Le «chèque alimentaire» promis par Emmanuel Macron pour aider les plus modestes à se fournir en produits alimentaires locaux, durables voire bio, risque de s'apparenter à un «gadget» qui ne permettra pas de régler durablement la question de la précarité alimentaire en France, ont mis en garde le 5 mai plusieurs associations. Evoqué depuis deux ans, ce projet censé entrer en vigueur cette année «est loin de répondre à toutes les questions de la lutte contre la précarité alimentaire», a fait valoir lors d'une conférence de presse un collectif associatif investi dans l'aide aux plus précaires. D'une part, les sommes évoquées sont trop modestes selon lui: de l'ordre de 30 à 50 euros par mois et par bénéficiaire alors qu'il faudrait au moins 120 euros par mois pour financer une alimentation correcte. Un tel système reviendrait à «donner des miettes» et à «faire l'impasse sur des solutions qui permettent de vivre dignement» sur le long terme, notamment l'augmentation des minima sociaux, a ainsi commenté Laurent Seux, du Secours catholique. Les associations craignent aussi que les fonds publics fléchés vers les chèques alimentaires se traduisent par autant de subventions en moins pour les associations déjà actives sur ces thématiques. Le «réseau Cocagne», qui gère des jardins bio à vocation d'insertion sociale, vient ainsi d'apprendre qu'il allait perdre 300.000 euros de subvention publique allouée à ses «paniers solidaires» et que le gouvernement aurait justifié cette mesure par le futur déploiement des chèques.
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