Edition du 14 septembre 2022

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Déforestation importée: le Parlement européen adopte une position ambitieuse

Le Parlement européen a adopté le 13 septembre une position ambitieuse sur la proposition de la Commission européenne visant à lutter contre l’importation de produits responsables de déforestation. Les eurodéputés ont ajouté à la liste prévue des produits couverts par le règlement (bovins, l’huile de palme, soja, bois, cacao et café) d’autres productions: les viandes de porcines, ovines et caprines, la volaille, le maïs, le caoutchouc, ainsi que le charbon de bois et les produits en papier imprimé. Ils demandent également à avancer d’un an (le 31 décembre 2019) la date à partir de laquelle les produits concernés ne doivent pas avoir été fabriqués sur des terres déboisées. Et ils se prononcent enfin pour un dispositif de géolocalisation et de traçabilité des parcelles. Autant d’éléments qui font diverger la position du Parlement européen de celle adoptée en juin par les ÉEtats membres de l’UE avec lesquels des négociations en trilogue vont maintenant pouvoir s’engager. La République tchèque qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE a fait de ce dossier l’une de ses priorités et espère boucler les négociations avant la fin de l’année.

Sécheresse: Marc Fesneau abaisse le seuil d'accès aux calamités à 11%

Lors de son discours au Space de Rennes le 13 septembre, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé que le régime des calamités agricoles sera accessible à partir de 11% de pertes de produit brut d'exploitation (au lieu de 13% habituellement). Alors que les agriculteurs font face à une sécheresse historique, cette décision vise à «faire rentrer un maximum d'élevages, notamment en polyculture-élevage» dans ce dispositif. Demandé par la FNSEA, cet abaissement du seuil d'accès aux calamités est «extrêmement important»; il avait «déjà été actionné il y a trois ans», a rappelé Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, lors d'une conférence de presse. «Il faudra que l'État soit plus généreux», a-t-elle ajouté, alors que le ministre n'a pas répondu à la demande de son syndicat de porter les indemnisations à 30% des pertes (contre 28% actuellement). Par ailleurs, «il y aura des aides flash en département, à la main du préfet», a indiqué Mme Lambert, ajoutant que «le comité national de gestion des risques en agriculture «se réunira en octobre, plus vite qu'habituellement». La FNSEA a demandé au ministre de «s'engager sur des premiers versements des calamités en décembre», au lieu d'avril en temps normal.

Biogaz : un tiers des unités bretonnes contournent le seuil de déclaration (presse)

En Bretagne, «un tiers des méthaniseurs augmentent leur capacité en cours de route», résume le média régional Splann dans une enquête publiée le 13 septembre à l’ouverture du Space. Or dans cette région, la majorité des installations sont inscrites en tant qu’installation classée (ICPE) sous le régime de la déclaration, le moins contraignant, réservé aux méthaniseurs consommant moins de 30 t par jour de matières premières. Mais pour l’année 2020, selon une enquête de la Dreal citée par Splann, «28 installations en cogénération [sur un total de 87] ont augmenté de puissance depuis leur mise en service». «En moyenne les installations qui procèdent à une augmentation doublent de puissance», notent les services de l’État. Et en injection, neuf installations sur les 27 existant à date avaient également augmenté leurs capacités. Permettant d'échapper aux régimes ICPE plus contraignants de l'autorisation et l'enregistrement, recalibrer son installation juste après la mise en service après sa mise en service est pourtant «peu recommandable et peu recommandé», résume Armelle Damiano, directrice de l’agence locale de l’énergie (AILE), interrogée par Splann. Et de reconnaître, face à plusieurs exemples d'installations identifiés par Splann, que l'augmentation du volume après mise en service est un procédé «difficilement acceptable pour les collectivités». Le régime de l’enregistrement prévoyant une consultation publique s’applique en principe à partir de 30 tonnes, et celui de l’autorisation, soumis à étude d’impact, à partir de 100 tonnes.

