Pac: le nouveau commisaire Christophe Hansen présente sa feuille de route
Le nouveau commissaire européen à l’Agriculture a présenté, le 9 décembre, pour sa première intervention devant les ministres des Vingt-sept réunis à Bruxelles, sa feuille de route pour la première année de son mandat. Il devrait présenter, dès le lendemain, deux propositions qui avaient été annoncées au printemps: l'une sur la révision du règlement OCM de la Pac et l'autre sur l’application transfrontalière de la directive pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales. Pour l’OCM, il devrait s’agir notamment de préciser les exigences des contrats écrits et de renforcer le pouvoir de négociation collective des organisations de producteurs. Christophe Hansen a aussi rappelé les priorités de son mandat: «l’occasion de tourner la page, de repartir à zéro avec une approche différente basée au plus près du terrain», après des années de «sur-règlementation». Présent, toute la journée, aux côtés de la commissaire à l’Environnement Jessika Roswall, il a beaucoup insisté sur le travail «main dans la main» qu’ils vont mener en ce sens. Le nouveau commissaire à l’Agriculture devrait présenter sa «vision sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation» en février (le 19, selon un calendrier provisoire). Cette vision sera ensuite déclinée tout au long de l’année avec une stratégie sur l'élevage, une autre sur le renouvellement des générations, ainsi qu'une évaluation comparative de la durabilité des exploitations, a-t-il précisé. Et, pour finir, une fois le cadre financier pluriannuel 2028-2034 dévoilé (avant l’été), des propositions pour la nouvelle Pac post-2027 seront préparées.
Pac post-2027: les Vingt-sept adoptent des conclusions malgré des désaccords sur la convergence
Les États membres ont adopté le 9 décembre, à l’occasion de la réunion de ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, des conclusions sur la future Pac post-2027, plaidant notamment pour le maintien des aides à la surface, la préservation d’un budget dédié à la Pac (reposant sur deux piliers) et la réduction de la charge administrative. Ces conclusions, déjà discutées au mois d’octobre, ont pu être soutenues à l’unanimité grâce au revirement de position de la Roumanie. Celle-ci protestait contre l’absence d’engagement en faveur de la convergence des niveaux d’aides à l’hectare entre les Vingt-sept. Bucarest s’est finalement contenté d’une déclaration (signée par la Bulgarie, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie) pour demander à la Commission de proposer une convergence complète dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Au contraire, l’Italie, la Grèce et Chypre ont insisté, dans d’autres déclarations, sur le fait que les différences de revenus et de prix des terres d’un État membre à l’autre justifient des niveaux de paiement différents entre les Vingt-sept.
UE/Mercosur: l’accord s’invite au conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE
Quelques jours après l'annonce de la conclusion des négociations, et alors qu’une «action éclair» d’agriculteurs avait lieu en parallèle à l’initiative du syndicat agricole européen majoritaire Copa Cogeca, l’accord UE/Mercosur s’est invité, le 9 décembre, lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE. L’occasion pour la française Annie Genevard et le polonais Czeslaw Siekierski de rappeler leur opposition à l’accord. Pour Varsovie, il n’y a aucune garantie que les normes de production dans ces pays répondent aux exigences strictes imposées aux agriculteurs européens. A contrario, l’allemand Cem Özdemir estime que le texte ne représente pas une menace existentielle pour l’agriculture. L’espagnol Luis Planas évoque, lui, un accord qui va ouvrir de nouveaux marchés pour le secteur agricole. De son côté, l’Italie soumet son approbation de l’accord à des garanties en matière de réciprocité et de protection des productions, mais également à une compensation des dommages que pourrait subir le secteur agricole. Un dédommagement «important» également évoqué par la Pologne pour faire face à la concurrence. Un point sur lequel la France est en désaccord avec ses partenaires.
