Edition du 7 septembre 2022

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Changement climatique: les chambres veulent accompagner 100 000 fermes d’ici 2030

Alors que la France connaît une sécheresse «sans précédent», Chambres d’agriculture France (ex-APCA) veut lancer un «plan massif et individualisé d’adaptation au changement climatique» visant à accompagner 100 000 exploitations d’ici 2030, a annoncé son président Sébastien Windsor le 6 septembre en conférence de presse. La première étape consistera à «sensibiliser les agriculteurs au climat de 2030-2050», a-t-il précisé, sur la base des diagnostics territoriaux réalisés lors du Varenne de l’eau. Les chambres comptent ensuite réaliser des diagnostics dans 1000 exploitations en 2023 afin de «tester les guichets locaux». À l’issue de ces premiers échanges, les conseillers identifieront avec les agriculteurs «trois ou quatre leviers» (assurance, changements de variétés, de cultures, de système fourrager, de méthode de travail du sol, agrivoltaïsme, etc.). À partir de 2024, les chambres visent un rythme de croisière de 10 000 à 20 000 exploitations par an. Ces diagnostics climat dureront moins d’une journée, pour un coût de «500 à 1000 euros»; leur financement est encore à l’étude. Mais l’ensemble de la démarche (bâtir le plan d’adaptation et former l’agriculteur) pourrait coûter «quelques milliers d’euros», selon M. Windsor, qui appelle les pouvoirs publics à «investir dans la matière grise».

Méthanisation et fourrages: un premier bilan national, pas d'alerte selon la FNSEA

Comme notre enquête (voir ci-dessous) l'avait mis en avant, il n'existait pas jusqu'ici de bilan national des intrants agricoles utilisés par la filière biogaz, permettant d'objectiver les problèmes de concurrence avec l'élevage sur certains fourrages. C'est désormais chose faite. FranceAgriMer a publié le 1er septembre un premier état des lieux des taux d'utilisation des matières fermentescibles par la méthanisation agricole. Au 31 décembre 2021, les cultures principales dédiées (p. ex. maïs) représentent 5,5% de la ration d’intrants, derrière les Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétiques), qui atteignent 13%, et la biomasse d’origine résiduaire (effluents d’élevage, résidus de grandes cultures, coproduits des IAA), qui couvrent la majorité de la ration (73%). La filière biogaz absorbe 5% du maïs fourrage et ensilage. Les Cive représentent 3% des surfaces de grandes cultures. «Sachons raison garder», a réagi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, questionnée par Agra Presse le 6 septembre, lors de sa conférence de presse de rentrée, sur l'opportunité d'encadrer davantage l'utilisation de fourrages par la méthanisation. L'idée a été notamment proposée par la FDSEA d'Ille-et-Vilaine au début de l'été. «J'entends les crispations en année de sécheresse, mais il faut raisonner sur une période plus longue et ne pas s'emballer», a expliqué l'éleveuse du Maine-et-Loire. Elle a rappelé le plafond réglementaire en vigueur de 15% pour les cultures dédiées.

Aides gaz et électricité: dispositif prolongé jusqu'à décembre et simplifié (Bercy)

Dans un communiqué paru le 6 septembre, le ministre de l'Économie a annoncé la prolongation jusqu'à fin décembre 2022 et la «simplification» du dispositif d'aide aux entreprises grandes consommatrices d'énergie (coûts de gaz et d’électricité supérieurs à 3% du chiffre d’affaires). L'une des aides, celle plafonnée à 2 millions d'euros, était jusqu'ici réservée aux entreprises démontrant une baisse d’excédent brut d’exploitation (EBE) d’au moins 30% sur un trimestre par rapport à 2021. Ce seuil de 30% est supprimé, annonce le ministère, qui précise qu'une «simple baisse de l’excédent brut d’exploitation, calculée sur une base mensuelle par rapport à 2021, sera désormais suffisante pour remplir ce critère». Pour l'ensemble des aides, les critères seront désormais appréciés «soit à la maille mensuelle, soit trimestrielle», les dates limites de dépôt seront repoussées, et les régularisations de factures pourront être intégrées ultérieurement. Des modifications qui devraient aller dans le sens de la FNSEA, qui avait formulé des demandes semblables. En conférence de presse, le même jour, sa présidente Christiane Lambert a rappelé les principales productions agricoles concernées: horticulture, légumes sous serre, volailles.

