Fondé par l'ingénieur Jean-Marc Jancovici (lire notre entretien), le Shift project a produit son premier rapport sur la transition climatique de l'agriculture à 2050 (télécharger ici) – l'alimentation sera abordée dans un second temps. Le scénario du Shift se distingue par des curseurs de biodiversité plus bas que les rapports publiés par d'autres associations, avec 25% de bio à 2050, soit un peu plus que l'objectif gouvernemental de 20% à 2030, mais bien en deçà des 100% de surfaces du scénario Tyfa (Iddri) et 50% d'Afterres (Solagro) à 2050. Sur les bioénergies, il s'écarte du scénario Tyfa (arrêt des agrocarburants et biogaz), en visant une production «a minima à hauteur des besoins du secteur». Il vise ainsi l'électrification des moteurs thermiques pour un tiers du parc matériel à 2050, du biogaz pour un autre tiers, des biocarburants «pour les usages résiduels». Côté élevage, une baisse des cheptels de ruminants est visée «à un rythme moins rapide qu'actuellement» pour réduire les émissions, tout comme une baisse du cheptel de monogastriques pour limiter la concurrence entre alimentations animale et humaine. À l'instar des deux autres rapports, le Shift project conclut que pour atteindre la cible climatique, tout en couvrant les besoins caloriques du pays, il faut revoir le régime alimentaire et soutenir davantage le secteur. L'association assume pour ce faire un cap protectionniste, en n'écartant pas le levier des tarifs douaniers. Aucune des recommandations n'est chiffrée budgétairement.
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