Agrafil du 10 janvier 2026

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UE-Mercosur : le Conseil de l’UE donne son feu vert à la signature de l’accord

Comme attendu après l’inflexion de la position italienne dans le courant de la semaine, les ambassadeurs de l’UE ont donné leur feu vert, le 9 janvier par procédure écrite lors d’une réunion du Coreper II, à la signature par la Commission européenne de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La France, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche et l’Irlande ont exprimé leur opposition au texte, alors que la Belgique s’est abstenue. Tous les autres États membres se sont prononcés en faveur de l’accord. « L’Europe envoie aujourd'hui un signal fort indiquant notre sérieux s'agissant de nos priorité », s’est félicité dans un communiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen qui ajoute qu’il s’agit d’un « accord gagnant-gagnant ». Bruxelles estime également avoir « entendu les préoccupations » des agriculteurs et y avoir « donné suite ». Cette validation par le Conseil de l’UE ouvre maintenant la voie à une signature rapide du traité commercial dès le 17 janvier. « Je me réjouis à l'idée de me rendre au Paraguay afin que nous puissions entamer cette nouvelle ère ensemble », a d’ores et déjà indiqué Ursula von der Leyen.

UE-Mercosur : les Vingt-sept valident le renforcement de la clause de sauvegarde agricole

En amont de l’autorisation de signature de l’accord commercial UE-Mercosur, les ambassadeurs de l’UE ont aussi confirmé, lors de leur réunion du 9 janvier, l'accord provisoire conclu avec le Parlement européen en décembre concernant la clause de sauvegarde agricole. Comme annoncé, les membres du Coreper ont apporté des modifications de dernière minute au compromis. Ils ont donc convenu d'abaisser de 8 % à 5 % les seuils de déclenchement des enquêtes pour les produits agricoles sensibles, conformément à la position du Parlement européen. Cette manœuvre est destinée à faciliter l’adoption du texte par l’hémicycle européen au sein duquel les clauses de sauvegarde ont donné lieu à d’intenses débats en décembre 2025. Strasbourg va d’ailleurs devoir se prononcer sur la question très prochainement, potentiellement dès le mois de janvier. « L'abaissement à 5% est sans doute une bonne chose même si leur déclenchement va rester complexe », a d’ores et déjà réagit l’eurodéputé centriste belge Benoît Cassart. Mais ce dernier regrette surtout l’absence de disposition en matière de réciprocité. « Clauses de sauvegarde ne signifie pas clauses miroirs », prévient-il.

UE-Mercosur : la saga de l’accord commercial va se poursuivre au Parlement européen

Après l’aval des États membres, le 9 janvier, et la prochaine signature de l’accord commercial UE-Mercosur, attendue le 12 janvier, le passage devant le Parlement européen sera la prochaine étape du processus de ratification. Au-delà de l’adoption du compromis sur les mesures de sauvegarde, plusieurs enjeux demeurent. Dans un premier temps, la question de la saisine de la Cour de justice de l’UE. En cas de transmission rapide du texte de l’accord par le Conseil de l’UE, les eurodéputés pourraient être amenés à se prononcer sur cette question dès la session plénière de janvier, prévue du 19 au 22 à Strasbourg. À l’heure actuelle, le français Pascal Canfin (centriste) estime qu’il manque une quinzaine de voix pour faire valider la résolution, dont le passage en plénière avait été bloqué par la Conférence des présidents en novembre. La saisine de la CJUE par Strasbourg suspendrait alors le processus de ratification du traité commercial au Parlement européen, le temps que les juges du Kirchberg rendent leur avis, contrairement à une saisine par un État membre. Selon Pascal Canfin, une telle procédure pourrait prendre entre six mois et un an. Dans l’intervalle, la possible application provisoire de l’accord continuerait pourtant de courir. Enfin, le Parlement européen devra se prononcer sur la ratification en elle-même. Sans demande d’avis de la CJUE, le vote sur l’accord UE-Mercosur pourrait intervenir dès le printemps. Vers « mars ou avril » à en croire Pascal Canfin.