UE/Mercosur: Bruxelles confirme l’absence de négociations sur les clauses miroir
«Les mesures miroir n’ont pas fait l’objet de ces négociations avec le Mercosur», a indiqué,le 9 décembre Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international. La question de la réciprocité des normes est l'un des sujets les plus sensibles des négociations. Les représentants du secteur agricole n’ont eu de cesse, au cours des pourparlers, de mettre en avant les divergences entre les deux blocs et d’appeler à la mise en place de mesures miroir pour protéger les agriculteurs de l’UE. Dans son intervention, Olof Gill ajoute qu’il n’est cependant pas exclu que ce sujet soit abordé à l’avenir dans le cadre du mandat de la nouvelle Commission européenne. «C’est une question pour le prochain commissaire», affirme-t-il. Un sujet dont s’est déjà emparé le nouveau commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen. À l’occasion de sa première réunion du Conseil Agriculture de l’UE, le même jour, celui-ci a mis en avant la nécessité de renforcer la réciprocité des exigences applicables aux importations parmi les priorités de son action.
Budget: la loi spéciale est «prête» à être présentée en Conseil des ministres (ministre)
La loi spéciale pour permettre à l'appareil d'État de fonctionner en l'absence de budget est «prête», a assuré le ministre du Budget démissionnaire Laurent Saint-Martin le 9 décembre, ajoutant qu'il suffirait de réunir un Conseil des ministres pour que le texte soit présenté. «Cela fait cinq jours que je suis au travail depuis la censure de ce gouvernement pour préparer cette loi spéciale qui pourrait être présentée dès le prochain Conseil des ministres, il suffit de le réunir pour qu'elle soit présentée», a-t-il déclaré sur TF1. Cette loi spéciale, promise par Emmanuel Macron avant la mi-décembre, pourrait être portée par «le gouvernement démissionnaire ou par un nouveau gouvernement», a précisé M. Saint-Martin. Elle doit permettre d'éviter le «shutdown», à savoir une paralysie administrative, en reconduisant les crédits budgétaires de l'année 2024 pour l'année suivante. Elle servira aussi à prélever l'impôt à partir du 1er janvier 2025. Le ministre démissionnaire a insisté sur la nature temporaire de la loi spéciale, et la nécessité pour le prochain gouvernement de proposer un nouveau budget 2025 «le plus tôt possible, en début d'année».
Lait: une association de producteurs bretons veut quitter l’OPLGO, membre de l’AOP Unell
L’association OPLGO Bretagne demande à quitter l’organisation de producteurs OPLGO (producteurs de lait du Grand ouest) et s’est rebaptisée Breiz’Horizon, a expliqué l’OP (organisation de producteurs) livrant Lactalis à Agra Presse, confirmant une information de L’éleveur laitier. L’association bretonne est l’une des quatre associations régionales de l’OP (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, Normandie-Perche). Elle souhaite désormais obtenir la reconnaissance du ministère de l’Agriculture en tant qu’OP afin que ses adhérents puissent lui donner mandat pour négocier avec les laiteries. L’association bretonne représente environ un tiers des producteurs de l’OP (980 exploitations). «Nous proposons aux producteurs de rester à l’OPLGO en adhérant à l’association Pays de la Loire. Une centaine ont fait ce choix, les autres attendent encore de voir ce qu’il va se passer», explique la directrice de l’OPLGO Christine Lairy. Le départ de l’association bretonne fait suite à une mésentente entre les élus du conseil d’administration de l’OP qui s’est soldée par l’exclusion de deux élus bretons. L’association d’organisations de producteurs (AOP) Unell, que l’OPLGO a rejoint début 2023, fait face à un plan de réduction de collecte de son acheteur exclusif, Lactalis, et au départ programmé d’environ 200 producteurs dans le sud des Pays de Loire et l’Est.
