Agrafil du 9 janvier 2026

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UE-Mercosur : la France confirme qu'elle se prononcera contre l’accord commercial

« La France a décidé de voter contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur », a laconiquement déclaré le président Emmanuel Macron, dans un communiqué publié le 8 janvier. Cette intervention confirme la position de la France à la veille d’une réunion décisive des ambassadeurs de l’UE qui devraient entériner l’autorisation de signature de l’accord commercial par la Commission européenne. Si le chef de l’Etat reconnait « des avancées concrètes » sur les demandes françaises (clause de sauvegarde spécifique, réciprocité des normes, renforcement des contrôles), « le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord ». Mais, comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, il veut croire que « l’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire » alors que le texte devra obtenir le consentement du Parlement européen. Cette annonce, attendue, intervient après des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris ce 8 janvier pour maintenir la pression sur l’exécutif.

UE-Mercosur: craintes d’une application provisoire sans aval formel du Parlement européen

Alors que les ambassadeurs de l’UE doivent se prononcer le 9 janvier à l’occasion d’une réunion du Coreper II sur l’accord commercial UE-Mercosur, la question de l’application provisoire de l’accord intérimaire suscite la controverse. En cause : le retrait à la dernière minute d’une déclaration annexe qui précisait que cette application provisoire serait bien soumise au consentement formel du Parlement européen. « Un déni de démocratie pur et simple après plusieurs passages en force », dénonce avec vigueur le 8 janvier l’eurodéputée Française Céline Imart (droite) dans un message posté sur le réseau social X, qualifiant la décision de Nicosie de « faute lourde ». Un sentiment partagé par son collègue centriste Pascal Canfin qui avance que « le Parlement européen ne peut pas l’accepter ! ». Cette possibilité d'application provisoire sans avis du Parlement européen ne serait cependant pas contraire à ce que prévoient les traités européens en la matière. Toutefois, pour qu'elle puisse se matérialiser, la ratification par au moins un des pays du bloc sudaméricain reste nécessaire. Elle commencerait alors le premier jour du deuxième mois suivant la notification de l'accomplissement des procédures internes des deux côtés. De son côté, la présidence chypriote du Conseil de l’UE assure vouloir suivre la procédure standard en lien avec les traités sans mettre de côté le Parlement européen.  

Manifestations : la CR réussit son pari d'entrer dans Paris, malgré les interdictions

A l'appel de la Coordination rurale, une centaine de tracteurs ont pu entrer dans Paris dans la matinée du jeudi 8 janvier, même si la plupart sont restés bloqués aux portes de la capitale. Peu avant 8h, une vingtaine de tracteurs circulaient dans Paris intra-muros. Les tracteurs ont notamment été observés au pied de la tour Eiffel ou de l'Arc de Triomphe. Plus tard dans la journée, des parlementaires sont venus échanger devant le palais Bourbon avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée. Les syndicats ont été ensuite reçus par la députée, sans donner satisfaction à la Coordination rurale, qui a appelé dans la soirée ses troupes au repos et a demandé pour cela la «libération» de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés. La CR demandait notamment un moratoire sur les contrôles administratifs et la suppression de l'OFB (biodiversité). Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale. Le ministre a nié toute «défaillance» du dispositif, affirmant qu’il n’avait «pas souhaité» disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu’elles étaient «illégales». Bertrand Venteau a été élu en novembre contre Véronique Le Floc'h, dont l'équipe était critiquée pour le manque de performance opérationnelle, notamment dans l'organisation d'actions syndicales.

Manifestations : en province, Conf’, CR, et FNSEA mènent leurs actions en ordre dispersé

Au-delà du coup d’éclat parisien de la Coordination rurale (CR), la journée du 8 janvier a été marquée par de nombreuses actions, dirigées entre autres contre l’accord UE-Mercosur, dans le reste de la France, menée par l’ensemble des syndicats agricoles. En Haute-Savoie, la Confédération paysanne s’est mobilisée contre la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) à Alby-sur-Chéran, et prévoit d’autres actions les jours suivants. Les actions les plus radicales sont à mettre au crédit de la CR, comme le blocage d’un dépôt de carburant à Bassens (Gironde) ou celui des accès de Rodez (Aveyron). Près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), d'autres agriculteurs se sont également mobilisés aux abords de l'autoroute A9, faisant face à un important dispositif policier. De son côté, le réseau FNSEA-JA s’est mobilisé notamment devant la préfecture de Saint-Lô (Manche) et celle de région à Lyon (Rhône). Les syndicats majoritaires devraient monter en puissances dans les jours à venir, avec des manifestations annoncées par exemple dans la Marne et l‘Aveyron (9 janvier), ainsi qu’à Metz (12 janvier). En cas de signature de l’accord UE-Mercosur, « nous appellerons à une action nationale avec les JA à Strasbourg » le 20 janvier, a indiqué Arnaud Rousseau en conférence de presse.