Assurance récolte: réunion non conclusive, l’AGPM presse l’exécutif

La troisième conférence des filières qui s’est tenue le 6 septembre au soir, en visioconférence, n’a finalement pas été conclusive, selon plusieurs sources concordantes. Les arbitrages sur les seuils et taux de l’assurance multirisques climatiques (MRC, ou assurance récolte) et de l’indemnisation publique pourraient être rendus lors d’une prochaine réunion de la Codar (la Commission d'orientation des assurances récolte). Plus tôt dans la journée, l’AGPM (producteurs, FNSEA) avait appelé à «mieux protéger les producteurs» vis-à-vis des risques climatiques, par le stockage de l’eau et la réforme de l’assurance récolte. Des rendements en maïs fourrage «localement inférieurs à 10 t» de matière sèche/ha sont relevés, selon un communiqué. «La situation de déficit fourrager a généré des transferts de maïs grain vers le maïs fourrage qui pourraient atteindre 80 000 à 100 000 ha.» En maïs grain, la récolte est prévue sous les 11 Mt. «Accélération des projets de territoires, sécurisation juridique des OUGC (organismes uniques de gestion collective, NDLR), condamnation des actes destructeurs, développement de la réutilisation des eaux usées…» : l’AGPM souligne la nécessité de «déployer» le stockage de l’eau. Et de réclamer un «choc assurantiel» via l’application du règlement «Omnibus», sur la base d’un subventionnement à 70% des cotisations et d’une franchise à 20% minimum de pertes.

Agrivoltaïsme: «grand oublié» du projet de loi sur les énergies renouvelables (FNSEA)

Présenté le 29 août devant le Conseil national de la transition écologique, le projet de loi sur l'Accélération des énergies renouvelables a fait l'impasse sur la question de la cohabitation de l'agriculture et du photovoltaïque a regretté la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat le 6 septembre. «Le grand oublié c'est l'agrivoltaïsme», a-t-elle déclaré, mettant en avant le risque de voir se développer des projets de trop grande envergure - 150 à 200 hectares -, et d'engendrer un rejet parmi les riverains. «Il y a un risque de syndrome de l'éolien», a-t-elle confié. En avril, l'Ademe (agence de la transition écologique) a édité un guide de l’agrivoltaïsme, la combinaison de l’agriculture et de la production d’électricité photovoltaïque, qui comprend une définition de référence pour cette activité sujette à de nombreuses controverses relatives au foncier agricole. Une installation photovoltaïque peut être qualifiée d’agrivoltaïque «lorsque ses modules photovoltaïques sont situés sur une même surface de parcelle qu’une production agricole », et qu’ils lui apportent «directement (sans intermédiaire) un service». En l'état, le projet de loi vise à accélérer le développement de l'éolien et du photovoltaïque. Dans le second domaine, il impose l’installation d’ombrières sur au moins la moitié de la surface des parkings extérieurs existants de plus de 2 500 mètres carrés.

Biocarburants: des ONG manifestent devant le Parlement européen pour favoriser l'alimentation

Alors que les eurodéputés doivent adopter en plénière le 13 septembre leur position sur la révision de la directive Energies renouvelables, des ONG (Oxfam, Transport & Environment…) ont manifesté le 6 septembre devant le Parlement européen à Bruxelles «pour demander aux législateurs européens de choisir la nourriture plutôt que le carburant». Les manifestants appellent à cesser d'encourager l’utilisation des cultures alimentaires pour la production de biocarburants dans le contexte actuel d’envolée des prix alimentaires et de sécheresse. «En suspendant temporairement la production de biocarburants, nous disposons d’un levier important pour calmer les marchés et réorienter des produits agricoles vers l’alimentation», soutient, dans un communiqué du même jour, l’eurodéputé social-démocrate Eric Andrieu qui a déposé plusieurs propositions d’amendement visant à prévoir «la suspension des politiques d’agrocarburants quand les prix des matières premières agricoles dépassent un seuil excessif». Les producteurs européens de bioéthanol, ePure, répondent qu’ils participent déjà à la sécurité alimentaire puisque leurs bioraffineries ont produit plus d'aliments pour animaux (4,48 Mt de coproduits) que de carburants (4,40 Mt d'éthanol) en 2021.

