Vision sur l’agriculture et l’alimentation: Bruxelles fixe les grandes lignes de la future Pac….
Le projet de «Vision sur l’agriculture et l’alimentation» (consulté par Agra Presse - à télécharger ici), que la Commission européenne doit dévoiler le 19 février, brosse déjà les grandes orientations de la future Pac. Sans grandes surprises, le texte reprend les grandes lignes des conclusions du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture, qui avait réuni une trentaine de parties prenantes. Bruxelles veut «prioriser la production de produits agricoles essentiels à l’autonomie stratégique et à la résilience de l’UE», orienter les soutiens davantage vers ceux qui en ont le plus besoin, «avec une attention particulière aux agriculteurs des zones à contraintes naturelles, aux jeunes et nouveaux agriculteurs, et aux exploitations polyculture-élevage», et offrir à tous les agriculteurs «des outils de gestion des crises et des risques». Le tout en donnant aux États membres une plus grande flexibilité pour atteindre leurs objectifs. Une flexibilité qui sera étendue aux agriculteurs, leur donnant plus de marge de manœuvre «pour concevoir des pratiques adaptées à leurs exploitations». Et sera progressivement introduit un système de «benchmarking volontaire» pour les évaluations de durabilité à la ferme. Comme attendu la Commission présentera aussi en 2025 des stratégies sur «le renouvellement générationnel», une vision à long terme pour le secteur de l’élevage (avec l’objectif de concevoir «une chaîne de production animale d’excellence»), une stratégie numérique de l’UE pour l’agriculture, ainsi qu’un observatoire européen des terres agricoles. Enfin, Bruxelles confirme la présentation d’un nouveau paquet de simplification de la Pac au printemps, mais annonce aussi, dans un second temps toujours en 2025, «un paquet législatif transversal de simplification au niveau des exploitations et des entreprises alimentaires dans d’autres domaines politiques que la Pac», comme l’environnement ou le sanitaire.
…et s’engage sur la réciprocité des normes et sur la disponibilité des biopesticides
Au-delà de la politique agricole, le projet de «Vision sur l’agriculture et l’alimentation» promet aussi «l’approfondissement de la réciprocité», avec un «alignement plus strict des normes de production appliquées aux produits importés, notamment en matière de pesticides et de bien-être animal». Bruxelles assure que les pesticides les plus dangereux interdits dans l’UE pour des raisons de santé et d’environnement ne seront pas réintroduits dans l’UE par le biais d’importations et s’engage à ce que les produits chimiques dangereux interdits ne soient pas produits pour l’exportation, y compris les pesticides. Une task force dédiée sera créée pour renforcer le contrôle des importations, y compris sur le terrain. Bruxelles promet de protéger son secteur agroalimentaire par «tous les moyens disponibles, y compris dans le cadre de l’OMC ou des instruments autonomes de l’UE». «Dans ce contexte, la réserve d’un milliard annoncée dans le cadre de l’accord UE-Mercosur jouera un rôle important», souligne le projet de texte. Par ailleurs, la Commission proposera une accélération de l’accès aux biopesticides sur le marché de l’UE avec la possibilité pour les États membres d’accorder des autorisations provisoires. Les ressources de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) devraient être renforcées pour accélérer les procédures d’évaluation. Enfin, la Commission proposera une législation sur les marchés publics pour que «le prix le plus bas ne soit plus le seul critère» lors de l’achat de produits alimentaires, afin de récompenser les efforts de qualité et de durabilité des agriculteurs européens.
