Biométhane: le gouvernement intègre l'inflation au prix de rachat
Dans un communiqué paru le 23 septembre, le ministère de la Transition écologique annonce deux mesures en faveur de la filière biométhane, dont les projets valorisés par injection dans le réseau sont actuellement en grande partie à l'arrêt, à cause de l'inflation des matériaux de construction et des prix de l'électricité. Comme demandé par l'association Biogaz Vallée, le ministère annonce d'une part «la revalorisation du tarif d’achat de biométhane pour tenir compte de l’inflation» (indexation sur l’inflation observée au moment de la signature du contrat d’achat) ; et d'autre part «un allongement du délai de mise en service des projets dont les procédures administratives sont achevées mais qui avaient pris du retard par rapport à leur construction». Un décret doit paraître prochainement, annonce le ministère. Dans le détail, la filière attend un allongement du délai de construction du projet après inscription au Registre des capacités, afin de donner le temps aux porteurs de projet de négocier des contrats d'électricité à meilleur marché. Pour 8 TWh de biogaz injecté actuellement dans le réseau via la méthanisation, 17 TWh seraient en projet, à comparer à une consommation française de gaz de 450 TWh, dont 75 d'origine russe habituellement, selon Biogaz Vallée.
Engrais: Paris à l'initiative pour préserver leur accès aux pays les plus vulnérables
La France, associée à la Commission européenne et l'Union africaine, a lancé une série d'initiatives afin de faciliter l'accès des pays les plus vulnérables aux engrais, menacé par la guerre en Ukraine, a détaillé le 25 juillet l'Elysée dans un communiqué. Ces initiatives ont été décidées en marge de la 77e Assemblée générale des Nations-Unies le 16 septembre à New York. D'ici au sommet du G20 en novembre à Bali, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) vont dresser une cartographie des «restrictions à l'exportation» ainsi que des «besoins en engrais et goulots d'étranglement de la production». Cette cartographie permettra de «formuler des propositions concrètes à l'intention des Chefs d'État et de gouvernement» du G20 qui se réunissent les 15 et 16 novembre en Indonésie. La plateforme africaine d'échanges en ligne ATEX va par ailleurs mutualiser les demandes des pays africains afin de «réduire les prix et acheter en priorité des produits africains». Les pays vulnérables vont aussi être soutenus financièrement par une «réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS)» du FMI, la «prise en compte des risque de change» et des «solutions logistiques à bas coût» via le Programme alimentaire mondial. Une réunion des producteurs d'engrais sera par ailleurs organisée à Paris en amont du sommet du G20 afin d'"intensifier la production aussi vite que possible».
Syndicalisme: Christiane Lambert réélue à la tête du Copa
La présidente de la FNSEA Christiane Lambert a été reconduite, ce vendredi 23 septembre, dans ses fonctions de présidente du Copa (agriculteurs européens), pour un deuxième mandat de deux ans, a indiqué le syndicat majoritaire dans un communiqué. Elle avait été élue une première fois à cette fonction en septembre 2020, succédant à l'allemand Joachim Rukwied (DBV). Parmi les dossiers en cours à Bruxelles, cités par la présidente du Copa dans le communiqué: «usage durable des pesticides, émissions industrielles, objectifs de restauration de la nature». D'autres s'annoncent: «la gestion de l’eau, de la qualité de l’air, de l’économie circulaire, du climat (certification carbone)», et à plus long terme de «vastes chantiers de la durabilité des systèmes alimentaires, mais aussi des nouvelles techniques génétiques». Et l'élu de se féliciter: «L’agriculture européenne, redevenue secteur stratégique, a un rôle crucial à jouer en tant que force de proposition, tant sur les aspects de sécurité alimentaire, qu’environnementaux et énergétiques qui sont au cœur des préoccupations de l’Europe». Christiane Lambert est éleveuse de porcs dans Maine-et-Loire et présidente de la FNSEA depuis avril 2017.