Lait: la Fnil appelle au «dialogue» au sein de l’interprofession et défend sa position
Les laiteries «privées» (Fnil) répondent, dans un communiqué du 6 décembre, à la déclaration commune des trois autres collèges du Cniel sommant les industriels de changer de position dans le cadre des discussions interprofessionnelles sur les indicateurs de référence. La Fnil appelle à «un dialogue constructif et apaisé». Elle se déclare «favorable à la publication au niveau interprofessionnel d’indicateurs permettant d’éclairer de manière pertinente et juste les négociations entre des opérateurs économiques». Une position conditionnée au «strict respect du droit de la concurrence». Le blocage actuel, qui a amené les producteurs à quitter la table des discussions, concerne l’indicateur Ipampa. Le président-directeur général de la Fnil François-Xavier Huard explique que les laiteries demandent «une réouverture globale du sujet». Les industriels privés souhaitent un renforcement de la méthodologie et de la «représentativité» de l’indicateur portant sur les coûts de production des fermes laitières, est-il précisé dans le communiqué. Les privés considèrent qu’il n’existe pas d’accord interprofessionnel portant sur la reconnaissance de cet indicateur, ce que contestent les producteurs. La Fnil ajoute, dans son communiqué, qu’elle espère également voir «aboutir les travaux sur l’indicateur beurre poudre» lancés «il y a plus de deux ans».
Bovins: en Argentine, l'identification électronique obligatoire à partir de 2026
L’identification individuelle des bovins par puce électronique deviendra obligatoire en Argentine à partir de juillet 2026. Un décret a été publié en ce sens le 16 octobre, qui prévoit une mise en place progressive; les premières puces devaient être distribuées dès mars prochain aux éleveurs-naisseurs par l’État fédéral, d’abord gratuitement. «Les animaux identifiés en priorité seront les veaux allaitants, puis le système sera étendu à l’ensemble de notre cheptel bovin de 55 millions de têtes de bétail», indique à Agra Presse le vétérinaire Luis Barcos, ex-président de la Commission des normes d’identification et de traçabilité des bovins de l'Organisation mondiale de la santé animale (Omsa, ex-OIE). Selon lui, «la géolocalisation préexistante des exploitations d’élevage et des abattoirs recensés en Argentine facilitera l’adoption du futur système d’identification». Le système argentin actuel repose sur l’usage de boucles. Il concernerait au moins 3 millions de bovins dont la viande est destinée, en partie, aux contingents Hilton et n°481 expédiés vers l’Europe. Le système d’identification par puces devrait permettre aux abatteurs de mieux valoriser leurs découpes au niveau de l’étiquetage. Il devrait en outre renforcer l’accès de l’Argentine à ses marchés d’exportation. (Marc-Henry André)
Influenza aviaire: une troisième dose de vaccin pour 600 000 canards
Une troisième dose de vaccin contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) est réalisée dans les zones à risque jusqu’au 31 décembre, a appris Agra Presse le 9 décembre. «En fin d’année, pour la production de foie gras cru, il est courant que des animaux soient gardés un peu plus longtemps en élevage, jusqu’à 14 semaines, explique Marie Laborde, ingénieure au Cifog (interprofession du foie gras). Or, le vaccin perd de son efficacité à partir de 11 semaines.» La troisième dose, inoculée entre la 7e et la 8e semaine, est obligatoire pour les canards destinés à rester plus de 12 semaines en élevage dans les zones à risque de diffusion (ZRD, zones denses) et les zones à risque particulier (ZRP, zones humides); elle est volontaire pour les canards destinés à rester plus de 11 semaines en élevage dans les zones à risque ou autour des sites de génétique et de reproduction. Cela représente entre 600 et 650 000 animaux. Les vaccins, leur stockage et leur acheminement sont pris en charge par l’État, tandis que la filière paie le coût d’application du vaccin par les vétérinaires. Douze foyers de volailles, trois foyers d’oiseaux captifs et quatorze cas sauvages ont été déclarés en France depuis le début de la saison. (Elena Blum)
Influenza aviaire: lancement d’une stratégie de détection dans le lait aux États-Unis
Les services vétérinaires américains mettent en place une stratégie de détection du virus H5N1 de l’influenza aviaire dans le lait cru au niveau fédéral, a annoncé l'USDA (ministère) le 6 décembre. L’ordonnance publiée le jour-même vise à remonter méthodiquement jusqu’aux élevages infectés et à faire régresser les cas jusqu’à l’élimination de la maladie. Depuis la première infection en élevage laitier en mars 2024, plus de 700 cas ont été déclarés. L’ordonnance décrit chaque étape intermédiaire, la première consistant à rechercher le virus à l’échelon industriel, puis à concentrer les recherches dans les États concernés. Le programme va démarrer à la mi-décembre dans six États prioritaires: Californie, Colorado, Michigan, Mississippi, Oregon et Pennsylvanie. Dans le communiqué de l’USDA, Tom Wilsack, secrétaire d’État à l’Agriculture, argumente que cette surveillance éclairera les agriculteurs et personnels sur l’état sanitaire des animaux et les aidera à se protéger. Cette recherche systématique se superpose à la campagne fédérale de détection volontaire de virus H5 dans les troupeaux et dans la viande de vaches de réforme. Le programme fédéral vient aussi soutenir les programmes de détection mis en place dans certains États.
