauvau. La réunion avait pour but de «faire un point sur la situation» alors que des dizaines de tracteurs sont lancés vers Paris pour y entrer jeudi, en provenance de plusieurs départements, surtout du sud-ouest, épicentre de la contestation depuis décembre. Des réunions opérationnelles se tiennent depuis plusieurs jours, notamment avant les vacances de Noël, avec les responsables de sécurité et les préfets de zone. Les principaux syndicats agricoles ont été reçus les 5 et 6 janvier à Matignon mais les annonces gouvernementales ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur...

Pesticides: Bruxelles ramène à zéro les LMR de trois des molécules visées par la France

Alors que le gouvernement français a officialisé le 7 janvier, par arrêté, l’interdiction d’importation en France de produits contenant cinq pesticides interdits d’usage dans l’UE, la Commission européenne a présenté le même jour un projet de règlement abaissant à zéro les limites maximales de résidus (LMR) pour trois des cinq substances actives visées par Paris. Il s’agit du carbendazime, du bénomyl et du thiophanate-méthyl. «Cette mesure concerne les importations d'agrumes, de mangues et de papayes», précise Bruxelles. Le commissaire européen à la Sécurité sanitaire, Oliver Varhelyi a indiqué à l’issue d’une réunion d’urgence à Bruxelles avec les ministres de l’Agriculture de l’UE qu’il espérait que ce texte pourrait être adopté rapidement, pour entrer en vigueur d’ici le mois de février. Il a aussi rappelé les actions déjà en préparation à la Commission concernant la réciprocité des normes vis-à-vis des pesticides: lancement d’une étude d’impact pour généraliser l’interdiction des molécules les plus dangereuses interdites dans l’UE (attendue en juin) et renforcement des contrôles aux frontières. Une task force européenne dédiée à ce dernier dossier sera lancée le 26 janvier afin de rendre les contrôles à l'importation plus efficaces dans toute l'UE, a-t-il confirmé. Des annonces dont s’est félicitée la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à l’issue de la rencontre tout en soulignant qu’elle espérait que le chemin entamé serait «poursuivi».

Pesticides : FNH pousse pour une généralisation des clauses de sauvegarde

« Le gouvernement rate le coche de la protection des agriculteurs et de consommateurs », réagit la Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH) dans un communiqué le 7 janvier, dans la foulée de la publication au JO de l’arrêté introduisant des clauses de sauvegarde pour cinq pesticides. L’ONG estime que l’interdiction d’importations de fruits, légumes et céréales contenant des résidus de carbendazime, bénomyl, glufosinate, thiophanate-méthyl et mancozèbe est « une mesure incomplète » car « il existe au moins 72 pesticides interdits dans l’UE » dont la présence de résidus est pourtant tolérée. « Le principe des mesures miroirs doit devenir la règle pour toutes les substances interdites, tous les pays tiers et toutes les denrées agricoles », affirme le directeur du plaidoyer Thomas Uthayakumar, cité dans le communiqué. FNH ajoute que l’arrêté n’est pas efficace pour protéger les agriculteurs de la « concurrence déloyale venant du Mercosur » car les importations provenant de ce marché sudaméricain « se concentrent sur d’autres produits : soja, viande bovine, volaille, sucre ou maïs ». Dans un communiqué paru le 7 janvier, le gouvernement assure qu'«au-delà de cette mesure de sauvegarde, des échanges sont en cours avec la Commission sur le traitement à réserver à d’autres substances phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’Union européenne.»

