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Ulrich Housseau (Centre Ouest Céréales) : « Se diversifier dans la robotique, une nécessité aussi pour une coopérative comme la nôtre »

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Ulrich Housseau, directeur général du Groupe COC. Crédits : © COC

Centre Ouest Céréales est un groupe coopératif de la Vienne, aux 460 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels. La diversification de ses activités fait partie intégrante de son plan stratégique « COC 2030 ». Dernière innovation en date : la création de Copresto, une filiale dédiée au nettoyage des panneaux photovoltaïques à l’aide d’un robot. Une façon aussi de rendre plus performante les installations de ses adhérents. Ulrich Housseau, le directeur général, nous explique l’enjeu pour la coopérative d’investir dans de tels projets.

Pourquoi avoir créé Copresto ?

Il est vrai que le nettoyage des panneaux photovoltaïques est loin du cœur de métier d’une coopérative d’appro-collecte comme la nôtre. Mais depuis quelques années, alors que la volatilité des marchés agricoles n’a jamais été aussi importante, il nous semble essentiel de trouver de nouveaux de relais de croissance pour asseoir et développer le revenu de nos adhérents-agriculteurs. La diversification de nos activités fait partie de l’un des six axes stratégiques actés au travers de notre plan « COC 2030 », dévoilé en janvier 2023. De plus en plus de fermes de notre territoire, près de 10 % aujourd’hui, sont équipées de panneaux photovoltaïques. Nous en avons également installés sur quelques-uns des 30 sites du groupe. Or, des panneaux sales, c’est une perte de production de 10 à 15 %. Peu d’entreprises proposent ce service de nettoyage, alors nous avons décidé de nous lancer, en créant la filiale Copresto. Cela permet de nous adresser à tous : adhérents ou non, agriculteurs ou non. Étant basé sur le technopole du Futuroscope, de nombreuses entreprises voisines pourraient rapidement devenir des clients.

Concrètement, comment fonctionne le robot ?

Nous avons acquis le Sola Cleano F1, un robot télécommandé d’1m30 d’envergure, capable de nettoyer près de 1000 m2 en une heure. Monté sur deux chenilles, il peut traiter des pentes jusqu’à 30°. La prestation, clé en mains, est facturée au m2. Les opérateurs, formés en interne, installent le robot depuis une nacelle et se chargent ensuite de sa manipulation. La seule contrainte est de disposer d’un point d’eau à proximité. En moyenne, selon le niveau de salissement, un nettoyage tous les deux ans est recommandé. 

Comment cette nouvelle activité s’intègre-t-elle dans le planning des équipes ?

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Cette prestation sera proposée durant l’hiver et au printemps quand l’emploi du temps de certains de nos collaborateurs est un peu plus creux. Cette même équipe participera ensuite à la moisson de l’été puis au triage à façon des semences, autre activité portée par la filiale Copresto. Le choix de cette nouvelle activité a aussi été réfléchi en fonction du calendrier des opérateurs formés pour ce poste.

En début d’année, vous êtes également devenus actionnaires de la start-up Cyclair. Pourquoi ?

Nous recherchions des partenaires pour, là aussi, déployer des relais de croissance. Nous sommes entrés en contact avec Cyclair, une start-up basée dans le sud de la Vienne, axée sur la robotique : une thématique en phase avec notre intérêt pour les nouvelles technologiques. Nous avons donc décidé de monter au capital, pour siéger dans le comité décisionnel, en leur apportant aussi notre expertise agronomique. Aujourd’hui, Cyclair a déjà mis au point des prototypes de robots pour désherber les parcelles de grandes cultures, notamment d’espèces sarclées, comme le tournesol, le maïs ou le colza. Nous avons vendu les deux premiers prototypes, de 3 m de large, à des concessionnaires. La prochaine version de robot sera de plus grande taille, de 6 m de large, pour accroître le débit. 

Le désherbage mécanique est-il aussi une alternative aux produits phytosanitaires ?

Oui, tout à fait. Beaucoup d’exploitations de nos adhérents sont implantées en périphérie de Poitiers, là où la problématique eau est importante. Et face à la progression de la résistance des adventices aux herbicides, nous devons trouver des solutions : le recours au désherbage mécanique via les robots en est une. En plus de la vente directe de robots, nous comptons en acquérir pour ensuite, proposer des prestations de services à nos agriculteurs. L’enjeu étant de bâtir un prix du passage similaire à ce qui se faisait auparavant avec la chimie.