Porcs: le nombre de porcs issus d'élevages hors OP progresse, alerte l’UGPVB
«Le nombre de porcs issus d’élevages non adhérents à des OP est passé de 6000 à 17 000 par semaine en cinq ans», a indiqué Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) en assemblée générale à Ploufragan (Côtes-d’Armor) le 6 décembre. Un chiffre qui représente 2% de la production organisée (9,9 millions de porcs l’an passé). M. Bloc'h ne connaît pas le nombre d’élevages correspondant. Plus généralement, selon l'UGPVB, c'est la structuration collective – qui a fait la force de l’élevage en Bretagne depuis 50 ans – qui montrerait des signes de faiblesse. Pour Michel Bloc’h, c’est le signe d’une plus grande individualisation des éleveurs par «inculture». Il pointe du doigt les lycées agricoles qui, selon lui, n’informeraient pas suffisamment les futurs éleveurs de l’importance du collectif en élevage. (Frank Jourdain)
Céréales: en Égypte, changement de gouvernance des achats publics (presse)
Selon les informations de l'agence Reuters publiées le 6 décembre, une agence liée à l'armée égyptienne va remplacer dans ses fonctions le Gasc, l'institution étatique par laquelle le pays passe traditionnellement ses appels d'offres publics pour l'achat de grains sur les marchés internationaux. L'information a notamment été communiquée à la ministre de l'Agriculture russe, dans un courrier que s'est procuré Reuters. Ce faisant, la lettre indique que l'agence militaire, intitulée Mostakbal Misr, effectuera également des achats directs sur les marchés, ce qu'elle aurait déjà commencer à faire depuis le mois de novembre. Ce changement de gouvernance s'inscrit dans une militarisation du régime égyptien; fondée en 2022, l'agence Mostkbal Misr a été créée pour des projets d'acquisition de terres, avant d'étendre ses activités «à des secteurs majeurs de l'économie», retrace Reuters. Selon l'agence de presse londonienne, ce changement de gouvernement soulève, à court terme, des inquiétudes chez les traders qui redoutent le manque de fiabilité et d'assise financière de ce nouvel opérateur.
Pomme de terre fécule: augmentation de l’aide couplée à l’hectare en 2025
À l’occasion de son assemblée générale le 6 décembre, le GIPT (Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre) a fait le point sur le marché de la fécule, une filière jugée «en restructuration». Pour stabiliser sa branche féculière, le GIPT a obtenu la révision du plan stratégique national (déclinaison française de la Pac) auprès du ministère de l’Agriculture: «La réévaluation des montants unitaires de l’aide couplée passe ainsi de 83,67 €/ha en 2023 à 172,80 €/ha en 2025. C’est une très bonne avancée pour les producteurs en attendant la nouvelle Pac», estime Bertrand Ouillon, délégué général. Le bilan féculier montre en effet un fort recul des tonnages de pommes de terre livrées, qui sont passé de 800 968 t en 2022-2023 à 667 505 t en 2023-2024. Pour mémoire, la saison 2021-2022 avait aligné plus de 1,1 Mt. Les surfaces dédiées sont passées de 20 221 ha à 16 270 ha. Au-delà de l’impact du Covid qui avait vu le marché de la fécule s’effondrer, la filière rencontre des problèmes de rendements à cause du climat: «Nous sommes passés d’une moyenne de 50 t/ha en 2015 à 40-43 t/ha», précise Bertrand Ouillon. Sans oublier que «la fermeture de l’usine Téréos d’Haussimont et la réduction de voilure de Roquette, qui privilégie la qualité pour ne pas saturer son outil de travail ont aussi affecté la production».