Fruits et légumes: parues au JO, les clauses de sauvegarde «manquent leur cible» (Interfel)

Comme annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 4 janvier, la France suspend, par un arrêté paru au Journal officiel le 7 janvier, l’importation, l’introduction et la mise sur le marché de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne (UE) contenant des résidu de cinq substances actives phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’UE : bénomyl, carbendazime, glufosinate, mancozèbe, thiophanate-méthyl. La mesure, qui concerne principalement des fruits et légumes (avocats, mangues, agrumes, pommes, poires, tomates...), suscite toutefois des critiques au sein de la filière des fruits et légumes. Pour Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, la réponse apportée « manque sa cible, la principale concurrence étant intra-européenne ». Selon lui, « si le message envoyé au consommateur est de vouloir le protéger, il aurait été possible d’ajouter l’acétamipride à la liste des substances interdites, ce qui aurait eu un effet direct sur la concurrence au sein même de l’UE ». En outre, M. Sauvaitre s’inquiète que cette mesure « jette le trouble sur la qualité sanitaire de ce que les consommateurs ont sur les étals, pourtant garantis par l’Anses et l’Efsa ». Prise à titre conservatoire, l’interdiction prendra fin dès l'entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne ou à défaut un an après son entrée en vigueur.

Pomme de terre: les clauses de sauvegarde, «signal clair» mais «portée limitée» (UNPT)

Mises en oeuvre par un arrêté du 5 janvier, les clauses de sauvegarde interdisant l'importation de pommes de terre contenant des résidus de glufosinate (herbicide) et de mancozèbe (fongicide) constituent « un signal clair envers les importateurs», estime l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA), contactée par Agra presse. Elles permettent « de rappeler que l’offre est largement suffisante en France, et qu’il faut donc privilégier la pomme de terre nationale ». Dans les faits, les volumes importés, qu’ils s’agissent de pomme de terre primeur ou de conservation, restent très réduits. Le marché des pommes de terre primeur serait un peu plus concerné. Ainsi « la portée de l’arrêté, pour le secteur des pommes de terre, reste limitée », précise l’UNPT. C’est encore plus le cas concernant le Mercosur, la France et l’UE n’important pas (ou de manière extrêmement marginale) de pommes de terre en provenance de ces pays. L’Égypte, Israël, le Maroc et la Grande-Bretagne constituent l’essentiel des fournisseurs internationaux, précise le syndicat.

Semences : RAGT finalise le rachat de l’activité orge de brasserie de Syngenta

Dans un communiqué du 6 janvier, le semencier français RAGT a annoncé avoir finalisé l’acquisition, avec prise d’effet depuis le 30 décembre, de l’activité semences d’orge de brasserie (printemps et hiver) à deux rangs de son concurrent chinois Syngenta. Pour rappel, un accord entre les deux entreprises avait été annoncé le 20 novembre. RAGT indique avoir levé « l’ensemble des conditions suspensives usuelles, y compris les processus réglementaires requis et les procédures locales de consultation des salariés ». L’opération inclut l’acquisition du site de Market Stainton, dans le Lincolshire (Royaume-Uni). « Onze salariés de Syngenta dédiés au programme de sélection en orge de brasserie ont officiellement rejoint RAGT », précise le semencier français. Enfin, le rachat couvre des droits de propriété intellectuelle « spécifiques de Syngenta, des homologations, ainsi que d’autres actifs immatériels associés ».  Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. 

Séparation vente/conseil : Euralis a repris le fonds de commerce de Distrialis

Depuis cet été et la promulgation de la loi Entraves actant l’abrogation de la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires, le groupe Euralis – qui avait fait le choix du conseil – a, après des échanges avec la Draaf et les organismes certificateurs, fait évoluer son organisation. « Nous disposons, depuis le 1er décembre, d’un double agrément pour la distribution et le conseil de produits phytosanitaires, explique Anne-Claire Richard, directrice de l’activité agrofournitures du groupe. Cette évolution a permis au pôle agricole d'Euralis de réintégrer pleinement l’activité de Distrialis, structure créée en 2021 pour assurer la vente des phytos et dont Euralis disposait moins de 10 % du capital comme l’imposait la séparation capitalistique. Le fonds de commerce de Distrialis a été repris par Euralis. » Le groupe retrouve donc la plaine capacité de vendre des produits phytos et de les facturer en son nom. Euralis confirme par ailleurs la continuité de sa large offre de conseils tout en précisant que « ces évolutions sont sources de simplification » : « le fait de séparer de matière trop forte le conseil du flux de vente empêchait une relation fluide avec les agriculteurs », confie-t-elle. Suite au décret du 22 décembre, d’autres sont attendus pour préciser certains points. (Anne Gilet)

