Agrafil du 8 septembre 2025

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Porc : Pékin va imposer des droits antidumping provisoire sur les importations de l’UE

Le ministère chinois du Commerce (Mofcom) a rendu, le 5 septembre, sa décision préliminaire relative à l'enquête antidumping sur les importations de viande porcine en provenance de l’UE. Constatant un dumping, les autorités chinoises ont donc décidé d’imposer à compter du 10 septembre des droits antidumping provisoires sous la forme d'un dépôt de garantie pouvant aller de 15,6 % à 62,4 % (même si la plupart des entreprises seront taxées à hauteur de 20 %). « Les éléments préliminaires indiquent que les importations de porc et de sous-produits de porc originaires de l'UE font l'objet d'un dumping, causant un préjudice substantiel à l'industrie nationale concernée, et qu'il existe un lien de causalité entre le dumping et le préjudice substantiel », a fait savoir le 5 septembre, le porte-parole du Mofcom. De son côté, Olof Gill, porte parole de la Commission européenne en charge du Commerce international, a indiqué, que Bruxelles prendra « toutes les mesures nécessaires pour défendre ses producteurs et ses industriels ». Cette enquête a été ouverte par Pékin en juin 2024 puis prolongée le 10 juin jusqu’au 16 décembre. Comme d’autres sur le cognac et les produits laitiers, elle était une réponse directe à la mise en œuvre provisoire – devenue depuis définitive – par Bruxelles des droits compensateurs sur les véhicules électriques à batterie.

Bovins/DNC: 2e foyer détecté dans l'Ain après deux semaines sans nouvelle détection

Un deuxième foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé dans l’Ain le 6 septembre «dans un lot de cinq animaux non vaccinés» après deux semaines sans aucune nouvelle détection, a indiqué le ministère de l’Agriculture, appelant à la vaccination «dans les meilleurs délais». Il n'est pas précisé si ce cas entraine une modification des zones réglementées. Ce foyer s’ajoute aux 77 foyers recensés à la fin août dans 45 élevages (32 en Savoie, 44 en Haute-Savoie et un dans l’Ain). Cette maladie virale et contagieuse a entraîné l’abattage plus de 1.700 animaux. Plus de 220.000 bovins ont été vaccinés, soit plus de 90% des animaux de la zone réglementée, où les mouvements d’animaux sont aussi restreints. «En dépit de très bons résultats en termes de couverture vaccinale et de ralentissement important du nombre hebdomadaire de foyers, l’objectif d’éradication n’est pas encore atteint», a déploré le ministère dans un communiqué. «Ce nouveau foyer confirmé après 15 jours de paix sanitaire rappelle à la fois que notre stratégie de lutte fonctionne et que la bataille n’est pas terminée», a déclaré la ministre Annie Genevard, citée dans le texte. Le ministère a par ailleurs confirmé des «dérogations pour certains mouvements dans la zone réglementée, sous conditions sanitaires» en particulier pour «la descente d’estive de bovins uniquement dans la zone règlementée, sous certaines conditions très encadrées, depuis la zone réglementée à destination de sites d’accueil dans la même zone réglementée».

Maladies animales : le CGAAER préconise une vaccination annuelle systématique

Dans un rapport sur les banques de vaccins publié le 3 septembre, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) propose « la mise en place d’une vaccination annuelle pour les ruminants (par bande pour les monogastriques) » contre « les sérotypes présents ou menaçants » des principales maladies animales. Elle se ferait dans le cadre d’une visite de « prophylaxie annuelle » au cours de laquelle seraient aussi distribués les kits de surveillance des maladies. Pour les inspecteurs du ministère, une vaccination systématique procurerait « la meilleure protection des troupeaux » possible dans un contexte de multiplication des épizooties. Mais elle permettrait aussi de réduire le coût des crises sanitaires, tout en offrant de la « visibilité » aux fabricants de vaccins et « une possible planification des chantiers de vaccination en élevage ». Pour les auteurs du rapport, le financement de la vaccination annuelle « pourrait être porté par un organisme professionnel impliqué dans l’élevage ». C’est justement tout l’objet des Assises du sanitaire animal, qui visent à réformer la gouvernance du système sanitaire français, avec en toile de fond un probable transfert du financement vers les professionnels.