Budget de l’UE: Farm Europe s’oppose à une renationalisation de la Pac
Dans un document publié le 12 février, le cercle de réflexion agricole européen Farm Europe prend position sur la question du prochain cadre financier pluriannuel de l’UE (CFP). Farm Europe estime notamment que la proposition «en faveur d’un fonds unique transférerait une plus grande responsabilité aux États membres, avec un risque évident de renationalisation de la plupart des politiques de l’UE, de perte de l’approche commune et du marché intérieur». Le think tank ajoute que cela pourrait conduire à une perte de fonds pour la Pac. Il faut dire que, dans sa communication de concernant le prochain CFP, publiée le même jour, la Commission européenne ouvre la porte au regroupement des enveloppes de la Pac avec celles d’autres programmes sectoriels (dont les fonds de cohésion) au sein de plans nationaux qui seraient approuvés par l’UE. Pour Bruxelles, cette option permettrait d’assouplir la rigidité du cadre actuel et de mieux répondre aux crises. Pour l’heure, l’exécutif européen indique qu’il ne s’agit que de travaux préparatoires qui ne préjugent en rien de l’architecture des futurs programmes.
UE/Mercosur: les eurodéputés placent l’agriculture au cœur de leurs préoccupations
Les conséquences sur l’agriculture ont été au cœur des préoccupations exprimées par les eurodéputés lors du débat, le 13 février en séance plénière du Parlement européen, sur l’accord commercial UE/Mercosur. «Le débat s’est presque exclusivement concentré sur l’agriculture», a d’ailleurs constaté le commissaire au Commerce international, Maros Sefcovic, chargé une nouvelle fois d’assurer le service après-vente de la Commission européenne. Les eurodéputés apparaissent encore divisés sur le sujet et des interrogations persistent de part et d’autre de l’hémicycle. En amont, le 12 février, le vote sur une résolution d’objection à l’autorisation d’un maïs OGM a donné la possibilité aux eurodéputés de se prononcer sur l’accord. Un amendement déposé par le groupe La Gauche appelant explicitement la Commission européenne et les États membres «à renoncer définitivement à signer à l’accord UE/Mercosur» était mis au vote. Une requête qui n’a finalement pas été suivie par l’hémicycle, qui a rejeté la proposition, avec 309 voix contre, 262 voix pour et 76 abstentions.
Chambres d’agricultures/coopératives: le Parlement vote la suppression du non-cumul
Après le vote du Sénat le 6 février, suivi d'une commission mixte paritaire, le Parlement a définitivement adopté le 13 février la proposition de loi (PPL) de Nicole Le Peih visant à prolonger une dérogation autorisant des responsables de coopératives agricoles à siéger aux bureaux des chambres d'agriculture, en pleine recomposition. Après les élections aux chambres d'agriculture qui viennent de se tenir (lire notre dossier), la constitution de leurs bureaux doit être achevée au plus tard début mars. Le Parlement a donc adopté dans l'urgence cette proposition de loi. Ce texte prolonge la possibilité de siéger aux bureaux de ces chambres pour les élus exerçant par ailleurs des activités de vente de produits phytosanitaires (pesticides), avec une obligation de déport sur ce sujet. Il s'agit ainsi de maintenir une dérogation à la loi Egalim de 2018, qui avait organisé la séparation des activités de conseil et de vente en matière de pesticides dans le but de prévenir les conflits d'intérêts. Sans ce texte, les administrateurs de coopératives ne pourraient plus siéger dans les bureaux des chambres. «Près du quart des actuels élus aux chambres d'agriculture» risquaient de se voir évincés, avait souligné la ministre de l'Agriculture Annie Genevard lors des discussions à l'Assemblée.
Fleurs coupées: de forts taux de résidus de pesticides, observe Que choisir
Le magazine Que choisir tire la sonnette d’alarme sur la présence de pesticides dans les fleurs coupées. Début janvier, le média a acheté quinze bouquets de fleurs (cinq de gerbéras, cinq de roses et cinq de chrysanthèmes), en grande distribution, en boutique et sur Internet. En laboratoire, il a procédé à la recherche de 600 résidus de pesticides différents, se focalisant sur les substances reconnues par les agences sanitaires françaises ou européennes comme possiblement ou certainement dangereuses. Que choisir a identifié, dans chaque bouquet, de 7 à 46 résidus de pesticides différents, parmi lesquels près de 12, en moyenne, constituent possiblement ou certainement un danger pour la santé. «Et si les concentrations semblent un peu plus faibles, en moyenne, dans les gerbéras que dans les roses et les chrysanthèmes, il n’en reste pas moins qu’aucune des trois espèces n’est épargnée», souligne l’association. Les fleurs françaises ne sont pas exclues: 14 résidus de pesticides, dont 7 présentant un danger pour la santé avéré ou suspecté (perturbateur endocrinien, cancérogène ou encore délétère pour la fertilité ou le fœtus) ont été trouvés. Cette enquête intervient alors que plusieurs études ont été lancées dernièrement sur la présence de pesticides au stade du détail, que cela soit par l’Anses ou par l’interprofession Valhor.