UE-Mercosur : malgré l’engagement précédent de Bruxelles, l’application provisoire inquiète

La décision de dernière minute de la présidence chypriote du Conseil de l’UE de retirer du vote des ambassadeurs la déclaration garantissant l’aval du Parlement européen avant l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur, continue de susciter de l’inquiétude. « Stop au déni démocratique ! », martèle le 9 janvier sur le réseau social LinkedIn, l’eurodéputé centriste belge Benoît Cassart. « C’est incompréhensible ! », s’exclame le même jour son collègue Français Pascal Canfin sur le réseau social X. La Commission européenne s’était, en effet, engagée à ne pas outrepasser l’hémicycle européen. Dans un courrier de novembre 2025 adressé à la commission du Commerce international, vu par Agra, la directrice générale du Commerce à la Commission européenne, Sabine Weyand, tentait de rassurer Strasbourg sur les intentions de Bruxelles. Elle indiquait notamment qu’une application provisoire de l’accord commercial UE-Mercosur serait contraire à l'esprit de l'accord-cadre entre les institutions européennes et aux engagements du commissaire responsable, Maros Sefcovic. Selon elle, cette possibilité visait uniquement à répondre à la situation spécifique des pays du Mercosur ou la ratification doit être menée par chacun des quatre individuellement. Interrogée par Agra, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué ne pas souhaiter d'application provisoire. Elle espère en revanche que le Parlement européen soit consulté « en bonne et due forme ».

UE-Mercosur : la filière agricole de l’UE partagée après la validation de l’accord par les Vingt-sept

Après le vote des ambassadeurs de l’UE du 9 janvier, l’inévitable perspective d’une signature de l’accord UE-Mercosur a, comme attendu, engendré des réactions partagées parmi les représentants de la filière agroalimentaire européenne. « Pas de surprise », pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui considèrent l’accord comme « fondamentalement déséquilibré et imparfait dans son essence même » malgré les derniers ajustements proposés par Bruxelles. Même sentiment dans la filière européenne du sucre (industriels et betteraviers) qui évoque de mesures de sauvegarde purement symboliques, « sans pertinence pratique pour les opérateurs ». De son côté, l’association européenne des transformateurs de volaille (AVEC) exhorte à présent le Parlement européen à rejeter le texte. A contrario, l’association laitière européenne (EDA) salue la validation d’un accord « qui ne manquera pas d'apporter croissance économique et résilience à l'Europe ». Pour les entreprises vins de l’UE (CEEV), l’application de ce traité commercial permettra de « renforcer les relations commerciales avec des partenaires de confiance » à une époque marquée par une incertitude géopolitique et économique croissante.

Manifestations: opération de la Conf’ sur le périph', porte-paroles arrêtés puis relâchés

Avant l'aube, un peu avant 7h30, plusieurs dizaines d'agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique parisien, porte de Montreuil, avec six tracteurs, bloquant la circulation, rapporte l’AFP. Dans un communiqué, le syndicat revendique « une centaine » de manifestants, issus de la Conf’ mais aussi de plusieurs organisations de la société civile (Soulèvements de la terre, CGT Paris, Solidaires, Cancer colère, collectif « Agro en lutte » d’étudiants d’AgroParisTech). Les militants ont défilé contre la « maladie du libre-échange », mot d’ordre englobant les deux combats du syndicat : stratégie de lutte contre la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) et accord UE-Mercosur. En marge de la manifestation, deux des trois porte-paroles nationaux de la Confédération paysanne, Stéphane Galais et Thomas Gibert, ont été interpelés et placés en garde à vue, annonce le syndicat. Ils ont été relâchés vers 17h. « Le convoi a été stoppé net par les forces de l’ordre au niveau de la porte Maillot avec refus de laisser les tracteurs continuer vers l'Arc de Triomphe », rapporte la Conf’ dans un message à la presse. Alors qu’ils « se trouvaient à pied, aux abords de l'Arc de Triomphe », Stéphane Galais et Thomas Gibert « ont été pris à partie par des policiers, violentés et interpelés dans des conditions scandaleuses ». La Confédération paysanne avait organisé un rassemblement devant le commissariat du 16e arrondissement pour « exiger leur remise en liberté ». 