Crise agricole : la FNSEA précise ses attentes avant les annonces de Lecornu

Alors que des annonces du Premier ministre sont attendues le 9 janvier dans un contexte de colère paysanne, la FNSEA a précisé ses attentes lors d’une conférence de presse jeudi 8 janvier. Rappelant l’imminence de la période de la taille des vignes, le syndicat majoritaire veut avant tout la mise en œuvre du plan d’arrachage annoncé en novembre – bien que son financement dépende du projet de loi de finances pour 2026. Autre priorité : un « accompagnement » pour les céréaliers, qui « vendent depuis trois ans à des prix inférieurs à leurs coûts de production », selon le secrétaire général Hervé Lapie. Pour ces deux productions, la FNSEA réclame aussi l’activation de la réserve de crise européenne, déjà demandée par la ministre de l’Agriculture. Le syndicat majoritaire exige aussi la parution des décrets d’application de la loi d’orientation agricole et de la loi Duplomb. Par ailleurs, comme évoqué lors de son rendez-vous avec Sébastien Lecornu le 6 janvier, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau espère l’annonce d’une « loi d’exception pour l’agriculture », portant sur l’eau, la prédation et les ICPE. Après avoir rencontré le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée, M. Rousseau a indiqué avoir demandé un « créneau d'ici mars-avril » au Parlement pour ce texte.

Service de remplacement : en commission, les députés renforcent le crédit d’impôt

Lors du nouvel examen du budget de l’Etat pour 2026 en commission des finances le 8 janvier, les députés ont étendu et pérennisé le crédit d’impôt pour dépenses de remplacement. Ils ont adopté, malgré l’avis défavorable du rapporteur DR Philippe Juvin, un amendement LFI visant une prise en charge à 100 % (contre 60 % proposés par le gouvernement) sur les 17 premiers jours pour les motifs de congé, maladie, formation, puis à 75 % les 7 jours suivants. « Ce taux est fixé à 50 % au titre des dépenses engagées par un maire d’une commune de moins de 1 000 habitants, exerçant à titre principal une activité d’exploitant agricole, pour assurer un remplacement en raison de l’exercice de son mandat dans la limite de douze jours par an. » Le dispositif est, de plus, pérennisé au-delà du 31 janvier 2027. Rappelons qu’en première lecture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, les députés avaient voté un même renforcement du crédit d’impôt remplacement. En vain, puisque l’ensemble du texte s’était vu rejeté par l’Assemblée nationale. Le Sénat avait lui adopté l’élargissement de 12 jours du dispositif pour les exploitants agricoles en activité exerçant les fonctions de maire d’une commune de moins de 1 000 habitants.

Zones humides : en commission, les députés rétablissent leur niche fiscale

Lors du nouvel examen du budget de l’Etat pour 2026 en commission des finances le 8 janvier, les députés ont rétabli l’exonération de TFPNB (taxe foncière sur les propriétés non bâties) en faveur des zones humides. Ils ont adopté un amendement écologiste qui « vise à conserver la niche fiscale favorable à la protection des zones humides ». Cela fait écho au rapport de la mission d’information relative à la mise en œuvre du Zan (zéro artificialisation nette des sols), selon l’exposé des motifs. Une des propositions, remises le 9 avril par les corapporteures Nadeau, de Pélichy et Le Feur, consiste à « renforcer les exonérations existantes pour les terrains situés en zone humide ». Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 fait l’inverse, en les supprimant. De retour à l’Assemblée, le texte est examiné jusqu’au 10 janvier en commission, puis à partir du 13 janvier dans l’hémicycle. Les députés repartent de la version du Sénat. Le 19 décembre, une commission mixte paritaire (CMP) avait acté l'impossibilité pour les représentants des deux chambres de s'entendre sur une version commune, rendant impossible l'adoption du budget avant le 31 décembre. Le gouvernement a dû recourir en fin d'année à une loi spéciale, permettant d'assurer la continuité de l'Etat.