Pomme de terre/transformation: atteindre 200 000 ha pour rester acteur international (GIPT)
Le 6 décembre, l’assemblée générale du GIPT (Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre) a acté le fait que les surfaces dédiées à la pomme de terre en France devraient augmenter de 30 000 ha (et atteindre 200 000 ha en 2030) pour accompagner l’augmentation attendue de la consommation mondiale de produits à base de pommes de terre. «L’étude Perpectives 2030 que nous avons menée avec FranceAgriMer, le CNIPT et l’UNPT, montre que, après une forte augmentation jusqu’en 2021, la production mondiale se stabilise», explique Bertrand Ouillon, délégué général du GIPT. «Elle progressera dans des pays à faibles rendements (20 t/ha) comme l’Inde ou la Chine, poussée par la demande qui tire l’industrie. La part de consommation des produits transformés dans ces pays est de 10%, contre 50% en Europe, 74% aux États-Unis. L’enjeu est de savoir qui fournira les 14 Mt de pommes de terre supplémentaires nécessaires au développement de cette consommation dans le monde». Pour le GIPT, la France a clairement un potentiel: depuis deux ans, le tissu industriel se renforce (usine Clarebout opérationnelle cette année, projets annoncés d’Ecofrost et d’Agristo). Des sites qui auront besoin de pommes de terre: «En 2024, les surfaces ont progressé de 12 000 ha. Même si la culture devient plus compliquée à cause du climat et de la pression parasitaire, il y a de l’avenir dans ces productions», se félicite Bertrand Ouillon.
Échalotes: l’accord interprofessionnel sur le calibrage prolongé jusqu’en 2027
Un arrêté paru au Journal officiel le 8 décembre étend et prolonge les dispositions de l'accord interprofessionnel du 13 septembre 2024 relatif au calibrage de l’échalote (marché intérieur et export en frais). Celles-ci sont étendues à tous les membres des professions constituant cette organisation interprofessionnelle pour la campagne 2025, 2026, 2027 (soit du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027). Le nouvel accord intègre aussi des méthodologies de contrôle et des informations sur les procédures d’échantillonnage associées. En septembre, les professionnels avaient choisi de demander l’extension de cet accord afin de rendre ces règles applicables à tous. Pour mémoire, cet accord, qui fixe un calibre maximal des bulbes, a pour but de garantir une qualité optimale des échalotes produites en France et commercialisées dans l'Hexagone et à l’export. «Il contribue également à éviter la confusion entre une échalote et un échalion, voire un oignon», précise d’ailleurs Interfel sur son site internet. Selon l’accord, les échalotes d’un calibre supérieur à 55 mm (diamètre maximal de la section équatoriale) ne peuvent être commercialisées sur le marché du frais. Une tolérance de 10% au total (en nombre ou en poids) d’échalotes ne répondant pas aux exigences en ce qui concerne le calibre, est autorisée.
Fruits et légumes: un bilan des échanges qui se creuse sur vingt ans (FranceAgriMer)
Le bilan des échanges pour les fruits et légumes français entre 2003 et 2023 accuse un solde négatif et qui se creuse fortement, indique FranceAgriMer dans une étude parue le 9 décembre. Sur la période, les exportations françaises de fruits ont diminué de 47% en volume, principalement sur le marché européen (-43%), alors que, parallèlement, les envois vers les marchés tiers ont légèrement progressé (+2%). Dans le même temps, les importations françaises ont augmenté de 25% en 20 ans. Cette hausse est nettement plus marquée pour les importations venant des pays tiers (+63% par rapport à 2003) que pour celles venant de l’Union européenne (+12% par rapport à 2003). Quant aux légumes frais, leurs exportations ont augmenté de 26%, portées par la hausse des envois vers l’UE (+32% par rapport à 2003). Mais les volumes importés ont également augmenté en suivant la même tendance (+28 % par rapport à 2003). Globalement, FranceAgriMer souligne un solde des échanges en volume négatif (- 597 000 t en 2023) et un déficit qui se creuse, atteignant son point le plus bas en 2021 pour les fruits. Idem pour les légumes, avec un solde négatif (-823 800 t en 2023) et un déficit qui se creuse pareillement sur le long terme.