Manifestations: décès d'une crise cardiaque d'un ouvrier agricole sur un barrage près de Lyon

Un ouvrier agricole est décédé d’une crise cardiaque dans la nuit de jeudi à vendredi 9 janvier alors qu’il était venu soutenir des agriculteurs qui bloquent une route d’accès à Lyon, à l’appel de la Coordination rurale, a appris l'AFP de sources concordantes. L’ouvrier agricole, âgé de 57 ans, a fait un malaise cardiaque en pleine nuit et n’a pu être ranimé par les secours appelés sur place, selon la Coordination rurale (CR) et la préfecture, confirmant une information de BFMTV. L’homme était «venu en soutien» d’une action menée depuis lundi par une cinquantaine d’agriculteurs sur la route M7 au sud de Lyon, près de la ville de Oullins-Pierre-Bénite (Rhône), contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement, a indiqué à l’AFP Laurence Chanove, animatrice régionale de la CR. Les agriculteurs se relaient jour et nuit depuis lundi sur ce point de blocage où des déviations ont été mises en place par les autorités.

Bovins/DNC : le fonds d’aide annoncé en décembre sera doublé, à 22 M€ (ministre)

Le fonds d’aide de 11 millions d’euros (M€) pour les éleveurs subissant les conséquences économiques de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), annoncé le 16 décembre par le Premier ministre, sera doublé, à 22 M€, a indiqué Annie Genevard le 9 janvier. Il sera destiné aux « acteurs touchés économiquement par le blocage des bovins », a-t-elle précisé en conférence de presse. Lors de la première annonce de ce fonds en décembre, Sébastien Lecornu avait déclaré qu’il s’adresserait aux « petits élevages ». Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture n’a pas évoqué ce critère de taille, mais a évoqué les exploitations « les plus en difficulté ». ». « Nous serons dans moins de dix jours en Italie pour négocier des laissez-passer » pour les exportations de bovins vivants, a ajouté Annie Genevard. Les exportations d’animaux vaccinés contre la DNC sont fortement restreintes vers l’Italie et encore interdites vers l’Espagne, les deux premiers débouchés des broutards français. « La crise nous montre aussi que nous sommes démunis lorsque le pays d’export nous ferme ses portes », a estimé la ministre, qui a annoncé le lancement d’« une étude flash pour que la France dispose des outils industriels d’engraissement suffisants si jamais l’export faiblit ».

Bovins/DNC : un nouveau cas en Catalogne espagnole, malgré la vaccination

Les autorités espagnoles ont déclaré un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) le 5 janvier à Capmany (Catalogne), à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Ce cas est situé dans une ancienne zone réglementée, tous les bovins du secteur étaient donc censés être vaccinés. Selon le journal français L’Indépendant (qui cite une agence de presse catalane), « l’agriculteur a eu du mal à rassembler toutes les vaches de son élevage extensif (…) pour qu’elles soient toutes vaccinées ». « En conséquence, les 106 bovins de cette ferme vont devoir être abattus », poursuit le quotidien local. Il s’agit du 18e foyer en Espagne, et la quasi-totalité d’entre eux se trouvaient en Catalogne. Le dernier cas remontait au 17 octobre, d’après le bulletin hebdomadaire de la plateforme française ESA (Épidémiosurveillance en santé animale). « Le virus ne circulait donc plus et les restrictions avaient même été levées », rappelle L’Indépendant. De l’autre côté des Pyrénées, la France comptait au 8 janvier 117 foyers de DNC, les deux derniers ayant été déclarés en Ariège ces derniers jours. Le 15 décembre, le ministère a démarré une campagne de vaccination élargie pour 750 000 bovins dans dix départements pyrénéens ; au 8 janvier, 84,4 % des animaux étaient vaccinés, selon le bilan officiel.