Assurance récolte : après trois ans, la réforme peine à convaincre (rapport)

Trois ans après la mise en œuvre de la réforme de l’assurance récolte, le taux de couverture des exploitations agricoles demeure insuffisant et très contrasté selon les filières, dans un contexte de multiplication des aléas climatiques, constate la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, réunie le 8 janvier. Instaurée par la loi de mars 2022, la réforme visait à généraliser la souscription des exploitants agricoles à l’assurance multirisques climatique des récoltes, en contrepartie d’un soutien renforcé de l’État. Si la part des surfaces assurées a progressé, passant de 17 % en 2022 à 23,4 % en 2023, la dynamique s’est essoufflée en 2025. « Les taux de couverture restent très éloignés des objectifs prévus par le législateur », souligne les rapporteurs David Taupiac (Liot, Gers), Thierry Benoît (HOR, Ille-et-Vilaine) et Julien Brugerolles (GDR, Puy-de-Dôme).  Ils appellent à « une évaluation plus complète de la loi ». Elle sera conduite « à partir de mars 2026 », a confirmé Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, en séance. Selon les premières conclusions, l’assurance récolte est « bien calibrée » pour les grandes cultures, mais demeure peu attractive pour d’autres filières, tel le maraîchage et l’apiculture. L’assurance prairie concentre une large part des difficultés, en raison du recours à un indice de production des prairies (IPP) qui « ne reflète pas les pertes réellement subies », alimentant un sentiment de défiance chez les éleveurs.

Climat : les États-Unis se retirent d'un autre traité de référence

Le retrait des États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), un traité de référence sur le climat, est « regrettable », a réagi le 8 janvier le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, après la décision de Donald Trump la veille d’en retirer son pays. « La CNUCC est le pilier de l’action mondiale en faveur du climat. Elle rassemble les pays pour soutenir l’action climatique, réduire les émissions, s’adapter au changement climatique et suivre les progrès accomplis », a écrit le dirigeant sur le réseau LinkedIn. « La décision prise par la première économie mondiale et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre de se retirer de cette convention est regrettable et malheureuse », a-t-il ajouté. La veille, Donald Trump a lancé une nouvelle charge contre la diplomatie climatique, ordonnant le retrait des États-Unis d’un traité et du comité scientifique de référence sur le climat, organisations parmi des dizaines identifiées par Washington comme ne servant « plus les intérêts américains ». Le décret signé par le président américain ordonne au total le retrait des États-Unis de 66 organisations, environ la moitié d’entre elles étant liées à l’ONU, a annoncé la Maison Blanche, notamment la CNUCC, traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio. 

Maladies animales : en commission, les députés défiscalisent les indemnités d’abattage

Lors du nouvel examen du budget de l’Etat pour 2026 en commission des finances le 8 janvier, les députés ont adopté un amendement LFI visant à exonérer complètement de fiscalité les indemnités versées en cas d'abattage sanitaire, sans distinction entre les animaux. Le dispositif actuel concerne la seule plus-value sur les animaux affectés à la reproduction, expliquent les auteurs dans l'exposé des motifs. « Trop restrictif », selon eux. « Les mesures d’abattage ne distinguent pas entre les animaux en fonction de leur finalité, il paraît donc légitime que l’exemption d’impôt (…) soit également étendue à l’ensemble des animaux concernés », plaident-ils. Cette demande avait déjà été formulée par la FNSEA en 2024, sans succès. Rappelons qu’en première lecture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, les députés avaient adopté un amendement socialiste visant déjà une défiscalisation totale des indemnités d’abattage. En vain, puisque l’ensemble du texte s’était vu rejeté par l’Assemblée nationale. Le Sénat avait lui adopté une majoration d’un an, pour la porter à deux ans, du délai laissé aux exploitants agricoles pour reconstituer leur cheptel.

