Au-delà des préconisations consensuelles présentes dans leur rapport du 17 décembre, les spécialistes de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)- dont les conclusions sont approuvées politiquement par les représentants des pays - ont peiné à s'accorder sur d'autres sujets. Des délégués ont réclamé d'ultimes modifications sur des sujets épineux comme les exportations agricoles, les énergies fossiles, les plastiques à usage unique ou les modes de consommation. Ils se sont écharpés sur l'inclusion du «changement climatique» dans le titre du rapport, selon le Bulletin des négociations de la Terre. Finalement, l'expression n'y figure pas. Ces frictions entre pays ont aussi perturbé cet automne d'autres négociations environnementales de l'ONU (sur la biodiversité, les plastiques et la désertification), qui ont échoué pour certaines. Le constat est pourtant sans appel. La moitié de l'économie mondiale dépend de la nature mais les sociétés humaines dépensent plus pour sa destruction que pour la protéger, souligne le rapport. Les coûts sociétaux et environnementaux infligés par les énergies fossiles, l'agriculture et la pêche atteignent jusqu'à 25.000 milliards de dollars annuels, ou un quart du PIB mondial, estiment les auteurs. «On oublie totalement ces contreparties», dit à l'AFP l'économiste James Vause, contributeur de la somme publiée mardi, et dont les auteurs espèrent qu'il influencera les prochaines négociations de l'ONU sur la biodiversité, en février.
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