Agrafil du 8 septembre 2023

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PLOA: les mesures réglementaires attendues (syndicat)

A l'occasion d'un conseil d'administration de la FNSEA le 6 septembre, le contenu attendu du Pacte et de la loi d'orientation agricole (PLOA) a été présenté aux élus, tel que le syndicat majoritaire a pu en avoir eu connaissance au 4 septembre. Dans le document projeté, qu'Agra presse a pu consulter, deux mesures législatives s'ajoutent à celles déjà connues depuis fin août: l'instauration d'un crédit d'impôt pour «inciter les futurs cédants à intégrer un parcours de transmission» et la création d'un «diagnostic installation-transmission». Par ailleurs plusieurs mesures d'ordre réglementaire sont attendues: comme demandé par la Fnab, le Contrôle des structures favoriserait les installations bio sur les fermes déjà en bio ; par ailleurs il favoriserait les exploitations «déployant des pratiques agroécologiques» dans les zones humides ou de captage d'eau potable. Comme attendu, le gouvernement modifierait le statut et la gouvernance du réseau national des Projets alimentaires territoriaux (PAT). Dernière mesure réglementaire pressentie: la publication de «lignes directrices» visant à préciser «le contrôle des investissements étrangers et industriels aux prises de participation dans le foncier».

Défiscalisation du GNR agricole: une trajectoire peut-être au-delà de 2030

La détaxe sur le gazole non routier (GNR) dont bénéficient certaines professions sera, à terme, supprimée pour les agriculteurs et les entreprises de travaux publics, a confirmé le 7 septembre le ministre de l'Économie Bruno Le Maire sur France Info. L'information était déjà parue dans Agrafil en juin. Des discussions avec les représentants des agriculteurs sont en cours afin de «trouver un accord», a-t-il poursuivi, précisant qu'il y aurait «compensation pour accompagner la transformation» – le véhicule pourrait être en être un «fonds de soutien à la transition» inscrit dans l'avant projet de Loi d'orientation agricole du gouvernement. «Il ne faut pas procéder par brutalité», a ajouté le ministre. Fait nouveau: interrogé par l'AFP, le ministère de l'Économie et des Finances a indiqué que la fin de la défiscalisation du GNR s'appliquerait progressivement à partir de 2024 et jusqu'à 2030 pour le BTP, voire un peu au-delà pour les agriculteurs. Le président de la FNSEA sera à Bercy la semaine prochaine, a-t-on ajouté de même source. Son président Arnaud Rousseau a encore déclaré, ce 7 septembre sur RMC, qu'il n'était «pas question que ce soit supprimé» de «manière abrupte».

Pommes de terre: Eureden cède son activité plants à Germicopa

La coopérative Eureden et le semencier Germicopa (groupe Florimont Desprez) ont finalisé un protocole d’accord prévoyant la cession de l’activité plants de pommes de terre de la coopérative à une société nouvellement créée baptisée Solawest, effective au plus tard le 30 juin 2024. «Le rapprochement vient de la volonté d’Eureden de se séparer de son activité plants et nous nous sommes positionnés pour renforcer notre portefeuille de variétés destinées à l’exportation. Nous reprenons la marque Solawest, et créons une société du même nom. Nous nous associons pour renforcer la présence commerciale de la marque et de ses variétés, dont deux phares, El Beida et Universa. Nous aurons aussi quelques variétés à faire connaitre», explique Baptiste Brunello, directeur général de Germicopa à Agra Presse. La division «plants de pomme de terre» d’Eureden concerne 80 producteurs multiplicateurs pour 750 ha de plants. Vingt variétés sont commercialisées sur les marchés du frais et de l’industrie. La production s’établit à 20 000 tonnes, dont 83% sont exportés. La campagne 2023/2024 sera une période de transition durant laquelle Germicopa, principal actionnaire, assurera les ventes, alors qu’Eureden gardera la maitrise de la production.