Volaille : LDC est sûr de passer le cap des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Dans un communiqué du 6 janvier, LDC annonce un chiffre d’affaires en croissance de 17,3% pour son 3e trimestre (de septembre à novembre 2025) par rapport à la même période de 2024 et « réaffirme sa capacité à franchir le cap des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires » pour son exercice 2025-2026. Le groupe volailler et traiteur explique cette croissance par la prise en compte des acquisitions et par l'augmentation des prix de vente de la volaille en France et en Europe. Les acquisitions de Pierre Martinet en France font progresser le pôle Traiteur (+ 20,2% en valeur) et quatre acquisitions de volaillers étrangers (pour les marchés régionaux) contribuent à l’expansion du pôle International (+ 50,8% à taux de change constant). A périmètres identiques, les ventes en valeur progressent tout de même de 9,7% pour l’ensemble du groupe, de 27,1% pour le pôle International et de 8,2 % pour le pôle Volaille France. LDC se vante en particulier d’avoir passé des hausses tarifaires en volaille depuis le début de l’exercice dans les circuits français de la grande distribution et de la restauration afin de « préserver l'attractivité de la filière française et accélérer le plan de développement de nouveaux poulaillers ».

Soja/déforestation : de gros négociants annoncent quitter le moratoire brésilien (presse)

Selon un article de Reuters du 5 janvier (article payant), l’association brésilienne Abiove, représentant les plus grosses compagnies de trading de soja du pays, a annoncé aux autorités de l’Etat du Mato Grosso, l’un des plus importants bassins de production de grains du pays (produisant à lui seul environ 50 Mt de soja par an), qu’elle quittait, en compagnie de sociétés de négoces, l’accord de moratoire sur le soja. Ce dernier interdit aux signataires d’acheter des grains cultivés sur des fermes amazoniennes à l’origine de déforestation après juillet 2008. Les noms des négociants quittant le pacte n’ont pas filtré. Abiove inclut des membres de renommée mondiale, tel que Cofco, Bunge, Cargill, ADM, ou encore Louis Dreyfus Company. L’origine du retrait est une réforme fiscale décidée par l’Etat du Mato Grosso, consistant en la suppression d’avantages fiscaux accordés aux signataires du moratoire, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, rapporte le média. Alors que l’association de producteurs brésiliens de soja, Aprosoja, s’est réjouie de l’annonce, d’autres de protection de l’environnement l’ont déploré. WWF a par exemple déclaré, dans un communiqué du 5 janvier, que ce retrait affaiblit « l'un des outils les plus efficaces pour lutter contre la déforestation dans le pays ».

Oléagineux : la Chine en passe de respecter l’accord sur les achats de soja US (presse)

Selon un article de Reuters du 6 janvier, la Chine a acquis entre 8,5 et 10 Mt de soja états-unien depuis l’accord conclu entre les deux pays durant l’automne 2025, qui portait sur l’acquisition par l’Empire du Milieu de 12 Mt de marchandises émanant du pays de l’oncle Sam à l’horizon fin février 2026 (contre janvier 2026 dans un premier temps). La Chine s’approche de l’objectif, et donc du respect de l’accord. Le média signale un récent gros achat chinois. La compagnie étatique chinoise Sinograin se serait procuré dans le courant de la semaine dix cargos américains, pour un total de 600 000 t, rapportent trois traders anonymes. Les chargements se dérouleraient sur la période mars-mai, soit la plus propice pour les expéditions brésiliennes. De son côté, le département états-unien de l’agriculture (USDA) a annoncé le 7 janvier une vente américaine de 336 000 t de soja à destination de la Chine, puis aujourd’hui 8 janvier une autre de 132 000 t, livraisons pour la campagne commerciale 2025-2026. Ces annonces de l'USDA sont ainsi susceptibles de confirmer les informations livrées par Reuters. Certains analystes doutaient du respect de l’accord par la Chine, sachant que le Brésil dispose de volumes importants et compétitifs. 

