Engrais : une inégalité dans les sanctions prises contre la Russie, dénoncent les distributeurs
Les distributeurs, FNA (négoce agricole) et La Coopération agricole Métiers du grain, signalent des inégalités en Europe concernant les sanctions prises contre la Russie dans le secteur des engrais, les achats auprès d’EuroChem étant «interdits» pour les distributeurs français contrairement à d’autres. «On nous interdit d’acheter les engrais d’EuroChem», affirment-ils, chiffrant à 800 000 t/an l’approvisionnement habituel de ce fournisseur. Détenu par l’oligarque russe Andrey Melnichenko, EuroChem avait vu en mars son offre de rachat de Borealis recalée au motif des sanctions européennes après l’invasion de l’Ukraine. «C’est le troisième fournisseur du marché français», avec des volumes équivalant aux besoins d’engrais azotés d’1 Mha de blé sur quelque 5 Mha, insistent les distributeurs. EuroChem possède une usine à Anvers (Belgique), où des distributeurs européens continuent de s’approvisionner, selon la source. «Le gouvernement belge autorise les achats auprès d’EuroChem», confirme à Agra Presse Steven Moerman, vice-président d’Ungren (grossistes). «D’après lui, l’entreprise n’a plus de liens avec les Russes.»
Climat : le Giec invite le gouvernement français à doubler les baisses d’émissions
Invitée au séminaire du gouvernement le 31 août, la chercheuse Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec, a estimé que «la France doit, et peut, doubler son rythme de baisse d’émissions de gaz à effet de serre», comme elle le détaille elle-même sur Twitter. La paléo-climatologue a rappelé à tous les ministres et au Président que l'augmentation des émissions a accéléré au cours de la dernière décennie, observant que «ce sont les émissions de CO2 (charbon, pétrole, gaz fossile et déforestation) et de méthane (CH4, tirées à la hausse par les fuites de gaz, élevage de ruminants) qui pèsent le plus». Alors que la plupart des scénarios attendent au moins 1,5 °C de hausse dans les vingt prochaines années, ces températures, la baisse de la disponibilité en eau, et les risques climatiques accrus auront des «effets pour les rendements agricoles», a prévenu la chercheuse. Pis, à partir de 2°C en plus, «de nombreuses cultures vivrières seraient en difficulté». Autant d’enjeux face auxquels l’agriculture pourrait apporter des réponses, avec un potentiel de stockage de carbone dans les sols de 2 à 4 Md de tonnes de CO2 par an au niveau mondial. De même, la modification des régimes alimentaires pourrait diminuer les émissions de 2 à 3 Md tCO2/an.
Banque: les taux d'intérêts «s'ajustent», les agriculteurs doivent «en tenir compte» (Crédit mutuel)
Dans un entretien à paraître dans Agra Hebdo le 2 septembre, le directeur de la fédération du Crédit mutuel agricole et rural, Sébastien Prin, revient sur la brutale remontée des taux d'intérêts. «On parle aujourd’hui d’une inflation à 6%, donc les taux d’intérêt s’ajustent. Il faut que chaque agriculteur en tienne compte dans ses investissements». Selon l'indicateur de référence Euribor 12 mois, les taux interbancaires sont passés de -0,499% au 3 janvier 2022 à 1,778% au 31 août. Pour le secteur agricole en particulier, il n'existe pas d'indicateur moyen des taux d'intérêts, selon Sébastien Prin. L'établissement bancaire avertit: «en cas de remontée brutale des taux, comme c’est le cas actuellement, les réseaux bancaires peuvent être mis en porte-à-faux sur les propositions commerciales soumises ces derniers mois, mais non signées.» Interrogé par ailleurs sur les effets de la sécheresse sur les comptes des agriculteurs, la banque n'observe «pas pour l’instant de situation bancaire tendue, mais il convient d’anticiper, car les éleveurs pourraient tout de même avoir des difficultés à s’approvisionner en fourrage durant l’hiver». Consigne a été donnée au sein du réseau bancaire «d’étudier avec nos clients leur situation et de rechercher l'accompagnement qui sera adapté».