Riz : l'Indonésie a atteint l'autosuffisance en matière de riz, clame son président

La production de riz indonésienne suffit désormais à satisfaire toute la demande du pays, a affirmé le 7 janvier le président Prabowo Subianto, vantant une avancée importante pour la sécurité alimentaire qui était l'une de ses principales promesses de campagne. Le pays a produit 34,71 tonnes de riz en 2025, dépassant la demande annuelle qui s'élève à 31,19 millions de tonnes, selon l'Agence nationale pour l'alimentation, un organisme gouvernemental chargé de promouvoir la sécurité alimentaire. « Aucune nation n'est véritablement libre si sa population n'a pas accès à la nourriture. Une nation ne peut pas être indépendante si son approvisionnement en nourriture dépend d'autres pays », a déclaré le président indonésien dans un discours devant des agriculteurs à Karawang, à l'est de la capitale Jakarta. Le riz fait partie des aliments de base pour les 286 millions d'habitants de ce pays d'Asie du Sud-Est. L’Indonésie avait atteint pour la dernière fois l'autosuffisance en matière de riz en 2008. Le gouvernement explique cette réussite par l'augmentation des subventions accordées aux agriculteurs et la simplification des réglementations. Mais ses détracteurs soulignent que ce programme a causé plus de 10.000 intoxications alimentaires et absorbé les ressources auparavant allouées à d'autres initiatives.

Vin/agriculture régénératrice : Telmont, premier champagne sous label américain ROC

Telmont, filiale de Rémy Cointreau, devient la première maison de champagne certifiée ROC (regenerative organic certified), a-t-elle annoncé le 7 janvier. Le label, né aux Etats-Unis en 2017, repose non seulement sur l’agriculture bio mais aussi des pratiques « en faveur de la biodiversité, de la régénération des sols, et de conditions équitables pour les personnels agricoles », selon un communiqué. Pour atteindre le niveau Bronze, la maison de champagne a notamment rempli les critères de plantation d’arbres, collecte de pluie, utilisation de couverts végétaux, intégration de la biodiversité, mesure de la santé des sols, conditions de travail inclusives. La certification ROC s’inscrit dans l’objectif de Telmont d’être à 100 % en l’agriculture bio et régénératrice « d’ici 2031 » et au Net zéro carbone « d’ici 2050 ». Parmi les initiatives déjà menées par l'entreprise, il y a la suppression des coffrets cadeaux et emballages superflus, le codéveloppement d’une bouteille plus légère (800 g), l’abandon des bouteilles transparentes (non issues de verre recyclé), l’arrêt du fret aérien, l’utilisation d'énergies renouvelables. ROC, qui revendique plus de 8 Mha certifiés dans le monde, reste peu développé en France avec six acteurs certifiés dont trois dans le vin.

Vin : ruée sur un sancerre, grâce à la star américaine Taylor Swift

L'apparition furtive d'une bouteille de sancerre, vin emblématique de Loire, dans un documentaire consacré à la superstar américaine Taylor Swift, donne un « joli coup de projecteur » sur l'appellation, s'est réjoui auprès de l'AFP le vigneron qui le produit. Une bouteille de sancerre du domaine Terres Blanches, vendue environ 40 dollars (environ 34 euros) aux Etats-Unis, apparaît brièvement près d'une table de mixage dans un épisode du documentaire « End of an Era » consacré à Taylor Swift, sur Disney+. Il n'en a pas fallu davantage pour que les fans de la chanteuse cherchent à identifier ce qu'ils appellent « le vin de Taylor ». Résultat : les stocks ont rapidement fondu sur le site du distributeur américain. « Un joli coup de projecteur pour l'appellation sancerre et pour notre domaine », s'est réjoui auprès de l'AFP Laurent Saget, à la tête de Terres Blanches, dont le domaine produit entre 80 000 et 120 000 bouteilles par an. Environ deux bouteilles de sancerre blanc sur trois produites chaque année sont exportées, dont environ la moitié en direction du marché américain, selon les chiffres de la profession. Les droits de douane de 15 % sur les vins et spiritueux par le président américain Donald Trump ne devraient pas avoir « un fort impact » sur cette appellation, a estimé Laurent Saget.

