Pac post 2027 : les eurodéputés confirment leur opposition à un fonds unique
La commission de l’Agriculture du Parlement européen a adopté le 7 juillet, à Strasbourg, par 29 voix contre 9 et 8 abstentions, une position sur la Pac 2027 alors que la Commission européenne doit présenter le 16 juillet les grandes lignes de la prochaine réforme. Les eurodéputés insistent, une nouvelle fois, sur la nécessité d’un budget de la Pac plus important, indexé sur l’inflation et distinct. Ils s’opposent à son intégration, comme l’envisage Bruxelles, à d’autres programmes de financement au sein d’un fonds unique qui risquerait d’être utilisé par les États membres à d’autres fins. Et ils ajoutent que le développement rural doit rester, lui aussi, indépendant des politiques de cohésion. La quarantaine d’amendements de compromis négociés en amont du vote entre les différents groupes politiques (PPE, S&D, Renew, Verts, ECR...) par la rapporteure espagnole, Carmen Crespo (PPE), a été adoptée. Les parlementaires s’y prononcent pour que l’aide de base au revenu continue de s’appuyer sur la superficie. Et ils demandent que les aides couplées, destinées aux secteurs en difficulté, soient maintenues voire augmentées. La Commission et les États membres sont invités à maintenir le caractère « volontaire » des écorégimes et à les rendre plus simples et plus flexibles. Enfin les députés souhaitent une étude complète pour évaluer si l’introduction de mécanismes obligatoires tels que le « plafonnement et la dégressivité » des aides permettrait d’améliorer l’équité des soutiens. Ce rapport sera soumis à un vote en plénière, probablement lors de la session du 8 au 11 septembre, mais avant cela un débat sur la future Pac se tiendra le 10 juillet en plénière en présence du commissaire européen Christophe Hansen.
Crédits nature: la Commission européenne lance sa feuille de route
La Commission européenne a publié le 7 juillet sa feuille de route pour développer les crédits nature dont pourront notamment bénéficier les agriculteurs pour « des pratiques respectueuses de la nature, comme l'entretien des haies, la création d'habitats pour les pollinisateurs ou l'amélioration de la biodiversité des sols ». Sur le modèle de ce qui est en cours pour la certification des absorptions de carbone agricole, plusieurs travaux vont devoir être menés en parallèle d’ici 2027 pour rendre ce dispositif opérationnel: établir un système de certification et de vérification fiable, construire un marché transparent, financer des projets pilotes… La commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, prévient qu’il faudra que le futur cadre soit « simple, respectueux des réalités locales et réduisant au minimum les charges administratives […] pour garantir un accès équitable à tous les acteurs, petits et grands, locaux et internationaux ». Bruxelles va commencer par mettre en place un groupe d'experts sur les crédits nature (dès 2025) pour définir les premières méthodologies des marchés de crédits nature d’ici mi-2026, puis un bilan sera fait en 2027. Une consultation publique sur cette feuille de route a été ouverte jusqu’au 30 septembre.
Chasse : une proposition de loi socialiste pour «moderniser» le statut des louvetiers
Les députés du groupe socialiste ont déposé fin juin une proposition de loi (PPL) qui vise à «moderniser et sécuriser» le statut des lieutenants de louveterie qui interviennent bénévolement notamment pour le compte de l’État, principalement dans le cadre des battues administratives visant les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod). Ils seraient 1 800 lieutenants de louveterie bénévoles actuellement, et leur rôle serait amené à croître avec le recul du nombre de chasseurs, estiment les auteurs de la loi, qui proposent trois évolutions. Un nouveau statut est proposé, toujours volontaire, et «distinct du salariat» mais «permettant une protection et une organisation adaptées aux exigences des missions de service public (couverture d'assurance par l'Etat notamment». Pour harmoniser les moyens alloués dans chaque département, la PPL prévoit aussi une «dotation initiale obligatoire ainsi qu'un entretien ou renouvellement périodique encadré». Enfin, un minimum d'une réunion par an serait institué avec le préfet.