Autoroute A69: le tribunal administratif rouvre l'instruction
Le tribunal administratif de Toulouse a annoncé le 9 décembre rouvrir l'instruction du dossier de l'autoroute A69, alors qu'une décision était attendue sur la poursuite ou la suspension du chantier, déjà très avancé et contesté par des militants écologistes. L'instance a dit dans un communiqué qu'«une nouvelle audience en vue de se prononcer sur la légalité des autorisations environnementales» se tiendra «dans les prochains mois», ouvrant ainsi la porte à une poursuite du chantier. Après l'audience du 25 novembre et l’avis de la rapporteure publique se prononçant pour une annulation des autorisations environnementales, la décision était très attendue. Le tribunal précise dans son communiqué que des «notes en délibéré» ont été versées au dossier par l'une des parties à l'issue de l'audience du 25 novembre et que, «dans l'intérêt d'une bonne justice, celles-ci ont été communiquées afin que toutes les parties à l'instance puissent utilement et exhaustivement débattre de la pertinence des arguments et éléments qui y sont exposés», sans plus de précisions.
Agroalimentaire: les industriels du lait et de la bière restent à l’Ania
Brasseurs de France et la Fnil (industrie laitière) resteront adhérents de l’Ania au 1er janvier 2025, comme pressenti en fin de semaine passée, alors que les deux syndicats avaient annoncé en juin qu’ils la quitteraient. Les deux syndicats professionnels ont exprimé leur volonté de rester finalement lors du conseil d’administration de l’Ania ce 9 décembre, ainsi qu’en informe l’Ania dans un mail adressé à la presse. «La décision des membres de l’Ania témoigne de la dynamique enclenchée depuis le mois de juin avec l’arrivée du nouveau président (Jean-François Loiseau, NDLR) et du nouveau directeur général (Maxime Costilhes, NDLR) pour renforcer le collectif de l’agroalimentaire.» La Fnil et Brasseurs de France, interrogés vendredi 6 décembre par mail sur les éventuelles conditions du maintien de leur adhésion, n’ont pas répondu pour l’heure. Quand la Fnil avait envoyé sa lettre de démission en juin, son président François-Xavier Huard avait expliqué à l'AFP que les industriels du lait ne voyaient pas de «vision partagée» ni de «programme structuré» ou «d’action concrète» permettant d’envisager l’accroissement de l'«influence» de l’Ania auprès des décideurs; mais qu’ils verraient «la façon dont les choses évoluent» pour envisager de revenir à l’Ania.
Coopératives: le géant allemand Baywa va supprimer 1300 emplois
Selon les informations de l'agence Reuters parues le 4 décembre, le conglomérat allemand Baywa AG, actif dans l'alimentaire, la construction et l'énergie va supprimer 1300 emplois à temps plein d'ici 2027, sur des effectifs estimés à 8000 personnes à travers le monde, dans le cadre d'une opération de restructuration. Et de préciser que 40% des coupes d'effectifs seront réalisées dans les services d'administration centrale. Par ailleurs, 26 implantations disparaîtront à la même échéance, sur les 400 du groupe à travers le monde. En novembre, Baywa AG avait annoncé faire l'objet d'un audit du gendarme financier allemand qui soupçonne le groupe d'avoir «enfreint les règles comptables». À la suite de cette communication, le titre du groupe de Munich, coté au sein de l'indice des petites valeurs SDax, s'était effondré. En octobre, le groupe avait annoncé le départ de son directeur général et de son directeur financier dans le cadre de la restructuration de l'entreprise. En 2023, l'année du centenaire de sa création, Baywa a enregistré la première perte nette de son histoire – 93 millions d'euros (M€), pour un chiffre d'affaires de 24 milliards d'euros (Md€), et après un bénéfice net de 240 M€ en 2022 – en raison de la hausse brutale des taux d'intérêt qui ont pesé face à un endettement dépassant les 5 Md€.