Boulangerie: Teract (Niel, Pigasse, Zouari, InVivo) veut acquérir le réseau Louise

Teract, issue du rapprochement entre la société financière du trio Niel, Pigasse et Zouari, et la branche distribution d’InVivo, a annoncé le 6 septembre vouloir prendre une «participation majoritaire» dans le réseau de boulangeries Louise, originaire des Hauts-de-France. Louise, 129 magasins pour 88 M€ de chiffre d'affaires, est présenté par Teract comme «le N°2 de la boulangerie en France». Lors d'un point presse, le président de la branche distribution d'InVivo Guillaume Darrasse a précisé que l'opération laisserait environ un tiers de capital à la famille du fondateur de Louise, Laurent Menissez. Thierry Blandinières, le patron d'InVivo, a expliqué vouloir participer à la consolidation du secteur de la boulangerie. Teract entend développer une offre de produits frais, sous l'enseigne «Grand marché frais d'ici», sur une partie des m2 commerciaux aujourd'hui occupés par l'activité jardinerie d’InVivo. Les coopératives sociétaires participeraient à l'approvisionnement de ces points de vente. «Nous maîtrisons l'amont, la matière première et cela va nous permettre de travailler en circuit court, avec pour ambition de vendre la première baguette décarbonnée à 100%», a précisé à l’AFP Moez-Alexandre Zouari, d.g. de Teract.

Tomates étrangères estampillées «France»: le pourvoi de Chéritel rejeté

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du grossiste breton de fruits et légumes Chéritel, qui contestait sa condamnation pour «tromperie» après avoir vendu des tomates étrangères estampillées «origine France», dans un arrêt rendu le 6 septembre. «Après avoir examiné tant la recevabilité des recours que les pièces de procédure, la Cour de cassation constate qu'il n'existe, en l'espèce, aucun moyen de nature à permettre l'admission des pourvois», a-t-elle déclaré. En novembre 2019, le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc avait condamné Jean Chéritel à trois mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour «tromperie sur l'origine française ou étrangère d'un produit». Sa société éponyme, basée près de Guingamp (Côtes-d'Armor), avait été condamnée à 70.000 euros d'amende et à une confiscation de 200.000 euros sur ses comptes. M. Chéritel avait fait appel, indiquant à l'AFP ne «pas comprendre le jugement», trop sévère selon lui «par rapport à des condamnations similaires de confrères». Les peines avaient été confirmées par la cour d'appel de Rennes en octobre 2021. Les enquêteurs de la répression des fraudes avaient établi que d'importantes quantités de tomates étrangères achetées par l'usine avaient été, en 2017, revendues «francisées» à la grande distribution.

Betterave : Tereos avance sa campagne face au risque sur l’approvisionnement en gaz

Le sucrier Tereos a annoncé le 6 septembre un démarrage anticipé de sa campagne betteravière pour «limiter l’exposition de la coopérative aux risques d’approvisionnement en gaz au cours de l’hiver prochain». «Après consultation des coopérateurs, les neuf sucreries françaises débuteront entre le 8 et le 21 septembre 2022, soit jusqu’à huit jours plus tôt, d’après un communiqué. Ce calendrier tient également compte de l’actualisation de la prévision de rendement, inférieure à la moyenne cinq ans, et de la persistance de la sécheresse.» Par ailleurs, le conseil d’administration de Tereos a décidé le 6 septembre d’ajuster à la hausse le prix de la betterave pour la campagne 2021-2022. Ses coopérateurs toucheront «une rémunération globale moyenne de 29,90 €/t à 16° (incluant la prime d’engagement et les indemnités de campagne)» au titre de la dernière récolte, indique le groupe, se positionnant «parmi les meilleurs sucriers français en termes de rémunération betteravière». La pomme de terre féculière, dont le rendement est prévu à 39 t/ha (-3 t/ha par rapport à la moyenne), bénéficie aussi d’un ajustement à la hausse: son prix d’acompte 2022-23 est porté de 63 à 85 €/t à 17 % «pour accompagner les coopérateurs et tenant compte de l’évolution du marché».

Déforestation : Carrefour lâche des fournisseurs sur pression des ONG

Après la publication d’un rapport le 5 septembre, et une manifestation devant un magasin, Carrefour aurait suspendu ses approvisionnements chez deux abattoirs détenus par le géant JBS en Amazonie, annonce l’ONG Might Earth dans un communiqué de presse. Dans son étude, consultée par l’AFP, l’ONG affirme que dans les magasins brésiliens de Carrefour, dont ceux du groupe Big récemment racheté, «deux tiers des 102 produits répertoriés […] proviennent de la société JBS […] régulièrement ciblée pour des cas de déforestation». «Cesser de s’approvisionner auprès de deux abattoirs de JBS représente pour Carrefour 12% de sa viande de bœuf au Brésil, c’est un premier pas, mais le chemin reste long», estime Boris Patentreger, directeur France de Mighty Earth. Et d’appeler Carrefour à exclure de ses partenaires des sociétés comme «JBS, Bunge ou Cargill», autre importante entreprise américaine de négoce agricole. Dans son rapport, Mighty Earth assure d’ailleurs que la société LDC, «principal fournisseur de poulets et d’œufs pour les marques propres du groupe Carrefour en France, […] s’approvisionne auprès de la société (américaine) Bunge». En mars dernier, des groupes indigènes et ONG avaient assigné le groupe Casino en justice pour vente de produits liés à la déforestation en Amazonie. Une médiation initiale devait avoir lieu cet été.