PPL Entraves: pas convaincue, la CR veut une «Charte de l'agriculture»
À la veille de l'examen de la proposition de loi Entraves à l'Assemblée, la Coordination rurale (CR) a indiqué par communiqué le 7 juillet que le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP) était «encourageant mais pas assez ambitieux face aux enjeux agricoles». Parmi les bons points, la CR souligne notamment le retour de l'acétamipride, le relèvement des seuils des installations classées (ICPE) en élevage, et l'assouplissement des procédures pour le stockage d'eau d'irrigation. Mais «elles ne sauraient suffire», regrette la CR, qui pointe le risque d'une saisine du Conseil constitutionnel. Le syndicat rappelle son appel à un référendum d'initiative partagée (Rip) et soumet une nouvelle idée : l'élaboration d'une «charte de l'agriculture inscrite dans la Constitution». L'idée, proposée par un parlementaire lors d'échanges avec la CR, serait de contrebalancer le poids de la Charte de l'environnement. Dans leurs communiqués, la FNSEA et les JA avaient salué un texte « témoigne d'une écoute attentive des réalités du terrain », mais appelé à une loi spécifique aux ICPE. De son côté, la Confédération paysanne avait à l'inverse dénoncé le texte, regrettant que la CMP ait « entériné des régressions agricoles, sanitaires et écologiques comme jamais ».
Distribution: Carrefour et Coopérative U créent une alliance européenne aux achats
La recomposition du secteur de la grande distribution a connu ce 7 juillet un nouvel épisode avec le partenariat de poids annoncé par Carrefour et Coopérative U, respectivement deuxième et quatrième distributeur en France, qui négocieront désormais ensemble et depuis Bruxelles leurs achats auprès des fournisseurs. «Cette alliance, fondée sur la massification des volumes, la négociation directe et la vente de services internationaux, renforce notre compétitivité à l’achat au bénéfice de nos clients», indique le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard dans le communiqué des deux enseignes transmis à la presse. Effective «dès les prochaines négociations (commerciales) de 2026», l’alliance, baptisée Concordis, a «pour vocation de s’étendre à d’autres distributeurs européens, avec lesquels Carrefour et Coopérative U sont déjà en contact», précisent les deux distributeurs. Contrairement à la concurrence, cette nouvelle alliance à la particularité d’avoir «un double périmètre», en centralisant à la fois les achats et les services. En septembre 2024, Les Mousquetaires/Intermarché, Auchan et Casino ont déjà officialisé une alliance hors norme, pour une durée de dix ans.
Grande distribution : la FCD va renforcer sa cellule de débunkage économique
La FCD (distributeurs) a décidé d’amplifier en 2025 son dispositif de riposte dès lors que des données économiques chiffrées inexactes sont diffusées dans le débat public. « L’un des axes majeurs (de la direction des études, NDLR) sera la montée en puissance de la cellule de " débunkage" économique », peut-on lire dans le rapport annuel 2024 de la FCD. Cette cellule de débunkage a été créée en 2024 au sein de la direction de études dirigée par Isabelle Senand dans le cadre d’une « forte croissance du nombre de publications contenant des données statistiques peu solides (….) ou présentant des analyses totalement biaisées », constate la FCD. Sont notamment visées des « enquêtes internes de certaines fédérations d’industriels », mais aussi des rapports parlementaires qui reprennent des données. Ainsi le rapport Descrozailles/Trouvé affirmant que « 40% à 50% des volumes vendus par la grande distribution en France sont négociés par des centrales d’achat implantées à l’étranger ». Or la FCD estime que « la part des volumes négociés par ces centrales est bien inférieure à 20% » puisqu’elles « ne négocient pas les marques des TPE-PME, ni les MDD, ni le frais traditionnel. »
Bovins: trois nouveaux foyers de DNC confirmés en Savoie, dans la même commune
A la date du 6 juillet, trois nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés en Savoie, dans la même commune d'Entrelacs, où avait été déclaré le premier le 29 juin, rapporte la préfecture de Savoie le 7 juillet. Cela porte le nombre de foyers à quatre dans la même commune. Les élevages déclarés infectés vont aussi faire l'objet d’un dépeuplement «afin d’éviter que la maladie s’installe et se dissémine», et une zone réglementée d’un rayon de 50km est «instaurée autour de chaque élevage infecté», indique le réseau des groupes de défense sanitaire (GDS) dans une note le 7 juillet. Par ailleurs, plusieurs suspicions ont été levées en Corse, dans l’Aveyron, le Doubs et l’Ain, rapporte le GDS du Centre, et «quelques» suspicions sont en cours de vérification, en Savoie et en Haute Savoie. En Italie, d'où provient l'épizootie, des nouveaux foyers sont également déclarés au nord et au sud, rapportent les GDS: «au total, 10 foyers ont été notifiés en fin de semaine dernière dont 9 en Sardaigne et 1 en Lombardie (nord de l’Italie). Les experts estiment que la circulation en Sardaigne pourrait être relativement ancienne (3 mois).»