Vin: le géant associatif SOS se lance dans la viticulture, pour «l'inclusion professionnelle»

Après avoir racheté l’association Fermes d’avenir (permaculture/agroécologie) en 2016, le réseau Andes (épiceries solidaires) en 2019, et un lycée agricole en 2020 (voir notre enquête), le géant français associatif SOS s'est lancé dans la vigne en 2022, apprend-on sur son site internet. Le spécialiste de l'économie sociale et solidaire (ESS) a créé pour ce faire l'association Vignes d'avenir, «le premier dispositif d’inclusion professionnelle dédié aux métiers de la vigne et du vin», indique-t-il. Et cette association loue depuis neuf mois le domaine de Lavauguyot, dans le Poitou, où elle exploite le manoir pour une activité hôtelière et 20 hectares de vignes bio. La première vendange devrait avoir lieu cette année, indique German Mulet, le directeur de Vignes d'avenir à Agra Presse. Si le projet fonctionne, l'association n'écarte pas l'idée de reprendre des domaines en difficulté. Sur son site internet, l'association met en avant l'équation suivante: «Dans les cinq prochaines années, 30% des exploitations viticoles seront à transmettre, mais les métiers et territoires associés à la production sont peu attractifs, ce qui engendre un manque de personnel qualifié. Pourtant, en France, les besoins en emplois sont réels. Deux millions de personnes en sont durablement éloignées et ont besoin de dispositifs d’inclusion adaptés.»

Bovins: pas de raison de rendre les boucles électroniques obligatoires, selon Bruxelles

Dans un récent rapport sur la faisabilité technique et économique de l’introduction de l’identification électronique obligatoire des bovins partout dans l’UE, la Commission européenne estime qu’il n’y a pas lieu, pour le moment, de présenter une proposition législative rendant le système contraignant. Certes, le recours à des systèmes d’identification électronique permet, admet Bruxelles, de rationaliser les processus de traçabilité en automatisant la lecture et l’enregistrement dans le registre tenu par les opérateurs et d’améliorer la gestion de certains paiements directs aux agriculteurs. Mais les États membres semblent réticents à une généralisation. Ils jugent, dans leur majorité, les règles actuelles satisfaisantes. Dans vingt États membres, l’utilisation de boucles électroniques pour les bovins reste facultative.

Volailles de chair: des négociations début 2024 pour baisser les prix à la production

Dans un contexte de «fléchissement des coûts de production», des négociations entre organisations de producteurs et industriels «vont s’ouvrir en début d’année prochaine» en vue d’abaisser les prix payés aux aviculteurs, a annoncé Gilles Huttepain, vice-président d’Anvol (interprofession des volailles de chair), le 7 septembre. Dans cette filière largement contractualisée, de telles discussions surviennent périodiquement (tous les 6 à 18 mois selon les entreprises). Ce nouveau cycle prendra en compte la baisse du coût de l’énergie, ainsi que celle de l’alimentation animale (deux tiers du coût de production d’une volaille): entre janvier et juillet 2023, l’indice Itavi (aliment) a cédé 19%. Dans le sillon du leader LDC, la filière volailles espère «relancer la consommation, notamment via des promotions», précise M. Huttepain, sans quoi «nous risquons de perdre des parts de marché». Contrairement aux autres viandes, la consommation de volailles résiste dans le contexte d’inflation, avec une hausse de 1,4% en un an (sur les cinq premiers mois), qui profite surtout aux importations destinées à la RHD. Côté production, la filière «redémarre», avec une production 2023 attendue à -3,1%, après un effondrement de 7,6% en 2022 pour cause d’influenza aviaire.