Eau : le Loiret lance une étude sur la réutilisation des eaux usées traitées
Le département du Loiret lance avec l’établissement public Cerema une étude «pour cibler les secteurs de son territoire où la REUT (réutilisation des eaux usées traitées, NDLR) serait appropriée et pour faciliter son développement», a-t-il annoncé le 19 septembre. Il s’agit de s’appuyer sur «une analyse prospective des enjeux du territoire à horizon 2070 (changement climatique, état des masses d’eau superficielles et souterraines…)» pour: cibler les zones et secteurs à privilégier, le type de REUT et les volumes/saisonnalité appropriés; établir une vision cartographique des stations de traitement des eaux usées pour lesquelles la REUT est envisageable ou non, selon un communiqué. L’étude, prévue sur neuf mois, sera mise à disposition des collectivités et maîtres d’ouvrage en vue de mener des projets de REUT, indique le département. Lors des conclusions du Varenne agricole le 1er février, le gouvernement s’était notamment engagé à financer des projets innovants («réutilisation d’eaux usées par exemple») par la mobilisation de l’appel à projets Démonstrateurs territoriaux du plan France 2030.
Bovins vifs: les 780 taurillons français renvoyés d'Algérie ont été abattus
Près de 800 taurillons, renvoyés d'Algérie en France à la suite d'un imbroglio administratif, ont été abattus au cours du week-end dans l'Aveyron, a confirmé le 25 septembre le ministère de l'Agriculture à l'AFP. Le troupeau était parti de Sète le 3 septembre en direction du port d'Alger, où il n'a jamais obtenu d'autorisation de débarquement des autorités algériennes et est resté plus de deux semaines. Selon les autorités françaises, une «difficulté d'interprétation» du statut sanitaire de trois animaux a causé le blocage. Les taurillons avaient été vaccinés contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Or des documents joints à leur certificat export portaient la mention «IBR positif», laissant croire à tort qu'ils étaient porteurs du virus, selon le ministère de l'Agriculture. A l'issue de «discussions infructueuses», la France a in fine décidé de faire revenir le bateau et d'abattre ces 780 animaux en vertu du protocole européen lié à la fièvre aphteuse. L'abattage a été décidé par précaution car les bêtes avaient été nourries au port d'Alger avec du foin produit en Algérie, pays non indemne de la fièvre aphteuse, explique-t-on au ministère.
Elevage: les Suisses votent contre l'interdiction de «l'élevage intensif»
Les Suisses ont voté, le 29 septembre, contre la proposition d'interdire «l'élevage intensif», qui aurait pour l'essentiel éradiqué les fermes industrielles dans un pays qui est encore très rural même si l'agriculture pèse relativement peu dans la richesse nationale. Les Suisses ont rejeté à près de 63% l’initiative et une majorité des cantons l'a également refusée, selon la presse suisse. La double-majorité peuple-cantons étant nécessaire, l'initiative est donc refusée. Le gouvernement, le parlement et les organisations représentatives des éleveurs étaient fermement opposés à l'initiative. Selon les lois en vigueur, les fermes ne peuvent pas garder plus de 1.500 porcs à engraisser, 27.000 poulets de chair ou 300 veaux, ce qui exclut les gigantesques fermes industrielles que l'on trouve dans d'autres pays. Berne avait aussi averti que ces nouvelles règles entraîneraient une hausse significative des prix, tandis que la clause d'importation pourrait avoir un impact sur les relations avec les partenaires commerciaux. Malgré le refus massif, c'est néanmoins une victoire pour Vera Weber, la présidente de la Fondation Franz Weber de protection de la nature et des animaux. Elle salue le fait que le texte ait permis à la Suisse de discuter de la problématique de l'élevage intensif et de la consommation de viande.
Influenza: nouveaux cas en Italie, en Belgique et en Espagne
Dix jours après et à trois kilomètres du précédent, un deuxième cas d'influenza aviaire a été confirmé le 22 septembre en Espagne, près de Madrid rapportent nos confrères des Marchés. Le pays a déclaré le lendemain cinq foyers en cours à l'OIE (organisation mondiale de la santé animale). Le même jour, la presse italienne rapportait deux nouveaux cas dans le pays, qui n'avait plus de foyers en cours selon l'OIE. La veille, l'agence sanitaire belge avait déclaré trois nouveaux foyers, près de Gand et de la frontière allemande - le dernier cas remontait à plusieurs semaines. Le 19 septembre, la Pologne a également signalé un cas le 19 septembre (apparu le 17 août). Globalement, les Pays-Bas restent le pays le plus touché (voir la carte de nos confrères de Réussir Volailles), avec 58 foyers en cours déclarés auprès de l'OIE au 22 août, devant la France (13 foyers, au 16 septembre), l'Allemagne (11, au 19 septembre). Comme d'autres pays européens, la France subit une probable endémisation de la maladie. Après une centaine de cas en faune sauvage durant tout l’été, des foyers sont apparus en élevage (Ain, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Manche, Meuse, Morbihan, Somme), pour l’instant sans dissémination aux alentours.