Bovins/DNC: stratégie vaccinale non achevée, fermetures de marchés à l'export
A l'occasion d'une réunion avec les professionnels le 7 juillet, la DGAL (ministère de l'Agriculture) a indiqué que la stratégie vaccinale contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) était toujours en cours d'élaboration. La DGAL a confirmé que le mode de dispersion de la maladie était principalement les stomoxes et les taons (insectes), ce qui est rassurant car ils ne multiplient pas le virus et leur comportement est relativement sédentaire. «Une course contre la montre» commence toutefois, explique-t-on chez GDS France. Compte tenu de son statut en Europe (maladie à éradication immédiate), les professionnels s'attendent à la poursuite des dépeuplements, et à une vaccination obligatoire sur une zone qui reste à déterminer - la Confédération paysanne pousse tout de même pour une «liberté vaccinale» et des abattages partiels. Le traitement des chevaux dans les zones réglementées a été soulevé par les professionnels, qui demandent leur inclusion dans les dispositifs. Selon la Coordination rurale (CR), qui s'est entretenue avec la ministre de l'Agriculture le 3 juillet, la France aurait réservé 500 000 doses de vaccins, sur un stock européen d'un million - le sujet n'a pas été abordé par la DGAL. D'après deux professionnels interrogés, le laboratoire fabricant de ces doses serait situé en Afrique du Sud. Selon la CR, Annie Genevard étudiait il y a quelques jours les possibilités de commande, avec une disponibilité «sous quinzaine». En attendant, des marchés se ferment, notamment la Chine et la Corée du Sud pour la viande, le Japon pour les abats, le Canada et le Royaume-Uni pour les produits laitiers non pasteurisés, rapporte la DGAL.
Lait/protéines alternatives : l'Efsa se penche sur la bêta-lactoglobuline de Remilk
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a ouvert le 4 juillet une consultation sur la demande d'autorisation en tant que nouvel aliment de la bêta-lactoglobuline (βLG), une protéine de synthèse substitut aux produits laitiers. Cette molécule produite par la société israélienne Remilk par fermentation de précision a déjà obtenu le feu vert pour la consommation humaine de la part des autorités sanitaires d’Israël, de Singapour, des États-Unis et du Canada. L'Efsa doit finaliser d’ici mai 2026 son évaluation des risques complète sur ce dossier. Remilk avait déjà annoncé, en 2022, son intention d’ouvrir la plus grande usine du monde de lait in-vitro au Danemark. Fin 2023, au moins deux autres entreprises, dont l’américain Perfect Day, avaient déjà soumis un dossier auprès de l’Efsa pour entrer sur le marché européen. Le français Bon Vivant avait également annoncé son intention de déposer un dossier en 2024. Au moins cinq pays autorisent la vente de protéines de lait fabriquées en laboratoire : les États-Unis, le Canada, Singapour, Israël et l’Inde.
Lait : production en hausse dans les grands pays exportateurs, pas en France
Selon la note de conjoncture du Cniel (interprofession laitière) pour juin 2025, la production laitière augmente dans les grands bassins exportateurs mondiaux, mais de façon disparate : sur un an, progression significative en Nouvelle-Zélande et croissance plus modérée aux Etats-Unis et dans l’UE. La France est sur une tendance inverse marquée par une collecte qui a globalement baissé de 0,8% depuis le début de l’année 2025 dans un contexte sanitaire difficile sur le premier trimestre 2025 qui a contribué à freiner la collecte. Avril et mai sont en croissance, mais tout récemment, la baisse est de retour à cause des fortes chaleurs. Les prix sont plutôt stables tant pour la poudre de lait écrémée à 2 400 € la tonne que pour celui du beurre autour de 7 400 € la tonne. « Selon l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était de 468 € les mille litres sur le mois d’avril 2025 », à +9% sur un an. Le prix unitaire des charges dans les élevages laitiers (Ipampa Lait de vache) est en recul de 3% vs avril 2024. Les perspectives sont « incertaines » en raison du contexte géopolitique tendu et un été qui s’annonce chaud en Europe, ce qui pourrait impacter l’offre.