Lait/négociations commerciales: la Coopération laitière demande un «soutien politique clair»

«Nous avons besoin d’un soutien politique clair, pas d’effets d’annonce électoralistes. Il en va de notre souveraineté alimentaire», a déclaré le président de la Coopération laitière Pascal Lebrun lors de la conférence de presse de rentrée de l’organisation, le 7 septembre. Les coopératives laitières sont particulièrement mobilisés autour d'un sujet d'actualité: l’annonce par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire de négociations commerciales anticipées pour les grands industriels. Trois coopératives laitières, Agrial (avec sa branche Eurial), Laïta et Sodiaal, font partie des 75 plus grands fournisseurs de la grande distribution. Les coopératives et les industriels privés ont adressé un courrier au ministère de l’Économie «pour faire prévaloir notre exception laitière» et échapper à l’avancée des négociations, a indiqué Pascal Lebrun. Le porte-parole des coopératives, également vice-président d’Agrial et président d’Eurial, pointe des «contradictions» dans le discours de Bruno Le Maire. «[Le ministre] ne peut pas dire "ne touchez pas à la production agricole" et "allez renégocier avec la grande distribution"», affirme-t-il. Le coopérateur estime que le prix du lait actuel permet «une juste rémunération» des producteurs. S’il prévoit que les prix «vont continuer de baisser» dans les mois à venir, il «reste confiant pour l’avenir».

Lait: les objectifs de la Planification écologique «sont réalistes» (chambres)

Le Secrétaire général à la Planification écologique, Antoine Pellion, a participé, ce 7 septembre, au conseil d'administration de Chambres d'agriculture France, au cours duquel le réseau consulaire a pu livrer les résultats de son étude de la faisabilité des objectifs visés par la Planification écologique, dans le cas particulier de la filière laitière. En activant les leviers proposés par le gouvernement (ex. haies, méthanisation, autonomie protéique...) sur des fermes du réseau de références technico-économiques des chambres (Inosys), «notre analyse est convergente avec la leur, les objectifs sont réalistes, atteignables sans baisser notre souveraineté et en maintenant les équilibres économiques», rapporte Sébastien Windsor, président de Chambres d'agriculture France. L'analyse du réseau a notamment permis d'affiner les scénarios selon les types de ferme: «dans les Hauts-de-France, on ne va pas abandonner la pomme de terre pour la luzerne, mais on peut activer le levier colza, ou les intercultures car elles posent moins de problèmes d'eau qu'ailleurs. En montagne, le recours aux intercultures sera plus difficile». Toutefois précise-t-il: «Nous avons un sujet d'accompagnement, qu'il soit humain pour accompagner les changements de systèmes, ou législatif, par exemple dans le cas des haies.»

Espèces envahissantes: il faut améliorer la gouvernance en Europe, selon l’IPBES

Sur plus de 3500 espèces exotiques envahissantes recensées sur la planète, 31% des impacts négatifs ont été enregistrées dans la région Europe et Asie centrale, selon le récent rapport mondial de l’IPBES. Mais, en réalité, «la grande majorité» des signalements dans cette zone proviennent d’Europe, a précisé le coauteur du rapport Sven Bacher à Agra Presse le 6 septembre. Pour ce spécialiste des invasions biologiques à l’université de Fribourg, il faut une «approche coordonnée» de la gouvernance sur la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, tant sur le plan national qu’au niveau de l’Union européenne. «Les réglementations sur les espèces exotiques envahissantes se préoccupent majoritairement des impacts sur l’environnement et la biodiversité. Cependant il faut aussi produire de quoi se nourrir», explique Sven Bacher. «Très souvent, les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture ne se parlent pas. Si on pouvait améliorer cela, ce serait bénéfique pour les deux secteurs.» D’après le rapport de l’IBPES présenté le 4 septembre, les trois quarts des effets négatifs des espèces envahissantes, enregistrés au niveau mondial, ont été observés dans le domaine terrestre «en particulier dans les forêts tempérées et boréales, les zones boisées et les zones cultivées».