Fièvre aphteuse : le CGAAER appelle à renforcer le stock français de vaccins

Dans un rapport publié le 3 septembre, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) étudie notamment le cas de la fièvre aphteuse, la seule maladie pour laquelle l’État français dispose d’une banque d’antigènes. Ses auteurs s’y disent « étonné[s] de l’écart de dimension entre la banque de vaccins anti-aphteux maintenue en France et celle que possède l’Allemagne », qui a connu un foyer en début d’année (résorbé depuis). « Il peut être utile de reposer la question de son calibrage avec des scénarios où la fièvre aphteuse apparaîtrait dans des régions de forte densité d’animaux sensibles ». Autrement dit, les stocks français se révéleraient rapidement insuffisants en cas de crise majeure. Maladie virale très contagieuse mais n’affectant pas l’homme, la fièvre aphteuse touche de nombreux animaux d’élevage (porcins, caprins, ovins et bovins), avec de lourds impacts sanitaires et économiques. Selon les inspecteurs, « la France maintient une banque d’antigènes pour une vaccination périfocale d’urgence en cas de foyer de fièvre aphteuse ». Concrètement, cette banque prend la forme d’un « contrat (d’achat) avec le fabricant Boehringer Ingelheim », qui conserve les antigènes, lesquels sont utilisés si besoin pour produire des vaccins « en cinq à dix jours ».

Prairies : trop de fertilisation les rend « vulnérables » aux aléas climatiques (étude)

D’après une étude de l’Inrae et du CNRS parue dans la revue Nature Ecology & Evolution (article payant), les prairies deviennent « fonctionnellement pauvres, hautement instables et vulnérables aux évènements climatiques extrêmes » quand elles reçoivent plus de 80 kg/ha d’azote par an. Une dose qui correspond à une intensité de pâturage de 500 UGB-jours/ha/an. D’après les chercheurs, la fertilisation commence à produire des effets dès le premier kilo d’azote : « Par rapport aux prairies naturelles non fertilisées (…), ces prairies fertilisées sont moins diversifiées, mais le système reste stable et productif », selon un communiqué de l’Inrae. L’étude a porté sur des données obtenues entre 2008 et 2020 dans 150 prairies en Allemagne, « représentatives des prairies tempérées de l’Europe de l’Ouest ». Avec la fertilisation, « les espèces prairiales perdent leur capacité à coexister », explique l’Inrae, ce qui « dégrade de manière abrupte la diversité et le fonctionnement de ces prairies ». D’après la dernière enquête d’Agreste sur les pratiques culturales, les prairies françaises ont reçu en 2017 une moyenne de 93,8 kg/ha/an d’azote pour les prairies temporaires et 46,2 kg/ha/an pour les prairies permanentes, avec d’importantes disparités.

Élevage : depuis 1 000 ans, l'impact de l'homme sur la taille des animaux s'intensifie

Des animaux domestiques plus grands et des animaux sauvages qui rétrécissent : l'emprise de l'homme sur le monde qui l'entoure se mesure aussi à travers l'évolution morphologique des animaux, selon une étude du CNRS publiée le 2 septembre dans la revue PNAS. La double originalité de cette étude : travailler sur la très longue durée (8 000 ans), puis comparer l'évolution des espèces domestiques à celle des espèces sauvages. Pendant les 7 000 premières années de l'étude, les espèces sauvages et les espèces domestiques évoluent de concert, à quelques exceptions près. L'environnement est donc prépondérant. Mais après, « c'est l'homme qui prend le pas », explique à l'AFP la bioarchéologue Allowen Evin, de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier, qui a coordonné cette étude. « Il y a 1 000 ans, il y a une rupture : toutes les espèces domestiques font la même chose, elles augmentent en taille, et les sauvages, elles, diminuent en taille. » Parmi les multiples explications avancées : l’intensification de la sélection pour les animaux domestiques, d’un côté ; la pression croissante de la chasse et le recul des forêts pour les animaux sauvages, de l’autre.