Blé tendre : le gouvernement russe supprime sa taxe à l’export (presse)
Selon un article du 4 juillet publié par Reuters, la Russie a annoncé, via le ministère de l’Agriculture, la suppression de sa taxe à l’export sur le blé tendre. Elle sera effective à partir du 9 juillet prochain. La taxe avait été introduite en 2021, afin de protéger le marché intérieur contre les hausses de prix et de décourager les exportations excessives. Elle était calculée chaque semaine par les autorités, en fonction notamment des prix pratiqués à l’export. En janvier dernier, elle avait par exemple atteint son plus haut niveau, à plus de 59 $/t. Les céréaliers russes ont régulièrement appelé le gouvernement à la réduire voire à l’abolir, affirmant que cela nuit à la rentabilité de la culture du blé, et que seule une petite partie des fonds collectés était réinvestie dans le secteur. Le prix du blé tendre au départ des ports russes constitue l’indicateur phare du marché mondial, et donc hexagonal. Cette suppression renforce potentiellement la compétitivité russe, au détriment des origines françaises. Pour rappel, l’USDA (département états-unien de l’agriculture) table sur une récolte russe à 83 Mt en 2025-2026, contre 81,6 Mt en 2024-2025.
Blé : l'Indonésie va acheter pour 1,25 milliard de dollars de blé américain
L’Indonésie va signer un accord pour importer au moins un million de tonnes de blé américain par an pendant les cinq prochaines années, pour un montant de 1,25 milliard de dollars, alors que Jakarta tente d’éviter des droits de douane trop élevés. «Nous avons déjà un accord (pour acheter) un million de tonnes entre 2026 et 2030», a déclaré le 7 juillet à l’AFP le directeur de l’Association des minoteries indonésiennes, Franciscus Welirang. L’accord, d’une valeur estimée à 250 millions de dollars par an, sera signé à Jakarta lundi, a-t-il ajouté. Le ministre indonésien de l’Economie, Airlangga Hartarto, a déclaré à l’AFP la semaine dernière que Jakarta augmenterait ses importations agricoles en provenance des Etats-Unis pour éviter des taxes plus élevées qui, selon Washington, doivent entrer en vigueur le 1er août en cas d’absence d’accord. Le président américain Donald Trump a indiqué dimanche qu’il informerait divers pays des nouveaux taux cette semaine, avertissant que les taxes à l’importation américaines reviendraient aux niveaux élevés qu’il avait fixés en avril avant d’annoncer une pause de 90 jours. Menacée de surtaxes de 32%, l’Indonésie est l’un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Moissons : dans le sud, bilan bon à très bon pour Val de Gascogne et Arterris
Dans le Gers, chez Val de Gascogne (420 000 t de collecte), la récolte d’été s’achève sur un bilan « plutôt correct », commente Denis Mousteau, directeur de la commercialisation. En orge, la moyenne des rendements oscille entre 63 et 65 q/ha pour une bonne qualité en fourragère mais « un peu juste » en brassicole au niveau du taux de protéines. Même constat en blé où les rendements vont de 58 à 65 q/ha : les PS sont très bons mais les protéines, limites pour la meunerie, à 11. « En revanche, les premiers tests de panification sont très bons ». Dans le Sud, chez Arterris (800 000 t de collecte), la moisson se termine avec 10 à 15 jours d’avance. « De très bons résultats en orge et blé tendre avec respectivement 63 et 65 q/ha de moyenne, résume Clément Roux, directeur du commerce des grains. La qualité aussi est au rendez-vous : les PS sont excellents, à 80 de moyenne. Seules les protéines paraissent un peu faibles en blé tendre, à 11, lié à l’effet dilution. » Dans ce contexte, légère déception en blé dur où les rendements n’atteignent « que » 40 à 50 q/ha avec des PS plus hétérogènes. Le bilan des colzas et des pois semble moins bon avec des rendements proches des 25 q/ha. Pour ces deux OS, les yeux sont désormais tournés vers les cultures de printemps, en manque d’eau, et sur le prix des céréales, qui reste bas. (Anne Gilet)