Influenza aviaire: nouveau cas en Bretagne, dans un élevage d'Ille-et-Vilaine
Un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé le 31 août dans un élevage de 3500 poules pondeuses de Landujan en Ille-et-Vilaine, à la frontière avec les Côtes d'Armor, indique la préfecture dans un communiqué paru le 1er septembre. En raison de la circulation active du virus parmi les oiseaux sauvages, le préfet d'Ille-et-Vilaine avait pourtant mis en place une zone de «contrôle temporaire» sur l'ensemble du département depuis le 12 août, imposant notamment la mise à l'abri des volatiles. Pour rappel, après un nouvel épisode d'influenza hivernal, dans le Sud-ouest, puis l'Ouest, la situation sanitaire s’était améliorée depuis le début du mois de mai, avec le retour à un niveau de risque classé comme négligeable. Mais depuis la mi-mai, une forte augmentation des cas est constatée dans la faune sauvage "autochtone", et cinq foyers en élevage professionnel - six avec celui-ci - ont été confirmés depuis le 29 juillet dans la Manche, la Somme, le Morbihan et l'Ain. Cette résurgence en plein été fait écho à un «risque d’endémisation» de la maladie signalé par l'Anses.
Ours : le tribunal de Toulouse annule les nouveaux arrêtés d’effarouchement
Dans une décision rendue le 31 août, repérée par nos confrères de la Dépêche, le tribunal administratif de Toulouse considère que la préfète Sylvie Feucher «semble avoir directement méconnu l’autorité» des décisions rendues courant août concernant les arrêtés d’effarouchement. Alors que sept arrêtés avaient été annulés par deux décisions du 4 et du 22 août, la préfecture avait publié de nouveaux textes révisés pour les estives d’Arreau et Ustous, autorisant les effarouchements du 30 août au 1er septembre. Citée par la Dépêche, la préfecture de l’Ariège «prend acte de cette décision du tribunal administratif et étudie toutes les mesures alternatives qui pourront être prises pour accompagner et sécuriser les éleveurs». À la veille de cette dernière audience, l’association One Voice avait même exigé la démission de la préfète de l’Ariège. «Nier ainsi la justice de manière répétitive, dans un État de droit, est absolument inacceptable», s’est agacée l’ONG dans un communiqué. Mais alors que l’automne approche, et que les troupeaux vont commencer à descendre des estives, la prédation pourrait s’intensifier. Et faute de réponse de l’Etat à la détresse des éleveurs, «les réactions risquent d’être vives», prévient Cécile Giboureau, s’inquiétant d’éventuelles actions en-dehors des cadres publics ou légaux.
Loup : reproduction attestée pour la première fois en dehors des Alpes
À la suite de «hurlements provoqués» (simulations de cris de loup par les services de l'Etat) réalisés le 30 août, la préfecture de Lozère confirme, dans un communiqué envoyé le lendemain, la présence de louveteaux dans le département. La question d’une meute sur le Mont Lozère «se posait depuis plusieurs mois», rappelle le communiqué de la préfecture, alors que le suivi hivernal entre 2021 et 2022 avait confirmé la présence d’un mâle et d’une femelle. Prévus depuis le printemps, plusieurs hurlements ont été simulés en août, avec une réponse de louveteaux lors de la quatrième opération à la fin du mois. «C’est la première fois qu’une reproduction est observée en dehors de l’arc alpin», souligne Loïc Obled, directeur général délégué de l’Office français de la biodiversité (OFB). Avec un couvert forestier dense et la présence de cerfs et chevreuils, cette zone de Lozère, précise-t-il, était particulièrement «propice» à la reproduction. En plus de la répartition géographique actuelle du loup, cette reproduction confirme selon lui que «les objectifs de la directive Habitats sont remplis». «L’État confirme enfin ce que nous savions depuis déjà plusieurs années», lâche Alain Pouget, représentant de la Coordination rurale au Groupe National loup, estimant que le plafond de tirs devra être révisé en conséquence. Selon les dernières estimations de l'OFB, 921 loups seraient présents en France.