Muguet : la PPL assouplissant le travail le 1er mai à l’Assemblée le 22 janvier

La Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) a été reçue, le 6 janvier, à l'Assemblée nationale par le député Thibault Bazin, rapporteur de la proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai, rapporte le syndicat dans un communiqué de presse. La proposition de loi, adoptée en première lecture au Sénat en juillet dernier, sera discutée en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du 22 janvier. A cette occasion, son président, Farell Legendre, a rappelé que le 1er mai est un jour stratégique pour les entreprises florales : « Il est inacceptable que des artisans fleuristes continuent d’exercer leur métier dans l’insécurité juridique, sous la menace de sanctions, alors qu’ils répondent à une demande social forte et légitime», a-t-il plaidé. La FFAF demande, une nouvelle fois, que soit défini un « cadre juridique clair, sécurisé et applicable à l’ensemble du territoire ». En avril 2025, elle avait dénoncé un climat anxiogène pour les fleuristes « alors que les vendeurs à la sauvette  (de muguet) qui ne respectent pas la loi, ne sont ni contrôlées, ni verbalisés ». En 2025, la production de muguet en Pays de la Loire s’est établie autour des 60 millions de brins, stable par rapport à 2024..

Évènementiel : pas de concours bovins au Sia, présence « symbolique » à l’étude

En raison du risque sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les organismes de sélection (OS) des races bovines ont décidé de ne pas participer au Concours général agricole, qui se déroule en même temps que le Salon de l’agriculture. Dans un communiqué du 7 janvier, les organisateurs du Sia ont indiqué prendre acte de cette décision, qui « relève exclusivement de [la] responsabilité » des OS. Et de préciser que le Salon a « pour sa part, toujours souhaité la présence de bovins et a tout mis en œuvre pour la rendre possible, dans le strict respect des conditions sanitaires en vigueur ». Des discussions se poursuivent sur l’éventualité d’une « présence de bovins, même limitée et symbolique », via « un nombre restreint d’animaux, dans une logique de souplesse adaptée » ; le Sia prévoit de communiquer « mi-janvier » sur ce sujet. La DNC ne touchant que les bovins, « les autres animaux du Salon seront bien présents lors de l’édition 2026 », du 21 février au 1er mars à Paris. Dans une tribune publiée le 20 décembre, le président du Sia Jérôme Despey affirmait que le Salon « aura bien lieu ». À l’automne 2025, les maladies animales avaient déjà perturbé le déroulement des deux principaux salons professionnels de l’élevage, le Space de Rennes et le Sommet de l’élevage de Cournon.

Lait : le Salon du fromage 2026 ne se tiendra pas en même temps que le Salon de l'agriculture

Pour la première fois, le Salon du fromage et des produits laitiers ne se tiendra pas en même temps que le Salon international de l’agriculture (SIA) en février. Il se tiendra cette année du 7 au 9 juin au Parc des exposition de Paris Porte de Versailles. « Les hall 2 et 3 étant fermés pour travaux, nous n’avions pas de place pour notre salon aux mêmes dates que le SIA, d’où ce changement de date, qui sera également effectif pour l’édition 2028 », explique Fernando Medina Zenoff, directeur de ce salon bisannuel destiné exclusivement aux professionnels. Le 19e Salon du fromage se tiendra en même temps que le salon Gourmet Sélection, dédié à l’épicerie fine. Organisateur du Salon du fromage et de Gourmet Sélection, Comexposium parie sur un visitorat qui pourra faire d’une pierre deux coups. Lors de la précédente édition en 2024, le salon avait attiré 8500 visiteurs professionnels, qui ont rencontré environ 300 exposants. Comexposium s’attend à une stabilité tant du nombre d’exposants que de visiteurs. Comme lors des précédents éditions, le Salon du fromage sera l’occasion d’organiser le concours Coups de Coeur (produits les plus remarquables), la Lyre d’Or (compétition du plus beau plateau de fromages) et le Grilled Cheese Challenge.