Importations ukrainiennes : un accord de principe qui divise les filières françaises
Depuis l’annonce de l’accord de principe entre l’UE et l’Ukraine sur la révision de l’accord de libre-échange, la Commission européenne a dévoilé, le 4 juillet, les détails concernant les nouveaux volumes des contingents tarifaires. Des montants qui sont loin de faire l’unanimité dans le secteur agricole, notamment en France. L’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), de son côté, salue « une avancée importante pour mieux protéger les céréaliers européens ». L’augmentation limitée du contingent (+30% par rapport à l'accord 2016) est moindre mal pour l’association, « sachant que les trois années précédentes voyaient affluer plus de 6 millions de tonnes ! ». Outre les volumes, l’AGPB se félicite de l’alignement progressif de l’Ukraine sur les normes de l’UE mais surtout de la présence d’une clause de sauvegarde. En revanche, le son de cloche est différent à la CGB (betteraviers, FNSEA). Le syndicat français dénonce une un volume de contingents toujours trop important pour la filière sucrière européenne. « La pilule est amère », avance Guillaume Gandon, vice-président de la CGB, « ce volume de 100 000 t est cinq fois supérieur au volume autorisé avant la guerre ». Et d’ajouter : « C’est l’équivalent de la production d’une sucrerie de l’UE. »
UE/Etats-Unis: les discussions tarifaires continuent sans avancée majeure, pour l’instant
À quelques jours de la date fatidique du 9 juillet, Bruxelles espère toujours accélérer les discussions avec Washington afin de trouver un accord et éviter l’escalade tarifaire. « Nous sommes maintenant au début de la fin de la bataille, du moins en ce qui concerne un accord de principe », a déclaré le 7 juillet, Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce international. Ursula von der Leyen, la présidente de l’exécutif européen, s’est entretenue par téléphone, le 6 juillet, avec le président américain, Donald Trump. Une discussion qualifiée de « bon échange » par Bruxelles même si aucune percée décisive n’a été annoncée, contrairement à ce qu’espérait le ministre de l’Economie, Eric Lombard. Les contacts bilatéraux se poursuivent toujours au niveau technique. Mais, de son côté, la Maison Blanche prépare l’envoi de lettres dès le 7 juillet afin de signifier la mise en place des mesures tarifaires « réciproques » à ses partenaires en cas d’échec des pourparlers. Un « effet boomerang » qui pourrait finalement entrer en application le 1er aout (et non le 9 juillet), comme l’a affirmé, le 6 juillet à la chaîne de télévision américaine CNN, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
Fruits rouges : l’Anses conseille des études d’impact sur mûrier pour X. stebbing
L’Anses a publié son avis concernant la caractérisation de Xylotrechus stebbing, un coléoptère de la famille des Cerambycidae, originaire des contreforts de l’Himalaya. Elle avait été saisie en janvier 2023 par la DGAL (ministère de l’Agriculture). Elle conclut que l’impact en production forestière et agricole est jugé faible avec une incertitude forte, ne nécessitant pas son classement comme un organisme de quarantaine. Elle conseille néanmoins des études d’impact sur mûriers. L’insecte a été observé pour la première fois en Italie en 1982, à Novarra dans le Piémont, puis s’est répandu dans le nord de l’Italie, en Suisse, en Autriche et en Grèce. Sa première observation en France date de 1993 à Antibes ; en 2024, on peut considérer que l’insecte est établi dans au moins 21 départements. Les filières d’entrée potentielles sont le transport de bois et de plants destinés à la plantation, le bois d’emballage et la dissémination naturelle à partir des pays limitrophes de la zone ARP (Italie, Suisse, Espagne). L’espèce apparaît très polyphage, se développant principalement sur arbres feuillus dont certaines variétés productives comme l’olivier, le châtaignier, le pistachier ou encore le mûrier.