Relations commerciales: Fesneau ouvert à réfléchir à des négociations «plus régulières»

À l’occasion d’un déplacement en Ille-et-Vilaine le 12 septembre, à la veille de l’ouverture du Space (Rennes), le ministre de l’Agriculture est revenu sur les pistes d’amélioration de l’encadrement des relations commerciales. En conférence de presse, Marc Fesneau a expliqué ne pas être «fermé» à la question suivante : «Est-ce que l’on pourrait avoir des négociations annuelles plus régulières ?» Et de constater : «Les négociations étaient terminées, et le 1er mars au soir, il fallait renégocier. Je ne suis pas fermé là-dessus, mais laissons d'abord vivre deux exercices d’Egalim 2.» Questionné le lendemain lors d'un point presse au Space, le ministre a ajouté que l'évolution de l'encadrement pourra être «différente selon les filières». En déplacement le 9 septembre dans le Loiret, sur la fête agricole Terres de Jim, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il était ouvert à une nouvelle réforme des relations commerciales dans le secteur agricole et agroalimentaire en cas d'échec de la loi Egalim 2 à «protéger les producteurs et protéger les transformateurs». Et le président de préciser: «Si la deuxième saison d'Egalim 2 n'est pas au rendez-vous, je suis tout à fait prêt à ce qu'on continue à changer de manière profonde nos textes pour aller plus loin, protéger les producteurs et protéger les transformateurs, en particulier les PME et TPE du secteur si elles continuent d'être sous la pression de certaines structures qui ne veulent pas jouer le jeu, qui n'ont pas compris que le monde était en train de changer.»

Syndicalisme : François Walraet candidat à la présidence de la Coordination rurale

Fait inédit dans l’histoire de la Coordination rurale, une rude bataille s’annonce pour succéder à l’actuel président national Bernard Lannes. Le président de la CR de l’Allier François Walraet s’est porté candidat le 10 septembre, dans une vidéo sur Youtube avec la responsable de la section Agricultrices Natacha Guillemet, en lice pour devenir secrétaire générale. C’est la deuxième candidature officielle, après celle du binôme formé par Véronique Le Floc’h, à la tête de la CR de Bretagne, et Sébastien Héraud, responsable de la section Fruits &Légumes. La date limite de réception des candidatures est calée sept jours avant l’assemblée générale, prévue le 7 décembre au Puy du Fou (Vendée). Bernard Lannes, en poste depuis douze ans, n’est pas candidat pour un cinquième mandat. Longtemps désignée pour lui succéder, la 2e vice-présidente Véronique Le Floc’h est visée par une plainte de la CR pour «escroquerie» au service de remplacement. L’affaire, portée en justice auprès du procureur d’Auch (Gers) en avril, est désormais instruite. Le président de la CR Bernard Lannes a d’ailleurs été auditionné le 19 août au commissariat de police.

Betterave: malgré la sécheresse estivale, un rendement préservé (Agreste)

Le service statistique du ministère de l’Agriculture a publié le 13 septembre de nouvelles estimations de récolte en grandes cultures, notamment à 11,3 Mt en maïs grain («la plus faible depuis 1990») et 33,3 Mt en betterave (-3% sur un an). «Les cultures de printemps ont souffert de stress hydriques et thermiques (…) ; leurs rendements sont en forte baisse, notamment pour le maïs non irrigué ; le potentiel de la betterave semble moins atteint», selon une note. Le rendement de maïs est prévu à 84,4 q/ha, contre 104 q/ha l'an passé. «Aucune région n’est épargnée par la baisse du rendement: en Aquitaine par exemple, le rendement chute de 22,2 q/ha sur un an, entraînant une baisse de la production de 23,2 % », pointe Agreste. Côté betterave, le rendement semble «plus préservé», à 83,2 t/ha, en baisse par rapport à 2021 (85,5 t/ha) mais en hausse par rapport à la 2017-21 (82,4 t/ha). La production de pomme de terre de conservation et demi-saison est annoncée à 6,1 Mt (-7,4 % sur un an), avec une baisse de rendement à 39,4 t/ha (contre 43,9 t/ha en 2021). Celle de tournesol est estimée à 1,9 Mt, «en baisse sur un an (-2,9 %), malgré une forte hausse des surfaces (+22,5 %)».