OCM: en amont du vote, les eurodéputés font des compromis sur les contrats écrits et les OP

Alors que les eurodéputés de la commission de l’Agriculture doivent se prononcer le 8 septembre sur le projet de rapport de la Française Céline Imart (PPE, droite) relatif à la révision ciblée de l’OCM présentée au printemps, plusieurs amendements de compromis ont été négociés. Concernant les contrats écrits obligatoires, qui ont suscité des débats, les compromis les prévoient dans le secteur laitier en en définissant les modalités. Une extension est également intégrée pour tous les produits agricoles. Toutefois, les eurodéputés ont glissé plusieurs possibilités de dérogations. Par ailleurs, les organisations de producteurs (OP) reconnues sont autorisées à négocier des contrats mais certaines limites sont prévues : le volume de production doit correspondre au maximum à 10 % de la production totale de l’UE ou à 33 % de la production nationale dans un État membre. Une dérogation est possible pour les petits États producteurs (< 500 000 tonnes). Autre sujet controversé : la question des OP non reconnues. Les compromis leur offrent de négocier si elles ont déposé une demande de reconnaissance. Cette dérogation est valable pendant cinq ans à compter de la date de soumission de la demande. En outre, les associations d’OP peuvent aussi négocier des contrats si elles ne dépassent pas 33 % de la production nationale totale ou 5 % de la production totale de l’UE.

François Bayrou: les agriculteurs en moyenne insatisfaits de son action (sondage)

D'après les premiers résultats de l'étude Vox Agri (Réussir-Cevipof-AgroToulouse) qui doivent être présentés le 29 septembre à SciencesPo, les agriculteurs ne sont pas satisfaits de l'action de François Bayrou, qui se revendiquait pourtant en 2018 comme un « très proche, très intime » du secteur. Interrogés entre avril et juin, les 1067 agriculteurs ayant répondu au sondage donnent une note moyenne de 2,4 sur dix (avec un écart-type de 2,4) lorsqu'on leur demande de noter leur satisfaction de «l'action» du Premier ministre, qui va se soumettre à une vote de confiance le 8 septembre. 82,5% d'entre eux donnent une note inférieure ou égale à 4. Arrivé en fonction quelques mois après les manifestations de l'hiver 2023-2024, le gouvernement de François Bayrou a eu jusqu'ici pour principale tâche l'examen de la proposition de loi Entraves du sénateur Duplomb, qui n'était pas achevé au moment du sondage, et faisait encore l'objet d'une bataille procédurale à l'Assemblée. En fonction depuis beaucoup plus longtemps, Emmanuel Macron n'est pas mieux noté. Les agriculteurs interrogés accordent la même note de 2,4 sur dix (avec un écart-type de 2,4) au Président de la République. Et ils sont 78,8% à lui donner une note inférieure ou égale à 4. Les auteurs de l'étude précisent toutefois que l'échantillon d'agriculteurs souffre d'une légère sur-représentation dans le Grand Est et en Nouvelle Aquitaine qui n'a pas été corrigée pour l'analyse des résultats.

Blé tendre : FranceAgriMer et Arvalis confirment la bonne qualité de la récolte 2025

Dans une étude réalisée en partenariat avec Arvalis et publiée le 3 septembre, FranceAgriMer confirme la bonne qualité de la récolte française 2025 de blé tendre. Des opérateurs témoignaient au mois de juillet, en pleine récolte, de la qualité satisfaisante des blés collectés. D’après l’étude, 64 % des lots analysés sont classés comme « premium » et « supérieur », contre 49 % en moyenne lors des cinq dernières années. Plus en détail, 17 % se situent dans la classe « premium », et 47 % dans la classe « supérieur », contre respectivement 21 % et 28 % en moyenne sur la période 2020-2024. Élaborée par Intercéréales, la grille de classification des blés (« premium », « supérieur », « medium » et « access ») permet de les classer en fonction des besoins à l'export. Les classes « premium » et « supérieur » désignent des blés répondant aux cahiers des charges de bon nombre d'importateurs. Notons les très bons poids spécifiques : 43 % des volumes présentent des valeurs comprises entre 78 et 80 kg/hl, contre 24 % en moyenne lors des cinq dernières années. Ensuite, 94 % des lots dépassent les 76 kg/hl, contre 62 % en moyenne sur 2020-2024. Des résultats plus affinés et des critères supplémentaires seront présentés le 17 septembre prochain lors du prochain conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer.