Kiwis : l'interprofession lance un essai de culture sous ombrière photovoltaïque
À l’occasion de son assemblée générale fin juin, le Bureau interprofessionnel du kiwi (Bik) a présenté trois projets, rapporte-t-il dans un communiqué de presse le 1er juillet. Le premier, baptisé Palfruitsd’Occ et d’une durée de quatre ans, s’attache à étudier la comptabilité sur le plan physiologique de la culture du kiwi avec les ombrières photovoltaïques. Une parcelle d’étude, sur un verger en production, a déjà été mise en place et permettra l’acquisition de donnée dès la deuxième année du projet. En juin 2023, la coopérative Euralis avait annoncé la création d’une filière kiwis rouges sous ombrières photovoltaïques. Par ailleurs, le Bik est engagé dans le projet Pacte (Programme d’action collaboratif intersectoriel pour la transition écologique contre les pentatomidae) dans le cadre du Parsada : sur 2025, il mène plusieurs essais relatifs au suivi des populations de punaises diaboliques dans les lisières et l’effet des habitats adjacents. Enfin, le BIK a détaillé le projet de communication Eukfruit, débuté en mai et courant jusqu’au 30 avril 2028 et mené en partenariat avec l’AOP espagnole Kaki Ribera del Xuquer. Concernant la base de données Origine France pour lutter contre la francisation, les premiers échantillons à l’aveugle ont été testés cette année et les contrôles pourraient être mis en place sur la prochaine saison.
Vin : les vignerons des Côtes du Rhône lancent un plan pour préserver les chauves-souris
Le syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône a annoncé le 4 juillet le lancement d'un programme de préservation des chauves-souris, en partenariat avec des acteurs naturalistes (dont Chiroptères de Provence) et agricoles (dont chambre d’agriculture du Vaucluse). Financé par l’État via le Fonds vert de la région Paca et co-financé par la CNR (Compagnie nationale du Rhône), le programme sera sans surcoût pour les vignerons. Instruit dans le plan stratégique environnemental du syndicat, le programme propose aux vignerons des diagnostics agro-environnementaux, des journées techniques et des nuits d’écoute, un accompagnement technique sur-mesure (plantation de haies, pose de nichoirs, …), une cartographie interactive en ligne… Prédatrices de nombreux insectes, les chauves-souris jouent un rôle clé de régulation des écosystèmes viticoles, mais sont en déclin. Espèces dites « parapluie », leur protection bénéficie à de nombreuses autres espèces. (Florence Rabut)
Travail dissimulé : un maraicher sarthois condamné à deux ans de prison ferme
Un maraîcher a été condamné le 7 juillet à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel du Mans pour avoir fait travailler des ouvriers sans-papiers notamment pour des salaires insuffisants, rapporte l’AFP. Ce producteur de tomates de Saint-Paterne-Le Chevain (Sarthe), déjà plusieurs fois condamné entre autres pour travail dissimulé, a été jugé le 10 juin. « Il n'a eu qu'un objectif : ce souci lucratif du rendement » et ne recrutait « que des personnes dépourvues de titre de travail «, avait estimé le procureur Arnaud Marie lors de l'audience. Il a été jugé coupable de travail dissimulé, de rétribution insuffisante de plusieurs personnes vulnérables ou dépendantes, de blessures involontaires par violation d’une obligation de sécurité. En revanche, il a été relaxé des faits de traite d’êtres humains, de blanchiment et de soumission à des conditions de travail indigne. Le maraîcher est aussi condamné à indemniser la CGT Sarthe et douze des treize travailleurs pour un montant de près de 30.000 euros au titre du préjudice moral. Deux de ses parcelles ont été saisies. Il lui est également définitivement interdit de diriger une entreprise. Le tribunal n'a pas prononcé de mandat de dépôt.
Elections chambres : avec ses nouveaux fonds, la CR va renforcer ses moyens humains
Contactée par Agra Presse, la Coordination Rurale (CR), forte de sa percée électorale, lui permettant de disposer de nouveaux fonds, a indiqué qu’elle allait renforcer ses moyens humains. « Nous allons d’une part renforcer les équipes dans les territoires et au niveau national, et d’autre part aider les élus des chambres d’agriculture à acquérir de nouvelles connaissances en lien avec leurs missions », a expliqué son service communication. Concrètement, des animateurs dans les régions seront recrutés, afin de stimuler encore davantage les adhésions. Des investissements dans des sessions de formation pour les élus des chambres seront également consentis, sur des thématiques réglementaires et managériales. Pour rappel, un vote au sujet d’un potentiel déménagement du siège de la CR à la chambre d’agriculture d’Agen (Lot-et-Garonne) était survenu lors d’une assemblée générale extraordinaire le 12 juin. Il a échoué à quelques voix près, débouchant sur le maintien de la location du siège à Gimont (Gers) et aussi au rejet de la nomination de Serge Bousquet-Cassagne au poste de directeur général du syndicat à titre bénévole.