Betterave : Cristal Union avance ses arrachages et réduit sa consommation de gaz

Le sucrier Cristal Union a annoncé le 13 septembre un démarrage anticipé de sa campagne betteravière, prévue «autour de 13 tonnes de sucre par hectare» (contre 14 t/ha l’an dernier), et un objectif d’économie de 10% de sa consommation de gaz. «Nous réduisons sans attendre nos consommations de gaz sur nos activités non prioritaires ou pouvant être reportées», explique-t-il dans un communiqué, souhaitant limiter le risque de coupure d’approvisionnement. «Toutes les activités de déshydratation fonctionnant au gaz ont été arrêtées, au bénéfice des seules chaudières biomasse dont le déploiement a été accéléré ces derniers mois.» Le groupe prévoit aussi d’«augmenter ses capacités de stockage de produits intermédiaires en cours de campagne (sirops de sucre et alcool brut), dans l’attente de périodes moins tendues au niveau énergétique». Comme son concurrent Tereos, Cristal Union avance sa campagne sucrière, d’«une semaine environ» avec un démarrage autour du 15 septembre. Cette date est «un bon compromis, elle nous permet de préserver autant que possible le potentiel agronomique de nos betteraves touchées par la sécheresse tout en adaptant l’activité de nos usines au contexte énergétique sous pression», souligne le président Olivier de Bohan.

Investissements: le Crédit agricole s'attend à une bonne année 2022, «incertitudes» pour 2023

Le Crédit agricole devrait «atteindre, voire dépasser les 8 Mrd€» de réalisations de prêts en 2022, a indiqué Jean-Christophe Roubin, directeur du marché de l'agriculture au Crédit agricole SA, lors d'une conférence de presse au Space le 13 septembre. Au premier semestre 2022, le montant des prêts réalisés par la «banque verte» était «en avance par rapport à 2021» (+8,4% à 4,45 Mrd€). «L'inflation et les aléas climatiques peuvent affecter les résultats du second semestre», prévient toutefois M. Roubin. Et surtout, «la situation reste très incertaine» pour 2023, a-t-il souligné: «S'il y a un retournement de conjoncture en céréales, mais que le prix des intrants reste élevé, on pourrait assister à un effet de ciseau très dommageable.» En 2021, année de reprise post-Covid, le Crédit agricole a enregistré 8,28 Mrd€ de réalisations (+7,8% par rapport à 2020). Il s'agit de «la neuvième année consécutive au-dessus des 7 Mrd€». Les productions les plus dynamiques? Légumes (+17,1%), céréales (+11,6%) et ovins (+10,4%). Au contraire, les seules productions qui ont vu leurs investissements reculer en 2021 sont les volailles (-3,6%), les bovins viande (-1,6%) et la viticulture (-0,5%).

Énergies renouvelables: forte croissance des investissements chez les agriculteurs (Crédit agricole)

Les investissements des exploitants agricoles dans les énergies renouvelables ont connu une «accélération» en 2021, a souligné le Crédit agricole lors d'une conférence de presse le 13 septembre au Space de Rennes. Les productions privilégiées: la méthanisation (+78%) et le photovoltaïque (+62%). En Bretagne, par exemple, 211 projets photovoltaïques ont été financés dans les 18 derniers mois. Dans cette région, la «banque verte» ambitionne de «donner une nouvelle dimension» à son pôle «Transition énergétique» (anciennement «Économie de l'environnement»), selon Stéphane Bouganim, chef de file du marché agricole en Bretagne. Le Crédit agricole a recruté un énergéticien pour conseiller ses clients et lancé un outil d'autodiagnostic énergétique en ligne. La banque est aussi «en train de développer un réseau de partenaires locaux qualifiés». Au niveau national, le Crédit agricole compte «conseiller et accompagner 100% de ses clients dans la transition énergétique» et «intégrer des critères de performance extra-financière dans l'analyse de 100% des financements aux entreprises et aux agriculteurs». En dix ans, la banque a investi 300 M€ dans les énergies renouvelables en Bretagne (104 méthaniseurs en fonctionnement, 27 en travaux).

Engrais russes: l'ONU «poursuit ses efforts» pour faciliter les exportations

L'ONU «poursuit ses efforts» pour permettre les exportations russes d'ammoniac, servant à fabriquer des engrais azotés, et d'autres engrais, a assuré le 13 septembre Rebeca Grynspan, responsable onusienne engagée dans des négociations avec Moscou. Deux accords ont été signés le 22 juillet sous l'égide de l'ONU pour permettre, d'un côté, les exportations de céréales ukrainiennes bloquées par la guerre et, de l'autre, les exportations de nourriture et d'engrais russes, malgré les sanctions imposées par les pays occidentaux à la Russie. Moscou affirme que ses propres exportations de denrées alimentaires et d'engrais continuent de pâtir des sanctions. «Nous allons continuer à essayer de trouver une solution pour résoudre ce problème», a déclaré en conférence de presse Rebeca Grynspan, assurant que «des exportations sont sorties des ports russes». Elle a assuré que des progrès avaient été faits grâce à des «clarifications» fournies par les États-Unis et les Européens sur les sanctions contre la Russie qui, quand la marchandise transportée est de la nourriture et des engrais, ne concernent ni les banques ni les assureurs des navires ni les ports de destination en Europe.