Pesticides/fruits: la justice suspend le non-renouvellement de l’AMM du Pledge
Le tribunal administratif de Lyon a suspendu, le 11 février, l’exécution de la décision de l’Anses du 6 décembre 2024 qui refusait le renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Pledge/Rami, un herbicide composé de flumioxazine. «Cette décision est un soulagement majeur pour la filière des fruits à pépins, qui faisait face à une menace directe sur ses exploitations», rapporte la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF, FNSEA) dans un communiqué le 13 février. Selon l’organisation professionnelle, le tribunal administratif souligne que l’Anses n’a pas démontré que le produit Pledge/Rami présentait un «risque inacceptable pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement», mais a toutefois précisé que ce risque «ne pouvait être exclu». Pour rappel, dans sa décision du 6 décembre 2024, l’Anses avait pointé du doigt l’impossibilité d’exclure «un risque inacceptable pour les eaux souterraines, les mammifères, les organismes aquatiques et les plantes non-cibles». Jusqu’à ce que le tribunal administratif tranche sur la validité de la décision de l’Anses de retirer l’AMM du Pledge/Rami, ledit produit sera maintenu sur le marché dans les même conditions qu’avant, souligne Philagro France (fournisseur du Pledge/Rami en France) dans un communiqué le 12 février. Une prise de décision qui pourrait prendre entre 12 et 18 mois.
Séparation vente/conseil: Phyteis s’inquiète des conséquences de la réforme sur les OAD
Deux semaines après la présentation au Sénat de la proposition gouvernementale de suppression de la séparations de la vente et du conseil des pesticides, Yves Picquet, président de Phyteis (fabricants de pesticides) a fait part, lors d’une conférence de presse le 13 février, d’une certaine inquiétude quant à la possibilité ré-offerte «uniquement à la distribution et non pas à la société productrice de fournir des conseils». En effet, «toutes nos entreprises travaillent sur des outils d’aide à la décision (OAD)», a-t-il rappelé. Certains OAD alertent simplement sur la pression parasitaire et ne sont de ce fait pas assimilés à du conseil. D’autres peuvent donner plus de précisions: quel produit utiliser, quelle dose, etc. Dans ce dernier cas, ces outils pourraient être assimilés à du conseil, et donc considérés comme incompatibles avec la vente des produits phytopharmaceutiques par les entreprises. «Nous essaierons de travailler avec les autorités pour que, au travers des OAD, nous puissions donner conseil sur le traitement des parcelles», ajoute Yves Picquet. Présenté au Sénat lors de l'examen de la PPL Entraves, l'amendement du gouvernement propose une suppression de la séparation de la vente et du conseil, à l'exception des fabricants. Mais il prévoit qu'un décret précise le sort de certaines situations de «conflits d'intérêt», dont le contenu n'est pas encore connu.
Pesticides: légère baisse du chiffre d’affaires 2024 chez les adhérents de Phytéis
Lors d’une conférence de presse le 13 févier, les fabricants de pesticides de Phyteis (ex-UIPP) ont rapporté un chiffre d’affaires 2024 de 2,2 milliards d’euros (Md€) chez les adhérents de l'organisation, contre 2,4 Md€ l'année passée. «Le chiffre d’affaires varie en partie en fonction des conditions climatiques», précise Yves Picquet, le président. Certaines années, la météo favorise plus ou moins l’apparition de maladies, ravageurs ou adventices, requérant un usage plus ou moins important des pesticides. La tendance est plus stable et elle continue d'être à la baisse en matière de volumes vendus, notamment par effet de concentration et d'efficacité des matières actives. En 2023 (dernière année disponible), 48 491 t de substances actives ont été vendues aux distributeurs (coopératives, négoces), contre 64 898 t en 2022. En 1999, 120 502 t étaient commercialisées. Mais pour rappel, pour mesurer l'évolution de l'usage des pesticides, l’information la plus précise reste le nombre de doses unités (Nodu) agricoles, livrées par le ministère de l’Agriculture. Il est en baisse depuis 10 ans, mais stable sur quinze ans.