Loup : Genevard annonce le rehaussement du plafond de prélèvements de 10 %

Le plafond annuel de prélèvement de loups va « augmenter de 10 % », a annoncé la ministre de l’Agriculture en conférence de presse le 9 janvier. Au lieu de 19 % de la population estimée, « le quota est porté à 21 % », a précisé son cabinet dans la foulée. Selon la dernière estimation, publiée fin novembre, la France comptait autour de 1 082 loups à la sortie de l’hiver 2024-2025. Cet effectif est en légère hausse sur un an, mais les dégâts causés par la prédation augmentent, eux, davantage. « Il y a eu plus de 4 000 attaques en 2025, plus de 12 000 bêtes qui sont mortes. C’est infernal », s’est émue Annie Genevard. Le plafond sera ainsi porté à 227 loups, contre 206 actuellement. « Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus de plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie. » Par ailleurs, la ministre présentera les nouvelles conditions assouplies d’accès aux tirs de défense « lors d’un déplacement dans les jours prochains ». Les actuelles dérogations individuelles seront remplacées par un système de déclarations, selon l’arrêté mis en consultation. Ce texte sera publié « avant le Salon de l’agriculture », a précisé Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique , avec « une mise en œuvre rétroactive sur l’année 2026 ».

Grandes cultures/fruits et légumes : Genevard promet 70 M€ d'aide nouvelle

À l'occasion d'une conférence de presse le 9 janvier, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé plusieurs mesures de soutien à certaines filières, dont l'entrée en vigueur passerait par le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, dont l'examen a repris en commission cette semaine. La ministre a promis 40 millions d'euros (M€) aux producteurs de grandes cultures. Le 1er décembre, Annie Genevard avait promis à la profession qu'elle recevrait des « aides nationales ciblées », sans en préciser le montant. Deux dispositifs devaient être mobilisés : le fond d’allègement des charges (FAC) et la prise en charge des cotisations (PEC). Par ailleurs, la ministre a annoncé que 30 millions d'euros viendront abonder les plans Méditerranée, Fruits et légumes et Protéines, sans préciser la ventilation. Quant à la viticulture, elle a rappelé qu'un plan d'arrachage de 130 millions d'euros était prévu. « Nous lançons le processus mercredi prochain au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer », a annoncé Annie Genevard. « Les dossiers pourront être déposés rapidement par les vignerons ».

Sucre : la CGB critique les clauses de sauvegarde sur les pesticides interdits en UE

Dans un communiqué du 8 janvier, la CGB (betteraviers, FNSEA) juge « très insuffisante » la récente initiative gouvernementale de suspendre les importations en provenance de pays tiers de denrées alimentaires contenant des résidus de pesticides interdits en Europe et en France, via un arrêté publié au JO 5 janvier. Le syndicat déplore que le texte ne se focalise que sur les résidus – ce qui exclut de fait le sucre et la betterave sucrière – et non pas sur l’emploi de pesticides interdits. « Aucun résidu de ces substances ne peut y être détecté lorsque le saccharose ou l’éthanol sont purs », argue-t-il. La CGB réclame aux autorités davantage de cohérence, en interdisant l’import de toutes cultures produites à l’aide de pesticides interdits en France ou en Europe. Elle rappelle que le principal souci de l’agriculture française reste la distorsion de concurrence. Le syndicat réaffirme son soutien à la réautorisation dérogatoire de l’acétamipride et de la flupyradifurone, prévue par la loi Entraves, mais censurée par le Conseil constitutionnel. « Le Premier ministre et le gouvernement doivent prendre leurs responsabilités et déposer un projet de loi spécifique ou intégrer à une loi d’exception agricole les dispositions permettant aux filières concernées d’utiliser ces molécules », déclare l’organisation.