Influenza: les filières du Sud-Ouest chiffrent à 12 M€ les pertes liées au plan Adour

Visant à réduire le risque d’épizootie d’influenza aviaire pour l’hiver 2022-2023, le plan Adour de réduction de la production dans le Sud-Ouest coûtera 12 millions d’euros (M€) aux éleveurs et aux transformateurs, d’après un communiqué du Palso (association foie gras du Sud-Ouest) et d’Airvol (interprofession régionale des volailles de chair) diffusé fin août. Élaboré par les professionnels de quatre départements (Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), ce plan prévoit notamment l’absence de palmipèdes entre le 15 décembre et le 15 janvier dans les 68 communes les plus denses, ainsi qu’une réduction de la densité en volailles de chair. Il aura donc un «lourd coût financier», estiment le Palso et Airvol, «en particulier» pour les entreprises de l’aval, déjà «très largement fragilisées par les épisodes précédents d’influenza aviaire». Les organisations appellent l’État, les collectivités locales et l’UE à «imaginer un dispositif financier pour accompagner cette démarche». «N’est-il pas préférable de dépenser 12 millions d’euros pour (…) accompagner [les filières volailles], plutôt que de verser plus de 500 millions par an en indemnisations?», font-elles valoir.

Influenza: la Vendée met ses volailles à l’abri après des cas en faune sauvage

Après la découverte de deux oiseaux sauvages morts de l’influenza aviaire, éleveurs et particuliers doivent mettre leurs volailles à l’abri dans toute la Vendée, a annoncé la préfecture dans un communiqué le 1er septembre. «Plusieurs cadavres d’oiseaux sauvages» ont été retrouvés dans la réserve ornithologique des Landes-Genusson, entre Cholet et la Roche-sur-Yon. Deux d’entre eux (un cygne tuberculé et une grande aigrette) «ont été dépistés positifs à l’influenza aviaire de type H5», précisent les autorités. «L’ensemble du département de la Vendée est placé en zone de contrôle temporaire (ZCT)», indique la préfecture, ce qui implique la claustration des volailles, le recensement des détenteurs d’oiseaux et une surveillance renforcée. Depuis le 1er août, date du début de la campagne de suivi 2022-2023, la France compte 36 cas en faune sauvage et cinq en élevages et faune sauvage captive (Ain, Ille-et-Vilaine, Morbihan). Un nombre anormalement élevé en période estivale, signe d'une probable endémisation de la maladie. Lors de l’épisode 2021-2022 d’influenza aviaire, c’était déjà la Vendée – premier département avicole des Pays de la Loire – qui avait payé le plus lourd tribut (534 foyers au 23 juin).

Pesticides : la DGAL consulte syndicats et ONG sur le règlement européen

La DGAL (ministère de l'Agriculture) a réuni le 2 septembre syndicats et ONG pour échanger sur le futur règlement européen sur les pesticides, apprend-on chez nos confrères de Référence Agro. «Le texte en l’état n’est pas acceptable, et il devra évoluer», tranche Christian Durlin, élu en charge des dossiers pesticides au sein de la FNSEA, interrogé par Agra presse. Principal reproche syndicat majoritaire: la répartition inégale entre les Etats de la réduction de 50% des utilisations, qui pourrait imposer des efforts plus importants aux Français. Le syndicat s’inquiète aussi de la définition des zones sensibles, comprenant les zones fréquentées par du public, et sur lesquelles des restrictions d’utilisation pourraient être imposées. Un dispositif qui «pourrait entrainer des distorsions de concurrences entre agriculteurs», redoute Christian Durlin. La FNSEA serait en revanche plutôt favorable au nouvel indicateur qui permettra d’évaluer l’atteinte de l’objectif prévu par le Green deal. Nommé HRI1, cet indicateur additionne les quantités vendues, pondérées par quatre coefficients distincts en fonction du classement des molécules. Plus précis en matière de toxicité, le Nodu retenu par le plan Ecophyto recense en revanche le nombre de doses utilisées, rappelle François Veillerette, chez Générations futures. «Les objectifs ambitieux fixés par la France dans Ecophyto doivent servir d’exemple», estime-t-il.

