Réagissant au lancement par InVivo d'un service de «régie» d'exploitations à l'échelle nationale, le député socialiste Dominique Potier estime que le groupe coopératif «accélère et banalise une dérive», celle de la délégation à 100% des travaux en grandes cultures, et la «concentration de l'usage des terres» par les entreprises de travaux agricoles (ETA). Auteur de plusieurs propositions de lois sur l'encadrement du foncier agricole et promoteur au Parlement d'une vaste réforme, cet ancien agriculteur fait part de sa «très grande surprise»: d'une part de constater «un changement d'échelle» et d'autre part, de voir l'initiative venir du monde coopératif: «C'est un renversement de valeurs ; les coopératives ont été constituées comme le prolongement économique des exploitations, et elles proposent ici un modèle alternatif à l'exploitation familiale autonome.» Le député regrette que le service ne soit pas, a minima, conçu, «en coordination avec les outils d'installation existants». Sur le fond, Dominique Potier concède qu'«il y a un problème de surcoût de mécanisation» en France, qui doit être résolu, selon lui, «par une réforme de la fiscalité» et la promotion des coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma). Enfin, il alerte sur le «risque d'intégration verticale»: «Attention à ne pas aller jusqu'à concurrence de l'agriculture de firme par une autre».
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