Eau: le gouvernement va plancher sur la gouvernance des comités locaux

À l'occasion d'une conférence de presse le 9 janvier, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé le lancement d'un « travail sur la représentativité du monde agricole dans les comités locaux gérant les question de l'eau ». Il s'agit d'une demande du syndicalisme majoritaire, exprimée notamment lors du dernier Congrès du maïs le 19 novembre. Après avoir obtenu des avancées dans la loi Entraves, les Irrigants de France souhaitent revoir la gouvernance de l’eau en France, en particulier celle des Sage et des Sdage.Ils comptent sur l’appui de Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne, qui veut faire avancer ce dossier lors de la présidentielle. Par ailleurs, Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, a indiqué que les préfets seraient mobilisés pour débloquer des projets d'ouvrages hydrauliques agricoles, afin que l'ensemble des services concernés priorisent ces dossiers « dans les jours et les semaines à venir » ; il s'agit notamment d'une demande des Jeunes agriculteurs, qui ont réclamé qu'une centaine de projets puissent obtenir rapidement un feu vert grâce à l'appui de l'administration.

Redevances eau : en commission, les députés alourdissent la fiscalité

La commission des Finances de l’Assemblée nationale a rejeté le 9 janvier la partie recettes du budget de l’État pour 2026, un texte amendé notamment sur la fiscalité de l’eau. Lors du nouvel examen du projet de loi de finances (PLF), les députés avaient adopté la veille un amendement écologiste qui aménage la redevance des agences de l’eau : les agriculteurs irriguant avec de l’eau potable, faute d’alternative, ont droit à un abattement d’assiette jusqu’à 5 000 m³ par an (contre 50 000 m3 voté par le Sénat). La disposition est prévue uniquement « lorsque cette irrigation est utilisée pour des surfaces agricoles cultivées en agriculture biologique ». D’autres amendements avaient été votés, le même jour, pour renforcer le crédit d’impôt remplacement, rétablir la niche fiscale sur les zones humides, défiscaliser les indemnités d’abattage sanitaire. Mais les députés de la commission des Finances ont largement rejeté, le 9 janvier, toute la partie recettes du PLF 2026, laissant peu d'espoir qu'un consensus se dégage en séance. Seul le groupe EPR (macroniste) de Gabriel Attal a voté pour le texte, comme en première lecture. Un rejet sans appel, au terme de débats qui sont consultatifs et préalables à l'examen dans l'hémicycle à partir du 13 janvier.

Pesticides : le gouvernement va retravailler les règles du futur registre électronique

À l'occasion d'une conférence de presse le 9 janvier, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé que le gouvernement allait retravailler avec les professionnels sur les règles de fonctionnement du futur registre électronique sur l’utilisation des pesticides, dont la mise en œuvre est prévue le 1er janvier 2027. Le fonctionnement prévu jusqu'ici par le gouvernement serait « trop lourd et trop complexe », a expliqué Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, promettant un nouveau round de consultation dès la semaine prochaine. Un arrêté est déjà paru le 31 décembre au Journal officiel, qui liste les informations qui devront être tenues dans le registre (Siret, produit, numéro d’autorisation, date, dose, cible, mode d’application, localisation GPS, culture, stade phénologique…). En termes de calendrier, l’arrêté prévoit deux étapes à la numérisation : 2027 et 2030. Pour les utilisations de produits intervenues entre le 1er janvier 2027 et le 1er janvier 2030, les informations qui ne sont pas saisies directement au format électronique prescrit sont converties au format électronique avant le 31 janvier de l’année suivant celle de l’utilisation du produit. Pour les utilisations de produits intervenues à partir du 1er janvier 2030, la conversion au format électronique prescrit est réalisée dans un délai maximal de trente jours suivant la date d’utilisation du produit.

Biosolutions : le français Axioma en redressement judiciaire

L’entreprise Axioma Biologicals, spécialisée dans la conception et la fabrication de biostimulants et de produits de biocontrôle, a été placée en redressement judiciaire le 22 décembre 2025. Une publication le 4 janvier au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales acte l’ouverture de cette procédure, décidée par le tribunal de commerce de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) : cette dernière fait suite à une cessation des paiements depuis le 2 décembre. Les partenariats signés ces derniers mois, notamment avec le groupe breton Kersia (acteur mondial dans la biosécurité et la sécurité des aliments) en début d’année, n’ont donc pas suffi. Créée en décembre 2012, Axioma Biologicals produit de façon industrielle des biosolutions formulées à base de combinaisons d’extraits végétaux : plus de 50 métabolites d’intérêt composent la gamme de biosolutions, destinées à toutes les cultures (céréales, oléoprotéagineux, vigne, maraîchage...). (Anne Gilet)