Numérique/blockchain: Connecting Food en procédure de sauvegarde
La société Connecting Food a été placée, le 10 décembre, en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Versailles. Cette société, fondée en 2016, développe un système reposant sur la blockchain, qui offre aux industriels de l'agroalimentaire une traçabilité de leurs opérations. Malgré plusieurs levées de fonds, pour un total de 7 millions d'euros (M€), la collaboration avec de grands groupes tels que Herta, Nestlé, Mondelez ou Axéréal, et une première place obtenue au EIT Digital Challenge (le concours du programme européen pour la recherche et l'innovation), Connecting Food affiche des difficultés financières depuis plusieurs années. Ainsi, l’entreprise enregistre des résultats en déficit, de -1,4 M€ à -2 M€, entre 2019 et 2022. Connecting Food, qui emploie 21 personnes, à Paris, a jusqu’au 19 février pour adresser ses déclarations des créances au mandataire judiciaire. De nombreuses entreprises de la foodtech sont aujourd’hui en difficultés financières, voire font face à des procédures collectives. (Elena Blum)
Eau: Greenpeace pointe une surreprésentation des «lobbies agricoles» dans les instances
Dans un rapport publié le 13 février, Greenpeace dénonce une «sur-représentation agricole» dans les instances locales de gouvernance de l’eau, «noyautées par l’agro-industrie», selon elle. L’ONG a étudié deux Commissions locales de l’eau (CLE) «emblématiques des conflits d’usage», celles de la Boutonne et du Clain. Résultat: alors que cinq sièges (sur 56) sont «théoriquement prévus pour les agriculteurs», 21 sont «en réalité occupés par des personnes ayant des intérêts privés agricoles» à la Boutonne, et 15 au Clain. Il s’agit notamment d’élus siégeant au titre des collectivités, mais ayant des intérêts agricoles, directement ou dans leur entourage. Dans la CLE de la Boutonne, Greenpeace a calculé que les représentants agricoles occupent 37% du temps de parole, contre 14% pour les pouvoirs publics et 19% pour les associations environnementales. Par ailleurs, Greenpeace estime que l’État «se rend complice des manigances des lobbies agricoles». Dans le bassin du Clain, «l’ancien préfet de la Vienne, a systématiquement soutenu les oppositions des irrigants», relève l’ONG sur la base des comptes-rendus des débats. En conclusion, Greenpeace demande notamment d’«encadrer le risque de conflits d’intérêts», mais aussi de renoncer à la réforme des comités de bassin prévue dans la PPL Entraves.
Pomme de terre: le NEPG (producteurs européens) s’inquiète d’une hausse de la sole
Dans un communiqué du 12 février, le NEPG, groupe des producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l’Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique) estime qu’il est «très probable» que les agriculteurs augmenteront leurs surfaces entre 2024 et 2025. Cette inquiétude fait écho aux récentes alertes des syndicats français (l’UNPT, partie prenante du groupe, et le CNIPT) ces dernières semaines, appelant les producteurs hexagonaux à suivre la demande des industriels, et non la précéder. Le NEPG juge très «surprenant» le récent renchérissement des cours, passant de 12,5 €/100 kg durant la période octobre-novembre 2024 à 30 €/100 kg en février 2025 ; pour le groupe, cette hausse masque en réalité un marché très incertain, qui pourrait se retourner en cas de choc de l’offre. Le groupe rappelle que la récolte dans les quatre principaux pays producteurs européens a progressé entre 2023 et 2024 de 6,9 %, à 24,7 Mt. D’un autre côté, les coûts de production augmentent, pendant que les rendements s’inscrivent dans une tendance de fond baissière. Enfin, la concurrence internationale sur le marché des frites se renforce, avec de nouveaux acteurs : l’Inde, la Chine, la Turquie, etc.