Céréales : les clauses de sauvegarde, peu d’effet sur la filière, selon les professionnels

Mises en œuvre par un arrêté du 5 janvier, les clauses de sauvegarde interdisant l'importation de blé, d’orge, d’avoine, de seigle et de soja contenant des résidus de pesticides interdits en Europe et en France, auront un effet « extrêmement limité sur la filière céréalière », estime Eric Thirouin, président de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), interrogé par Agra presse. « Sur le papier, c’est une mesure qui va dans le bon sens », précise-t-il, spécialement en pleine discussion autour du Mercosur. Mais ce n’est absolument pas suffisant, « car cela ne règle pas le problème essentiel de l’agriculture française : la distorsion de concurrence avec les acteurs internationaux », regrette le président de l’AGPB. Ce dernier indique que les pays exportateurs pourront en effet continuer d’utiliser les produits interdits listés dans l’arrêté, représentant le principal problème. Même son de cloche du côté d’Antoine Hacard, président de La Coopération agricole métiers du grain, qui « salue » l’initiative, tout en concédant qu’il s’agit « surtout d’un effet d’annonce destiné au grand public ». Ensuite, les volumes importés de céréales (blé, orge etc.) restent très marginaux en France, et ne concerne que des lots de qualité spécifique. Les importations de soja sont certes bien plus importantes, mais sont OGM, dont la production est prohibée sur le sol français et européen, créant là aussi une autre distorsion de concurrence, selon lui.

Légumes : prix et solde commercial en baisse sur 2025, sauf en tomate (ministère)

Les prix à la production des légumes sont à la baisse sur un an, sauf pour la tomate, selon le bilan conjoncturel du ministère de l'Agriculture (Agreste), publié en décembre. En particulier, les prix de l’endive chutent fortement en 2025 après le pic de l’an dernier (– 35 % par rapport aux mêmes mois en 2024), et, sur la période de mai à octobre, les prix de la carotte et du poireau reculent aussi par rapport à l’année précédente (– 18 %). Sur les neuf premiers mois de l’année, le déficit commercial augmente de 9 % pour l’ensemble des principaux légumes, après un niveau élevé d’exportations en 2024. En particulier, le solde commercial se dégrade pour le duo « carotte et navet » en raison d’une nette baisse des exportations. C’est aussi le cas pour le concombre et la courgette. Il redevient déficitaire pour l’agrégat « poireau et autres légumes alliacés ». En termes de production, la situation est contrastée : augmentation pour le concombre (+10 %), le melon (+ 4 %), la carotte en frais (+ 2 %), la laitue (+ 2 %), diminution pour la courgette (– 9 %) et le poireau (– 7 % selon des hypothèses plutôt défavorables en termes de pression parasitaire). La tomate resterait stable.

Salades d’hiver : les prix se sont redressés sur la campagne qui s'achève (France Agrimer)

Dans son bilan 2024-25 sur les salades d’hiver, le Réseau des nouvelles du marché (RNM, FranceAgrimer) indique une forte progression des prix dans la seconde partie de la campagne qui s’expliquerait par des producteurs ayant inversé leur cycle de production. Après une saison 2023-2024 marqué par un déséquilibre du marché à partir de janvier, les producteurs auraient cherché « une arrivée à maturité en début de saison et une présence moindre à partir de fin janvier. Cette stratégie ayant été adoptée par un grand nombre d’exploitants, le profil du marché est l’inverse de celui de la campagne précédente », explique le RNM. En conséquence, les prix sont particulièrement bas en début de saison, et élevés voire très élevés sur la deuxième partie. Le cours moyen de la Batavia blonde du Roussillon est supérieur de 16 % à celui de 2023-2024. Pareillement, celui de la Feuille de chêne blonde du Sud-Est sur la campagne est supérieur de 27 %. « Ces exemples reflètent une production déficitaire sans que d’éventuels événements météorologiques exceptionnels n’en soient la cause ». Même si la consommation n’est pas active, elle devient supérieure à la production, « à tel point que les opérateurs sont amenés à limiter les ventes pour servir tous leurs clients ».

Maraichage bio : en Normandie, Evreux lance un espace-test agricole

Dans un message publié sur LinkedIn le 7 janvier, l’association Terres de Liens indique que la collectivité territoriale Évreux Portes de Normandie met en place un espace-test agricole en maraichage bio, pour que les candidats puissent vérifier la viabilité technique, économique et personnelle de leur activité. Situé sur une ferme familiale en grandes cultures avec une activité maraichère, le site dispose de serres et de parcelles en plein champ. À l’horizon automne 2026, il proposera 1 800 m² de serres et 2 hectares de plein champ, ainsi que des équipements partagés (motoculteur, espaces de stockage, base de vie/stockage). Les porteurs de projet pourront produire, vendre et se rémunérer pendant la durée du test. Celui-ci se fait sous contrat CAPE, avec hébergement juridique et comptable assuré par la coopérative d’activité et d’emploi agricole Rhizome. Les candidats, qui doivent disposer d’une première expérience agricole (formation, salariat…) et d’un intérêt pour la coopération, conserveront leur statut actuel et bénéficieront d’un suivi individualisé par le collectif Nid’Agri (Rhizome, Bio en Normandie, Civam Normands, Terre de Liens). L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 31 janvier 2026.

