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En Guyane, le manioc décimé par une maladie inconnue

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Plante la plus cultivée en Guyane et base alimentaire de milliers d'habitants, le manioc est touché depuis deux ans par une maladie inconnue. Elle a été découverte dans la région du Haut-Maroni (sud), en 2022.  Depuis, le pathogène s'est étendu à toute la Guyane et dans l'Etat brésilien voisin de l'Amapa avant que ne soit lancée, en juin 2023, une alerte phytosanitaire par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon), en charge de la surveillance biologique du territoire. Dans certaines zones du Haut-Maroni, la perte de production est «de l'ordre de 60 à 90%», estime Nathan Astar, de la chambre d'agriculture de Maripasoula.  Conséquence: le prix du couac, farine de manioc très consommée, a été multiplié par deux en quelques mois. "C'est pourtant le féculent de base en Guyane, l'équivalent du pain. Il coûte aujourd'hui plus cher que le poulet", se désole Antoine Chourrot, agronome de la Fredon. Jusqu'ici, les pistes explorées par la Fredon - chancre du manioc, piste entomologique - pour comprendre l'origine de la maladie n'ont rien donné. «Il  reste la piste des virus, des phytoplasmes, des champignons et de toutes les  bactéries que l'on n'a pas cherchés. Cela peut prendre des années», résume l'ingénieur agronome. En attendant, «trouver des boutures saines est de plus en plus difficile», regrette Jacob Jutte, animateur de l'association Panakuh, le principal groupement d'agriculteurs de l'est guyanais.