Betterave à sucre: vers un nouvel échec de la CR à faire annuler la CVO
Le résultat devrait être le même qu'en 2022: lors d'une séance publique le 13 février, la rapporteure publique a demandé que soit rejetée la requête de la Coordination rurale (CR), qui demandait l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2023 portant extension d’un accord interprofessionnel de l’AIBS (betteraves à sucre) relatif aux cotisations volontaires obligatoires (CVO) pour 2022 et 2023. La Coordination rurale n'est pas membre de l'interprofession. Et pour qu'un tel arrêté puisse être pris par le ministère de l'Agriculture, les membres d'une interprofession doivent représenter au moins deux tiers des opérateurs ou du chiffre d'affaires de la filière, à défaut de connaître les volumes. En l'absence de tels chiffres, une présomption de représentativité est établie par l'intermédiaire des élections aux chambres d'agriculture, comme c'est le cas dans la filière betterave, où la CGB est affiliée à la liste FNSEA/JA, a rappelé la rapporteure. Et à l'inverse, ni la Coordination rurale, ni son association France Grandes cultures n'ont pu établir qu'ils représentaient au moins un tiers des volumes. Dans les céréales, la CR est membre de l’interprofession (Intercéréales) via son association spécialisée France Grandes Cultures. En février 2021, la Coordination Rurale s’est félicitée de rejoindre l’interprofession des semences et plants (Semae). Elle a plusieurs fois demandée son intégration à l'interprofession betteravière, en vain jusqu'ici.
Chanvre: Planète Chanvre lève 15 M€ pour tripler sa production
Planète Chanvre, troisième entreprise chanvrière nationale, annonce avoir réalisé fin janvier une levée de fonds de 15 millions d’euros auprès de la Banque des territoires, dans le cadre du programme Territoires d’innovation de France 2030. À côté des investisseurs privés et institutionnels, Planète Chanvre bénéficie du soutien financier de la région Île-de-France, de BPI France et de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Créée en 2009 par un groupement d’agriculteurs de Seine-et-Marne, l’entreprise transforme 5000 t de paille de chanvre par an. Grâce à cette enveloppe, elle compte tripler sa capacité de production en investissant dans une nouvelle usine, dotée d’une ligne de transformation capable de recevoir plusieurs types de paille de chanvre. Peu gourmand en intrants, facile à cultiver, le chanvre possède de nombreux débouchés: béton et isolants pour la construction, matériaux pour l’automobile ou le jardinage, textile, plastiques, produits alimentaires, litière pour animaux, etc. Ces produits, distribués en France et à l’international, répondent aux besoins croissants des marchés, en quête de solutions durables et locales. (Anne Gilet)
Vin: le beaujolais veut tripler sa production de blanc «d’ici cinq à dix ans»
Inter Beaujolais, l’interprofession des vins AOC du Beaujolais, a annoncé le 12 février un objectif de triplement de la production de blanc «d’ici cinq à dix ans», répondant à une tendance de consommation. «La production de beaujolais blanc est aujourd’hui confidentielle, entre 3 et 4% des volumes (20 000 à 25 000 hl sur un total de 400 000 à 500 000 hl dans le vignoble)», a indiqué le vice-président Sébastien Kargul. «C’est trop faible. Pour ouvrir de nouveaux marchés, il faut une certaine notoriété. L’ambition est donc de multiplier par trois la production de vin blanc à l’horizon de cinq à dix ans, en atteignant 75 000 à 80 000 hl.» Si l’interprofession vante la bonne adéquation du vignoble avec une tendance au rouge léger, fruité, gourmand, l’idée est donc de développer cette autre couleur, également prisée des consommateurs. «Il ne s’agit pas d’une démarche opportuniste: le Beaujolais a toujours produit du blanc», explique Sébastien Kargul préférant parler de «mise en adéquation d’un terroir avec la tendance de consommation». Inter Beaujolais compte sur un développement des surfaces en chardonnay dans le cadre de la restructuration du vignoble. Une journée technique «Beaujotech - Juste le blanc» a été lancée, le 21 janvier, pour viser l’«homogénéité qualitative» de la production.