Semences : réunie dans le Maine-et-Loire, la filière demande de la stabilité aux politiques

Le 5 septembre, Semae organisait à Ménitré (Maine-et-Loire) une journée pour échanger sur les atouts de la filière semences pour répondre au changement climatique et à la transition agroécologique. L’occasion pour Pierre Pagès, président de l’interprofession, de s’adresser aux élus présents : Anne-Laure Blin, députée (DR) du Maine-et-Loire et Patricia Maussion, conseillère régionale (centriste) des Pays de la Loire. « En France, les semences représentent une filière d’excellence, mais qui reste fragile. Les entreprises semencières, tout comme les agriculteurs-multiplicateurs, ont besoin de stabilité et de sécurité pour se projeter. S’adapter aux défis de demain, c’est possible, à condition d’innover. Dans un contexte où l’impact du changement climatique ne cesse de s’accélérer, recourir aux nouvelles technologies devient donc indispensable pour aller plus vite, car en moyenne, dix ans restent nécessaires pour créer une nouvelle variété. » Citant le flou autour des NGT, le retrait de molécules phytosanitaires ou les contraintes d’accès à l’eau, il a insisté pour que les « politiques définissent un cadre réglementaire clair et efficace », sans rogner sur le soutien financier à cette filière, via notamment les appels à projets. L’enjeu est clair : préserver l’activité de recherche et de multiplication sur le territoire. « En deux ans, près de 2 000 agriculteurs-multiplicateurs (sur un total de 19 000, NDLR) ont cessé leur activité », a-t-il rappelé. (Anne Gilet)

Biosolutions : quatre premiers projets du Grand défi biocontrôle et biostimulation approuvés

L’Association biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie (ABBA) se félicite, le 3 septembre, que le Premier ministre ait approuvé les quatre premiers projets issus du Grand défi biocontrôle et biostimulation (GDBB), lancé en mars 2024. Pour l’ABBA, cette avancée « marque une étape cruciale dans le développement d'alternatives durables aux intrants de synthèse pour la protection et la fertilisation des cultures ». Portés par différents instituts dont Inrae, AgroParisTech, Acta..., ces projets (Nambo, Supraseed, Durabics et Remed) posent les bases d’une infrastructure nationale dédiée, grâce à des expérimentations, à faire progresser le développement et l’utilisation de ces biosolutions. Les différents réseaux de laboratoires et d’acteurs souhaitent « travailler des méthodes et protocoles spécifiques aux mécanismes d’action de ces solutions, favoriser l'accès à des équipements permettant le développement haut débit, monter des programmes d’essais, partager leurs données, accéder à des espaces de démonstration, d’expérimentation et de co-innovation ». L’ABBA dispose d’une enveloppe budgétaire de 60 M€, provenant de fonds privés et publics. D’autres projets sont attendus prochainement. (Anne Gilet)

Elevage/céréales : les échanges d'effluents peuvent ne pas avoir les vertus attendues (étude)

Dans un article paru le 20 août dans le média The Conversation, des chercheurs de l’Inrae et d’UniLa Salle estiment que les échanges d'effluents entre exploitations d'élevage et de grandes cultures, peuvent ne pas avoir les vertus attendues, si mal encadrés. « La coopération entre les fermes spécialisées n’amène pas forcément des économies d’azote et donc des bénéfices environnementaux », estiment les chercheurs. Ils s'appuient notamment sur leur étude menée auprès de 18 exploitations en Espagne, dont certaines échangeaient des effluents avec leurs voisines. Ils ont identifié l' « effet rebond » suivant : l’échange d’effluents ne diminue pas forcément l’usage d’engrais synthétiques (en grandes cultures) et les fuites d’azote dans l’environnement (pour les élevages). Certains cultivateurs continueraient d’utiliser des engrais synthétiques pour « s’assurer » d’avoir de bons rendements, expliquent les chercheurs. Et certains éleveurs, « libérés » de la contrainte réglementaire du chargement par hectare visant à gérer les effluents, peuvent élever plus d’animaux, ce qui augmente leurs achats d’aliments et donc le risque de pertes azotées. Pour éviter cet « effet rebond », les auteurs de l'étude estiment que « des mesures plus ambitieuses sur la taille des troupeaux ou sur la gestion de l’azote devraient être mises en place afin d’éviter une intensification de la production agricole ».