Pac: les PSN du Luxembourg et de l'Autriche validés, fort soutien à la bio

La Commission européenne a approuvé le 13 septembre deux nouveaux plans stratégiques de la Pac, ceux de l'Autriche et du Luxembourg. Ces deux pays soutiendront fortement le développement de l'agriculture biologique, salue Bruxelles, avec un objectif de 20% de surfaces bio pour le Luxembourg en 2025 et de 30% pour l’Autriche. Cela porte à neuf le nombre de plans stratégiques validés, après les sept premiers adoptés fin août (France, Danemark, Finlande, Irlande, Pologne, Portugal et Espagne). Alors que la prochaine Pac doit entrer en vigueur le 1er janvier 2023, la Commission européenne a également adopté le 12 septembre un règlement d’exécution encadrant le suivi et de l'évaluation des résultats de celle-ci. Le texte fixe des règles sur les informations détaillées que les États membres devront recueillir dans leur rapports annuels de performance.

Peste porcine africaine: la Cooperl presque «prête» pour la compartimentation

«Nous sommes prêts à présenter un cadre théorique pour la compartimentation» en cas de peste porcine africaine (PPA), a indique le vice-président de la Cooperl Bernard Rouxel lors d'une table ronde organisée le 12 septembre par l'Afja (journalistes agricoles). La compartimentation consiste à isoler du point de vue sanitaire une chaîne de production (alimentation animale, élevages, abattoirs, équarrissage) qui pourra continuer à exporter même si la PPA atteint des élevages environnants. Ce dispositif est prévu dans l'accord de zonage signé avec la Chine en décembre 2021. «Nous avons déjà sélectionné nos meilleurs élevages en matière de biosécurité», ajoute M. Rouxel, précisant que la compartimentation implique notamment de disposer d'une clôture externe, d'un sas d'entrée et d'un quai de chargement. «Si on sécurise 15 à 20% de la production avec la compartimentation, cela permettrait d'équilibrer la filière et d'éviter une chute du prix du porc en cas de PPA», estime cet éleveur des Côtes-d'Armor. Pour être appliquée, la compartimentation doit encore faire l'objet d'un cahier des charges rédigé par le ministère de l'Agriculture et validé par la Commission européenne. «Il est urgent qu'une ou deux entreprises se penchent sur le sujet», martèle Bernard Rouxel, en appelant à l'interprofession Inaporc (que la Cooperl a quittée en 2020).

Génétique bovine: premiers retours «très positifs» sur l'outil d'évaluation Single Step

Les retours de terrain sur le nouvel outil d’évaluation de génétique bovine Single Step sont «très positifs», a tenu à partager Jean-Christophe Boittin, responsable marketing produits génétiques de la coopérative Evolution (Innoval), le 13 septembre, à l’occasion d’une conférence organisée par l’Institut de l’élevage (Idele) au Space. Le Single Step, nouvelle méthode d’évaluation du potentiel génétique en une étape, a été déployé pour les huit races de vaches laitières depuis le printemps. Son principal atout est de créer une «discrimination plus importante entre les animaux» ce qui permet une «sélection plus efficace», explique Amandine Launay, chef de projet à l’Idele. D’autant que la précédente méthode en deux étapes «sous-évaluait» le potentiel des animaux et introduisait «un biais» qui s’est accentué au fil des générations, explique Amandine Launay. «Les différences sur les qualités et les défauts sont plus nets», précise Jean-Christophe Boittin, qui ajoute que le changement de méthode a eu peu d’impact sur la hiérarchie des taureaux dans l’index. En Prim’Holstein, le nouvel index aboutit à des variations «plutôt à la hausse» pour tous les animaux, confirme Jean-Alexandre Lévêque de Prim’Holstein France. Après les vaches laitières, la méthode doit être déployée pour toutes les races allaitantes dans l’hiver 2023-2024.