Pesticides: ultimatum de la CR contre l’interdiction du prosulfocarbe

Redoutant une possible interdiction de l’herbicide prosulfocarbe, la Coordination rurale (CR) a lancé un ultimatum le 7 septembre. Le syndicat «donne un mois à l’Anses et au gouvernement pour trouver une solution adaptée» dans ce dossier, a déclaré Patrick Legras, membre du comité directeur. Un réexamen de l’homologation européenne du prosulfocarbe est prévu fin octobre. Les conséquences d’une interdiction du produit sont «minimisées» par les autorités, d’après le syndicaliste qui évalue les pertes de rendement entre 20 et 50% pour les céréales. Ce type de mesure représente «une aberration écologique», juge Patrick Legras. Le prosulfocarbe fait partie des rares solutions contre les vulpins et ray-grass résistants aux herbicides, selon lui. Une alternative consiste à remplacer les cultures d’hiver par des cultures de printemps. Problème, explique-t-il, ces productions consomment plus d’eau quand la ressource diminue, en été. La CR réclame une politique sanitaire «cohérente»: pas d’interdiction de phytos sans études spécifiques préalables, incluant une étude économique «fiable» et une étude sur la dangerosité des alternatives; confier les décisions de retrait de molécules à «des scientifiques indépendants (Anses)» et non à des politiques.

Inflation: un tiers des Français en difficulté pour manger sainement trois fois par jour

La part de Français rencontrant des difficultés financières pour se «procurer une alimentation saine permettant de faire trois repas par jour» est en hausse, selon le baromètre Ipsos pour le Secours populaire, révélé le 7 septembre. Environ un tiers des répondants (32%) se trouvent dans cette situation, contre 25% en 2019 avant la crise Covid. Une part équivalente (35%) déclarent ne plus faire trois repas par jour, régulièrement ou parfois, pour limiter leurs dépenses alimentaires. De la même manière, 36% des parents ne se nourrissent pas toujours à leur faim pour pouvoir nourrir leurs enfants, voire la moitié si l’on prend en compte ceux qui déclarent le faire «rarement». Les personnes en difficulté ont tendance à limiter leurs achats de produits frais. Ainsi, la moitié des sondés renonce, régulièrement ou parfois, à acheter de la viande. Le nombre de personnes en difficulté pour consommer des fruits et légumes frais tous les jours est aussi en forte hausse: 43%, contre 29% en 2020. Concernant la situation financière globale des personnes sondées, près de la moitié (47%) déclarent avoir la capacité de mettre de l’argent de côté (-1% par rapport à 2022), tandis que 18% vivent à découvert (+3% par rapport à 2022). Une grande partie (34%) parviennent tout juste à boucler leur budget.

Agenda de la semaine agricole du 11 septembre 2023

Jeudi 7 septembre
Assemblée générale de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA), en Haute-Vienne, jusqu'au 8

Vendredi 8 septembre
Salon Terres de Jim, à Cambrai, jusqu'au 10

Dimanche 10 septembre
Salon Sirha Omnivore (restauration) à Paris

Lundi 11 septembre
Conférence de presse de l'Agence bio, au Sirha Omnivore

Mardi 12 septembre
Salon Space (élevage), à Rennes, jusqu'au 14
Visite du ministre de l'Agriculture au Space
Conférence de presse du Crédit agricole, au Space
Signature d'engagements climatique de la filière laitière, au Space
Conférence de Sodiaal (laiterie), au Space
Conférence de l'European Milk Board, au Space

Mercredi 13 septembre
Conférence de presse de Sanders (alimentation animale), au Space
Conférence de presse de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA), au Space
Conférence de presse de la Coopération agricole Ouest, au Space
Présentation du projet Climate farm demo de l'Idele (ruminants), au Space

Jeudi 14 septembre
Tournée vendange du SGV (champagne), près d'Epernay
Conférence de presse des CRP de l'ouest (éleveurs de porcs), au Space
Conférence de Semae (semences) sur l'agriculture urbaine
Colloque d'Agridées et Pluriagri sur les ambitions pour l'agriculture

Vendredi 15 septembre
Procès en appel sur les missions de la cellule Demeter

Samedi 16 septembre
Conférence de presse de Max Havelaar, à la Fête de l'Humanité