Miel: vers un maintien de la reconnaissance d'Interapi, attaquée par l'Unaf et le SNA
Après avoir quitté la jeune interprofession apicole sur fond de dissensions internes, puis avoir attaqué - en vain - son premier arrêté d'extension de la CVO (cotisation volontaire obligatoire), les apiculteurs de l'Unaf - cette fois-ci accompagnés de ceux du SNA - ont attaqué frontalement l'arrêté de reconnaissance d'Interapi au Conseil d'Etat, et devraient être déboutés de leur demande. C'est ce qu'a plaidé la rapporteure publique lors de l'audience le 13 février, face aux arguments des requérants visant essentiellement la représentativité de cette instance - que vient plus récemment de quitter la Coordination rurale. Comme l'a indiqué la rapporteure, les règles de représentativité liées à la reconnaissance d'une interprofession sont plus souples que celles relatives à l'extension des accords interprofessions (2/3 des volumes, ou élections professionnelles). Pour être reconnue comme une interprofession, Interapi doit seulement prouver que son collège amont représente encore «une part significative» de la production. Or, souligne la rapporteure, malgré le retrait de l'Unaf et de SNA, Interapi comptait encore comme membres deux unions généralistes (FNSEA, Confédérations paysannes) et quatre organisations spécialisées dans l'apiculture (lire ici notre petit guide du secteur apicole).
Œufs: l’Italie est devenue la première destination des œufs ukrainiens (presse)
Les importations italiennes d’œufs et d’ovoproduits en provenance d’Ukraine ont bondi d’environ 50% en 2023, puis de 30% en 2024, faisant de l’Italie «le principal point d’entrée des œufs ukrainiens en Europe», constate Mohamed Bouzidi, chargé d’étude économiques de l’Itavi, cité dans un article des Marchés. Le média établit qu’en augmentant ses importations, l’Italie peut déployer ses exportations d’œufs coquille, grâce à un effet de substitution, tout en améliorant la compétitivité de ses ovoproduits. Alors que l’Italie a augmenté de 34% ses importations totales d’œufs coquille (essentiellement d’Ukraine et de France) au cours des 10 premiers mois de l’année 2024, elle a augmenté de 50% ses exportations d’œufs et d’ovoproduits sur la même période. Selon le chargé d’études de l’Itavi, les œufs importés sont probablement destinés aux casseries, qui les transforment en ovoproduits. Celui-ci suppose que les œufs importés de Roumanie ou d’Ukraine sont produits dans des cages non-aménagées. Il note aussi que «certains ovoproduits ne sont pas exportés sous ces codes douaniers, mais sous ceux correspondants aux "préparations alimentaires" et sont donc intraçables».
Agenda de la semaine agricole du 17 février 2025
Vendredi 14 février
Visioconférence Idele/Inrae sur l'évaluation génétique des petits ruminants
Lundi 17 février
Conférence de presse sur la présence de l'Inrae au Salon de l'agriculture
Mardi 18 février
Conférence de presse France Gaz sur la méthanisation
Conférence de presse de Générations futures sur les PFAS
Conférence de presse sur les résultats d'Oxyane (coopérative)
Conférence de presse Anvol (interprofession des volailles de chair)
Mercredi 19 février
Présentation par la Commission européenne de la Vision sur l'agriculture et l'alimentation
Présentation du Déméter 2025
Visioconférence du réseau Haies sur la viticulture et l'agroforesterie
Présentation de la proposition de résolution Droit à l’alimentation à l’Assemblée
Publication d'un rapport sur l'élevage et le climat par le Réseau action climat
Jeudi 20 février
Conférence de presse d'Inaporc
Samedi 22 février
Inauguration du Salon de l'agriculture