Engrais : l’Unifa vent debout contre une potentielle suspension du MACF

Dans un communiqué du 8 janvier, l’Unifa (producteurs de fertilisants) ne voit pas d’un bon œil la possible suspension de l’application du MACF aux engrais. Dénonçant la position de la France, qui était pourtant « un moteur » du dispositif, elle estime qu’une suspension affecterait grandement l’industrie européenne, spécialement celle d’engrais azotés. Ladite suspension inciterait au recours massif aux importations, et menacerait donc la souveraineté du continent en fertilisants. « Ces annonces, sans répondre aux problèmes de fond des agriculteurs, instaurent de l’instabilité qui met en péril les outils industriels et constituent un renoncement aux engagements climatiques de l’Europe et de la France », argue-t-elle. L’Unifa estime que « toute remise en cause du MACF exacerberait des distorsions de concurrence déjà existantes », rappelant que les industriels ont besoin de stabilité et de visibilité pour réaliser les investissements nécessaires à leur décarbonation. En matière de distorsion de concurrence, l’organisation professionnelle pointe le fait que l’industrie européenne évolue « dans un cadre climatique parmi les plus exigeants au monde », car soumise au système d’échange de quotas d’émission (SEQUE). Ce dernier « structure depuis 2005 les décisions industrielles, et a conduit à des trajectoires ambitieuses de décarbonation ».

Engrais : les commerçants demandent à l'Etat des garanties de la suspension du MACF

Avec la FNSEA et ses associations spécialisées (AGPB, AGPM, CGB, UNPT, FOP), l’AFCOME, association représentant les professionnels de la mise en marché des fertilisants (incluant, entre autres, des coopératives), s’est réjouie, dans un communiqué commun du 8 janvier, de « la suspension possible du MACF sur les engrais », ainsi que de « la suspension temporaire des droits de douane sur ces produits essentiels ». Les syndicats agricoles et celui des commerçants d’engrais estiment que les avancées réalisées durant la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE « constituent une étape décisive pour garantir la disponibilité et l’accessibilité des engrais, éléments clés de la sécurité alimentaire nationale et européenne ». Attendant l’adoption définitive de la décision, les organisations appellent l’État « à garantir le risque financier de non-adoption de la suspension auprès des importateurs, afin qu’ils puissent engager immédiatement la baisse du coût des engrais ». Si tel est le cas, «les importateurs de l’AFCOME sont prêts à s’engager moralement sur les volumes qu’ils importent et ne pas intégrer les coûts du MACF dans leurs facturations pendant cette période d’incertitude »

Engrais phosphatés: une proposition de loi pour interdire les engrais au cadmium

Une proposition de loi déposée fin décembre vise à interdire à compter de 2027 les engrais phosphatés contenant du cadmium, métal lourd aux effets nocifs pour la santé, afin de «protéger l’alimentation» des Français, a annoncé le 9 janvier le député écologiste qui promeut le texte. Benoît Biteau, agriculteur et député (Les Écologistes) de Charente-Maritime, a cosigné ce texte avec d’autres membres du groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale comme François Ruffin, Clémentine Autain ou Sandrine Rousseau. La proposition de loi, déposée le 23 décembre, prévoit un article unique visant à interdire au 1er janvier 2027 «l’importation», «la vente» et «l’utilisation sur le territoire national d’engrais inorganiques ou organo‑minéraux phosphatés (...) contenant du cadmium». Lors de leur assemblée générale le 18 juin, les représentants de l’Unifa (fabricants d’engrais) ont indiqué que ses adhérents s’adapteraient à un éventuel durcissement de la réglementation au sujet du taux de cadmium contenu dans les engrais phosphatés. La réglementation européenne impose un taux maximal de cadmium de 60 milligrammes par kilogramme (mg/kg) d’engrais phosphaté depuis juillet 2022. L’Anses devait publier une étude fin 2025 visant à évaluer l’exposition humaine au cadmium, afin de définir des leviers d’action, recommande d’abaisser le taux à 20 mg/kg. 