Colza : dérogation régionalisée pour un insecticide comme alternative au phosmet
Alternative à l’insecticide phosmet pour le colza, le Minecto gold (à base de cyantraniliprole) «vient de recevoir une autorisation de mise sur le marché à titre de dérogation pour une période de 120 jours (15 octobre 2022 -12 février 2023) dans les régions: Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Ile-de-France, Centre-Val-de-Loire et le département de l’Allier», a annoncé le 1er septembre l’institut Terres Inovia. Cette dérogation se limite aux cinq zones géographiques qui sont «les plus touchées par les phénomènes avérés de forte résistance» aux phytos du type pyréthrinoïdes, selon un communiqué. Un règlement européen, paru le 25 janvier, marque la fin du phosmet «au plus tard le 1er novembre». Terres Inovia rappelle sa mobilisation, avec la Fop (producteurs, FNSEA), pour assurer des moyens de lutte contre les ravageurs: «Dans le cadre du plan d’action de sortie du phosmet, des projets de recherche sont lancés depuis juillet 2022 avec pour ambition de proposer des solutions alternatives efficaces à horizon de trois ans».
Agrivoltaïsme: Eiffage veut s'offrir Sun'R
Le groupe de BTP, d'infrastructures et de concessions autoroutières Eiffage a annoncé le 1er septembre être entré en «négociations exclusives» en vue de détenir «plus de 80%» du groupe Sun'R spécialisé dans la production d'électricité solaire, l'agrivoltaïsme, et la fourniture d'électricité verte en circuit court. Le solde du capital sera conservé par le fondateur Antoine Nogier et l'équipe de management, et l'opération -dont le montant n'est pas dévoilé- sera réalisée par le rachat d'actions existantes simultanément à une augmentation de capital entièrement souscrite par Eiffage, indique le groupe dans un communiqué. Installations de centrales solaires au sol ou de panneaux solaires sur des bâtiments agricoles, Sun'R, créée en 2007, est aussi spécialisée dans les ombrières solaires sur les parkings publics ou de centres commerciaux, et dans l'agrivoltaïsme. La filiale Sun'Agri dispose de 220 hectares protégés ou en étude, équivalent à une puissance d'environ 150 MW. Avec cette acquisition, Eiffage entend «accélérer son déploiement dans les énergies renouvelables». La réalisation de l'acquisition devrait intervenir «au cours du 2e semestre 2022».
Sécheresse : restriction d’irrigation inédite en plaine de Crau
Face à la sécheresse, les agriculteurs de la plaine de Crau n’ont plus le droit d’irriguer leurs prairies avec l’eau de la Durance depuis le 1er septembre. «Du jamais vu», déplore André Bernard, président de la chambre régionale d’agriculture de Paca. Les restrictions d’irrigation ont commencé dès la fin mai pour les barrages de la Durance et du Verdon, mais les conditions estivales ont entraîné un nouveau durcissement des conditions de prélèvement. Alors que le déficit hydrique atteint 90% dans certains secteurs, avec une pousse de l’herbe très faible, «pour les éleveurs, la situation est très compliquée», alerte André Bernard. Certains éleveurs ovins ou bovins, détaille-t-il, ont déjà dû mobiliser les stocks prévus pour l’hiver. «S’il ne pleut pas rapidement, les transhumants qui redescendent pourraient aussi avoir du mal à trouver de l’herbe», redoute l’élu de la chambre. En légumes, en arboriculture ou en vin, la situation serait selon lui moins critique, avec des différences entre les secteurs. «Nous travaillons déjà sur le pilotage du goutte à goutte, ou sur l’agrivoltaisme, et nous devons continuer de faire des efforts pour réduire notre consommation. Mais les projets de retenues ou de distribution, notamment depuis le Rhône, doivent aussi être facilités», invite André Bernard.
