Le «concept d’espèce utile ou nuisible est scientifiquement dépassé», affirme l’écologue Nicolas Loeuille dans une tribune publiée le 10 août dans le journal Le Monde (article payant). Cette idée est pourtant à la base du récent arrêté Esod qui renouvelle, pour trois ans, la liste de neuf espèces de mammifères et oiseaux pouvant être détruites car susceptibles d’occasionner des dégâts. Professeur d'écologie à la Sorbonne, Nicolas Loeuille explique que chaque espèce est prise dans «un tissu complexe d’interactions», produisant des effets certes directs mais aussi «indirects, beaucoup plus difficiles à estimer» sur le réseau écologique. Il cite en exemple l’otarie, vue comme néfaste pour la pêche d’anchois alors qu’elle peut être «l’alliée insoupçonnée» dans la mesure où elle consomme aussi les prédateurs et compétiteurs du petit poisson. «Comme ce tissu [d’interactions] varie de lieu en lieu et dans le temps, il n’est pas possible de décréter la nuisibilité, ni même l’utilité d’une espèce de manière générale», conclut l’écologue qui appelle à «mieux considérer la valeur intrinsèque de la nature».
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