Viticulture: la profession en attente des derniers arbitrages sur la réforme de l'assurance

Dans un communiqué le 13 septembre, la filière viticole salue l’application du règlement Omnibus promise par Emmanuel Macron le 9 septembre, et rappelle être en attente d’une décision sur le seuil de déclenchement de l’indemnisation publique pour les pertes catastrophiques. «[Omnibus] sera également accompagné par la solidarité nationale pour les risques les plus élevés, dont le seuil de déclenchement devra être de maximum 50%», appellent de leurs vœux la Cnaoc, les Vignerons coopérateurs, les Vignerons indépendants, la Confédération des vins IGP, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA dans leur communiqué commun. Interrogé, le secrétaire général de la FNSEA Jérôme Despey, également président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, a confirmé que ce seuil n’est pas arbitré. «Il y a deux points qui n’ont pas été évoqués par le président de la République et dont nous attendons les éléments d’arbitrage: l’accès au fonds de solidarité qui pour nous, filière viticole, ne peut pas être supérieur à 50% [de pertes catastrophiques]», a indiqué M. Despey. «Nous attendons aussi de savoir quelle sera la dégressivité appliquée aux non-assurés.» Interrogé le même jour, le cabinet de Marc Fesneau a indiqué que ces deux points sont «en cours d’arbitrage».

Lait: Lactalis favorable à plus d’encadrement des négociations avec la distribution

Interrogé par la presse à l’occasion d’une journée organisée par l’Afja (association des journalistes agricoles), le 12 septembre, le directeur général France de Lactalis, Jean-Marc Bernier a estimé qu’Egalim 2 ne «fonctionne qu’en partie» pour l’industrie laitière. «Le problème c’est qu’on sacralise la matière première agricole, mais qu’est-ce qu’on fait des matières premières industrielles?», interroge-t-il. Également présente, Anne Charlès-Pinault, la directrice générale de Lactel, ajoute que «le marché de la MDD (marque de distributeurs) pourrait être un peu plus encadré». «On n’est pas dans une république bananière mais presque, (les distributeurs, ndlr) passent des appels d’offres un peu quand ils veulent». Côté négociation avec l’amont, le directeur des achats France, Fabien Choiseau, dit vouloir de la «transparence» dans les négociations avec les producteurs. «On va demander aux producteurs ce qu’ils veulent comme coût de revient (pour les prochaines négociations, ndlr)», affirme-t-il. Il met cependant en avant les contraintes induites par le mix produit de l’entreprise: la moitié du lait collecté par Lactalis est à destination de la GMS, le reste part à l’export. «Il est difficile de prévoir à plus de trois mois l’évolution des cours et de garantir un prix aux producteurs sur le long terme», défend Fabien Choiseau.

Presse agricole: Réussir-Agra rachète une société de marketing direct

Le groupe de presse agricole Réussir-Agra annonce, dans un communiqué le 13 septembre, l'acquisition de la société PBS, spécialisée dans le marketing direct dans le secteur agricole. Leurs bases de données réunies, les deux groupes revendiquent «470 435 adresses (récence moins de 5 ans), 372 307 téléphones dont 234 072 portables (opt-in [consentement, ndlr ]avec récence moins de 3 ans) et 153.267 e-mails (opt-in avec récence moins de 3 ans).» Le groupe Réussir-Agra rappelle que cette acquisition intervient après le rachat de la plateforme www.marketingdirectagricole.com opéré en 2021. «Dès aujourd’hui, le rapprochement de nos deux entités permet de produire, recueillir et agréger toutes les données utiles pour proposer au marché la base de contacts BtoB la plus efficiente aux professionnels du secteur agricole pour toute action de marketing direct ciblée et personnalisée», commente le groupe.

 

Biodiversité : Bérangère Abba crée l’association «Ruralité en transition»

L’ancienne secrétaire d’État à la biodiversité Bérangère Abba a annoncé le 13 septembre sur Twitter la création de «Ruralité en transition». Une association qui, d’après la déclaration transmise à la préfecture de Haute-Marne, aura pour objet «d’animer, du local au national, des réflexions sur la valorisation des territoires ruraux». Le champ sera très large: de la «transition agroécologique» à la participation citoyenne en passant par les énergies renouvelables, la lutte contre l’artificialisation, la valorisation des paysages ou même la préservation de la «santé globale». Battue aux législatives dans sa circonscription par le député Rassemblement nationale (RN) Christophe Benz, Bérangère Abba avait rejoint à l’occasion de ces élections le mouvement Horizons fondé par l'ancien Premier ministre Édouard Philippe.