Vins: les bourgognes vers un millésime «beau et généreux» malgré la sécheresse
Les vins de Bourgogne s'acheminent vers un millésime 2022 «beau et généreux», voire «grandiose», la vigne ayant bien supporté la sécheresse, se réjouissent les vignerons alors que débutent les vendanges dans la région. «On est très, très agréablement surpris» : Thiébault Huber, président de la Confédération des associations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) avait «beaucoup d'inquiétude quant aux rendements» quand il a commencé les vendanges, le 27 août. «Mais en fait, on a un beau rendement. On a un millésime grandiose», déclare-t-il à l'AFP. La vigne a certes souffert de la sécheresse estivale mais «les 100 mm d'eau de juin ont été salvateurs», selon lui. «On s'achemine vers un beau et généreux millésime», confirme François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). «Nous avons eu une saison sans maladie, sans gel ni grêle, sauf dans de rares secteurs: nous sommes revenus à des rendements normaux», se félicite le vigneron. «On va être content de mettre du vin dans la cave car les stocks sont bas», poursuit M. Huber, après le millesimus horribilis de 2020, où le gel, les maladies et la grêle avaient amputé la récolte de moitié en moyenne.
Pac 2023: «il est urgent d'informer les agriculteurs», s'alarme la FNSEA
Alors que la Commission européenne a validé la veille le Plan stratégique national (PSN) de la France, c'est-à-dire la déclinaison française de la future Pac, qui s'appliquera au 1er janvier 2023, «il est urgent que les informations soient communiquées précisément aux agriculteurs alors qu'ils préparent la campagne agricole de 2023, et ont déjà réalisé selon les territoires certains semis ou la préparation des sols», s'alarme la FNSEA dans un communiqué paru le 1er septembre. Et d'appeler l'Etat «à veiller à ce que la communication des règles soit en phase avec ces cycles, surtout dans un contexte d'aléas climatiques et de volatilité des marchés qui nécessite une adaptation permanente aux réalités agronomiques». Le syndicat majoritaire prévient qu'il s'opposerait à ce que «des pénalités soient appliquées pour des pratiques agricoles réalisées cet automne alors que les règles ne sont pas encore connues !» La version finalisée du Plan stratégique national français est à télécharger sur le site du ministère de l'Agriculture.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 5 septembre 2022
Vendredi 2 septembre
Début de la Foire de Châlons, jusqu'au 12 septembre
Conférence de presse de la FNSEA, à la Foire de Châlons
Samedi 3 septembre
Forum Souveraineté alimentaire organisé par le Modef, à Courpière (63)
Lundi 5 septembre
Conférence de presse de la Coopération laitière
Tournée vendange du SGV (champagne)
Mardi 6 septembre
Conférence de presse de rentrée de Chambres d'agriculture France
Conférence de presse de rentrée de la FNSEA
Mercredi 7 septembre
Congrès de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA)
Conférence de presse de rentrée de la Coordination rurale
Conférence de presse de rentrée d'Anvol (interprofession volaille de chair)
Assises nationales de la biodiversité, à Besançon
Début du salon Innovagri, jusqu'au 8 septembre
Signature d'un partenariat entre la Coopération agricole et Compass Group France (restauration collective)
Jeudi 8 septembre
Conférence de presse de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA)
Assemblée générale d'Elvea (groupements producteurs de bovins viande), à Orléans
Assemblée générale de Bleu Blanc Coeur (alimentation animale)
Vendredi 9 septembre
Début du salon Les Terres de Jim, à Outarville (Loiret), jusqu'au 11 septembre