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Jean-François Déchant (Elicit Plant) : « En Europe, nous devrions être actifs assez rapidement dans 18 pays »

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Jean-François Déchant, PDG et cofondateur d’Elicit Plant. Crédits : © Elicit Plant

Elicit Plant a annoncé le 14 novembre 2024 avoir levé 45 millions d’euros de fonds auprès de Carbyne Equity Partners, un fonds de private equity et des investisseurs historiques, Sofinnova Partners, le Fonds Européen pour la Bioéconomie Circulaire (ECBF) et le Fonds Ecotechnologies, 2 fonds gérés par Bpifrance Investissement. Elicit Plant a développé une technologie unique à base de phytostérols, pour augmenter la résistance des plantes face au stress hydrique. Déjà présente sur trois continents, l’Europe, le Brésil et les Etats-Unis, la start-up veut y renforcer sa présence commerciale, tout en poursuivant sa R&D pour mettre au point de nouvelles solutions. Jean-François Déchant, PDG d’Elicit Plant fait le point pour Agra Innovation.

Elicit Plant vient d’annoncer une levée de fonds de 45 M€, menée par la société de capital-investissement Carbyne Equity Partners, avec la participation des investisseurs historiques Sofinnova Partners, ECBF et BPI. 45 M€, c’est un montant important…

En effet 45 M€, c’est beaucoup d’argent pour une société de notre taille. C’est d’ailleurs la plus grosse opération de financement réalisée cette année au niveau mondial pour une technologie et des produits biosourcés. Et ce, sachant qu’à date, nous n’avons pas identifié de concurrents directs avec cette même présence globale et une capacité d’apporter des solutions aux agriculteurs face aux enjeux liés aux changements climatiques, validées par la science et aussi par des essais plein champs sur les trois continents où nous sommes présents. 

Nous sommes dans des schémas d’adoption que je qualifierai de lents. Les temps sont longs en agriculture en raison notamment des saisons, et faire changer des pratiques agricoles pour adopter une nouvelle technologie comme la nôtre, même si elle se fait avec le matériel existant, prend du temps. Si l’impact du changement climatique sur les revenus des agriculteurs est perçu comme une préoccupation majeure, ils peuvent avoir du mal paradoxalement à franchir le pas pour dépenser pour un nouveau produit qu’ils ne connaissent pas.

Tout ceci se traduit pour nous par des besoins en financements importants, faire de essais aux champs, démontrer que ça marche, convaincre les agriculteurs, former des distributeurs…

Lire aussi : Jean-François Déchant, CEO (Elicit Plant) : « Notre solution d'immunothérapie végétale répond au changement climatique et nous cherchons à développer des partenariats »

Plus en détail, comment comptez-vous utiliser ces fonds ? 

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Une première partie de cette levée de fonds va nous permettre de nous développer sur les trois continents stratégiques que sont l’Europe, le Brésil et les États-Unis. En Europe, nous devrions être actifs assez rapidement dans 18 pays. Nous sommes déjà présents commercialement dans 12 pays européens, avec nos trois partenaires Bayer, BASF et Certis Belchim, avec lequel nous travaillons dans certains pays d’Europe de l’Est comme la Pologne. Nous allons poursuivre nos investissements au Brésil pour identifier des partenaires susceptibles de travailler avec nous, de même qu’en Amérique du Nord, où nous avons obtenu cette année une autorisation de mise sur le marché. 

L’autre partie des fonds servira à financer la R&D pour de nouveaux produits. Nous sommes relativement avancés sur un produit pour la vigne que nous espérons pouvoir commercialiser en 2026 en Europe. Sur la pomme de terre, les recherches avancent bien mais je ne peux pas encore donner de date de lancement. Et nous poursuivons notre R&D sur d’autres solutions pour d’autres légumes et céréales, mais à des stades encore préliminaires pour l’instant. 

Lire aussi : BASF et Elicit Plant s’associent pour le développement de nouvelles bio-solutions

Vous parliez d’un temps long pour faire connaitre vos produits. Quels sont vos moyens pour arriver à une bonne implantation ?

Avant d’établir des partenariats avec des grands groupes partenaires, notre mission vise à bien positionner notre produit pour le faire vendre ensuite par des partenaires qui ont des capacités de ventes et marketing supérieures aux nôtres. Nous avançons toujours avec cette même stratégie de bien maîtriser notre produit sur ces nouveaux territoires, de voir où nous pouvons le positionner pour qu’il rende de la performance aux agriculteurs. Ceci ne nécessite pas forcément des forces commerciales, mais à tout le moins des forces agronomiques pour nous permettre de bien comprendre les conditions d’usage de nos produits et éventuellement de les adapter. Prenons un exemple, en Italie les agriculteurs nous demandent de traiter le maïs à 4 feuilles et en Pologne, il s’agit de maïs à 8 feuilles, ce qui nécessite des ajustements.