Machinisme : repli des ventes de tracteurs en France en 2025

Dans un communiqué du 9 janvier, Axema (syndicat représentant les constructeurs d’agroéquipements) signale un net recul des premières immatriculations de tracteurs en France en 2025. Dans le détail, elles connaissent un effritement de 15 % par rapport à l’an dernier, et de 20 % par rapport à 2023, pour tomber à 33 446 unités. Il s’agirait même d’un plus bas depuis 10 ans, selon l’organisation. « La chute des immatriculations est particulièrement marquée pour les tracteurs vignes et vergers (-19,9 % par rapport à 2024 et -42,8 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années) et les tracteurs standards (respectivement -18,5 % et -21 %) », pointe Axema. Le syndicat attribue ce décrochage à la conjoncture des agroéquipements. Rappelons que les secteurs de la vigne et des céréales sont particulièrement en difficulté, n’incitant pas les agriculteurs à investir. Autre raison avancée : l’entrée en vigueur de la réglementation européenne sur le freinage des véhicules agricoles depuis le 1er janvier 2025. Cette dernière a « incité la profession à pré-immatriculer des tracteurs (ou des chargeurs télescopiques) en toute fin d’année 2024 ».

Fleurs : au Royaume-Uni, taxe à la frontière abaissée pour quatre variétés

Dans un communiqué de presse du 9 janvier, le ministère britannique de l’Agriculture (Defra) confirme l’abaissement de la taxe d'inspection phytosanitaire aux frontières pour quatre espèces de fleurs importées depuis l’Union européenne. Il s’agit de l’œillet (Pinks, Carnations, Sweet Williams), du gypsophile, de l’orchidée et du solidage. La taxe passera de 3 % à 1 %, à compter du 19 janvier à minuit. En revanche, celle des chrysanthèmes restera inchangée à 3 %.« Il s'agit d'une avancée véritablement positive et concrète. Cela démontre que, lorsque les preuves, les données de conformité et un dialogue constructif sont réunis, des contrôles aux frontières proportionnés peuvent être mis en place afin de protéger la biosécurité sans entraver inutilement les échanges commerciaux », se félicite Nigel Jenneau, directeur général de Fresh Production Consortium (Interprofession fruits, légumes et fleurs). À ses yeux, cela contribue aux progrès plus généraux réalisés dans le cadre de la révision des SPS (mesures sanitaires et phytosanitaires) entre le Royaume-Uni et l'UE. Avec les fruits et légumes frais bénéficiant déjà d'allègements, l’économie cumulée est estimée à plus de 1,73 Md€ pour le secteur, « avant même la conclusion d'un éventuel accord SPS formel plus tard cette année ».

Biodiversité, climat: les Etats-Unis vont se retirer de l'IPBES et du Giec

« La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) regrette la nouvelle profondément décevante de l'intention des États-Unis de se retirer de l'IPBES », a déclaré son président David Obura dans un communiqué le 8 janvier. Cette annonce intervient dans le cadre d’un décret pris par le président américain Donald Trump, dans lequel il ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, environ la moitié d’entre elles étant liées à l’ONU. « Les Etats-Unis sont membres fondateurs de l’IPBES », ils « comptent parmi les contributeurs les plus actifs » aux travaux de l’organisation, et les décideurs américains « ont également été parmi les utilisateurs les plus prolifiques », souligne M. Obura. Par le même décret, les Etats-Unis se retirent également du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), selon l’AFP le 8 janvier. De même, la nation américaine quitte l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’ONU-Eau, mécanisme de coordination pour l’eau et l’assainissement. En juillet, Donald Trump avait déjà annoncé se retirer à nouveau de l’Unesco, après le retrait de l’OMS annoncé il y a un an. 