Bien-être animal: près de 4000 élevages laitiers évalués avec Boviwell, premiers résultats

À ce jour, des évaluations du bien-être animal ont été réalisés dans près de 4000 élevages laitiers avec la démarche Boviwell, a indiqué le Cniel (interprofession) à la presse, le 1er septembre. Les résultats des 3000 premières évaluations ont été exploités: 73% des troupeaux laitiers sont classés «excellent» ou «supérieur»; 24% sont «en progression» et 4% sont «non classé». Les élevages «non classés» ont l’obligation de mettre en place une démarche de progrès. Pour rappel, la filière laitière s’est engagée à évaluer 100% du troupeau d’ici 2025 (voir Agrafil du 3 mars). «L’objectif est double: engager une démarche de progrès pour l’élevage et montrer la réalité de l’élevage français aux consommateurs et à la distribution qui sont demandeurs d’informations», explique Nadine Ballot du Cniel. Les principales marges de progression pour améliorer le bien-être des animaux, mises en évidence par les évaluations, sont la santé (mammites et présence de cellules dans le lait, boiteries) et l’abreuvement. «Dès que l’éleveur ajoute un abreuvoir supplémentaire dans son bâtiment, le changement est radical: moins de cellules, plus de lait», constate François Toch, conseiller laitier chez Sodiaal. Il fait partie des 500 techniciens formés pour réaliser les évaluations dans le cadre de la Charte des bonnes pratiques d’élevage.

Vin : inquiétude en Champagne sur les règles européennes d’étiquetage

Si la récolte des champagnes s’annonce «exceptionnelle», des inquiétudes existent sur le réexamen par Bruxelles de l’étiquetage des denrées alimentaires fin 2022, a déclaré le 5 septembre le SGV (vignerons). «Une année exceptionnelle en quantité et qualité» : lors de sa Tournée vendange, le président Maxime Toubart s’est montré élogieux sur le millésime 2022. Mais le SGV Champagne, qui avait invité des parlementaires et membres de l’administration, collectivités, a aussi alerté sur des sujets politiques. «Une partie de la Commission européenne remet en cause le vote» de la Pac sur une exemption concernant l’étiquetage des boissons alcoolisées, a indiqué Pascal Bobillier-Monnot, directeur adjoint aux affaires politiques. À l’occasion de la réforme du règlement sur l’information des consommateurs, Bruxelles pourrait en effet faire sauter la dématérialisation de la liste des ingrédients, selon lui. Les aides à la promotion concernant les secteurs des alcools et de la viande rouge sont menacées, poursuit le SGV. Soucieuse de faire baisser la consommation d’alcool, la Commission pourrait aussi «remettre en cause l’équilibre trouvé en France, au travers de la loi Evin, en obligeant les fabricants d’alcool à mettre de nouvelles mentions sanitaires» sur les étiquettes.

Julien Denormandie rejoint l'entreprise Sweep (marché du carbone)

Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture d’Emmanuel Macron, a rejoint la direction de l’entreprise Sweep, annonce un communiqué du 6 septembre. Entreprise à mission, Sweep est une plateforme permettant aux entreprises de « comprendre, gérer et réduire facilement » leur empreinte carbone. En plus d’un outil de diagnostic d’émissions et de pilotage, l’interface propose également l’achat de crédits de compensation. «Très heureux de rejoindre Sweep», selon le communiqué, Julien Denormandie aidera la start-up à «s’établir comme un interlocuteur de confiance», mais aussi à «développer l’action de Sweep, en France comme à l’international». En quittant le gouvernement en mai 2020, Julien Denormandie avait évoqué un «choix du cœur»: «J’ai trop manqué à ma famille et elle m’a trop manqué», s’était ému le ministre sur Twitter. Selon le Canard Enchaîné et le Journal du dimanche (JDD), cet ingénieur des Ponts et forêt avait été pressenti pour devenir Premier ministre au lendemain de l’élection présidentielle, avant d'être écarté tant pour sa proximité de profil avec le président, qu’en raison de la volonté d’Emmanuel Macron de nommer une femme. Le président lui aurait proposé d’occuper d’autres portefeuilles, dont l’Economie ou les Finances, postes que Julien Denormandie aurait déclinés.

Un jeune conseiller en affaires publiques de la FNSEA débauché par les sénateurs LR

Jeune conseiller en affaires publiques en alternance à la FNSEA, Pierre Vitali va rejoindre prochainement le groupe Les Républicains (LR) au Sénat, a-t-on appris lors de la conférence de presse du syndicat le 6 septembre. Il arrivera dans un contexte animé par la prochaine élection du président du parti LR, attendue pour décembre.