Porc: la PPA en Espagne, une chance pour la France au Japon (FranceAgriMer)

Dans son compte-rendu du 29 décembre du conseil spécialisé du 16 décembre sur le marché des viandes blanches, FranceAgriMer indique que l’embargo sanitaire frappant l’Espagne pour cause de peste porcine africaine (PPA), « crée des opportunités de marché au Japon pour les produits porcins français ». L’office explique que l’Espagne, jusqu’alors 3e fournisseur du Japon avec 17 % de parts de marché derrière le Canada et les États-Unis, avait exporté 170 000 tonnes de produits porcins vers le Japon (pour 680 millions d’euros) en 2024. La France y avait vendu la même année 20 400 tonnes (pour 84 millions d’euros) se plaçant au 8e rang des fournisseurs du Japon, avec moins de 2 % de parts de marché. « La sécurité sanitaire, la qualité et la traçabilité constituent des atouts que la France pourrait mettre en avant pour exporter sa charcuterie vers le Japon, où elle est encore peu connue », suggère le conseil spécialisé. Les professionnels des viandes de porc et de volaille, réunis sous la présidence de François Valy, président de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA) ont vu dans les opportunités d’exportation au Japon un moyen d’enrayer l’aggravation du déficit commercial de la France pour les salaisons et charcuteries.

Influenza aviaire : l'Allemagne a été le pays européen le plus touché en 2025

L’Allemagne est a été le pays européen le plus touché par l'influenza avaire en 2025, avec 174 foyers, selon un message du SIMV (médicaments et diagnostic vétérinaires) sur LinkedIn le 6 janvier. Viennent ensuite la Pologne, avec 127 foyers, la Hongrie (107) et la France (106). L’Italie est très loin derrière avec 6 foyers. La source de cette information est le rapport annuel du portail internet de la Commission européenne sur les maladies animales (Adis), qui n’était pas encore en ligne le 7 janvier. L’incidence de l’épizootie est en baisse en Europe ces dernières semaines, rapporte le dernier bulletin de la plateforme française ESA, pour la semaine du 29 décembre au 4 janvier. Sur le « front nord », la Pologne est le seul pays dont l’incidence a augmenté en fin d’année, avec 13 nouveaux foyers détectés entre les 23 et 31 décembre, « principalement dans des productions de palmipèdes, mais aussi gallus (poulet et ponte) et dindes.

Distribution : le marché de gros de Toulouse va s'agrandir (presse)

Dans un article des Echos publié le 6 janvier, le marché d’intérêt national de Toulouse annonce son prochain agrandissement. Il devrait récupérer une parcelle de 2,8 hectares achetée et mise à disposition par Toulouse Métropole, ce qui augmentera son emprise foncière de 16%. Le concessionnaire du marché, la société Lumin ( majoritairement détenue par le marché de Rungis- 51% et La Poste Immo- 44%) devrait y construire un bâtiment de logistique d'environ 12 000 mètres carrés avec des quais pour les semi-remorques et les utilitaires, sans vente sur place, d'ici à fin 2028. « Un dispositif innovant dédié au végétal et au climat » est aussi en réflexion dans une partie de l’extension. L'investissement est estimé à 25 millions d'euros pour le bâtiment nu et à 50 millions avec les aménagements des opérateurs. « Nous avons déjà investi 19 millions d'euros entre 2017 et 2025 et nous prévoyons d'investir 64 millions d'ici à 2046 dans l'extension, la modernisation et la mise aux normes de froid », ajoute Maguelone Pontier, directrice générale de Lumin aux Echos. Le marché toulousain a regroupé 233 entreprises en 2024, dont 19 grossistes spécialisés fruits et légumes et 263 producteurs régionaux. Le chiffre d'affaires des opérateurs s'est élevé à 566 M€ (+ 3 % sur un an).