Bio : la Fnab demande le dézonage de certaines MAEC et une hausse du crédit d’impôt

À l’approche des discussions budgétaires automnales, la Fnab (producteurs bio) demande au parlement et au gouvernement de s’appuyer sur les récentes recommandations du CGAAER et de celles de la Cour des comptes en 2022 pour renforcer l’agriculture biologique. « Le pragmatisme économique c’est soutenir la bio, modèle agricole créateur net de valeur écologique et économique », affirme la Fnab dans un communiqué le 4 septembre, rappelant que la bio permet notamment d’éviter la dépendance aux engrais de synthèse, de protéger la qualité de l’eau et d’éviter des coûts de traitement de cette dernière « qui sont en dérapages incontrôlés ». Concrètement, la Fnab demande « le dézonage » des MAEC « systèmes herbagers » et des MAEC « zéro intrants », explique son co-président Loïc Madeline. Cela signifie que toutes les exploitations bio de France pourraient demander ces MAEC, quelle que soit leur localisation. Pour financer cela, la Fnab veut utiliser les reliquats de la conversion bio. « Il reste au moins 500 à 600 000 euros de reliquats à venir sur la fin de la programmation [de la Pac] », affirme Loïc Madeline. La Fnab demande aussi une augmentation du crédit d’impôt bio, de 4 500 euros actuellement « à 6 000 euros », précise-t-il.

Eau : en Ile-de-France, le regain du maraîchage pourrait accentuer les tensions (étude)

L’accès à l’eau, notamment par forage, constitue un levier essentiel pour accompagner la diversification maraîchère et légumière en Île-de-France au sein des projets alimentaires territoriaux (PAT), souligne une étude dirigée par Nabil Touili (Inrae – Campus Agro Paris) publiée le 5 août dans la revue Cahiers Agricultures. Entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitations maraichères y a presque doublé, alors que la production locale ne couvre que 12 % de la consommation francilienne. Or, les besoins en eau y sont significatifs: 83 % des exploitations maraîchères font appel à l’irrigation, contre 15 % pour les grandes cultures. D’ici 2060, les besoins en eau pourraient croître de 40 % par rapport aux besoins en 2000, quand les projections annoncent une baisse de la disponibilité des nappes souterraines pour l’irrigation. Pour l’heure, les forages individuels restent le mode d’accès privilégié à l’eau. Les agriculteurs identifient toutefois comme solution prioritaire le stockage à petite échelle, via la récupération de l’eau de pluie. L’étude recommande d’en évaluer les incidences, au sein des PTGE, sur les débits d’eau de surface, les niveaux d’étiages et la recharge de la nappe d’eau souterraine. Elle évoque aussi une autre piste, encore peu explorée : la réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Une option toutefois contraignante, en raison de normes sanitaires et environnementales strictes, et coûteuse.

Climat : la Tracc, trajectoire de réchauffement de référence, en consultation publique

Le ministère de la Transition écologique a lancé une consultation publique du 5 septembre au 1er octobre en vue de son projet de décret relatif à la Tracc (trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique). Ce décret, qui intègrera le Code de l’environnement, posera le principe de l’élévation prévisible des températures, a indiqué le cabinet de la ministre Agnès Pannier-Runacher à l’AFP. Des arrêtés, plus simples à modifier, préciseront les chiffres, entre autres modalités d’application. La date de parution du décret et des arrêtés reste à déterminer. « Cette trajectoire correspond à un réchauffement de 1,5°C en 2030, 2°C en 2050 et 3°C en 2100 dans le monde, soit respectivement 2°C, 2,7°C et 4°C en France métropolitaine par rapport aux niveaux préindustriels », a indiqué le ministère dans un communiqué. Elle « s’appuie les travaux des scientifiques du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) combinés à ceux des chercheurs français et de Météo-France ». La France, comme plus généralement l’Europe, devrait continuer à se réchauffer plus rapidement que la moyenne de la planète, d’après les projections des climatologues. L’objectif est d’avoir un scénario de référence auquel l’ensemble des plans, nationaux ou locaux, devra se fier.