Porc: installation et porcs castrés parmi les priorités de la présidente du CRP Bretagne
«Le dossier du paiement des porcs mâles castrés sous anesthésie est prioritaire pour le CRP Bretagne», indique sa nouvelle présidente Carole Joliff dans un entretien accordé à Réussir Porc. «La situation actuelle n’est pas équitable, avec des montants de rémunération différents selon les abattoirs», pointe l’éleveuse élue le 31 août à la tête de l’organisation de l’amont porcin breton. «Le CRP Bretagne a un rôle important à jouer, néanmoins, il n’est pas impliqué dans les transactions commerciales avec les abattoirs», qui sont du ressort des OP (organisations de producteurs). Le CRP, lui, «définit au nom des éleveurs et des OP les grands principes de rémunération des porcs avec les abatteurs au travers de la grille de paiement», rappelle Carole Joliff. Autre priorité évoquée par la nouvelle présidente: le renouvellement des générations, qui passera par «l’innovation et la modernisation des élevages», ainsi que «la promotion du métier d’éleveur», qui est «l’une des missions essentielles du CRP». L’éleveuse costarmoricaine insiste sur l’accompagnement des nouveaux éleveurs à travers «différentes stratégies d’entreprises qui peuvent se cumuler» (contractualisation, autonomie alimentaire, liberté de choix des fournisseurs, accès direct au marché et l’optimisation de la marge).
Bio: l'Occitanie élue région championne par la Commission européenne
L'Occitanie a été élue le 23 septembre «meilleure région biologique d'Europe» par la Commission européenne qui récompense ainsi les actions menées au niveau local en faveur du «développement de l'agriculture biologique». Avec 13.265 exploitations classées en agriculture biologique en 2021 dans ses 13 départements, l'Occitanie se distingue, selon la Commission de l'Union européenne (UE), comme la région la plus en pointe dans ce domaine. «Ce prix honore le travail mené pour mettre en oeuvre un modèle agricole plus durable», s'est réjouie la présidente socialiste de la Région Carole Delga après l'attribution de ce prix, décerné pour la première fois, à Bruxelles par le commissaire européen à l'agriculture et au développement rural, le Polonais Janusz Wojciechowski. «Et le résultat est là: une exploitation agricole bio française sur quatre est située en Occitanie», a souligné Mme Delga dans un communiqué. La part du bio continue de croître dans cette région du Sud-Ouest de la France où le nombre d'exploitations a augmenté de 12,7% en un an et a été multiplié par près de trois en dix ans, selon l'Observatoire régional de l'agriculture bio en Occitanie.
Numérique: un projet de standardisation des données de stations météo agricoles
A l'issue de son assemblée générale cet été, Numagri a listé les différents projets de standardisation de données coordonnées par cette association, dont c'est la mission par l'intermédiaire des opérateurs GS1 et Agdatahub - qui avait obtenu un financement BPIFrance de 3,2 M€ en 2021. Dans un communiqué paru le 23 septembre, Numagri rapporte que Chambre d’Agriculture France (ex-APCA), l’Acta (instituts technique), et l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) portent depuis peu, un projet de «standardisation» des données de sortie des stations de météo agricole, et d'«harmonisation» des données «en entrée des outils d'aide à la décision (OAD)». L'objectif fixé est «d’avoir des éléments pour une traçabilité de la donnée météo (transparence dans la construction de la donnée et représentation de l’incertitude), afin qu’elle soit mieux adaptée à l’usage par un OAD.» Les autres projets de standardisation concernent la filière laitière (aliments composés et concentrés, fourrages, co-produits), soja (traçabilité de l'origine France), maïs («pratiques durables») et céréales (logistique). Créée en 2020, Numagri a été rejoint cette année par l'Acta, FIEA (informatique et élevage), Semae (semences).