Femmes dans l’agriculture : le ministère lance une consultation citoyenne
Le ministère de l’Agriculture lance une consultation citoyenne sur la place des femmes dans l’agriculture, a-t-il annoncé dans une communication le 4 juillet. La consultation, disponible sur la plateforme de participation de l’Etat, Agora, est en ligne jusqu'au 31 août. Cinq thématiques ont été retenues : la formation, l’installation et la transmission, la santé et les conditions de travail, l’engagement, le statut et la retraite. « Les femmes ont plus que jamais un rôle essentiel à jouer dans le renouvellement des générations agricoles. C'est pourquoi il est crucial d'identifier, un à un, les obstacles qu'elles peuvent rencontrer pour devenir agricultrices et tout au long de leur carrière », explique Annie Genevard citée dans le communiqué. La Rue de Varennes rappelle que les femmes représentent près d’un tiers des actifs agricoles - un chiffre qui stagne depuis vingt ans (voir notre enquête). Elles doivent cependant surmonter de nombreux freins à l’exercice de leur métier : difficultés d’accès aux prêts et au foncier, revenus ou pensions de retraite plus basses que celles des hommes, manque de reconnaissance.
Corse: le Conseil d'Etat confirme le retrait des aides aux proches de l'ex-directeur de chambre
Trois ans après que l'affaire a été rendue publique, le Conseil d'Etat a confirmé le retrait des aides Pac à trois proches de l'ex-directeur de la chambre d'agriculture de Corse-du-Sud, Jean-Dominique Rossi. Avec plusieurs membres de sa famille, il était poursuivi pour des fraudes agricoles d'un montant total estimé à 1,456 million d'euros. Devant la justice administrative, l'agence de service et de paiement (ASP) réclamait 584 000 euros en recouvrement des aides touchées entre 2015 et 2018. Il leur était reproché d'avoir fictivement divisé en cinq leur exploitation agricole afin de gonfler les aides reçues, d'avoir fraudé sur des déclarations de surfaces exploitées et d'avoir déclaré des cheptels largement fictifs. Le Conseil d'Etat a confirmé que trois des proches de l'ex-directeur ne pouvaient pas être considérés comme agriculteur, et donc bénéficier d'aides Pac, notamment parce qu'ils ils n'avaient pas pu produire de factures de ventes de bétail. En 2022, Jean-Dominique Rossi et ses proches avaient été relaxés au pénal pour vice de procédure. Le parquet avait requis des peines d'emprisonnement ferme.
Partis politiques: Eric Sargiacomo devient secrétaire national à l’Agriculture du PS
A la suite du congrès de Nancy et de la réélection d’Olivier Faure à la tête du Parti socialiste (PS), le Conseil national du PS a validé, le 1er juillet, la composition de ses instances dirigeantes et la nomination d’une quarantaine de secrétaires nationaux thématiques, sorte de « gouvernement fantôme ». L’eurodéputé Eric Sargiacomo est ainsi devenu le nouveau secrétaire national du parti à la rose en charge de l’Agriculture et à la souveraineté alimentaire. Elu à Strasbourg à l'occasion des élections européennes de 2024, M. Sargiacomo est également 3e vice-président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen. « Je mesure l'honneur et la responsabilité que représente cette mission », a-t-il réagi dans un message posté le 6 juillet sur réseau social LinkedIn. Et d’ajouter : « Je crois profondément qu’il ne peut y avoir de projet de transformation sociale sans un projet fort pour le monde agricole ».
Champagne : Eric Potier nommé président chez TEVC
Le groupe coopératif Terroirs & Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot) vient d'annoncer, le 4 juin, la nomination d'un nouveau président à sa tête, en la personne d'Eric Potié. Il succède à Véronique Blin, après 13 ans de présidence, qui « ne souhaite pas postuler à nouveau». Eric Potier représente la coopérative de Mancy. Il est administrateur de TEVC depuis 2009, et premier vice-président depuis 2012.