Lynx: les populations implantées en France menacées par la consanguinité (rapport)
Dans un rapport publié le 4 décembre, l’OFB et le MNHN (Muséum d’histoire naturelle) recommandent la «translocation» de lynx d’une population à l’autre, «seule solution pour augmenter la variabilité génétique». Sans cette opération, la consanguinité provoquerait un «déclin progressif des effectifs pour atteindre environ 160 individus en moyenne en 2130», selon un scénario tendanciel. Après une première phase de développement, la quasi-totalité des 11 populations d’Europe de l’ouest connaîtrait une «décroissance généralement assez marquée dès la fin des années 2020-2030». Dans le détail, les scientifiques préconisent d’associer la «translocation» à deux autres mesures: «améliorer la connectivité» entre les zones d’habitat et «réduire les destructions légales et illégales». Cette «expertise scientifique collective» a été commandée par le ministère de la Transition écologique début 2022, dans le cadre du plan national d’action en faveur du lynx boréal 2022-2026. Après avoir disparu au XXe siècle, la population française de lynx est issue de réintroductions dans l’Hexagone et en Suisse; on le retrouve avant tout dans le massif du Jura. «L’espèce est classée «en danger» dans la liste rouge française de l’UICN et est strictement protégée sous les régimes juridiques européens et français», rappelle un communiqué de l’OFB et du MNHN.
Désertification: trois quarts des terres mondiales plus sèches en 30 ans (ONU)
Plus de 75% des terres mondiales sont devenues plus sèches au cours des trois dernières décennies, a alerté l'ONU le 9 décembre dans un rapport publié lors de la Cop16 Désertification, révélant une crise qui pourrait affecter jusqu'à cinq milliards de personnes d'ici 2100. Entre 1990 et 2020, 4,3 millions de kilomètres carrés de terres humides se sont transformées en terres arides, une superficie plus grande que l'Inde. Un phénomène causé par une transformation climatique majeure qui pourrait redéfinir la vie sur Terre, affirme cette étude menée par un groupe de scientifiques, mandaté par l'ONU, intitulée «The Global Threat of Drying Lands». L'aridité, un déficit chronique en eau qui rend l'agriculture difficile, s'étend désormais sur «40,6% des terres émergées», Antarctique exclu, contre «37,5% il y a 30 ans», soulignent les scientifiques, selon lesquels les zones les plus touchées incluent le pourtour méditerranéen, le sud de l'Afrique, l'Australie méridionale et certaines régions d'Asie et d'Amérique latine. Selon le rapport, cette tendance est largement attribuée au réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient les pluies et augmentent l'évaporation.
Événementiel: Fernando Medina Zenoff directeur du Salon du fromage et des produits laitiers
Fernando Medina Zenoff est nommé directeur du Salon du fromage et des produits laitiers, annonce un communiqué du 9 décembre. Ce salon international a lieu tous les deux ans au Parc des expositions de Paris (Porte de Versailles), en parallèle du Salon de l’agriculture. Il est organisé par Comexposium. Fernando Medina Zenoff succède à Chantal de Lamotte. Cette dernière est nommée directrice des salons All4Pack Emballage Paris et Solutrans (logistique).
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 9 décembre 2024
Mercredi 11 décembre
Les députés de la Coméco examinent la PPL «Démocratie en agriculture» (élections des chambres et des délégués MSA)
Rencontres Oléopro
Jeudi 12 décembre
Conférence de presse du salon Degré Zéro: résultats du baromètre des boissons no-low (pas, peu d’alcool)