Vin/boissons : bras de fer au sommet du groupe Castel

Castel, géant international du vin et des boissons, fait l'objet d'un conflit entre son d.g. et la famille du fondateur Pierre Castel (99 ans), qui a tenté le 8 janvier de révoquer le dirigeant, sans succès pour l'heure. Une AG extraordinaire s'est tenue à Singapour, siège de la holding de tête ultime du groupe bordelais, portant sur la révocation de Gregory Clerc (41 ans). Mais les actionnaires d'Investment Beverage Business Management (IBBM) n'ont pas pu voter, a assuré la famille de Pierre Castel, qui dénonce les « arguties » du président d'IBBM, Pierre Baer, accusé d'avoir voulu « empêcher ses actionnaires d'exercer leur droit de vote ». Une nouvelle AG sera convoquée, probablement fin janvier, « avec comme ordre du jour la révocation de Pierre Baer et de Gregory Clerc », assure la famille dans un communiqué. Le d.g. suisse affirme qu'il « demeure pleinement engagé dans l'exercice de ses fonctions ». En dissociant « détention du capital » et « gestion opérationnelle », Gregory Clerc dit respecter les volontés de Pierre Castel. Sa fille unique Romy Castel et son neveu Alain, qui a été démis de plusieurs mandats début décembre, évoquent au contraire une « crise de gouvernance » et veulent faire valoir le droit de propriété.

Biocontrôle : le français M2i et le chinois Pherobio s’associent sur les phéromones

Dans un communiqué du 7 janvier, l’entreprise française M2i Group a annoncé s’être associée avec la compagnie chinoise Pherobio, en vue de proposer davantage de solutions de biocontrôle aux agriculteurs, incluant les producteurs de céréales (maïs, riz).  Les deux sociétés sont spécialisées dans les phéromones pour la protection biologique des plantes. L’accord d’association en question inclut « des coopérations techniques, industrielles, et commerciales », ainsi que la fourniture « mutuelle d’ingrédients actifs », et l’engagement « d’accords commerciaux croisés pour la distribution de produits finis sur leurs marchés respectifs ». Une collaboration dans la recherche est également évoquée, via l’usage commun des « plateformes technologiques » et des « réseaux d'essais sur le terrain » des deux entités. La finalité sera « d’accélérer le développement et l'enregistrement de nouvelles solutions à base de phéromones », de réduire « le délai de mise sur le marché pour les produits innovants » et « d’élargir la palette d’insectes et cultures ciblés ».

Alimentation : le risque de cancer et de diabète augmente avec certains conservateurs

La consommation de certains conservateurs, très présents dans l’alimentation, est associée à une fréquence légèrement plus importante de cancers et de diabètes, révèlent deux études françaises de grande ampleur, publiées le 8 janvier. Menées par l’équipe de l’épidémiologiste Mathilde Touvier (Inserm), ces travaux ont été publiés respectivement dans les revues BMJ et Nature Communications. Ces études ne permettent pas de conclure à un lien direct de cause à effet entre ces pathologies et la consommation des additifs concernés, mais elles apportent des indices importants en ce sens, par leur méthodologie robuste. Les chercheurs se sont appuyés sur l’étude d’une large cohorte, de plus de 100 000 personnes, suivies pendant plusieurs années avec des questionnaires alimentaires très réguliers et des données précises sur la composition des produits consommés. Ils en concluent que la consommation de plusieurs conservateurs, en particulier les sorbates, les sulfites et les nitrites, est associée à une plus grande fréquence de cancers, notamment le cancer de la prostate pour le nitrite de sodium (E250), ainsi qu’à un risque accru de diabète. L’ensemble de ces résultats plaide pour des politiques de santé publique favorisant des produits « limitant l’usage de conservateurs et d’additifs superflus ».

