Dans un entretien accordé à Agra Presse le 18 mars, le délégué interministériel à l'eau en agriculture, Christophe Chassande, explique que le projet de loi d'urgence agricole, qui supprime la notion de point de prélèvement sensible, doit permettre de « casser une ambiguïté qui était liée à une mauvaise interprétation » de ce concept. « L’architecture juridique de cette feuille de route a généré cette incompréhension, parce qu'en fait, la seule chose qui existe dans les textes juridiques, c'est le concept de captage sensible », explique le haut fonctionnaire. « Tout le reste, c’est-à-dire les zones sur lesquelles on veut vraiment faire de l'action plus énergique, il était prévu d’en parler dans un guide méthodologique qui n'a aucune valeur juridique. » C'est pour cela qu'au travers de la loi d'urgence, « on ne définit plus de points de prélèvement sensibles tel que c'était prévu avant, mais on définira des points de prélèvement qu'on appelle prioritaires. On précisera que sur ces points de prélèvement prioritaires doivent être définies non seulement l'aire d'alimentation, mais aussi l'aire la plus vulnérable. » Ces secteurs pourraient couvrir 2 à 4 % de la SAU, « selon les critères qui seront retenus », prévoit-il. Quant aux mesures qui pourraient les concerner : elles devront être « obligatoires, parce qu'il ne faut pas que les efforts des uns soient annihilés par l'absence d'efforts des autres ». Elles pourront aller « de manière très ciblée » jusqu'à des « restrictions fortes ou interdictions de produits, en gardant une logique de production ».
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