Alimentation : jusqu’à deux tiers de protéines végétales sans risque pour les seniors

La part des protéines végétales dans l’alimentation des seniors peut être augmentée de deux tiers (dans la part totale des protéines consommées) sans compromettre leurs besoins nutritionnels, à condition de maintenir une consommation suffisante en produits laitiers et en produits de la mer, rapporte une étude menée par l’Inrae et AgroParisTech, publiée dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition le 28 août. Ce travail part d’un constat : les personnes âgées de plus de 65 ans ont des besoins plus élevés en protéines et en acides aminés. Or, ces composés sont moins présents dans les produits végétaux que dans les produits animaux. Afin de garantir un apport adéquat en nutriments et de minimiser le risque de maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers), les chercheurs ont modélisé différents régimes, plus ou moins végétalisés, à partir des données de l’enquête Inca 3, qui évalue les habitudes de la population française. Leurs résultats montrent toutefois qu’au fil de l’augmentation de la part de protéines végétales, certains nutriments (iode, calcium, fer, vitamines A et B12) sont plus difficiles à équilibrer. Aussi, les chercheurs recommandent d'enrichir certaines aliments ou de recourir à des compléments alimentaires au de-là de deux tiers de protéines végétales.

Eureden : la directrice financière Marie-Gabrielle Daniel deviendra d.g. début 2026

Le groupe coopératif Eureden annonce, dans un communiqué du 5 septembre, que son actuelle directrice générale adjointe en charge de la stratégie et de la performance financière, Marie-Gabrielle Daniel, succèdera « d’ici début 2026 à Alain Perrin à la direction générale ». Ces deux dirigeants travailleront d’ici-là « en étroite collaboration » à la transition. Selon sa page LinkedIn, Marie-Gabrielle Daniel a été directrice Administratif et finances (Daf) à la création d’Eureden en 2020 (par fusion entre Triskalia et d’Aucy), avant d’être nommée à son poste actuel par Alain Perrin en 2024. Diplômée de HEC, elle avait rejoint la coopérative, encore appelée Triskalia, en 2015, à Landerneau, après plus de 17 ans à la Société générale qui l’avaient conduite à la direction commerciale entreprises. À 50 ans, elle se prépare à diriger le groupe agroalimentaire coopératif breton de 17 000 agriculteurs-coopérateurs, employant 8 000 collaborateurs et portant les marques d’aucy, Jean Nicolas, Globus, Paysan Breton, Cocotine, Aubret, Point Vert et Magasin Vert.

Cercles de réflexion: Christophe Leschiera prend en charge la communication d'Agridées

Dans un communiqué paru le 5 septembre, le cercle de réflexion Agridées annonce la nomination de Christophe Leschiera comme responsable de la communication et rédacteur en chef du magazine. Il fut auparavant responsable de la communication de l'association Trame pendant 25 ans, et rédacteur en chef de sa revue Travaux et innovations.

Biocarburants: Alexandre Haack devient président de Bioéthanol France

Dans un communiqué paru le 5 septembre, le syndicat professionnel Bioéthanol France annonce que son conseil d'administration a élu Alexandre Haack à sa présidence à compter du 6 septembre. Il succède dans cette fonction à Valérie Corre, directrice des affaires réglementaires alcool/éthanol UE chez Tereos, qui devient vice-présidente de Bioéthanol France. Alexandre Haack était lui-même vice-président de Bioéthanol France depuis 2022. Il est responsable commercial et des affaires règlementaires pour le bioéthanol au sein du groupe Cristal Union.

Addendum à l'agenda agricole de la semaine du 8 septembre 2025

Lundi 8 septembre 
Sustainable Leather Forum (filière cuir), sur le thème du climat

Mardi 9 septembre
Conférence de presse de rentrée du Modef