Centrales d'achat : l'Autorité de la concurrence se penche sur Aura et Concordis

L'Autorité de la concurrence a annoncé le 9 janvier qu’elle engageait, pour la première fois, une procédure de bilan concurrentiel concernant les centrales d’achat Aura (Intermarché, Auchan et Casino) et Concordis (entre Carrefour, la Coopérative U et le groupement allemand RTG). « Le bilan concurrentiel s’intéressera aux effets des accords examinés, d’une part, sur le marché amont de l’approvisionnement en produits de grande consommation et d’autre part, sur le marché aval de la distribution au détail de produits à dominante alimentaire. En parallèle, seront examinés l’impact de ces alliances sur le consommateur final, notamment les éventuelles baisses des prix sur les marchés aval », indique l’Autorité. Les tiers intéressés par ce bilan peuvent envoyer leurs observations aux services d’instruction de l’Autorité avant le 6 mars pour Aura et le 31 juillet pour Concordis. Le bilan concurrentiel sera rendu public fin 2026 concernant l’accord Aura et en 2027 concernant l’accord Concordis. Le lancement de ce bilan concurrentiel découle de la loi Egalim 2 de 2018 et n’avait jamais été mis en œuvre jusqu’à maintenant.

Fruits et légumes : Jean-Paul Mancel élu président de la Gefel (AOP)

Dans un message publié sur LinkedIn le 6 janvier, la Gefel (Gouvernance économique des fruits et légumes, AOP) annonce l’élection de Jean-Pierre Mancel à sa présidence. Il succède à Bruno Darnaud, ancien président de l’AOP Pêches et abricots de France. Producteur de clémentines, pomelos et de noisettes, Jean-Pierre Mancel est président de l’AOP Fruits de Corse et de l’Association pour la promotion et la défense de la clémentine de Corse (Aprodec). La Gefel regroupe 20 adhérents, dont 12 associations d’organisations de producteurs reconnues, représentant 3 Mt de fruits et légumes.

Fruits : Alexi Bois, nouveau président de l’AOP Pêches et abricots de France

Le 9 janvier, le comité de direction de l’AOP Pêches et abricots de France a élu Alexi Bois à la présidence de l’Association d’organisation de producteurs. Âgé de 37 ans, il est producteur de pêches, abricots et kiwis dans les Costières de Nîmes. Son exploitation familiale, le Jardin d’Henri, couvre 80 ha : 40 ha d’abricotiers, 35 ha de pêchers et 5 ha de kiwi. Alexi Bois succède à Bruno Darnaud, qui a décidé de prendre sa retraite d’agriculteur et de responsable professionnel. Alexi Bois est le petit-fils de Henri Bois, créateur en 1981 de la Sica des Costières d’Estagel, entreprise pionnière dans la production de fruits à noyaux.

Agroécologie : l’agronome Michel Griffon est mort

L’agronome du Cirard, Michel Griffon, est mort le 4 janvier, apprend-on dans un message posté par l'évènement Open Agri Food, dont il est l'un des membres fondateurs. Le père du concept d’ « agriculture écologiquement intensive », qui a présidé l’association internationale du même nom, a œuvré pour que l’agriculture produise mieux et durablement. Il a fait émerger « ce que nous appelons aujourd’hui l’agriculture à impacts positifs : une agriculture qui assume de produire, tout en régénérant les ressources, en respectant les écosystèmes et en redonnant du sens au métier d’agriculteur » a salué Olivier Chaillou, président de Terrena sur Linkedin, en remerciant « la vision » et « la rigueur intellectuelle » de cette figure de l’agroécologie. 

Addendum + erratum à l'agenda agricole de la semaine du 12 janvier 2026

Mardi 13 janvier
Table ronde au Sénat sur les filières bovins viande, porcs et volailles (commission d'enquête sur les marges des industriels et des GMS)

Jeudi 15 janvier
Table ronde des syndicats agricoles au Sénat (commission d'enquête sur les marges des industriels et des GMS)
Congrès de l'Apad (conservation des sols)

Vendredi 16 janvier
Vote pour la révision du Sage Vilaine (gestion de l'eau)

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Le CNIPT (interprofession de la pomme de terre, à ne pas confondre avec l'UNPT, association spécialisée de la FNSEA) organisera mercredi 14 janvier une conférence dans le cadre de son assemblée générale, et non une conférence de presse comme indiqué par erreur dans l’Agrafil daté du 9 janvier.