Nutrition : les États-Unis s’attaque à l’ultra-transformé et aux sucres ajoutés

Le gouvernement Trump a présenté ses nouvelles recommandations nutritionnelles, le 7 janvier, visant à réduire la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) et de sucres ajoutés. La mesure intervient alors que le pays est fortement touché par l’obésité et le diabète. « Aujourd’hui, notre gouvernement déclare la guerre aux sucres ajoutés. Les aliments ultra-transformés, riches en additifs, en sucres ajoutés et en sel, nuisent à la santé et devraient être évités », a déclaré le ministre de la Santé américain, Robert Kennedy Jr, figure de proue du mouvement qui entend « rendre sa santé à l’Amérique » (MAHA pour « Make America healthy again ». Actualisées tous les cinq ans, ces recommandations encouragent le fait maison, à partir d’aliments bruts. « Plus de protéines, plus de produits laitiers, plus de bonnes graisses, plus de céréales complètes, plus de fruits et légumes », résume Brooke Rollins, ministre de l’Agriculture. En matière de protéines, la nouvelle feuille de route conseille de consommer « une variété de protéines, d’origines animale et végétale, quand la précédente version privilégiait la consommation de « viandes maigres ». Si l’accent mis sur la réduction des AUT est saluée par Marion Nestle, professeure de nutrition à la New York University, la place accordée aux produits animaux suscite des réserves. Selon elle, cette orientation relève d’une approche « contradictoire et idéologique », susceptible de bénéficier aux industrie de la viande et des produits laitiers.

Grèce : les barrages des agriculteurs reprennent, circulation routière fortement perturbée

La circulation sur la principale autoroute en Grèce, qui relie Athènes à Thessalonique (nord), a été fortement perturbée le 8 janvier après-midi en raison de la décision des agriculteurs de multiplier les barrages et d’intensifier leur mobilisation entamée fin novembre. La compagnie de transport par autocar Ktel, qui assure la liaison entre les deux plus grandes villes grecques, a annoncé le 8 janvier la suspension de son service sur ce trajet, en raison également de la fermeture par des tracteurs des voies secondaires que ses cars empruntent alternativement. Elle a par la suite fait savoir qu’il reprendrait vendredi matin. Le bras-de-fer entre agriculteurs et éleveurs d’une part et le gouvernement de l’autre se poursuit pour la cinquième semaine malgré des tentatives de trouver un compromis entre les deux parties ces derniers jours. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a déclaré que les autorités ne permettraient pas de «couper le pays en deux», affirmant sur Mega TV : «Il n’y a pas de marge pour des mesures supplémentaires en faveur des agriculteurs». Mais ces derniers ont menacé de multiplier le nombre des barrages routiers jeudi et vendredi après avoir rejeté les propositions du gouvernement, notamment celles d’une électricité et de carburants moins chers. Toutefois, vu la perturbation du trafic routier jeudi soir, Pavlos Marinakis a à nouveau invité les agriculteurs au «dialogue» mardi prochain, selon l’ANA, l’agence de presse grecque.

Agenda de la semaine agricole du 12 janvier 2025

Vendredi 9 janvier
Réunion des ambassadeurs de l'UE (Coreper II), notamment sur l'accord commercial UE-Mercosur
Conférence de presse annuel de Sénalia (logistique portuaire/Rouen)

Lundi 12 janvier
Congrès du chanvre, jusqu'au 13

Mardi 13 janvier
Les députés débutent l'examen du PLF 2026 en séance publique
Salon Sival à Angers (jusqu’au 15)
Conférence de presse Bestheim (vin)
Visioconférence d'Agreenium sur l'eau et l'agriculture
Conférence de presse sur le partenariat APLBC (lait) et Andros Food Service
Conférence de presse du Salon de l'agriculture (modalités de présence des bovins)

Mercredi 14 janvier 
Vœux à la presse des chambres d'agriculture
Les députés auditionnent le président des Mousquetaires
Conférence de presse du CNIPT (interprofession pomme de terre)
Colloque au Collège de France sur la vigne et le climat

Jeudi 15 janvier
Audition de l'Opecst (office parlementaire des choix scientifiques) sur la DNC
Conférence « Merveilleuses légumineuses » par l'Académie du Climat
Visite d'usine du groupe Aoste pour ses 50 ans en Isère